Rue Bricabrac

Moi et Lui

Moi et Lui

Quand je me perds dans les définitions, que les mots se dérobent, que la pensée s'étiole, que les approximations défilent, que les clichés s'éculent...

Quand j'essaie de dire, quitte à reprendre les phrases des autres, ce que devrait être, dans un idéal utopique, la relation essème telle que je veux la vivre, et que je n'y arrive pas...

Il y a une image qui s'impose et qui parle si bien.

Maso, soumise, masomise, mise là-dessus, sous dessus en tous sens, je n'en sais rien. Mais papillon épinglé, poupée guidée, ombre protégée, dressée au doigt, étirée à l'oeil, il y a de ça.

La photographie ci-dessus est extraite d'une mini-pièce, Mini@tures - phase 2, chorégraphiées par Magali et Didier Mulleras, qui ne sont pour rien dans l'usage que j'en fais et les connotations dont je la charge. Qu'ils me pardonnent.



La maladie infantile du bondage métallique

Réveil douillet et dolent, les cloches ont carilloné pendant que je grondais, mais je n'ai pas le bourdon, les parois de mon sexe vibrent encore de tes doigts comme un battant qui de l'intérieur affolait ma chair et mes sens. Les draps sentent nous, overdose de sperme et de sommeil, nos membres, nos lèvres, nos peaux se retrouvent.

Tes yeux s'écarquillent.

Sur mon ventre, des constellations de petits points rouges farandolent de toute part.

Ce n'est pas le fouet, ce ne sont pas les dents, ni les ongles, ni les pinces, ni la bougie. Ni les fraises ou les nems.

Souvenir de mon premier bondage made in chaînes, maillons bosselés à l'empreinte de vaccinelle.



Histoire d'O...eil (Les yeux de Pâques)

Delf

Il y a des images, dans le flot de toutes celles que l'on peut trouver sur Internet, qui forcent l'attention. Et le respect. Et l'admiration. Soudain, on vibre, l'oeil s'arrête, la pupille se dilate, on respire plus vite, la boîte à fantasme se met en route.

Celles de Delf G., en noir et blanc, ces couleurs de soirées guindées et de tuxedo, de lune et de nuit, de chambre noire et de blanc virginal, en font partie. Avec toutes les nuances qui naissent de la rencontre de l'ombre et de la lumière.
Elles n'ont rien de tape à l'oeil, ni de saute au paf. Sans doute aucun, elles sont SM, on ne peut plus, mais sans une ombre d'ostentation. Elles rappellent des circonstances, des propositions, des positions que nous aimons, que nous pratiquons, que nous aimerions pratiquer.

Il arrive à me faire saliver (à vrai dire, cette forme humide de l'émotion est bien moins septentrionalement située que le niveau du palais) devant des images d'hommes attachés, sans même que j'ai besoin de m'y identifier. Juste parce que je fonds devant cette façon paradoxale de saisir à la fois l'abandon du sujet et la tension de ses muscles. L'un et l'autre imperceptibles. Rien est appuyé chez lui, même les close-up.

Mais chaque image permet de se raconter son histoire. Peut-être différente de ce qu'il avait en tête quand il l'a imaginée, puis réalisée. J'y vois, derrière l'extrême sophistication de la prise de vue, la balance des blancs et la quête du constraste parfait, une forme de naturel. La mise en scène, puisqu'il y a bien évidemment mise en scène, semble refuser toute impression de contrainte, de force, d'imposition.

Ses femmes entravées sont exemplaires. Jamais le chanvre ne chavire la chair, pas une seule seconde les chaînes ne mordent du maillon. C'est la femme qui tient le bondage plus que le bondage qui maintient la femme. Elle éternuerait que ses liens tomberaient à ses pieds, je suis sûre. On en croirait presque que les cordes les attendaient et qu'elles s'y sont glissés comme on s'enroule dans un drap.

Ces images me parlent de la complicité éclatante entre la ligotée et son maître des noeuds. Les cordes sont là comme un vêtement, comme un drapé, comme un tissage inachevé qui ne cache rien, qui n'ordonne rien qui ne soit accepté, et qui met en valeur le corps, la pose, la dédicace, l'intention, le don. Une proposition à l'offrande, une invitation à la capture. Une absolue confiance.

