Rue Bricabrac

Maman est en haut...

IL fallait bien que le voyage se termine... Ayant loupé d'une lieue ma zone verte d'atterrissage, j'ai posé la montgolfière sur le toit d'une multinationale. Pour ce retour à la civilisation, il était urgent d'ordonner mes cheveux en pétard et poudrer mon nez brillant de trop de proximité avec la chaleur tant du soleil que du propane.

Direction les toilettes, le chat sur l'épaule et les géraniums sous le bras. Une fois pimpante et rafraichie, je sors et je vois à côté de l'affichette réglementaire du groupe interministériel spécial pandémie, un petit récap maison des gestes à ne pas faire sauf à vouloir gripper l'entreprise. Parmi celles-ci, outre la proscription de serrage de louche et de bise (sic), il est prescrit de respecter une distance de sécurité de deux mètres avec son interlocuteur, ce qui laisse présager des réunions amusantes autant que bruyantes (perso, à ce point-là, la vision conférence et le blackberry pour tous) sans parler de légers problèmes immobiliers rapport à la taille de la cantoche.

Voilà qui va aussi révolutionner les relations sexuelles. Pour le bdsm, pas trop de soucis si je compte le nombre de relations D\s par webcam, et pour le sm, la pratique du singletail (noooooon, pas sur le ficus !!!) va se répandre. Au moment de la conclusion (oui, pour moi, il n'y a pas de sm sans sexe et mon tourmenteur est aussi au moinsse mon amant, au plusse mon amour), nos amis allemands (?) semblent avoir trouvé la solution. Il suffit d'un bon en dehors, d'une (maxi) manivelle et d'un duplex.

Rue Bricabrac, bdsm, H1N1
photo D.R.

Ne me remerciez pas, j'adore aider.



Yoyo

Rue Bricabrac, bdsm, masturbation
photo ṪṦϘ

M*** s'est approché de mon sexe qu'il a dévoré jusqu'à ce que sa soif s'étanche et que j'arrive à l'orée de l'orgasme.
Là, il s'est éloigné, à posé sa joue contre ma cuisse, a proféré des douces menaces tout en m'empêchant de serrer les jambes, ou de glisser une main.

Quand l'idée de l'orgasme s'est retirée suffisamment loin, il a recommencé le même jeu, mon plaisir à venir comme un yoyo.

Fort - Da.

Pour me faire monter plus vite, il torturait mes seins tout en continuant de jouer de sa langue entre mes lèvres.

Fort - Da

Au bout d'un temps, je ne sais le compter, j'étais languide, pantelante, désarmée. Une crêpe... qu'il a retournée vivement, sèchement. Avec les mêmes conscience et constance, il a fouetté mon verso.

Fort - Oui

Les coups de plus en forts m'ont plaquée contre le matelas, et ces frottements pourtant si légers sur mon sexe agacé m'ont procuré au centuple le plaisir qu'il m'avait refusé.

Fort - Oui



Histoire d'O...nanisme (good vibes)

Rue Bricabrac, bdsm, masturbation
Fauteuil Denis D. Burlet

6 h 37
La pleine lune éclaire la pièce, je me réveille d'un rêve aussitôt oublié, l'orgasme au bord des lèvres, encore palpitantes.

Je me lève, pas somnambule non, mais presque. Je fonce dans le dressing, fouille dans les sacs et dans un demi-sommeil. Non, pas le cône, pas le canard, trop compliqué de remettre les piles, il faut un tournevis, pas le lapin non plus, je ne veux rien introduire, voilà, bon dernier, celui que je cherchais. Puis les piles, dans le bureau, ouf, il y en a deux dans le chargeur.

6 h 42
La lune s'apprête à ficher le camp de mon horizon. Vite un fantasme. Non, pas lui, je n'en veux plus, même en virtuel. Des hommes sans traits, c'est plus simple, et ce fauteuil, qui cache les reins, mais présente fesses et omoplates. L'un fouette, l'autre suce. Aucun intérêt, pas de sophistication. Juste du résultat, de l'efficacité.

Une fois. Deux fois. Trois fois.

7 h 07
Il fait jour. Je peux me rendormir. Décontractée, fantômes chassés, clitoris endolori. Lui et seulement lui.

