Rue Bricabrac

Underground

Rue Bricabrac, bdsm, caves
photo Riff

DROITE dans mes bottes (rayon chasse, pêche et tradition), je me suis glissée, suivant mon guide, par une porte dérobée. J'avais envie d'entendre la mélodie des sous-sols, de sentir l'odeur humide des caves voûtées, de voir si les crochets du cabinet de minéralogie tenaient serrés quelques belles soupirantes ou si les murs du château résonnaient de gémissements d'angoisse extatique.
Je pensais au Marquis, le seul DAF qui vaille, à Casanova prisonnier des plombs, à la conspiration du monde du dessous.

Rien de tout cela.

Aux crochets, des hamacs. Les bougies ? Des loupiottes charmantes qui font danser des fantômes d'ombre. Des cris ? Quand la tête en l'air heurte un plafond bien bas. Des chuchotements ? Pas vraiment, point besoin. Dans les labyrinthes obscurs, calcaires et humides, on peut parler haut.

Le monde d'en bas est peuplé de gens gentils, qui ne sucent pas forcément des glaçons, mais qui sont très doux et accueillants. Dans le brouillard des fumigènes, ils passent et repassent, à moins que ce ne soient d'autres, débardeur et cheveux longs. D'autres, à la file, en bonnets et lampe à acétylène, semblent sortis de quelque Blanche-Neige.

Quand je demande à mon compagnon si parfois, las des clubs, quelques pratiquants de l'art de la lanière ne viennent pas tenir congrès dans quelque salle secrète, maison ou chaumière, il me répond que non, c'est trop ardu, trop pentu, qu'ils préfèrent le confort des donjons aménagés.

Tiens, il n'a pas tort, dans mon rücksack, ne laissant que peu de place à une thermos de thé, j'avais une couverture en mohair.

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Cacher pour mieux montrer

Rue Bricabrac, bdsm, sextoys

Y a pas à dire, ça fait envie. La mode girlie envahit les sex-shops, pimp my box, j'ai l'air fin du coup avec mon énorme sac-valise Kipling planqué dans le box de Marcel !

26 cm x 13 cm. En rupture de stock ? On y met quoi ? Un pearl rabbit et un foulard ? On le cache dans son armoire à secret, à côté du cahier matelassé et son identique mini-cadenas, caro diaro ? Ou au contraire, il trône car après tout, ces quelques centimères cubes de skaï et de nylon ne sont pas là pour cacher, mais pour se montrer. À la limite, pas la peine de le remplir.

Trop chou pour être malhonnête. Lolita est bien loin.

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Faire l'œuf

Rue Bricabrac, bdsm, œuf
Photo Mindless Afternoon

FAIRE l'œuf quand on se referme sur soi, toute en replis et creux mais offrant aux regards, si regards il y a, une surface lisse et bombée, sans aspérité. La tête dans les genoux, yeux fermés, sexe scellé, doigts crispés. Pas la moindre place pour insinuer une feuille de papier cigarette. On peut se faire emballer, pas besoin de peser, on tient en boîte, en valise ou en malle. Même en sac de sport. Une serrure ou une fermeture éclair de plus ou de moins, circulez, y a rien à voir. Noli me tangere.

Faire l'œuf pour garder les endorphines et la chaleur après une sévère correction. Pour dire tout en vrac c'est fini, c'était bon, ça a fait tant mal, j'ai trop de bien, laisse-moi régresser, passe moi une couverture de doux mohair, veille sur moi, entoure-moi, encercle-moi, sussure moi des petites bêtises tendres à l'oreille. Tu as fais de moi un bébé poussin, un bébé tout court. Je suis tendre et craquante comme un chocolat avec du lait en excédent, d'ailleurs, presse-moi le nez et tu verras.

Faire l'œuf pour s'endormir comme quand on était plus que petit, pour emprisonner ses rêves et avoir l'impression de flotter dedans, pour prendre un tout petit peu de place, le moins possible, devenir une capsule prête à décoller, petit vaisseau spatial en direction de Morphée, qui serait cette nuit, et cette nuit seulement, la planète de l'oubli. Ne même pas rêver . Ou alors érotique.