Toutes les photos présentées sont bien entendu de Delf, et n'ont été reproduites qu'avec l'autorisation de l'auteur. Ses galeries complètes sont ici.



Histoire d'O...phioglosse

Je lis ce matin, sous la plume acérée, autant que la langue, n'en doutons pas, de ma cousine blogueuse Aurora, une analyse affutée d'un récit (ou roman), Les liens du plaisir.

Ma librairie érotique favorite ne disposant pas de l'ouvrage, enfin, on y trouve bien Les liens du plaisir (et ici aussi), une gentille chose de Romain Peyret, avec des zoulies illustrations, mais ces liens-là datent d'il y a pile deux ans et quelques semaines, je n'ai pas lu les mêmes liens.
Je ne saurais donc rebondir sur les propos dépourvus de plaisir d'Aurora. Qu'importe ! Si je me présente comme masochiste, j'ai en revanche un véritable délice à l'ophioglossie, fût-elle le fruit des autres. C'est hélas le dur lot des critiques, on peut dire cent fois du bien et une fois du mal, c'est cette dernière effusion que tout le monde retiendra, et qui fera rire. Ou grincer. Comme diraient les gens qui confondent tout, ce doit être le goût de la transgression. Comme diraient les fans de Starwars, c'est le côté obscur de la force qui réjouit. Humain, trop humain. Et vivent les vipères !

Mais la curiosité me consume (et la grippe aussi, que l'on excuse mes coq à l'âne, blame the bacteries). C'est qu'il me semble bien (je suis hypocrite là, ophioglosse un jour, ophioglosse toujours, non je sais) que dans ces liens que je n'ai pas lus, on parle d'un lieu, un tchatte essème et même bédé, que j'ai fréquenté et que j'ai récemment quitté, autant par ennui (je ne cherche plus rien) que par, hum, idéologie, on va dire.
Je ne dirai toutefois jamais du mal de cette auberge virtuelle puisque le jour même de mon inscription, et le lendemain ou surlendemain de la sienne, j'y ai rencontré dominamant (son seul sourire en m'apercevant la toute première fois, m'a remis sur des rails que j'avais quittés quelques mois auparavant, donc total respect le tchatte). Cybères ou espagnoles, les tavernes, c'est bien connu, sont aussi ce qu'on y amène, pas exclusivement le reflet de leurs Thénardiers.

Parenthèse perso (c'est comme pendant la pub, vous pouvez aller faire pipi).
Au bout d'un moment, il faut bien se rendre à l'évidence, même si j'aimerais en théorie être libertine (Fuck them all, comme dirait la vilaine fermière), la pratique veut que je préfère explorer une relation, et une seule, dût-elle se fracasser dans le mur, plutôt que de me constituer un harem de doms variés qui viendraient, à tour de rôle et de bras, combler mes avidités masochistes, avant de me faire reluire comme l'adamantine princesse que je suis.
Donc je n'avais plus rien à faire là-bas, mais j'y restais, soi-disant pour bavasser avec les copains/copines et ironiser sur les fora. Jusqu'à ce qu'Anastasie joue un peu trop du coupe-coupe. La récitante (auteure donc) est sans doute aucun maintenant une femme avec qui j'ai, très peu, échangé, parfois croisé le fer et qui a balancé, on appelle cela modération, quelques unes de mes saillies chez dev/null (poubelle en langage informatique). Ce qui a le don de m'énerver et de me faire claquer la porte. Qu'on se rassure, personne n'a été maltraité, pas même la porte qui n'a rien senti.
Fin de la parenthèse perso (merci de ne pas avoir zappé).

Alors, la langue de pute qui sommeille (que d'une demi-oreille) en moi, à lire que cette "grande prêtresse" écrit comme un pied schizophrène déformé d'oedèmes made in Delly, bondit d'allégresse et fait sept fois le tour de ma bouche en exultant. Je l'avoue sans rougir. Même s'il commence à virer poujado, j'adore quand Guy Carlier descend des pitres mondains (si seulement il pouvait quitter Fogiel et retrouver son vrai moi...).