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Plug and Play

Rue Bricabrac, bdsm, godemichet

AVEC M***, mon diablotin préféré, nous partons souvent en live à partir d'un rien, surenchérissant dans la déconne sans le moindre complexe.

L'autre soir, avisant un gode monté sur ballon, ou sur maximonocouille, je m'empresse de quérir son avis éclairé et décalé. Nous tombons rapidement d'accord. Soit le ballon est trop petit, soit le gode trop gros, mais plutôt le ballon, et on ne voit pas bien le plaisir de l'usage qui promet plus d'acrobaties dangereuses que de plaisir immédiat. (À noter que le machin est présenté dans la rubrique "godes realistic" - insultant ainsi à la fois le français et l'anglais - et que le modèle masculin, donc anal, est en promo.) Malgré une notice aussi tentatrice et menteuse que celles qui accompagnent les crèmes anti-rides.

À la descente, la souplesse du ballon vous accueille pour mieux vous faire rebondir et osciller au rythme de vos hanches.

Si descente il y a, c'est qu'il y a eu montée, donc un minimum de gymnastique, je lui suggère que ce même gode (ou une version 8 pouces pour nous rappeler ce fatidique fantasme masculin de la perfection pénienne) sur un très gros ballon pourrait inaugurer un nouveau mode de gym douce : le Pilates-Sutra. Quitte à jongler pour trouver un équilibre sur une bite rebondissante, autant lui trouver un effet de bord. Tu jouis, et en plus, c'est bon pour ta colonne. Sachant que les ballons Pilates peuvent aussi faire des sièges de bureau, les tensions que subissent la plupart des salariés en ce moment pourraient trouver quelque réconfort.

M*** qui est plus branché sur les jeux d'enfant que moi qui n'ai pas eu envie de repeupler le monde, hilare, imagine à son tour une customisation du ballon sauteur (chez Nature et Découvertes) interdite aux moins de 18 ans. Il ne le savait pas, mais une autre, Miss Cyberdoll alias la subversive France Cadet, l'avait déjà fait, au nom de l'art.

Rue Bricabrac, bdsm, bleus
installation Happy Hoppers de France Cadet

Maintenant, au nom du cochon, on peut se fabriquer le sien !



Madeleine est revenue

Rue Bricabrac, bdsm, surréalisme
Luxure - Clovis Trouille

J'AI fait mentir mon nom de guerre : j'ai rangé ma bibliothèque. C'était un sacré bazar, il faut le reconnaître. Doublé d'un nid à poussière. Trois lombaires au champ d'honneur et la surprise de découvrir mon nez toujours en place malgré des éternuements dignes de la saison des foins plus tard, tomba ma récompense.

Sous la forme de la page 245, une reproduction d'une toile de Molinier, qui essayait de s'échapper d'un petit livre au pâle ocre jaune. Suivie d'un décollement de la 247 : chapitre IV, SADO-MASOCHISME.
Publié en 1971 chez Idées/NRF, il s'agit de l'épuisé Surréalisme et sexualité, de Xavière Gauthier. Je croyais l'avoir prêté, perdu, je l'avais pleuré. Je n'imaginais pas le feuilleter à nouveau.

Ce livre a été essentiel dans ma vie. J'avais presque 17 ans, tous mes fantasmes encore intacts, j'oscillais entre un très précis et douloureux sentiment d'anormalité et un solide sentiment de singularité et d'exception. Ce n'était pas le mouvement féministe qui allait me réconcilier avec cette sexualité tellement différente que personne n'en parlait. La liberté sexuelle n'allait pas jusqu'aux "perversions" (peu de temps avant, faire l'amour sans penser à procréer en était aussi une, de perversion). Et voilà que cette femme, professeure, féministe, militante, abordait, à travers les surréalistes, l'Éros sous toutes ses formes. Bien que j'ai tout lu de la première à la dernière page, certaines parties des 247 et suivantes ont supporté mes masturbations (je n'avais besoin que de lire et de serrer les cuisses, look mom, no hands) quotidiennes.

La croupe frémissante se contractait spasmodiquement.

Et toujours dans le même Desnos

La croupe sonore avait été cinglée par le plat de la main et ses muscles seraient bleus le lendemain.

