Rue Bricabrac

La fabrique d'oxymorons

Rue Bricabrac, bdsm, féministes

J'ai baisé toutes les féministes de Paris. Elles se sont soumises, et le lendemain, elles se sentaient tellement plus fortes.

TENTÉE un moment de retrouver les sistas sur fessebouc ou de faire un tour à la Librairie des Femmes pour réaliser une enquête précise auprès des - nombreuses - intéressées, j'ai finalement décidé de m'en tenir à mon nombril, as usual, ce qui est moins fatigant à défaut d'être plus intéressant. Puisque je suis féministe, parisienne et qu'il m'a baisée.

Quel qu'ait été mon degré de conscience et d'acceptation de mon masochisme, quel qu'ait été celui qui "m'a baisée" (par là entendre partagé avec moi les pratiques du bdsm puisque telle est ma sexualité), je ne me suis jamais sentie plus forte, ni plus libre, ni plus belle, ni plus fière.
Les chaînes de la liberté, ce n'est décidément pas ma came. Je peux pourtant comprendre ce renoncement, cette démission, qu'ont en commun les nonnes et les kajira, cet acte de se subsumer volontairement, en toute conscience à un être (via une communauté pour les premières). C'est la plus belle solution de facilité face au libre arbitre et à l'existentialisme.
Je ne suis pas masochiste pour toucher le fond le soir et me la péter wonderwoman le matin. Je suis rigoureusement la même ligotée à un fauteuil à rougir sous les coups ou assise sur ce même fauteuil, à faire une conférence.

Dans le meilleur des cas, j'ai joui, ce qui m'a mise de bonne humeur pour les heures qui suivent.



La barre, l'avoir ou pas

Rue Bricabrac, bdsm, Vélib'

D'ENTREE de jeu, il avait annoncé la couleur "je ne sodomise pas les femmes, moi, je ne suis pas une fiotte."
Qu'il ne considère pas la sodomie comme un mode d'humiliation (!) obligatoire dans les relations sm ne me dérangeait pas plus que cela, vu que la sodomie ne m'intéresse justement pas plus que cela. Mais qu'il ne le fasse pas parce que c'est un truc de tarlouze, alors là, je tique.
Et toc.

Antipathique, certes, le spécimen réveillait l'anthropologue refoulé qui roupille en moi. Malgré mes excursions dans le monde du sadomasochisme et dans un milieu professionnel longtemps masculin, je n'ai que rarement rencontré du macho pur beauf. Certes, j'ai croisé Bigard (à la plage), Laspallès (à la FIAC) et j'ai dansé sur "Macho Man" avec des copains qui ne représentaient pas le triomphe de la virilité hétérosexuelle. Mes dominateurs étaient pour la plupart (ceux qui ont compté) aussi féministes et égalitaristes que moi.

Donc ce discours chez un trentenaire (en début de trentaine, du perdreau de l'année en somme), n'arrivant pas de la planète Mars et ayant de l'instruction, m'a sidéré. Pas dominateur ni sadique, il venait sur un site BDSM en se disant qu'il trouverait femme à son dard, qui se laisserait enfiler et bourriquer sans moufter autrement que d'extase. Peut-être même qu'il pourrait la tenir par les cheveux tandis qu'il lui enfoncerait sa langue dans la bouche.

Ma ténacité a eu raison. Enflammé par ses propres propos qu'il écoutait avec attention, il a lâché cet aveu suprême "jamais je ne roulerai sur un Vélib' parce que c'est un vélo de gonzesse" !

Donc ce garçon qui n'est pas, je cite, une fiotte, a un besoin pathologique d'une barre entre les jambes. Contre le périnée, même que.
On se demande pourquoi.

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Mucho Macho

Rue Bricabrac, bdsm, macho
El Caballero Español d'Eduardo Arroyo
ADAGP, Paris 2008 - © Photo RMN

QUESTION de cours : Si le macho a des comportements dominants évidents, le dominateur doit-il être macho par essence ?