Je précise que quand la dame en question blogue (pas Aurora à l'écriture si fine, non, je parle évidemment de la narratrice du livre que je n'ai pas lu), je dois convoquer tous mes neurones pas encore en coma dépassé (deux donc) pour essayer de comprendre ce qu'elle raconte, tant le message est brouillé et la forme brouillonne, entre mots manquants et poussées de moijesme, sous-texte venimeux et onctuosité douteuse. Sachant que toute critique serait inacceptée (et renvoyée chez Dave Nul qui n'en peut mais), je m'en vais lire autre chose, en pestant contre ces gens avec qui la discussion, dût-elle prendre la forme d'une joute oratoire, n'est point possible. J'ai la culture du pilpoul, que voulez-vous.

Aurora, en décortiquant cet ouvrage qu'elle qualifie de tout sauf de bel, me venge d'une certaine manière de tous mes commentaires ravalés. O...phioglosse elle est, et comme j'aimerais l'être avec son talent et sa précision.
Tout ça pour ça, mais oui ! Entre la langue de bois et la langue de serpent, j'ai choisi mon camp. Depuis longtemps. Celui des langues sans couture (ni piercing).

Dans le monde botanique, les ophioglosses sont des espèces protégées. Comme nous sommes dans la vraie vie, je sors le casque lourd.



Violoncelle (fantasme persistant)

Multiplicity

La semaine dernière, au Châtelet, Nacho Duato présentait Multiplicity, une chorégraphie contemporaine et pleine d'humour sur des pièces de Bach.

Et parmi les mille images qu'il adresse, et qui elles-mêmes ont le don de me porter vers des ailleurs au goût de fantasme, il y avait celle-ci.

Recto, la femme violoncelle, non plus immobile et les ouïes peintes au dessus des reins, mais agitée et agitatrice, rétive et aguicheuse, liane jouet et serpente espiègle, menée archet battant par un Jean-Sébastien plein d'entrain.



Histoire d'O...mbre (2ème épisode)

XXXBsuite

Dans Libération de ce samedi/dimanche, XXXB hèle toujours son sujet obsessif.

Je me pique au jeu et cette histoire m'intrigue plus que jamais. Existe-t-il ou est-il amant imaginaire ? Et s'il existe, pourquoi Libé, le papier, les messages personnels ? En souvenir des "Chéris" ? Ils n'ont pas de clavier ou de cybercafé à proximité ? L'encre de l'offset donnerait-elle plus de chair à une affaire qui semble en manquer que les électrons partis dans l'éther ?

(A suivre)



Maestria

SecretLeGuillerm

En lisant le "Qui suis-je", autobio essème du Squale, j'ai souri - mais admiré la conscience laborieuse, cent fois sur le métier... - en lisant ses essais façon TP au singletail, ravageant plus sa chambre avant de s'attaquer à quelque fessier charnu. A ce propos, je crois qu'il y a peu de jours, un certain pleonème a souffert plus que moi.
Tout s'apprend.
Le Squale a raison, avant les expériences in vivo, rien ne vaut un punching oreiller.

En revanche, le beau gosse tressé pas stressé n'a pas l'air de connaître les problèmes de style, ses ellipses et ses courbes sont plus que parfaites.


Photo Philippe Cibille

Comme il faut rendre à Johann ce qui est à Le Guillerm, le monsieur de dos n'est pas dominamant accoutré de chaussures de torture et de très seyantes chausses, mais un équilibriste et inventeur d'objet qui après Archaos et La Volière Dromesko, joue avec et se joue des objets. Ce n'est pas un fouet à une queue qu'il lassifie ainsi mais une tige de métal. Son spectacle, Secret, créé en Avignon, se joue au Parc de La Villette jusqu'à la fin du mois d'avril.



Bouge (pas) de là !