J'étais fascinée par Luxure, un tableau de Clovis Trouille, et son Dolmancé a affirmé mon goût fétichiste pour les costumes XVIIIe, les costumes masculins.

J'aimais déjà les surréalistes. Ils m'ont aidée à aimer ma sexualité. Je me suis mise à en lire certains en pensant trouver mille et un récits de verges, et j'ai découvert des univers littéraires tellement séduisants.
De ces émois restent des paillettes d'orgasmes et des pages de mots. Et c'est aussi depuis Surréalisme et Sexualité que je sais que sans les mots, les maux ne sont rien.
Je peux faire l'amour comme on fait la guerre. Je peux accepter qu'on me fasse l'amour comme on commet un crime.

Ma madeleine aujourd’hui se prénomme Xavière.



Une épine dans le pied

Si jamais le coussin ne suffisait pas à faire oublier toutes ces femmes en sneakers, baskets, charentaises et babouches, voici l'ultime objet branlatoire, le "it foot", le deux en un (non point deux pieds, mais ça existe aussi), le pied sans la tête, le talon sans l'estomac, le fetish réduit aux acquêts pour le footlover au taquet.

Quand prendre son pied équivaut à lui faire du rentre dedans. C'est plus du sexe, c'est du Devos. Le corps morcelé n'en a pas fini d'avoir des horizons qui déchantent. (Plus laid, ça va être coton.)

Rue Bricabrac, bdsm, fétichisme pieds
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And the loser is...


Je ne sais pas si après trois ans et demi d'abstinence, je peux, je sais, encore désirer une femme. Une femme, il faut s'en occuper.
Rue Bricabrac, bdsm, rateau Moi je suis plus frustre. Désirer un homme, ça veut dire me branler en pensant à lui. (Et pas à un acteur ou au facteur.)

(Tchéky Kario, change rien, j'arrive !)



Sadonanisme

LA masturbation, quoique commode, n'a jamais été une panacée. C'est plus un soulagement. Une autre manière de se gratter quand ça démange. Je ne parle pas de ma période d'avant ma vie sexuelle avec un partenaire. D'ailleurs, j'aime beaucoup me faire masturber, même si les séances de masturbation réciproque sont un à mon sens plus du domaine du touche-pipi-merci-donnant que de la pyrotechnie que j'évoque souvent.

Mais bon, parfois, souvent, mollement, follement, ça dépend, je me masturbe, avec un bon bouquin ou un canard (je ne me sers pas des deux de la même manière et un bon livre a ceci d'écologique qu'il me dispense de l'usage du canard, et que je peux garder mes deux mains pour tourner les pages, comme quoi, le cerveau, c'est quand même lui l'Organe). Et ça marche. Si bien qu'il m'arrive non seulement de gémir, mais de crier, de me cabrer. Et ça fait peur au chat, qui me bousille mon after.
Ça marche parce qu'il y a les lobes, qu'on pense à lui ou à Tchéky Kario, et qu'on trompe la solitude avec la pensée, cette Pénélope qui n'a pas encore rejoint Morphée et qui tricote une belle tapisserie.

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photo Liapinto

En revanche, bien que mouillant (ayé, je me fais un petit coup retour de la revanche de la chatte en folie, bien baveuse et rosée à la raie avec un degré de chaleur d'hygrométrie qui donne envie d'aller se sécher au frais à Singapour) d'une manière immodérée dès que quelque instrument (de la main à l'un des bidules qui traînent dans le sac à malices) s'approche de ma peau, joue d'un téton, caresse une rotondité arrière, trace son chemin entre mes omoplates, écarte mes cuisses, siffle dans l'air... bien que je puisse rêvasser et construire des scénarios pas follement élaborés, mais terriblement excitants en préparant pour un amant en chemin vers mon boudoir une carte du rude... bien que je puisse me souvenir de ces coups de battoir dont j'ai cru que oui, comme dans la chanson, ils allaient me fendre en deux, des straps qui auraient pu être méchantes si la main n'avait pas failli, et de la belle rouge et de son cousin acier à queues et noeuds qui depuis qu'ils ont traversé la grande mare n'ont pas perdu leur odeur extatique de cuir fumé... bien que donc, et même malgré que (et que ceux qui considèrent l'expression comme impropre relisent Rousseau), je suis incapable de prendre une once de plaisir à me frapper moi-même.
(Je surtout fâcheusement infoutue de me frapper moi-même, la cire d'une bougie ne me fera ni chaud ni froid alors que je peux sans le moindre état d'âme prendre une lame de rasoir et m'ouvrir la jambe. Je précise que ce dernier cas n'est pas mon passe-temps du moment, que l'on fait des conneries quand on a 14 ans et que cette dernière action ne m'a jamais déclenché une giclée d'endorphines.)

