Rue Bricabrac

Devinette de rentrée

P***, premier du nom, toujours d'une exquise urbanité, m'adresse ses vœux de bonne année, assortis d'un petit mot particulier et d'un lien

C'est juste un siège selle. Et comme tu es très intelligente et que tu as beaucoup d'imagination, tu trouveras pourquoi elle peut te concerner.

Sincèrement, à part répondre à ma recherche d'un siège ergonomique, je ne vois pas. Jouer à hue dada et fouette cocher sur un bidule articulé et à cinq roulettes, c'est bien trop dangereux.

Mais puisque ce siègle est censé émoustiller les imaginations fertiles, le voici. À chacun son cinéma, let's go.

Rue Bricabrac, bdsm, siège ergonomique, selle


Baille baille l'an 9

Rue Bricabrac, bdsm, saint-sylvestre, bdsm
D.R.

SANS regrets.

(Si Mètre Soixantedouze me lit, ceci n'est pas une incitation à jeter sa soumise usée à la poubelle.)

(La décence voulant qu'on la dépose à la déchetterie.)

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Mythes au logis

Rue Bricabrac, bdsm, Blanche-Neige
© MK2

PASSÉE sur ARTE, et repassera le 1er janvier au matin avant une sortie cinéma presque confidentielle, la Blanche-Neige de Preljocaj propose une reine marâtre de cuir et de latex, cuissardes et gants longs, qui terrasse les hommes d'un mouvement impérieux du bras, telle une baguette magique terrifique et inévitable.

Enfant, après avoir vue celle, noire et violette, de Walt Disney, le sourcil exagéré et le regard dur, matérialisation de mes cauchemars de sorcières et méchantes fées, et sans connaître Dolto, j'avais en retour terrorisé mes géniteurs en refusant, pour cause de trauma profond et indélébile, de toucher au chou-rouge qui portait, affirmais-je avec un instinct très sûr des tenants et aboutissants freudiens, ses couleurs (et qu'au titre de légume, je n'aimais pas... le chou, pas la reine). Incarnée par la très belle danseuse Céline Galli (mazette, ces yeux !), cette reine a été voulue domina SM par Gaultier, avec ses manches ballon et son col cages, sa robe à tournure, son corset en bandeaux souples (que l'on retrouve, en version plus esclave dans la tenue mousseline des courtisanes, et aussi chez la marque de lingerie Bordelle). Hautaine, arrogante, altière, cruelle, elle est sublime.

Rue Bricabrac, bdsm, Alice
Images Rom Devideg

Une autre de mes icônes, qui celle-ci m'accompagne tendrement depuis l'enfance, c'est Alice, qui n'interrogeait pas son miroir, elle, préférant passer de l'autre côté pour voir un chat sourire et prendre le thé avec un lapin. Son pays des merveilles revisité par Rom Devideg, un photographe et illustrateur malicieux, en fait une jeune fille tout à fait majeure, court vêtue façon kawaï, aux bas blancs et chaussures hautes de lolita, à qui les roi et reine de coeur feront découvrir les rougeurs délicieuses de la fessée.

Deux idées du diable au corps, diamétralement opposées et pareillement phantasmatiques. Deux mythes enfantins revisités, avec une bonne dose de surentendus sexuels, pour les adultes.



Avec ça, le sapin les a eues, les boules !

AVANT que mon père Noël ne se transforme en père Fouettard, il a sorti de son sac à dos hotte une...

...chose

Rue Bricabrac, bdsm, vodka, cuir

On s'est un peu chicané, lui trouvant cela franchement bdsm et moi simplement rock.

La marque a tranché, c'est rock. And rollmops.

Mais une fois dépecé, l'emballage, je l'avoue, ferait bien quelques colliers. Ou manchettes. Connotés. Fetish.

Et puis j'ai été chochotte. Et puis le strap a volé sur le sol. Et puis le jazz, pour masquer nos bruits, était trop free. Et puis il y a eu la vodka, trop aussi. Et puis le lit a grincé, trop itou.

Alors, ce sera Noël et sa pyrotechnie une autre fois, il reste un étui de cuir vide qui penche du bec, des mots d'amour, des envies de caresses appuyées.