Il m'installe dans un coin stratégique, comme une petite princesse précieuse, avec une vue imprenable sur le thé‰tre des événements. Ca me va bien. Je suis terriblement mateuse. Et ma jouissance commence par anticipation. Je vois qu'il a sorti la cravache, et le menaçant chat ˆ neuf queues. La cravache, c'est ce que je préfère. J'aime quand il m'en badine, m'émiettant, me ventilant façon puzzle, m'envoyant en l'air, m'éparpillant en mille et une particules de plaisir.

J'adore aussi l'étau de sa main, cette manière unique, solide et douce, d'enserrer ma taille, de me manipuler comme si j'étais une plume, de me réchauffer, de m'allumer. S'il me caresse avec tendresse, c'est sans détour qu'il m'impose la pose.

Il approche son briquet, tout feu tout flamme, la chaleur s'approche, je sue un peu. On peut dire que je mouille. Je me réveille de ma torpeur songeuse, toute jouasse, j'en esquisserais presque un pas de polka. Ca va être ma fête, enfin ! J'en avais marre de faire tapisserie, ma mèche commençait même ˆ prendre la poussière.

Sinueuse, sensuelle, parée d'or et d'outremer, je me dresse, serpentine, des promesses de feu dans le coeur, une Salomé débarrassée de ses voiles. Enfin droite et fière, je lui envoie un petit signe de fumée qui dit Vergiss mich nicht.

Sur ce, avec un sens du timing digne de la capsule ˆ Polo, elle arrive, trop altière pour une soumise, triomphante avec sa chute de reins arrogante en signe extérieur de sexualité, fièrement cambrée, le cul fait pour la fessée. Elle le sait qu'elle est diablement irrésistible, qu'aucune main ne peut lui résister, elle en use, en abuse. Elle le tient par ces deux lobes. Son cul lui sert de coeur. Elle n'a même pas besoin d'injonction sévère, ni de claques préliminaires pour se courber et lui proposer sa croupe amorale, bombée, un peu grasse et p‰le. Ce cul proposé crie de toute son ‰me « mets-moi le feu !". Elle est lˆ pour cela. Et pour plus encore. Le plus, c'est lˆ que j'ai ma partie ˆ jouer. Parce que le feu, ce n’est pas pour me vanter, c'est mon rayon.

J'en brûlais d'impatience.

Je me suis léchée les babines, la cire luisante, ˆ la voir rougir progressivement, gémissant de plaisir sous la férule métronomique, il se prenait pour Gene Krupka, d'ailleurs, le CD qui passait était un best of du batteur de légende. Et elle était un tambour aux mille sonorités. À eux deux, ils composaient une symphonie concrète, tap taboum, bang schlak, shiiiz, très "viens-petite-fille-dans-mon-spanking-trip" qui m'émoustillait, la flamme swinguant de tous c™tés, fumante comme une chaudière fourragée.

Comme elle gigotait trop, elle le faisait exprès, elle est coutumière de ce genre de minauderie du train arrière, il l'a sèchement arrimée serrée aux pieds du lit, un coussin sous le ventre pour mettre encore en plus en valeur ce derrière avide de supplice. Et les claques de reprendre leurs percussions rythmiques, tap bang, schlak shiiiz... boum tandis qu'elle y allait en colorature, encore, c'est trop, stooooop, ne t'arrête pas... Elle en avait les fesses ˆ l'envers, la chérie.

J'en frétillais de plus en plus de la flamme, répétant mentalement mon entrée comme une diva, special guest star du soir, bonsoir. Mon r™le, je le sais par coeur, serait, quelle ironie, de rendre ces chairs rutilantes ˆ leur alb‰tre d'origine. Car blanche comme une vierge, comme un cygne, comme une vestale, comme une communiante, comme un lys... je suis. Il aime ce genre d'humour. Les flambeaux amarantes, les rats de cave purpurins, les lumignons vermillons, les candelas incarnats, il s'en fiche comme de sa première bandana. Je l'attire par mon c™té cierge et salope ˆ la fois. Bient™t, je serais une gangue nacrée qui tout en incendiant le derche déjˆ bien dérouillé ferait dispara”tre les traces du ch‰timent.