En regardant en arrière, si j'ai croisé et je croise encore pas mal de machos (so macho, so so, cette syllabe qui sépare machiste de masochiste, tiens), je pense que les hommes qui ont su me dominer, vraiment, sous le joug de qui j'ai ployé (sans faire semblant, car oui, en masochisme aussi on simule, bad news man), n'avaient pas une once de machisme. Ils m'ont respectée (sans quoi je n'aurais jamais pu les respecter), m'ont peut être admirée (pas en tant que masochiste, en tant que femme, ma sexualité n'a jamais été l'objet d'une fierté quelconque, pas plus que mon tour de poitrine, les pulsions et la génétique sont tellement des éléments que je ne maîtrise pas, il n'y aucune raison d'en tirer gloriole), m'ont souvent témoigné une affection sincère. Jamais, au grand jamais, ils ne m'ont, en dehors du strict cadre des jeux, traitée comme un objet ou un sous-être.

En revanche, ils m'ont très parfaitement mise à terre, à quatre pattes, le cul en l'air, écartelée de la plus obscène manière, fait jouir en me rudoyant, donné des ordres que même Cro-Magnon quand il trainait sa compagne par les cheveux ne devait pas émettre.

Ils étaient en règle avec eux-mêmes, je crois. La domination, le sadisme, ne venait pas remplacer un manque social, une faille intime. Il y avait sûrement des ressorts secrets et sans doute pas nickel chrome, mais ils ne se servaient pas des femmes parce que leur chien leur mordait les mollets et que leur boucher leur fourguait au prix du filet des bas morceaux.

Je dédie aux mémètres à chiennes cette toile d'Arroyo qui dit si bien le machisme primaire.

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Fort de café

J'AI tout faux. Mais alors sur toute la ligne.

Rue Bricabrac, bdsm, fessée

Pour commencer, je n'ai jamais considéré le mariage comme une option, donc je n'ai pas, jamais eu, de "husband" à domicile.

Ensuite, je ne bois pas de café, je n'y connais rien, j'ignore s'il est frais ou pas, en revanche, en matière de thé, je déchire.

Mais puisque je suis prête à tous les efforts, j'ai acheté du Nes. Ce qui devrait me valoir de la part des vrais amateurs quelques cuisants retournements de situation.

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Une queue grosse comme le Ritz

Est-ce que je peux ouvrir mon pantalon ?

??? C'est inédit, ça. On ne me l'avait jamais faite celle-là. Mais OK, pour voir, comme on dit au poker...
... c'est ÇA la grosse teube dont tu parlais hier au téléphone ?

IL faudra un jour qu'on m'explique pourquoi des hommes, qui sont de toute évidence pressés de l'exhiber, tiennent à se vendre comme TTBM alors que franchement, ce n'est pas précisément un produit d'appel pour les femmes et qu'en plus, ils sont plutôt dans le registre du TTMM. (Et qu'a contrario, certains soumis jouent de leur modestie comme objet d'humiliation.)

Heureusement, Maître TTTTTBM existe, on a croisé sa trace du côté de la place Vendôme. Raide comme la justice, il n'y a pas à mégoter. Les couilles un peu en désordre, certes, mais tellement très très très très bien monté, qu'avant d'aller prendre possession de sa suite au Ritz, lui et ses camarades de touze ont été obligés de laisser leurs queues sur (la) place. La colonne de bronze en est verte de jalousie.

Rue Bricabrac, bdsm, justice, Frank West

(On me murmure dans l'oreillette qu'il ne s'agit aucunement de symboles phalliques, mais de "Pommes d'Adam" signées Franz West, rescapées de la FIAC pour un mois de sursis. On cherche toujours une corrélation entre la présence de ces, heu, oeuvres et les fréquents voyages en province de Maîtresse Rachida. Les, heu, totems étant partis, elle va pouvoir retrouver sa vue intacte sur Dior et Boucheron.)