J'y ai pensé. Pas à froid, en rentrant d'une journée pénible (pléonasme), comme d'autres sirotent leur pur malt (ou dans le cas de quelqu'un que nous connaissons, leur 12°5 avec bouchon de plastique ou en cubi s'il y a eu promo chez Carrouf). Évidemment. Pas moins sur ordre, avec le ton impérieux et sec qui convient, "je veux voir les marques en arrivant chez toi" (je choisis lequel, le Russian red de Mac ou le 190 de Shu Uemura ? Ou alors mon vieux Chanel 22, rouge ultime jamais égalé, qui n'existe plus et qui doit comporter depuis tout ce temps plus de bacilles que ce que les labos nous préparent pour la prochaine guerre bactériologique, les phtalates et le paraben, à côté, c'est de la gnognotte). Je me souviens avoir vainement essayé devant A***. Mon bras, pourtant habitué à des gestes plus vigoureux, devenait mou comme un membre mort ou la poignée de main d'un jeune UMP.

Même pas seule, sans témoin de ma misère sexuelle, avec au creux du ventre une envie boulimique comme un appétit, une faim de louve masochiste et exacerbée, avec le désir d'entendre résonner le coup qui bat et s'abat, avec oui le souhait de passer mon doigt sur un début de boursouflure... je n'ai pas pu, je ne peux pas. Même en rêvant à Tchéky Kario ou à, tiens, James Blonde, qui avec ses faux airs de Poutine, fait un objet du fantasme tout à fait convenable.

Rue Bricabrac, bdsm, masturbation
photo Meredith Farmer

Pourquoi le canard et pas le chat ?
(Non, pile n'est pas la bonne réponse.)
(Je n'ai jamais essayé l'autobondage, je crains que çe ne me fasse pas plus chaud.)



Orgasme synchronisé (l'essentiel, c'est de participer)

Rue Bricabrac, bdsm, Journée Mondiale de l'Orgasme
photo Rumple

DEMAIN, à 7 h 8 précise sur le fuseau horaire de la France, ce sera la deuxième journée mondiale de l'orgasme (présenté ainsi, ça fait très minute de l'orgasme).
En ce qui me concerne, je participerai, avec mon partenaire qui, sauf coup de théâtre de dernière minute, étant soit le canard, soit le lapin (non, je ne suis pas zoophile). Mais pas le cône, on ne s'entend pas.

Pour donner un peu de sens aux vibrations, qui sinon ne font que me chatouiller désagréablement, je me bercerai de quelque fantaisie.

J'ignore quel visage il a, mais il est assez massif pour que je me fasse l'effet à ses côtés d'être une allumette. D'une main, il me couche sur ses genoux, dos sur ses cuisses, enserrant haut mes genoux. Si je me débats, ce que je fais, je ne peux que décoller mes reins et lever plus haut mon cul vers sa large main. Laquelle, dans des bruits mouillés, imprime sa marque sur mes fesses glacées qui prennent de la chaleur en même temps que de la couleur.
La température s'éloigne du centre de gravité, gagne mon sexe qu'il ignore encore, et mes seins que ses doigts fouillent quand ils n'énervent pas les pointes. Une fois celles-ci dures et dressées, il les parcourt de sa paume, et je sens entre mes omoplates que cela lui fait très plaisir.
Il serre un peu plus fort chaque globe, tourne ses mains dans un sens et l'autre, les lâche pour saisir mon sexe d'une main et le chat à neuf queues de l'autre, et...


...
...
...

Je n'ai pas le temps de passer au niveau 2 des sévices, la mécanique étant ce qu'elle est, je jouirai dans un arc et un cri, et comme il sera bien tôt le matin, je me rendormirai.
Si Morphée est bon, il m'enverra la suite.