Faire l'œuf pour se protéger des coups, dérober ses seins et ses fesses, pour que le corps dise stop quand la bouche ne veut pas crier "rouge", à moins que ce ne soit encore mais seulement si tu es capable de me déplier. Sors tes muscles. J'ai perdu, tu m'as vaincue, je suis perclue, je n'en peux plus, ne frappe plus. Ne profite pas de ce que j'offre à ta vindicte mes parties les plus tendres, les côtes fragiles, les mollets détendus, la nuque ployée. Tu peux me rouler, bouler, blackbouler.

Retour à la case départ, et mise en boîte.

Faire l'œuf pour avoir la paix ou proposer un joli nœud à défaire ?

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La malle des dingues

Il y a une dizaine d'années, quand je fréquentais des newsgroups américains comme alt.sex.spanking (dont l'acronyme donnait ironiquement "ass") puis soc.sex.spanking (existe aussi en version bdsm et bondage), je me souviens d'un couple dont l'une habitait Seattle et l'autre Halifax. Un soir, sur IRC, il m'avait dit, parlant de son voyage le lendemain même "tant de bagages pour si peu sortir de l'hôtel".
Comme quoi, nos jouets, on les aime. Je me sens si nue sans ma cravache made in GB... Et quelle punition tiendrait sans le martinet de latex ? Et l'auréole aux sensations si particulières ? Et au moins une paire de pinces, et la corde là, oui, celle-ci...

Je comprends bien le point de vue de Stéphane, au diable la routine et exploitons les ressources locales. Un séjour au ski ? Les bâtons feront parfaitement l'affaire (ceux de ski de fond, naguère en bambou, aujourd'hui en fibre de carbone, se nomment toujours familièrement "cannes") et la neige offre des possibilités de chaud-froid infinies. La campagne, pas de soucis, orties, branches de tout poil et calibre, balançoires dans le jardin, souches propices... La mer et ses chemins de contrebandiers peuplés de genêts, bondage d'algues, corrections sur peau mouillée (et oui, si on trouve un saumon, gifles à gogo). J'aime tout autant la valise franche du collier de Gilles, son côté rangé comme à la parade qui dit "oui, et alors ?" mais perso, toute seule, je me métamorphoserai en tomate avant même de monter dans le taxi supposé me déposer à l'aéroport. Même si, si si Aurora, les sacs géants à roulettes ont fait des progrès depuis mon vieux Kipling. En lieu d'une simple sangle en guise de poignée, ils sont dorénavant équipés d'une tirette façon trolley. Donc supposément plus maniables.

Sur les groupes de discussions cités plus haut, un intervenant avait un jour posé la question suivant "Dans quels états américains avez-vous déjà été fessé ?" Moi qui raisonnait plus en termes d'émotions qu'en terre géographiques, j'imaginais les uns et les autres devant une carte du pays, ambiance état major après Pearl Harbor, plantant leurs petits drapeaux. Fais tes valises, moumoune, on part dans le Wisconsin !


Et si les étiquettes sur cette malle du temps jadis signifiaient plus qu'un simple séjour dans un hôtel de luxe mais le souvenir cuisant d'un jeu bruyant ?
Bon voyage !

Bon voyage à Françoise d'Eaubonne, so long sista !

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Sac à mal...ice

A moins de vivre dans une maison, sans visiteurs indiscrets ni femme de ménage, d'y être sans enfants, ou d'avoir son donjon bien aménagé et solidement verrouillé défense d'entrée sans le sésame qui va bien, le rangement des accessoires de nos délices pose un jour ou l'autre problème.