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Si avec ça le sapin n'a pas les boules... (8 - perçant)

Rue Bricabrac, bdsm, Noël
photo Laqù/SilviaMatteini

LÀ, aucune doute, ce n'est pas le sapin qui les a, les boules.

Heureuse fête du solstice d'hiver à tous.

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Si avec ça le sapin n'a pas les boules... (7 - coulant)

POINT besoin d'être notaire pour se faire appeler Maître et être gratifié d'une cravate.

À défaut de briller par son originalité, le cadeau, bien présenté, fera toujours plaisir.

Rue Bricabrac, bdsm, cravate
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Si avec ça le sapin n'a pas les boules... (6 - piquant)

Rue Bricabrac, bdsm, collier

UN collier en fil de fer barbelé, oui, tout de suite, mais de la chiquissime maison Burberry. En cuivre doré ou en noir mat. Presque le même que certains dogues particulièrement rogues.

Dans la même série, une double bague, et un bracelet, entrelacé de cuir. Porter les trois serait too much. Mais un ras du cou permet de lancer la conversation sur des sujets qui piquent.

J'adore de plus en plus les anglais !



Si avec ça le sapin n'a pas les boules... (5 - habillant)

Rue Bricabrac, bdsm, tee-shirt

ATTENTION pépites ! Ce marchand de tee-shirts dépasse allègrement les bornes, fait preuve d'un humour a deux balles et de slogans douteux.

Mais en ces temps où l'on appelle le niqab un voile, la jouer provo et explicite n'est pas désagréable.

Rue Bricabrac, bdsm, tee-shirt
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Si avec ça le sapin n'a pas les boules... (4 - tamponnant)

POUR donner du cachet à une enveloppe, pour claquer une en-tête, pour mettre la main au bas de la page, pour se faire des tatoos lavables, pour afficher ses couleurs ni en rougen ni en noir mais en bleu admin', quoi de mieux que ce tampon "Châtiment corporel" ?

Rue Bricabrac, bdsm, fessée
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Si avec ça le sapin n'a pas les boules... (2 - foulonnant)

Rue Bricabrac, bdsm, sport Rue Bricabrac, bdsm, sport

AMUSANTE manière de présenter une corde à sauter, le dos de femme comme un présentoire, je ne dois pas être la seule à avoir l'esprit mal tourné.

En regardant qui est à l'origine de cette nouvelle société d'articles de sport (luxueux, forcément luxueux, obscènement luxueux), il y a un prof de gym. Qui d'autre aurait pu parler de cordes (en cuir camel), de bâton (en veau noir) ou d'haltères (en autruche bleu iris) de cette manière et faire du boulon sa signature, because la mécanique des corps ?

Ces objets ainsi réinventés, raffinés à l'extrême, augmentent le plaisir lors de leur utilisation car agissant directement sur les sens.

Les sens, c'est cela même.

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Si avec ça le sapin n'a pas les boules... (1 - gonflant)

Rue Bricabrac, bdsm, lit gonflable
source

D'UN goût exquis, ce matelas gonflable pur BDSM permettra, comme ceux bleu marine en vente dans les téléachats du monde entier, à condition de lui enfiler en guise de camouflage vanille une housse neutre pour le rendre un peu plus grand public, de dépanner des amis de passage.

Et pour les têtes à têtes très liés, hop, un donjon sort du placard.



Saignant !

TIENS, ça faisait longtemps que je n'avais pas installé la télé dans ma rue.

Voici donc la pub Orangina qui fait mal aux chaînes, et qui va cartonner sur DailyMotion (au niveau du son seul, ça roxe).

Et je me dispense du couplet sur les chattes et les panthères.

(Petits veinards, grâce à cette boisson bullorouge, vous gagnez un jour de moins d'esprit de sapin et de cadeaux alacons)



Green spanking

Rue Bricabrac, bdsm, slogans
site

MA modeste, très modeste contribution à la lutte contre le réchauffement climatique, non point à Copenhague mais dans le huis-clos de ma chambre à coucher.

(Je ne reviendrai pas sur le vert complémentaire du cul brique.)