Une partie de jambes en l'air

JE n'ai pas épluché le kama-sutra depuis bien longtemps, je ne connais pas bien le nom des positions, je confonds toujours avec celles du hatha-yoga de toute manière.
Mais qu'il s'agisse de caresses, de coups, de pénétration, de gamahuchage, d'agaceries diverses et de posture singulière, une chose est sûre, je jouis plus fort les jambes en l'air.

Rue Bricabrac, bdsm, érotisme
photo MHK annai

Agenouillé près de moi, il m'avait relevé les jambes suffisamment haut pour que le cul et les reins se soulèvent aussi, mes chevilles derrière son épaule, un bras autour de mes genoux et l'autre, la main telle un infatigable et implacable battoir, s'abattant avec la rapide régularité d'un automate de chair.
Il était tellement plus fort et ferme que moi, que mes tortillements n'avaient pas plus d'effet que mes couinements. Mes bras ne me servaient qu'à presser un oreiller contre mon visage pour étouffer mes cris. Je me serais défendue qu'il aurait saisi la cravache.
Il l'a saisie tout de même.
Mon sexe s'ouvrait dans la discrétion de mon aine fermée, réclamant, palpitant, une pitance qui ne venait pas.
Il n'a pas changé de bras, continuant son mouvement, monotone s'il n'avait pas été déchirant.
J'adorais vraiment cette position.
Il m'a ordonné d'écarter les cuisses, n'en maintenant plus qu'une serrée contre son corps.
La peur, follement excitante, au ventre, j'ai obéi. Je lui ai toujours obéi. Ses sanctions étaient trop cruelles. Sans appel.
Les secondes ont soudain duré des heures.
Un bambou sifflait dans l'air près de mes oreilles, torturant un oreiller.
La peur, toujours, comme une tenaille.
Sa main s'est posée sur mon sexe.
Son doigt a trouvé son chemin vers mon minuscule bouton qui craignait tant les coups.
Il a fait des 8, il a fait des O., il a fait je ne sais quoi.
Les pieds cambrés, les muscles le plus étiré possible, je tentais d'allonger et de hisser plus haut encore mes jambes, alors que sa bouche avait pris la place de ses doigts qui eux avaient trouvé un fourreau glissant où s'agiter.
Et quand j'ai joui, mes orteils touchaient le plafond, j'en suis sûre.



Histoire d'O...nanisme (Le pont, l'arc et la pince)

Rue Bricabrac, bdsm, masturbation
photo Esther G.

MES pieds et mes mains sont solidement ancrés au sol, formant un carré pas plus large que ceux en soie que les dames chics se nouent au cou ou à l'anse de leur sac.
Mais je ne suis pas chic, je suis froissée, ramassée sur moi-même, en vrac, les coudes et les genoux selon des angles étranges. Je suis à peine habillée, une veste kimono courte, trop courte.
Un pouce dans mon sexe, les doigts rivés sur ce mont trop charnu, trop bonne prise, il me soulève dans une douleur impérieuse, fouillant et pinçant d'un même geste, jusqu'à ce que mon corps soit arqué comme un pont japonais. Le chat et ses queues effleurent mes seins, flattent mes flancs, cinglent mes reins.
Je ne peux me laisser aller, la pince est implacable, le bras infatigable, je reste tendue, creusée, tremblante, je voudrais tant m'enchiffonner en boule au sol, les musclent tirent, il m'étire tant et plus, et frappe maintenant mon cul de son autre main.
A-t-il alterné, ai-je hurlé, qu'importe, c'était mon cinéma, et je me souviens, avant que la jouissance ne m'emporte, d'une bouche avide au plus intime, suçant mon clitoris comme si c'était une minuscule queue à décalotter pour l'atteindre au plus sensible.