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Chéri, plaque-moi !

Rue Bricabrac, bdsm, machisme

ÉRIC Zemmour, journaliste politique au Figaro et chez Ruquier, qui partage avec Jean-Michel Aphatie un anti anti-sarkozisme prononcé et un physique de traître de comédie (oui, c'est mal de se moquer du physique des gens, je sais, mais je serais directeur de casting, je les embauche pour le prochain Astérix dans le rôle des frangins Felonix et Foderchix), est un frêle petit bonhomme réactionnaire qui ne supporte pas les papas poules et les femmes (vé)libérées. Pour la faire courte.

Sa dernière sortie remonte au 1er octobre, dans ELLE, qui est vraiment bonne fille d'inviter ce sinistre sire (sauf à le considérer comme une sorte de clown repoussoir), à propos de rugueubi et d'homme rugueux. Chabal Powa ! Et là, le Ricounet se débonde.

Mais les femmes se moquent, au fond, du rugby. Et pourquoi faudrait-il considérer comme bien en soi qu’elles s’y intéressent ? (...) est au contraire la bête, le mâle hirsute, qui fait tomber les femmes à la renverse ! (...) Il va bouter les Anglais hors de France, peut-être. Alors, bien sûr, il fait frissonner les femmes.

Si j'avais en commentaire d'un joli post de Dame, imaginé quelques secondes être un ballon entre les mains des Blacks, c'était du fantasme. Une envie de me faire plaquer (pour une fois que ce serait source d'agrément) , de laisser l'empreinte de mes seins dans le sol, de sentir le poids des muscles et le choc des mains. Je ne me suis pas pour autant précipitée sur le terrain pour me fourrer entre leurs pattes. Je n'ai d'ailleurs pas regardé le match, ni aucun autre, pas plus que je ne regarderai celui de soir. Je n'entends rien aux règles, et par-dessus tout, je vomis cette ambiance panem & circenses qui veut que l'humeur d'un pays ("nous avons gagné, marqué, buté..." dit le beauf qui a tout perdu) soit accordée à celle des coups de pieds d'une équipe tricolore, il y aurait beaucoup à dire... Mais je ne suis pas autiste, et j'ai une vague idée de la géographie d'un rugbyman. Et je ne suis pas sûre qu'un néanderthalien like donnera aux femmes l'envie d'être dominées (ce qui ne veut pas dire se prendre une bonne fouettée et autres délictueux délicieux jeux de vilains, mais dans l'acception zemmourienne rester au foyer et au four, sortir au supermarché ou au bras de son époux), sauf peut-être dans ces obscurs fantasmes de viol dont elles ne seront pas fières. (Oui, Ricounet and Co, le viol est un tel cauchemar dans l'esprit des femmes, qu'elles l'aient été ou pas, que si on le fantasme, c'est avec une icône pipole, dans une suite de palace et le rouge post-orgasmique au front aussi.)

Enfin, je ne connais pas personnellement Madame Chabal (pas plus que Madame Zemmour, même si mon illustration est insultante pour cette dernière) mais rien ne dit que ce petit bout de femme haute comme trois ballons ne mène pas son grand mâle par le bout de la mèche.
Car je suis sûre qu'Annick Chabal n'a pas épousé son Sébastien parce qu'il était son fantasme, mais parce qu'elle avait envie de faire un bout de chemin avec lui, dans la norme. Car un fantasme, Ricounet, ça ne s'épouse pas. On joue avec. Juste.

 

Il convient de ne pas confondre Éric Zemmour avec Éric Zemmour®, coiffeur marque déposée sur la côté d'Azur (where else ?).