Siège ergonomique

IL fut un temps, encore pas si lointain, où je me pensais obsédée, voyant du sm partout, dans les gestes, les textes, les objets et les paysages les plus anodins.

J'avoue que les choses sont têtues, et quand j'interroge un moteur de recherche par images, à la poursuite d'un siège ergonomique de bonne facture et de prix raisonnable, je tombe une réifiée.

Rions un peu avec Google.

Rue Bricabrac, bdsm, bougie
sculpture Allen Jones - 1969


Dîner aux chandelles

LES bougies sont dans le cellier, chéri !

Rue Bricabrac, bdsm, bougie
D.R.
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Empoignade

Rue Bricabrac, bdsm, fesses
D.R.

ENTRE la main et les fesses, il n'y a pas que la fessée. Si l'empoignade n'est pas encore une sous-catégorie, elle n'en demeure pas moins délectable, avant, pendant ou après. Et elle est totalement question de sensualité.

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Oh la main !

Rue Bricabrac, bdsm, culotte
photo Sergey Dumik

DE l'intéret de porter une culotte. Sans elle, il n'y aurait pas cette sensation exquise d'une main* étrangère et ferme (mais aussi si familière et douce) qui nous en débarrasse.

* Oui, on en parle partout !

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Interdiction de la fessée

Rue Bricabrac, bdsm, regard
D.R.

PÉDIATRE sur France-Inter hier, aujourd'hui députée UMP de Paris, Edwige Antier devait manquer d'audimat. Elle a donc décidé de déposer une proposition de loi interdisant la fessée, inscrivant cette interdiction dans le Code civil. "L'article serait lu aux parents lors du mariage." (Sic. Ce qui prouve que dans l'esprit étroit et poussiéreux de cette dame, le but du mariage est avant tout la procréation).

Bon, je sens qu'il est temps de bien faire savoir aux voisins qu'aucun enfant (car cette hypothétique loi concerne leur protection) n'est abrité dans mon appartement.



Journée de la gentillesse (soyons veaux)

Rue Bricabrac, bdsm, fauteuil
photo Araki

VISAGE impassible, à peine hautain, un peu détaché, elle trône sur son siège immatériel, oiseau de paradis à la longue queue kimono.

Suspendue, comme on l'est aux lèvres de quelqu'un qui raconte une histoire particulièrement palpitante, sans que les cordes semblent n'y être pour grand chose, plus légère que l'air, corps sublimé par le défi à la gravité, pudique dans son inaccessibilité, elle s'en balance.

On ne sent pas ici le bondage-contrainte mais la poésie des cordes. C'est comme un effet spécial, une machinerie de théâtre, une pose dans un ailleurs peu pratiqué.

Il est un habile maestro du chanvre, elle est une plume sereine. Cette représentation est toute de gentillesse.

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Fauteuil pour (a)mateur

Rue Bricabrac, bdsm, fauteuil
photo Oleg V. Dragon Semenets

J'avais juste envie de faire une pirouette, simplement une phrase, comme une légende.

Tiens, ça me fait penser que je dois aller chez IKEA.

Et puis, revirement. Outre la beauté de la photo, il y a dans cette position une simplicité admirable. Pas de liens, pas de noeuds savants, pas de connaissance shibaristique demandée. Simplement le plus basique des fauteuils, en plastique de jardin, en métal de square, en bois d'école ou en cuir de bureau.

Il n'a pas été designé comme certains pour favoriser le rapprochement entre les couples, il ne prétend pas être chargé de sensualité (il ne l'est pas d'ailleurs, mais il peut le devenir), il n'a aucune esthétique.

Mais une fois la femme lui faisant face, ses cuisses sous les accoudoirs, la poitrine contre le dossier, venue de son plein gré mais pas près de repartir, l'étroite liaison des deux met en valeur la croupe de la femme et le bel intérêt du fauteuil.

Elle si cambrée, lui tout droit, un raffinement de voyeur.

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Le mari de la pony girl

Rue Bricabrac, bdsm, ponygirl
Mariko Sugawa

CONVERSATION (à peine imaginée) au rayon équitation d'une grande surface d'articles de sports à succursales multiples (ou chez son concurrent direct)

- Bonjour, puis-je vous aider ?