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Mazette, quel vibro ! (Destricted)

Rue Bricabrac, bdsm, Destricted
© Tadrart Films

CIRCULEZ, y a rien à voir. Vendu comme la réflexion sur la pornographie (et une tentative de lui rendre ses quartiers d'esthétisme) de sept cinéastes pas tout à fait mainstream, plutôt arty mais encore moins appointés par Marc Dorcel, Destricted est une purge composée de sept courts métrages sans aucun autre lien entre eux que le concept à l'origine du truc hétéroclite.
Il en résulte un ensemble sans queue ni tête, quoique bourré de queues et de têtes, à l'exception du moyen métrage de Larry Clark qui interview moult jeunes gens Américains dont l'un (l'emo de service, of course) gagnera le droit de tourner une scène porno (hé oui, mon chou, on a du caca sur la queue dans la vraie vie, c'est pas toujours comme au cinéma cochon qui évite soigneusement les "anales marrons"), où l'on comprendra d'où vient la haine du poil et autres comportements sexuels des gens modernes. Comment le cinéma X rentre dans la chambre à coucher de la ménagère de moins de 50 ans, quand bien même elle n'en regarderait jamais.
Petite étoile, mais toute toute petite, bdsm au Matthew Barney où un sculptural garçon sylvestre, moussu par ci, feuillé par là, des fleurs prenant racine dans son cul et naissant dans sa bouche, est aux prises avec, pris par, va savoir, une gigantesque Caterpillar des 50 tonnes (un élévateur, faut bien ça quand on cause phallus) destiné à la déforestation dont une pièce du moteur polit son érection jusqu'à l'éjaculation, mais jamais fusion ne se fera. C'est à peu près aussi chiant à regarder, une fois le dispositif décortiqué, qu'à vivre un coït mécanique qui n'en finit pas...

Le porno, c'est vraiment une affaire de spécialiste. Allez, John B. Root, reviens ! Et toi, Gaspard Noé, cesse de jouer avec la minuterie des néons.

(Quant à moi, ce n'est pas ce genre de pellicule qui relancera mon diesel fantasmatique.)



Bons becs d'Esparbec

Rue Bricabrac, bdsm, Esparbec
La liseuse par Azraël

PAR hasard, j'ai retrouvé K*** il y a deux semaines. Cela faisait bien onze ans... De sa belle voix grave, dont il sait si bien jouer, enjôleur, allumeur, joyeux perturbateur, après les nouvelles d'usage, nous sommes repartis sur nos lectures, nos envies, nos jeux pas encore passés à l'acte.

Un peu moins en cale sèche qu'il y a un mois, mais encore un peu poussive, je lui ai confié avoir de nouveau envie d'être lectrice, sous la cravache ou la badine, voire les mains, dans une certaine position que j'affectionne, d'un texte érotique que je découvrirai à la lecture, sans pour autant baisser le ton ou l'interrompre de cris, fussent-ils de plaisir.

Entre Hummmm et Mmmmm, la voix en mode vibrato baryton basse, K*** me parle d'Esparbec, hétéronyme auteur de romans X, que je ne connaissais pas.

Commande-le, lis-le, ce n'est pas exclusivement sm, mais tu vas te branler comme une petite folle...

Rue Bricabrac, bdsm, Esparbec

En trois clics chez mon dealer de prédilection, je récupère trois ouvrages du dit Esparbec, et deux jours plus tard, je me lance non point dans Amour et Popotin, au titre attirant (en ce qui concerne les illustrations de couv', pas de jaloux, ce ne sont que popotins rondelets, culs tendus, proses convexes...) mais dans La foire aux cochons, une sorte de Fantasmasia chez les ploucs vicelards.
Roman pornographique, c'est écrit dessus. Tels sont invariablement présentés tous les romans d'Esparbec. Et pareillement que K*** est un érotomane qui connaît tout ce qui peut encourager ses contondances priapiques, dessins, livres, vidéos... Esparbec est un pornographe. Il insiste là-dessus. Et en effet.
Je n'avais pas lu (ou entendu) le mot cramouille (qui rime avec mouille, pas de cyprine ici) depuis des lustres. Espaerbec n'est pas chic. Il n'a que foutre de la périphrase. En revanche, chez ces affreux, sales et méchants façon parodie de la littérature de gare (et de lard) américaine, tout est laid, vicieux, tordu, sale et truculent, hénaurmément. Inceste, viol, domination, tout y passe et tout le monde passe à la casserole, les filles avec leurs pères, les femmes offertes à d'autres par leur mari, les institutrices et les pasteurs. C'est de la collection rosse.