Je pouvais toujours frétiller. Sans un même un regard vers moi, il attrape la cravache d'une main, le chat de l'autre, et comme un sorcier dans quelque rituel dansant lui flanque une tournée qui m'a donné le vertige. Et pourtant, il m'en faut beaucoup. Impuissante, verte de jalousie, condamnée ˆ me faire tartir, je me consume tandis qu'il l'embrase. Bref, je brûle pour des prunes. Je ne peux même pas bailler, sous peine de mourir.

Ajoutant, l'outrage ˆ l'insulte, il lui fait l'amour, devant moi, elle pousse ces petits cris d'effraie qui ponctuent d'habitude mon oeuvre. Et lui, l'ingrat, l'égo•ste, le jouisseur, pas un regard pour moi, pas un clin d'oeil, pas un signe de connivence. Demander ˆ une bougie de tenir la chandelle, si ce n'est pas du sadisme, ça !

Bien plus tard, alors que je n'étais plus que l'ombre de moi-même, aussi fluette et naine qu'une bouginette d'anniversaire, en se tortillant pour remettre son string, sans même me laisser le temps d'un grésillement réprobateur, elle m'a soufflée.



Histoire d'O...mbre

XXXB

Cela fait plusieurs années déjà qu'une étrange femme m'hypnotise par les annonces qu'elle dépose avec une régularité compulsive dans les "messages personnels" du quotidien Libération. Elle signe invariablement XXXB, semble habiter Paris XVe et s'exprime de manière légèrement sibylline.

Elle s'adresse à un homme, amant éternel absent, et vogue de rendez-vous manqués en appels inaboutis.
Je ne la voyais plus dans ses colonnes de prédilection, je l'imaginais desséchée d'attendre, petit tas lyophilisé au carrefour Convention, poussière retournée à la pollution.

Peut-être ai-je manqué de vigilance, peut-être hantait-elle le Herald ou le Figaro, mais heureusement pour mon roman perso, en février, elle est réapparue, telle que je l'avais quittée, à la recherche de Mister Mystère.

Et en mars, ça continue, déjà trois fois que passe ce message.

Si je devais parler de masochisme, ce serait de cela que je parlerai. Je t'aime dit-elle. Je t'aime signe-t-elle, en bissant et rebissant ses petits cris écrits. Elle est complètement maso, je me dis, moi qui pourtant prétends l'être.

Parfois, je me demande si XXXB n'est pas un épigone de Sophie Calle, en préparation d'une performance romantico-cruelle, après avoir suivi un homme jusqu'à Venise, appelé tous les habitants d'un carnet d'adresses trouvé ou joué les femmes de chambre pour mieux fouiller la vie d'inconnus.

Plus souvent, je me demande qui est XXXA, appelons ainsi l'alpha et l'omega de cette télégraphiste si désuette au milieu de tous les cyberflirts qui traversent la planète. Un homme qui se refuse, un authentique sadique qui n'a été présent que le temps d'imprimer une fois pour toute le manque, et qu'en belle et bonne masochiste, elle fait vivre en creux à travers ses bouteilles à l'encre, écrivant ainsi les pleins et les déliés de leur histoire, tissant le cordon.

XXXB ne laisse pas de m'intriguer. (Pas une seule seconde je ne pense à un gag... ce qui en dis plus sur moi que sur elle, d'ailleurs.)



Au théâtre ce soir

Page sans titre

"Moi qui vous parle, j’ai bandé à voler, à assassiner, à incendier et je suis parfaitement sûr que ce n’est pas l’objet du libertinage qui nous anime, mais l’idée du mal ; qu’en conséquence, c’est par le mal seul qu’on bande et non pas pour l’objet, en telle sorte que si cet objet était dénué de la possibilité de nous faire faire le mal nous ne banderions plus pour lui." (Donatien Alphonse François de Sade in Les 120 journées de Sodome)

Bernard Noël, grand sadien devant l'éternel, qui utilisa cette citation dans sa préface aux 120 journées de Sodome, vient d'écrire une pièce (publiée chez Lignes/Manifeste) qu'on joue en ce moment au Théâtre de la Colline à Paris et qui sera ensuite représentée à Nancy, Le retour de Sade.