- Je cherche une selle pour ma femme.

- Pour votre femme ?

- Heu pardon, je veux dire pour le cheval de ma femme.

- Quelle taille ?

- 36/38, je crois, pas plus !

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Sous la ceinture

Rue Bricabrac, bdsm, ceinture
D.R.

L'UNE bouge, l'autre pas.
Je ne sais comment cette photo a été prise, éventuellement truquée (l'origine du monde qui nous regarde de son oeil sombre...), cela n'a aucune importance. Une photo n'est pas la réalité, elle raconte une histoire qui parfois parle du réel, au plus près. Ou pas.
Et j'avoue ma préférence pour les photos mises en scène, un minimum au moins, un cadrage, la tentative de saisir un instant d'émotion sans parasites, parce que si je vois traîner dans le champ des canettes vides, l'aspirateur ou le paquet de Pampers, ça me gâche le voyage. Grave.

Alors qu'ici, je me balade. C'est une vue que je connais, sans l'avoir jamais vue. Même un miroir ne saurait me la donner (le miroir est souvent le troisième personnage de mes jeux). J'en connais la musique, sifflante, claquante. J'en connais le contact, cinglant, pesant. J'en connais le parfum, tabac, cuir. J'en connais le goût, âcre, salé un peu. Mais jamais je n'ai vu mon corps sous la ceinture.

À son violent mouvement répond l'immobilité quiète de la flagellée. Et avant que le corps ne puisse réprimer sauts, sursauts, tressauts, il y a cette volupté de faire corps avec les coups, de les absorber.

Ou alors, nous sommes à l'orée du premier.
Dans notre théâtre ce sifflement vaut les trois coups.

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chmod 440 (2e)

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D.R.

JE t'attends en lisant, mais j'ai un mal fou à me concentrer.

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Équilibre (vu de chez lui)

C'EST un grain de sel tout frais posé, mais qui est bien plus qu'un commentaire parmi d'autres. Et derrière son anonymat pudique et son discours indirect se cache celui que j'aime. Et qui m'aime. C'est sa version de notre équilibre et c'est bien le moins de lui, de te, laisser la Une.
Question d'équilibre.

Rue Bricabrac, bdsm, équilibre
Dessin Mrana

Peut-être parlerait-il à la première personne du pluriel,
pour que le je(ux) ait un toi(t), NOUS ...

Je m'imagine ainsi sa version.

TOUT est mieux lorsque l'on est libre.

Mon sadoromantisme, ton masolyrisme
Mon ardeur, ta moiteur
Ma paume rouge, ta peau qui bouge
Mon cœur qui se livre, toi qui t'enivre
Ton avidité, ma convoitise
Ta complicité, mes confidences
Notre faim
Nos envies duelles
Nos clins d'œil
Nos excès
Nos abandons
Notre amour

Alors, tout ce qui est permis NOUS lie.

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Clichés avec un P comme Polar

"T'avais qu'à rester sous la couette avec maman au lieu de venir ici faire des petites saloperies."

J'AI, en écho au battage médiatique, regardé - de plus en plus distraitement - Braquo sur Canal + avant-hier, un polar que les mêmes les américains ils vont nous envier, disait l'autopromo. (Paraît que chez HBO, ils se marrent autant que les Chinois quand on leur parle de Jean Sarkozy.)

À quelques séquences du tout début, quelques cagoulés armés débarquent dans un claque où, accoutré de cuir, à genoux, string de cuir, mains menottées, un avocat ou magistrat se fait fouetter par une domina de son métier. Les intrus prennent des photos. Au soumis déconfit qui bêle, l'un d'entre eux éructe des gentillesses d'une virilité à faire honte à l'obélisque.

Lorsqu'il s'agit de représenter une situation particulièrement glauque (du point de vue des scénaristes) et honteuse (du point de vue des mêmes scénaristes), la bonne pioche, c'est le bdsm. Et non pas un curé en soutane et coupe en brosse se faisant lécher le jonc par un petit chanteur à la croix de bois. Ou un ministre de la République tenant des propos racistes de fins de banquet devant les caméras.