Hot dog

Rue Bricabrac, bdsm, piment
photo Terry Lea

QUAND je pense qu'il y en a qui se damneraient pour un tel compagnon et qui roupillent à côté d'un mari vanille qui par ailleurs ne poivre même pas ses plats. La vie est mal faite. (Et la dépêche a une bonne quinzaine de jours mais je me la gardais pour un jour de flemme. Ci-fait.)

LE HAVRE

Un Congolais de 30 ans soupçonné d'avoir écrasé du piment sur le sexe de sa compagne pour soi-disant éloigner les mauvais esprits a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel du Havre (Seine-Maritime) à huit mois de prison ferme, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

L'homme qui comparaissait dans le cadre de la comparution immédiate a expliqué à la barre que, dans son pays, apposer du piment sur le clitoris de sa compagne favorise une vie sexuelle épanouie.

La justice à quant à elle assimilé cet acte à une torture compte tenu de la violente douleur causée à la victime et de la brûlure qui en a résulté.

L'auteur présumé des faits qui réside en France depuis plus de vingt ans a été condamné à 18 mois de prison dont dix avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans. Il a été écroué au Havre.



Nom d'une chienne ! (2e partie)

Or donc, la chienne est sortie de sa pochette, elle permet à son opposé de se définir comme maître ou maîtresse (au sens où l'entendent les vétérinaires qui parlent parfois de propriétaire (sur les certificats de vaccination antirabique du chat, il y a "appartenant à") alors qu'il serait plu approprié de parler d'humain. Mais pourquoi ce nom, glissement de bitch ou clone de clebs, je n'arrive pas à trouver la réponse.

Rue Bricabrac, bdsm, chienne, Wegman
Photo William Wegman

En tous cas, chienne elle est, et c'est ainsi qu'il faut la nommer. Quel que soit le choix, Lassie ou Laïka, chiennes de légende, Slavka ou Lara, presque prénoms, on retrouvera beaucoup d'"a", signe féminin dans nos pays latins. Si je deviens Zaza, pour une heure ou pour la vie, je suis une autre, ce n'est pas moi, c'est cette chiennasse lubrique de Zaza. Moi, je suis une femme équilibrée, dircom ou proviseure, dentiste ou infirmière, je mange au self avec assiettes, couteaux et fourchettes, et j'en retourne une bonne au premier qui me file une poignée de bonheur (ainsi appelaient-ils une main au derrière, y en a qui ont le bonheur bien bas). Mais une fois verrouillé le collier de Zaza, j'agite le clit et je lui lappe les pompes (j'espère qu'aussitôt après, elles lui roulent une pelle d'importance).

Et si la chienne était un cliché de plus ? Si personne n'y croyait vraiment, à cette pauvre chienne de bazar et de circonstance ? Si c'était juste pour fuir ce qui serait trop difficile à accepter d'humain à humain ? Si c'était comme un Nintendogs sans les électrons et la morale à deux balles ?

Si je suis chienne, je peux faire ce que la femme ne ferait pas. On y revient.

Mais voilà, mon problème, c'est je veux tout faire en tant que femme. Je veux assumer. Je veux être moi, mille fois moi, moi concentrée à l'extrême. Lui lécher l'anus non pas parce que c'est l'orifice "sale" mais parce que ça le fait jouir, et qu'il se jette aussi sur le mien avec une gourmandise goulue. Si je dois devenir animale, je veux que ce soit par lui, parce qu'il saura fouiller la pulsion, parler à l'instinct, faire surgir ce que je cache si bien, peut-être à moi-même. Ca ne lui confère pas de pouvoirs particuliers, ça n'en demande pas non plus, c'est juste une histoire de diapason, d'accord, de vibration, de confiance.
Pas besoin d'aboyer.

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Nom d'une chienne ! (1ère partie)

Les chiennes donc...
Pourquoi chiennes ? Je n'ai pas le souvenir, quand j'ai débarqué dans le sm, d'avoir rencontré ce terme ou ces comportements. Etait-ce dû aux hommes qui m'ont accompagnée dans cet univers, au fait que je n'ai jamais participé à quelque société microcosmique en rapport avec mes inclinaisons, qu'à l'époque, la référence était "O", que je n'ai jamais été soumise mais maso à soumettre ... ?