Bref, cela n'a rien à voir avec les érotiques élégants, les confessions de fausses jeunes filles ou les trucs mal écrits à la va-vite, mais avec leur comptant de bites couilles poils fouets. Esparbec a une truculence et un style étonnant de crudité sans jamais être vulgaire, même s'il est d'une grossièreté parfois roborative. Les sexes des femmes ne sont pas des coquillages nacrés, ni des puits d'amour, ls liqueurs ne sont pas poivrées ou iodées. Les béances sont couleur sang et sentent la moule pas toujours fraîche. Autant pour les sexes des messieurs, triques certes, mais mal lavés. Bref, la pornographie qui se revendique comme telle, qui ne veut pas de la joliesse, qui prend la chair comme elle vient, de la plus fraîche à la plus blette. Surtout, ça jouit à chaque page.

Et c'est là qu'on voit que le livre, les phrases, ont quelque chose de proprement magique, c'est qu'on (je) n'a plus besoin des mains pour se branler. Quelques phrases lues, alanguie sur le flanc, les cuisses qui se serrent, une fois, deux fois, trois fois tout au plus, et c'est parti. Le canard reste là, à regarder de ses yeux ronds, muet et au repos.



Histoire d'O...mbre et d'O...nanisme

Rue Bricabrac, bdsm, XXXB

Avant de trouver, dans mon quotidien du matin que je lis l'après-midi, cette annonce de XXXB (normal, on est le trente, son métronome bat la quinzaine), qui n'est plus que la moitié d'elle même (la moitié, encore un thème récurent chez elle) j'avais envie de parler de masturbation (et pas de branlette, mais l'une pouvant s'associer à l'autre...).

Les scénarii qui embellissent les plaisirs solitaires sont parfois très sophistiqués. Plus jeune, quand je n'avais pas encore de relations sexuelles mais que ma libido était invariablement en situation anticyclonique, je donnais dans le roman feuilleton. Une même histoire s'embranchait, se déclinait, s'ornementait, brodeuses et dentellières ne s'y seraient pas retrouvées. Le canevas était simple, le plus petit dénominateur commun minuscule (pan-pan cucul, parfois la praline). Les embellissements ont duré plusieurs années.

Aujourd'hui, j'essaie de mettre cette invention de nouveau riche dans mes rapports sexuels et bdsm. Je vante les mérites de la fantaisie et de l'imagination à dominamant, je lui fourre un fouet d'appartement dans les mains, offrant mon verso comme cobaye. J'ai dans un sac immense, que lui seul peut désormais porter, de quoi me faire fouetter une semaine d'affilée sans utiliser deux fois le même instrument. (Je n'ose imaginer qui trouvera cela à ma mort, je caresse l'espoir qu'il ou elle soit du microcosme et qu'il ou elle en fasse bon usage...) Quand le thermomètre monte et que je suis seule à Paris, je décline mes chaleurs en fantasmes de saison.

Pourtant, quand entre la couette et le mont de Vénus, ma main s'aventure, adieu cravaches, tawses, martinets, paddles, pinces, liens, chaînes, corset... C'est un plan serré sur un cul dénudé et une paume pas apprêtée qui occupe tout l'écran de la séance Onan. Qu'importe ce que je me suis inventée en amont, de quelles sottises en costume ou à oualpé j'ai pu me bercer, ce qui me déclenche, m'envole, m'expédie dans l'orgasme droit dans le mille, c'est la fessée. J'y reviens encore et toujours. Une fessée au son de caisse claire. Une fessée solidement tenue. Une fessée agrémentée de caresses précises. Une fessée menée tambour battant. Une fessée à quoi je ne peux me soustraire. Une fessée comme des billes de métal qui s'éparpillent, des grains de blés qu'on moissonne, du linge battu par de vaillantes lavandières. Une fessée, quoi, une vraie.

Rue Bricabrac, bdsm, subspace
photo Eric Charles

Comme en apensanteur, il y a mes fesses, de plus en plus rose, pivoine, cerise, bordeaux. Tout mon corps y est rassemblé, mes pensées ne sont que sensations. À peine si mon sexe bat la mesure, les coups n'y résonnent que trop bien, jusqu'à y tisser des systoles bien particulières. Si seulement cela pouvait durer encore, comme un jazz vaudou, jusqu'à la transe...

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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
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