Rue Bricabrac, bdsm, polar
© Capa drama / Canal+

Et quand on représente le bdsm, c'est dans ce qu'il a de plus "anormal", de plus éloigné de la norme (du point de vue des scénaristes déjà cités). Donc non pas un dominateur et sa belle esclave (comme dans Inju par exemple, qui je crois passe aussi sur Canal en ce moment, mais là, on sort un peu du cinéma de beauf réalisé par le plus gros d'entre eux, Olivier Marchal) mais un vieux soumis baveux et sa pute dominatrice. Car chez ces gens-là, l'homme étant naturellement dominateur et la femme tout aussi born to be sub, ça n'a pas de sens.
La femme est battue et l'homme fouetté. On ne mélange pas.
Et l'homme paye pour l'être. Double

Dans le fond, on a encore un peu de temps avant que le bdsm ne devienne mainstream. Pendant la fashion week, d'accord, mais pas plus. Et si le cuir est de chez Gucci.

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Balance

Rue Bricabrac, bdsm, équilibre
D.R.

TOUT n'est qu'une question d'équilibre.

Ton sadisme, mon masochisme.
Ton masculin, mon féminin.
Ta main dure, ma peau douce.
Ton cuir noir, mon derme rouge.
Mon envie, ton désir.
Ma confiance, ta connivence.
Ma voracité, ta générosité.
Ma peur, ta rage.
Ton sourire, mes larmes.
Ta langue, mes doigts.
Tes orages, mes éclairs.
Tes dents, mes cris.
Mon abandon, ton inflexibilité.
Ma prière, tes refrains.
Mes luttes, tes réponses.
Mon amour, ton amour.

Alors, ce tout qui ne tient qu'à un fil est permis.

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Pink my dungeon

À la demande de soumise Barbie, très exigeante sur le code couleur et totalement ignorante de la ringardise du total look, Maître Ken a repeint le donjon en rose.

Rue Bricabrac, bdsm, donjon

Alors, on rit, ces cuissardes, cette chaise de contention, ces martinets invariablement roses, du rose le plus layette qui se puisse trouver, ne sont-ils pas ridicules ? La même chose en noir aurait-elle suscité l'admiration (pas autant qu'en pourpre, violet et vert, mais j'ai rencontré peu d'adeptes du color blocking dans le sm), quelle veine tout de même, avoir une pièce dédiée à nos jeux ?

Et si dans le fond, ce rose mettait le doigt (comme l'aurore) sur ce qui cloche dans la scène, le sm comme un théâtre, forcément. Il faut passer de l'autre côté du miroir, pas question de mélanger, c'est inacceptable, par les gardiens du temple, par les dogminateurs frais émoulus, par les psys. Le mélange, c'est la confusion, c'est une dimension en moins, c'est petit bras, que sais-je.

Alors oui, quand on ne franchit pas les portes du donjon, il arrive qu'on finisse la nuit, pourtant riche de promesses de chanvre et de cuir, de cris et de râles, à pleurer... de rire, parce qu'on n'est pas sérieux, qu'on n'a pas planté le décor, que le monsieur n'a pas son pantalon de cuir et son sérieux de pape et la dame est sans bâillon ni harnais. Et qu'on n'est pas sérieux...

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Le cul à l'envers

Rue Bricabrac, bdsm, maux d'amour
tableau Magritte

J'AI le souvenir de t'avoir donné mon cul (synecdoque) et mon coeur, mais en me regardant dans la glace, je me demande ce que nous avons fait (ou pris) hier soir.

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Moi j'aime l'amour qui fait mal

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photo Jonathan Leder

AVANT de m'intimer la tendre recommandation de l'attendre, fesses offertes, il m'a fait jouir, doigts et bouche concentrés sur mon seul plaisir, me faisant chavirer sur le canapé.

Avant de saisir le premier des trois instruments qu'il m'avait demandé de choisir, un chat aux queues tressées, un strap et un paddle de bois, en souvenir de nos jokaris d'enfant, il m'a caressée et enveloppée avec tout son corps en me rappelant combien il m'aimait.