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Photo William Wegman

Il y a des années, à la suite d'une rupture, j'avais enfourché le minitel et d'un clavier fébrile je contactais tous azimuts. Je rencontrais beaucoup, comme on fait passer des auditions. Jusqu'à la lassitude. Parfois, un seul café suffisait à prendre une décision (dans un sens comme dans l'autre). C'est ainsi qu'un soir, je me suis retrouvée face à un type plutôt charmant et spirituel jusqu'à ce qu'il m'ordonne de me mettre à quatre pattes et de faire le chien (dos rond assorti d'un ouah sonore) et le chat (dos cambré et miaou feulant). Le mouvement, je connaissais bien, c'est le basic de l'assouplissement du dos, on ne fait pas mieux après une journée devant son ordi ou une après-midi de shopping intensif. Les ouah et les miaou, c'était ma foi assez ridicule. À mes yeux. Ensuite, heureusement qu'il a sorti sa main et qu'il s'est occupé de mes fesses, ce qui m'a remise en train. Si je puis dire.

M'étirer comme le fait mon chat lorsque je rentre et qu'il se réveille pour venir quêter câlins et croquettes, les yeux plissés de sommeil et de volupté, les épaules à terre et le cul en l'air, avec ce mélange de souplesse et de tension, mille fois oui. Tendre ainsi la croupe le plus haut possible pour implorer les claques, pour présenter à l'homme mon sexe de la plus obscène manière, pour lui dire que je suis à lui, pas de problème.
Agiter le derrière en pissant trois gouttes de plaisir exprimé et me promener en laisse à m'en démettre les ménisques ne me fait rien retrouver de mon animalité. Si c'est de cela qu'il s'agit (le numéro de juin de la revue Philosophie, avec une photo de William Wegman en couverture en parlait très bien, de l'animalité). Parce qu'en fait, je n'en sais rien. Les chiennes sont une terra incognita. Mais je ne crois pas qu'il s'agisse d'animalité.

Le chien, donc la chienne, est un animal reconnu pour sa fidélité, son besoin de maître, d'être dressé. Une fois cela fait, il devient le meilleur ami de l'homme (ou est-ce le cheval donc la pony girl ?). Le ou la propriétaire d'une chienne est donc investi de ce pouvoir d'éducation. Tout bénèf. Il aboie ses ordres, elle jappe en reconnaissance, on retourne au néanderthal, c'est excitant. Une régression un peu plus appuyée, dans le fond, que ceux qui jouent à grand homme et petite fille.
Finalement, ce n'est qu'en faisant de la femme une chienne qu'on peut se sentir son maître. Le reste du temps, on est homme et femme. Une hypothèse, tiens !
(Je sais, c'est un jeu, et c'est de ce jeu que j'essaie de parler, pour comprendre.)

Dans le petit monde des saigneurs, on remarquera que si la première concubine est l'esclave, la deuxième concubine sera la chienne, un cran en dessous, dépourvue de son humanité, juste bonne à lécher les pieds et dormir par terre.
La chienne (plus que la vache ou l'ornithorynque ?) a des chaleurs, et ce ne doit pas être pour rien dans le choix de cet animal.

D'ailleurs, j'ai longtemps cru à un glissement de sens. Au début était la salope, celle à qui l'on dit "tu aimes ça, ma bite dans ton fion, hein grosse cochonne ?" et qui a intérêt à répondre le rouge au front, aux joues et aux hémorroïdes "oui" mezzo voce, pour que l'autre bourrin en rajoute dans le coup de rein "plus fort, salope !". De salope, on passe à l'anglais bitch (le microcosme est depuis longtemps beaucoup mieux structuré, organisé, labellisé là-bas), et comme bitch est polysémique, voilà comment après un aller-retour transatlantique, la salope est revenue en chienne. Comme dans un tour de prestidigitation.