Pas au tout début. Le ou la débutant n'a besoin que de son corps. Une main, un bras armé d'une envie de frapper, deux mains voire, et le tour est joué, quelques beaux moments percutants sont à venir. Mais de la même manière que s'il peut-être doux de vivre de pain et d'eau fraîche, l'envie ne tarde pas de découvrir d'autres sensations. Tant qu'on s'en tient au martinet made in France, celui qui tient dans la main et presque dans la poche, la cachette sera assez simple à trouver. Surtout qu'il se prête à merveille à l'effet lettre volée ou au jeu de mot, et j'en connais une qui le laisse en permanence dans sa cuisine, dans une cage à oiseaux.

Comme de bien entendu, on n'en restera pas au martinet des familles. Et c'est ainsi, en matière d'équipement bdsm comme de trousseau pour les filles à marier du temps jadis, que les pièces s'accumulent. On ramène des tawse ou paddle de ses voyages, on craque devant la vitrine d'un sellier, on part acheter un agitateur de rechange, on revient avec 20 mètres de chanvre, le temps passe, le sac grossit, la cache n'en peut mais.

Il y a trente ans, je ne possédais aucun jouet. Maître Stéphane qui en réalité se prénommait Franck me visitait avec un de ces sacoches anciennes et joufflues que les médecins affectionnent parfois et qu'on appelle baise-en-ville. Dans le cas de Franck Stéphane, c'était un fouette-en-ville. Aucune cravache ne pouvait y tenir, mais l'ensemble permettait déjà une foultitude de variations.

Dominamant possède un de ces petits cartables en toile que l'on reçoit à toutes sortes de congrès, pauvre cartable crevé de partout et qui ne peut plus contenir les nouveautés, l'essentiel étant qu'il soit à l'abri des yeux innocents...

Je ne sais plus très bien quand et pourquoi j'ai commencé à me constituer ma propre panoplie. Je me souviens juste de la surprise d'un dominateur, il y a longtemps, devant mon équipement. Longtemps, il a tenu dans un - grand - sac FNAC, caché dans un placard haut perché. Les cravaches se glissaient facilement individuellement dans la bibliothèque, derrière les livres. Il suffisait de se rappeler si c'était Platon ou Brétécher. A l'occasion d'un déménagement, le sac de plus en plus joufflu a changé d'armoire, au grand dam de mes jupes et robes.

Les chaînes lui furent fatales. Il avait bien 20 ans ce sac, il était mal rangé, mais je l'aimais bien. Après quelques cogitations, imaginant que la boutique de référence ferait bien de penser à vendre des sacs spéciaux, avec languettes, velcro, anneaux, rembourrage..., j'ai descendu de son perchoir un gros sac de voyage à roulettes tellement peu ergonomique - et suffisament grand pour que je puisse y loger - qu'un départ en voyage avec icelui se transformait en jeu désagrable de bagage tamponneur. Une fois dépoussiéré, les laisses et colliers se nichent dans une poche comme faites exprès, tout ce qui est métal trouve aussi son logement en extérieur, et cravaches incluses, des cordes XXXL au bandeau pour les yeux, tout est enfin rangé. Et comme rien ne ressemble plus à un sac de voyage préformé qu'un sac plein, les chastes regards des vanilles de passage sont épargnés.

Parlant de voyage, ce n'est pas gagné de trimballer tout le toutim quand on n'a pas la remorque. Et en ces temps de vigipirate rouge, même au nom de la couleur, la maréchaussée risque de sourciller à la vue de tant de ferraille et de cuir. C'est embarassant. On le sait, les cravaches, cannes et autres choses longues et semi-rigident se placent parfaitement dans les tubes pour plans. Un bullwhip se roule et se case entre deux pulls. L'imagination au pouvoir, le choix aussi.

Et vous, vos joujoux, vous les casez où ? Dans une vieille malle genre navigateur au long cours ? Ici et là, un peu partout selon l'opportunité ? Dans le coffre de la voiture ? À la cave dans une caisse marquée "archives compte postal" ? Sur la cheminée ? Dans la cheminée ? Dans un tiroir sous le lit ? Plutôt Prada ou carrément Prisu .

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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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