Quand il a laissé tomber sa main, encore nue sur mon cul pas plus vêtu, les murs ont résonné, j'ai bondi, il a rebondi, moi aussi. La joute a été dure, si l'amour rend aveugle, il ne rend pas manchot.

Après d'autres sons, d'autres jeux, d'autres bonds, d'autres liquides, d'autres liqueurs, nos corps en sueurs pressés l'un contre l'autre, j'ai compris que mon amour avait encore grandi depuis tout à l'heure.

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Ton regard me regarde

Rue Bricabrac, bdsm, bondage
photo Aeric Meredith-Goujon

EN ce moment, sur les photos, ce ne sont ni les marques, ni les mains, ni les courbes, ni les déliés qui m'attirent.
Ce sont les regards qui m'aimantent, me subjuguent, me fascinent.

Ce que j'aime chez cette femme dont je ne vois pas réellement le regard sous la paupière amande mais qui me le fait deviner si bien, c'est sa calme résignation, son abandon mystique. Etirée plus que liée, on dirait qu'elle frôle ainsi l'extase.

Ce regard participe à l'implacable beauté et l'érotisme étourdissant de cette image.

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Objet femme

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L'INGÉNIOSITÉ de mes contemporains me laisse pantoise autant que perplexe.
Il est vraiment temps, cette "installation" n'est qu'un exemple parmi des milliers, de créer un concours Lépine du bdsm.
Tant de créativité qui ne demande qu'à s'exprimer et être reconnue.



Pause strap

LE temps d'aller fumer une cibiche dehors, tu m'as laissée, le strap en équilibre, caution de mon immobilité.

Rue Bricabrac, bdsm, attente
D.R.

Je suis parfaitement détendue, les oreillers sous mon ventre sont autant là pour relever ma croupe que pour favoriser mon bien-être. Un air de printemps souffle sur ce qui reste de piqûre, de brûlure, de meurtrissure, de morsure, et sèche le sucre de tes baisers.

Je n'ai pas le moindre problème à rester sans bouger, à t'attendre et à imaginer le round suivant.

Sinon, gare...

Mais gare à quoi ? À toi ? Ma seule punition, et qui est exclue car ce serait aussi la tienne, même pas cap', consisterait à me relever, me demander de me rhabiller et parler de la crise ou de la grippe.
Que pourrais-tu trouver qui te fasse bander tout en me faisant bondir ?

La tawse écossaise ? Le fouet catalan ? Le latex de Pigalle ?
Oui, certainement, mais après de rares secondes de cri et de colère, je fondrais encore plus, jusqu'au plus profond.

Je crois que je vais bouger.
Pour voir.

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Big Bonheur is watching you

LE grand bonheur, c'est tout de même, en première comme en dernière instance, ceci.

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photo Alexandre Dupouy

(Si quelqu'un sait qui est le photographe, et aussi où l'on trouve ce genre de robe, je prends les infos, c'est d'ailleurs aussi pour cela que j'ai choisi cette photo très très vue, mais cette dame à un derrière tellement spirituel qu'on ne s'en lasse pas.)



Ma position préférée

Rue Bricabrac, bdsm, amour
photo D.R.

PARFOIS, on me demande quelles sont mes pratiques. Je réponds toujours en tentant d'expliquer à mon interlocuteur que ce n'est pas en ce sens que se pose la question.

Aujourd'hui, je me demande s'il ne serait pas plus simple de répondre l'amour. Ou ce qu'il est convenu de nommer ainsi.



Parler avec les mains

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photo Shiver

QUAND les mains ne sont ni jointes ni enchaînées, elles agrippent parfois la cuisse du d'homme, ou un coussin ou les draps.

Elles racontent, jointures blanches ou dos mordu, une histoire parallèle, qui se passe en des contrées plus méridionales. Hors-champ. Une histoire à deviner, à inventer, à jouer.

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Circulez !

JE reçois, en guise de question, cette photo. Stop ou encore ?

Rue Bricabrac, bdsm, bondage
photo Calvato

Je décide de la sauvegarder, et dans le menu contextuel, je vois que je peux en faire un événement, ou une tâche. C'est amusant. Au programme ce soir, donc...