(À suivre)

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Livres en vrac

La matinée se terminait, il y avait un air de printemps et de vacances dans les petites rues autour du square, une somme de papas faisaient rouler poussette, la baguette (de pain, Rétrodor ou Banette) à la main. Ils pourraient presque être mes fils, pour la plupart, ces hommes qui profitaient du ouiquende pour ne pas se raser, souvent beaux garçons, tankés et tendres à la fois.

Rue Bricabrac, bdsm, littérature

Le cauchemar d'Éric Zemmour, ils étaient ! Éric Zemmour, c'est ce journaliste qui généralement écrit sur Balladur ou sur Chirac, et qui s'est le mois dernier piqué d'écrire (Le premier sexe ça s'appelle et c'est Denoël qui s'y colle) et de décrire la désintégration de la société française (les émeutes de novembre, c'est la faute aux néo-gonzesses, je la fais courte) par la dévirilisation de l'homme. Adoptant un discours encore plus réactionnaire que son libéralisme noyé de bonhomie quand il fait le beau chez Bern ou sur i-Télé, tentant d'être aussi provo qu'Alain Soral qui a dit les mêmes âneries que lui 6 ans plus tôt, il prône le retour des femmes à la maison entre couches et cuisine, tandis qu'enfin, les zommes noyés de testostérone pur porc sentiraient leurs couilles repousser (la droite et la gauche, parce qu'il faut deux hémisphères à un cerveau). Dans le monde où vit Zemmour, les hommes - du moins ceux qui ne sont pas des fiottasses - sont devenus des femmes comme, pire même (parce que les valeurs féminines chez Zemmour, c'est serpent, diable, pomme, mal et compagnie), les autres. Son portrait de l'homme en prédateur sexuel me questionne... Serait-il, hors antenne et monde l'édition, l'un de ces Sir Stéphane von DAF der Mastère que l'on croise sur les sites BDSM (BDSM à chanter sur l'air de YMCA pour alléger un peu l'atmosphère et rappeler à Éric Zemmour que les Village Popaul étaient des incarnations des clichés virils, casque, poils, uniforme, moustache, biceps...).

Puisque l'heure est au déballage des rayons de la bibliothèque, deux autres livres de femmes qui frôlent le domaine que l'on aime.

Rue Bricabrac, bdsm, littérature

Angie David qui jouait la maîtresse d'Ivan Attal dans Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, cette blonde et diaphane jeune femme aux yeux de chatte, 28 ans au compteur, secrétaire de rédaction de la revue littéraire de Léo Sheer publie chez ce même éditeur Dominique Aury, une biographie d'icelle. Qui est passée à la postérité sous le nom de Pauline Réage, identité qu'elle n'a avoué que peu de temps avant sa mort. Dominique Aury, qui ne s'appelle pas non plus Dominique Aury, aimait les femmes surtout, et quelques hommes. On connaît sa liaison avec Jean Paulhan. Ainsi que son surnom de "nonne des lettres". On apprend par cette conséquente bio d'Angie David qu'elle a "fréquenté" Thierry Maulnier quand elle était dans les jeunesses de (extrême) droite (mais comme dit un personnage dans Le passager du Champ de Mars de Robert Guédiguian, mieux vaut commencer à droite et finir à gauche) et qu'elle a écrit "O" entre la chambre de ses parents et celle de son fils, la nuit, en clandé, sous les couvertures. A lire par tous ceux qui pensent encore que Histoire d'O est une autobiographie à vocation pédagogique et dogmatique, et aussi par ceux que les double voire triple ou même quadruple vies passionnent. C'est en prime formidablement bien écrit.