Ressuscité par la pimpante Thérèse d'Avila qui depuis quelques siècles est revenue sur terre mettre sa foi et son entrain au service des papautés successives, Sade retrouve sa tête mais pas ses esprits. Il se croit sulfureux, antéchrist, blasphémateur. On lui apprend qu'il est un classique, c'est à dire quelqu'un qu'on ne lit plus. Et ceux qui le lisent, notamment des 120 journées déjà citées, compilation boutiquière de sévices fantasmés, pouffent devant ces profanations éculées et trouvent leur auteur bouffon. Ses livres aujourd'hui sont des petites bouffées de rigolade dans un monde d'horreurs cruelles. Sic transit gloria sadi...

Sous la plume concise et experte de Bernard Noël, le bien retourne le mal comme une crêpe, et vice et versa, d'ailleurs tout est cul par dessus tête dans cette scénographie sur deux niveaux. La mitre coiffe la chevelure de sirène d'une frêle papesse qui n'en a pas due bene pendentes mais une origine du monde bien étroite où l'oeil de Dieu sera chaudement choyé. Sade est interprété par l'exceptionnelle Dominique Valadié, autoritaire, extra-terrestre et aux variations vocales singulières.

Ecouter le texte dit par ces cinq comédiens est une jouissance, et comme toute bonne jouissance, le rire s'accorde à l'esprit.

On en profitera pour se féliciter de ce que les Unions des Familles à Droite de la France et autres groupuscules épiscopaux genre Intolérance et Censure ne sortent pas ou peu, se contentant de mater les affiches sur les murs et les culs de bus avant de lancer des anathèmes. Ainsi, là haut sur la colline, on peut théâtrer en paix. Espérons-le, le sieur Noël a déjà eu maille à partir avec Anastasie pour son premier et plus grand texte, Le château de Cène. (Vous allez voir qu'il vont finir par déposer le ™ pour la Cène, les calotins...)



L'attente

Hall

J'avais déjà posté ici une image 3D d'Azraël, un homme charmant qui voit des images dans les mots et qui, talent certain, sait leur donner corps et couleurs.

Et voilà que dans ma boîte aux lettres et à électrons, un nouveau dessin tombe. Soudain, un inconnu vous offre une image ! Comme il n'a pas de site à lui, j'ouvre ici une rubrique à son nom, une rue Azraël, et j'y glisserai ses illustrations évocatrices, avec la petite fierté d'une mère poule qui par son verbe à titillé l'imagination du peintre.

Outre le superbe travail sur la lumière, j'ai remarqué en premier plan, sur la chaise, l'objet tortureur en osier que je m'échine à fabriquer, en étant encore à tenter de rendre chaque brin strictement rectiligne.



L'objet mystère, la solution

Soluce



L'objet mystère

Objet mystère

Il y a des objets qui vous appellent dès que vous regardez la vitrine.

Comme celui-ci.

(En réalité, il mesure environ 25 cm)

Son usage est de prime abord obscur (j'avoue qu'il était présenté assorti de l'objet somme toute trivial avec qui il devait faire la paire), et même une fois qu'on le connaît, il n'en demeure pas moins opaque.

Toutes les extravagances sont permises. Est-un chasse-mouche de poche ? Un martinet de pouce ? Un martinet à mouches ? Un pense-pas-bête qui permet tous les noeuds qu'on veut ? Un cadeau de fête des mères (l'équivalent de notre collier en macaroni) made in Africa ? Une épingle à chapeau sans épingle ? Un fouet de pygmées ? Une réserve à lacets ? Un doigtier ethnique ? Un bigouden pour raton laveur ?

À votre avis ?



Etre A plutôt que O (à Clara, Alexandra, Nadia...)

8 mars

Le 8 mars 1910, Clara Zetkin propose à la conférence des femmes socialistes d'organiser une journée de la femme, pour obtenir le droit de vote.

Le 8 mars 1915, la camarade Alexandra Kollontaï mène une manifestation contre la guerre, à Christiana.