... Dire stop quand on pense pourvu que ça dure toujours, juste pour que l'autre continue mais en étant averti de que l'on défaille malgré sa gourmandise.

... Dire stop, ou rouge, ou cornouailles, ou police, ou joker, parce que tel est le safeword défini en espérant n'avoir jamais à s'en servir parce que l'autre est suffisamment averti et à l'écoute.

... Dire stop parce qu'on s'emballe et que l'on souhaite que son cœur se calme et que son corps se déflamme, pour pouvoir continuer longtemps sans penser stop.

... Dire stop... non, ne pas dire stop, dire et penser encore, encore, encore. Rebelote et banco. Carte blanche et dix de der.

Encore, s'il te plaît.

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Exglusivité

LE bondage 2.0 est arrivé !

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photo Hart-Worx

(Ensuite, tout l'art réside dans le dosage et le mélange)

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Pour quelques cordes de plus

Rue Bricabrac, bdsm, bondage
photo Cziiki

LORSQUE j'ai vu cette photo, elle m'a immédiatement appelée, troublée, invitée. Je me suis demandé ce qu'elle avait de plus que toutes les autres qui mettent en scène dans des lumières plus sophistiquées et avec des angles plus aigus des femmes pareillement offertes.

Le style parfaitement élégant des liens qui laisse supposer une pratique affirmée du bondage ?
L'abandon parfaitement alangui de la jeune femme ?
Ce corps comme un paysage avec ses vallons pleins de fossettes et ses courbes qui donnent envie d'y mettre les mains ?
Les mains, précisément, dont on voit qu'elles n'ont pas négligé les fesses ?

Ce qu'elle a de plus, ce sont deux cordes.
Deux cordes de rien du tout en haut des cuisses qui, sans aller chercher l'écart latéral et l'exhibition gynécologique, leur interdisent de se fermer.

Deux cordes, tout simplement.

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Com-pli-ci-té

Rue Bricabrac, bdsm, liens
D.R.

IL m'arrive, souvent, alors qu'aucune contrainte ne m'est imposée, matérielle ou injonctive, de joindre ainsi les poignets.

J'allais dire par réflexe. Non, ce n'est pas un réflexe, je n'ai rien d'une chienne pavlovienne qui se met en position (quel numéro déjà ?) quand elle entend le fouet de son maître.
À l'instar des chats, je suis un animal de rites. Et de gestes. Joindre (ou croiser) les poignets est une approbation muette. Elle dit oui, go, zyva, je suis prête, fais comme chez toi, je m'offre, je veux en ce moment être liée à toi, par toi, pour toi.

Et si, par une douleur frôlant l'insupportable avant que la jouissance procurée ne me tempère, je levais un bras comme un drapeau blanc, je le rapproche à nouveau et très vite de l'autre. Ce n'est pas de la soumission, c'est de la complicité. Dans toute la polysémie de ce mot, y compris la juridique.
Nous sommes complices, de mèche, comme mon avant-bras droit est collé au gauche, quand tu me bats d'ailleurs, nous ne faisons plus qu'un, même si nous ne recherchons pas désespérément la fusion, c'est ainsi, très simplement, très logiquement. Nous sommes une libre ligue, pas de vertu heureusement, indissoluble, non déclarée, une association de bienfaisance mutuelle et nous hissons haut nos couleurs. Pas trop tout de même. Ce serait de l'exhibition.

Et si ma tête repose ainsi, les yeux fermés sans besoin de bandeau, c'est que dans mon égoïsme endorphinique, j'ai baissé le rideau. Si tu es très tendre, tout à l'heure, je te raconterais.

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Histoire (presque) sans paroles (Part 7)

Rue Bricabrac, bdsm, lit à barreaux
D.R.

JE lui ai dit
(... le lui ai-je vraiment dit ou l'a-t-il lu entre mes silences...)
Dessine-moi un fantasme.

Alors, il m'a posé une question
Devant ou derrière les barreaux ?

Rue Bricabrac, bdsm, lit à barreaux
D.R.