Rue Bricabrac, bdsm, littérature

Le pire pour la fin, le plus drôle aussi. Une dame Chloë des Lysses, spécialisée dans l'égérisme et le traité coquin mais mal documenté vient de pondre une espèce de Reader's Digest sadien. Chloë des Lysses, ça fait pseudo d'esthéticienne, faut dire qu'elle écrit pire que certaines épilent. En tous cas, de la même façon qu'Éric Zemmour considère les femmes comme des sous-hommes, Chloë Machin n'est pas loin de penser la même chose puisqu'elle livre chez Scali (c'est un autre qui l'a écrit, elle a supervisé, on ne rigole pas) Sade revu et corrigé pour les filles (qui ne sont évidemment pas cap' de le lire en version originale. Perso, j'attends la version remix pour les blondes.) est largement parsemé d'images, de fun et d'un psycho-test. Tout de même, attention, avant d'investir dans ce chef-d'oeuvre, lire préalablement La fessée pour les Nuls ainsi que Cravache pour tous et Gode pour les autres.



Vat'fer... (Profumo di maestro)

Le chercheur d'O, s'il ne trouve pas sa perle, a désormais parfum à son petit pied. C'est Francesco Smalto qui s'y est collé, lui qui habillait Bébel avant que ce dernier ne se greffe un yorkshire sur l'avant-bras et une fausse blonde/vrai pouffe à l'autre.

Rue Bricabrac, FullChocke, parfum, maître

FullChoke ça s'appelle. Côté paquetage, c'est métrosexuel. Sous l'emballage noir is beautiful, au verso du carton, c'est un fuschia pétard qui saute à l'oeil. Assorti à la doublure des souliers griffés du même Smalto (n'est pas Louboutin qui veut, à défaut de signer d'une semelle rouge, on se rabat sur ce qu'on peut ).
Rayon fragrance, on est plus dans l'übersexuel, puisqu'on nous promet la première senteur poudre de canon (il me paraît légitime d'en appeler à la convention de Genève sur les armes chimiques). En vérité, y a du poivre, de la cardamome et de la coriandre, mais aussi du melon d'Espagne et de l'ananas. Et encore du bois de teck (qu'on ne décime plus seulement pour faire des chaises de terrasses), du cuir, du vetyver, de l'ambre ET du musc, et au diable l'avarice, du rhum et de la vanille. Les soirs de disette, ça doit pouvoir se boire,même s'il n'y a pas de pomme, c'est pas pire que le Lockheed (liquide de frein qui faisait, sur des tranches de pain, le bonheur des tankistes russes en Afghanistan).

Mais là où le Full et le Choke prennent toute leur envergure, c'est dans le flaconnage. Ce n'est plus métrosexuel, ni même übersexuel, c'est roccosexuel. Les millimètres ne seront pas déçus par ce substitut phallique qui angle les arrondis sans jamais cacher son jeu et qui s'adresse bel et bien à nos maîtres puisque le créateur le destine à "l'homme qui ne connaît aucune limite" (et le m... est bien celui qui après avoir dit "à poil chienne suce-moi", révèle n'avoir aucune tabou, fors la vulgarité, et aucune limite).

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Vat'fer (Maître Patrick)

Vat'fer (metre Patrick)

Aujourd'hui, Libération consacre son portrait de dernière de couverture au citoyen Patrick Lesage, mieux connu des milieux sm sous le sobriquet de Maître Patrick.

bdsm, Rue Bricabrac, Maître Patrick

Il aurait continué à fouetter dans sa cave bien aménagée, avec vue sur barreaux, personne ne se serait déplacé pour lui tendre un micro et saisir sa bobine (qu'il masque soigneusement sur sa page perso). Mais le gars Patrick sort un livre (avaient-ils raison, ceux qui disaient que le site n'avait été mis en place, que pour promouvoir un livre à venir, à moins que le site passé depuis en allo pass ne soit une sorte d'extention promotionnelle du livre) où il raconte (d'autres rumeurs le disent incapable d'écrire seul un livre, même une lettre...) comment il a fait subir les derniers outrages aux plus riches et belles femmes de Paris, déposées chez lui par leur mari ou amant. Je reviendrai, si j'ai le courage de lire la chose, sur ce Journal d'un maître (chez Flammarion).