Le 8 mars 1917 (c'est à dire le 23 février), des femmes manifestent en Russie. Léon Trotsky sera l'un des rares à témoigner sur la spontanéité de la manifestation, avant que chacun selon sa chapelle s'en attribue la paternité. Sans tenir compte de nos instructions, les ouvrières de plusieurs tisseries se sont mises en grève et ont envoyé des délégations aux métallurgistes pour leur demander de les soutenir… Il n’est pas venu à l’idée d’un seul travailleur que ce pourrait être le premier jour de la Révolution. (in Histoire de la Révolution russe)


Adolf Strakhov - Le jour de l'émancipation des femmes - 1920

Avec Staline, La journée des femmes en URSS deviendra une sorte des fêtes des mères communiste, célébration de bras travailleurs doublés d'un utérus fécond.


Monument célébrant la victoire à St Petersbourg

Est-ce que, quand l'ONU décida en 1975 de faire de ce 8 mars légendaire LA journée internationale des femmes, c'était pour l'émancipation ou le dédouanement.

À chaque journée des femmes, j'ai envie de demander "et les 364 autres ?" Les femmes auront accompli le chemin quand il n'y aura plus de journée des femmes.
Comme beaucoup de femmes masochistes et/ou soumises, je ne peux envisager de relations sex'n'bdsm qu'avec un homme féministe, pour nous, le 8 mars, ce doit être tous les jours.

Alors, de tout coeur avec les frangines de Ni putes ni soumises qui donnent un sacré coup de jeune à un mouvement qui s'encroûtait.
Ni pute, ni soumise, sauf si je le veux bien.
Et dans ce cas, ce sera pute sans maquereau, soumise sans maître. Geisha et esclave avec affection (et plus si affinités).



La mort en latex

La mort en latex

Il y a quelques jours, lors de l'homicide contre le banquier Stern à Genève, la presse suisse, pas toujours tout de suite relayée sur ce terrain par les media français, faisait remarquer qu'en plus d'aller souvent à Moscou et d'avoir une réputation de killer, feu Edouard tutoyait les moeurs sado-maso. D'ailleurs, son corps sans vie était vêtu de latex, comme quoi, c'est bien vrai que les cadavres ne portent pas de costard.

La mort a ceci d'inévitable, entre autres, qu'on fouille dans ce qui fût la vie du trépassé. Evidemment et étrangément, la fiction affectionne volontiers cette figure de style, quand l'ex-vivant flirtait avec le soufre (dans le sens ecclésiastique du terme), un raccourci saisissant laisse sous-entendre qu'il est mort comme il avait vécu.

Le bdsm n'est pas un passe-temps angélique, ni une sexualité sans aspérité, je ne le prétendrai jamais. Il regorge pour certains de pratiques violentes, borderline, saignantes, généralement (c'est à espérer, sinon, il s'agit de délit et plus de jeu) consensuelles. Mais même en effeuillant jusqu'au trognon les dites pratiques, en collationnant les accidents dus aux strangulations et autres breath-control, je ne sache pas que le tir à balles réelles fasse partie de la panoplie des plus extrêmes.

Reste à savoir, puisque la combi-latex semble avoir une importance capitale dans la mystérieuse expédition ad patres, si les ventes de cet accoutrement ont chuté depuis la fin de la semaine dernière, en Suisse mais aussi dans les pays frontaliers, et si, corolairement, les mises aux enchères des mêmes ont cru sur eBay.

Stay tuned. L'enquête ne fait que commencer et le sm continue d'être diabolisé.



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
Flash-back
À lire
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L'oeil
Des images pas sages
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Voici un module Flickr utilisant des photos publiques de Flickr comportant le(s) tag(s) bdsm. Cliquez ici pour créer votre module.
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Le cliquodrome
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aller Si vous souhaitez m'écrire, il suffit d'ouvrir votre courrielleur préféré, et d'adresser le tout à b.ricabrac chez free, en france. (On a le brouilleur de robot qu'on peut, logiquement, les humains devraient décoder.)

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