Je ne connais pas Patoche, ni aucun Maître d'ailleurs. Son site, du temps où il était gratuit, donnait particulièrement envie d'aller voir ailleurs s'il n'y était pas.

J'ai donc fait la connaissance de la (mettre ici des rires enregistrés) figure emblématique du sm qui se prend au sérieux via cet article (que l'on peut lire encore pendant un temps limité sur le site du quotidien). Il en ressort que Monsieur Lesage s'est fait tout seul, ou tout comme, même s'il est ingénieur, il n'a pas oublié que ses parens étaient de modestes commerçants malouins, il n'a pas la distinction des sévères mais justes british qui habillent leur minceur sèche dans un tweed de bonne facture. Une ressemblance sidérante avec le maître disparu d'une soumise nommée Gladys a fait son destin. Elle lui a tout appris, et maintenant, rentier, l'immobilier, ça paye, il attend à la porte du donjon que la femelle tremblante toque à l'huis.

Bon.

Pêle-même, j'ai encore appris que pour lui, il était important qu'un homme ait "des couilles" (tu l'as dit, coco, c'est là que tout se passe, le cerveau, l'âme et la niaque), il jubilait à soumettre des "intellectuelles" (le pire péché chez les fendues, il faut croire, elles pensent maintenant... . À défaut de voir ce que les riches ont dans le ventre, il regarde ce que les rupines ont dans le con. Dans le monde où il vit, celui des dominateurs trade mark, il est essentiel de rafler "la plus belle, la plus folle, la plus obéissante". Il est de droite, il ne baise pas celles qu'il frappe. Sur son site, déjà, il disait que les femmes qu'il dressaient étaient belles sans exception. Et au rayon littérature, il citait les livres de Vanessa Duriès (de chez Le lien), Salomé (de la petite entreprise Salomé et Mastermind) et une autre soumise confessée dans l'édition, qui tous parlent de ... lui.

A la louche, j'en déduis que le bonhomme est un sacré revanchard, un inculte qui soumet des femmes mille fois plus intelligentes que lui, un pas séduisant qui emballe (dans du plastique bien sûr) les plus jolies. Finalement, on a du bol qu'il ait croisé Gladys, sinon, dieu sait comment il aurait fini.

En tous cas, ce n'est pas mon sm, ça, c'est tout ce que je déteste dans ce monde, du show-off au refus de la sexualité, de l'ego démesuré à la vengeance. Ca tombe bien, je ne suis pas fille de golfeur, les machos me font vomir, et j'adore me faire baiser par celui qui me fouette et dans les bras de qui je dors.

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La sexe trinité (interlude)

Avez-vous remarqué, sur les tchattes bdsm et autres meet me roughly, que dès qu'une femme a trouvé un partenaire, sans préjuger du temps de cette alliance, elle modifie son annonce, la désactive, annonce la couleur, se met en pause, prévient son monde (ce qui, je le dis d'expérience, et même en rouge et en gras n'est pas toujours compris de dom en mode écriture seule, il faut croire) ? Tandis que l'homme (l'autre moitié du pacte sus-cité) ne bouge pas un iota d'icelle (ce qui ne signifie pas fatalement qu'il considère la relation comme nulle et non avenue et qu'il cherche s'il ne pourrait pas trouver mieux pour le même prix, mais on peut se demander).

Oui, je sais, il y a des exceptions, mais cette pseudo généralité m'a été confirmée par l'administrateur d'un site, lequel passe une bonne partie de son temps à valider les annonces.

 



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
Flash-back
À lire
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L'oeil
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