(À toi... évidemment)



Karaoké sm

LE mois d'août sommeille, les esclaves/soumis/masos/punching ball sont en congépés, UCPA ou VVF, mer ou montagne, et les nuits sont calmes. Mettre72 ne sait plus ou se maître, ses signes extérieurs de dominance se sont tus.
Heureusement...

Rue Bricabrac, bdsm, cris

Ou alors...
Maître72 s'est mis dans ses meubles, nouvel appart, nouveaux voisins, qu'en est-il de l'insonorisation ? Plage après plage, volume mezzo ma non troppo, combien de décibels faudra-t-il pour que l'un sonne à la porte, pour que l'autre appelle la maréchaussée ?

Téléchargement libre ici.

(À celui qui me demandait si j'étais vraiment maso et à qui j'avais répondu que je simulais, j'ai maintenant ma bande playback, reste juste à travailler la synchro.)



Histoire (presque) sans paroles (Part 5)

J'AI toujours aimé les westerns. Et si je ne connaissais pas celui-ci, je l'avais imaginé.

Rue Bricabrac, bdsm,western

(Un peu plus ici, avec un commentaire 100 % cheap top camembert)

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Histoire (presque) sans paroles (Part 4)

QUE reste-il de nos amours ? Un vieux bondage abandonné, un fantôme dessiné...

Rue Bricabrac, bdsm,liens
photo Florian Geldner
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Lit et liée

OÙ l'on reparle des liens invisibles. Qu'il faut savoir entrevoir, avoir envie de nouer à l'encre sympathique, d'ancrer de sentiments empathiques, de lier comme une faveur.

Rue Bricabrac, bdsm, liens invisbles
photo Satoshi Saikusa

T'attendre ainsi.

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Sous le soleil, exactement

Rue Bricabrac, bdsm, cage
D.R.

SI la terre ne tournait pas, elle pourrait ainsi, après quelques heures de pose, de pause aussi, porter sur son corps les barreaux de sa condition, subsumée au dieu Hélios (ou Surya, ou Mithra, ou Belenos, en matière de paganisme, qu'importent les noms pourvu qu'on ait la lumière). Mais l'astre, pour être un brulant bourreau, est surtout mobile et volatil. Elle ne sera soumise et encagée que le temps d'un cliché.

Et puis s'en va.

Relevée, habillée, encore chaude, elle aura en tête l'idée subtile de la contrainte invisible.

(Merci à O*** pour cette photo, et toutes les autres encore)



Johhny, fais-moi rire, Johnny, Johnny

Rue Bricabrac, bdsm, sextoy

LE bdsm se parfume à la vanille, y a de la praline dans le soufre. Ayant pour l'élitisme autoproclamé, forme sectaire, les plus grandes réserves, cela ne me dérange pas. On en voit les effets chaque jour un peu plus, pas seulement à travers la mode, domaine créatif voire artistique (parfois) qui peut tout se permettre, mais aussi la publicité, domaine mercantile qui peut aussi tout se permettre, mais encore la presse, renifleuse de tendance qui analyse la sexualité de ses lecteurs et nous a démontré depuis longtemps les vertus piquantes d'une fessée et pimentées d'une corde aux poignets et d'un bandeau sur les yeux.

Les sex-shops, que la vogue des vibros zoomorphes aux couleurs bonbons, se sont multipliés comme des amibes, et ont rangé paddle et martinets pas loin des boules de geisha et des plugs. De la quasi-batte de cricket à quoi ressemblaient les fraternity paddles, la tapette a épousé la forme d'un coeur, les menottes se sont recouvertes de fourrure rose et les cravaches ont vu leur manche attirer les cristaux Swarovski.

Mais cela ne suffisait pas.

Ici, la cravache nouvellement arrivée avec quelques autres articles simili bdsm dans le rayon "fouette-moi" (ce qui tombe bien, sur les antennes, anniversaire de la mort de Vian oblige, on entend Johnny fais moi mal autant par Magali Noël que par François Hadji Lazaro), se voit qualifiée d'"accessoire espiègle".

Je pourrais beaucoup parler de la cravache. Celle, très luxe, sellier et tradition, tressée en bois de micocoulier qui peut entamer le cuir d'une jument pour peu qu'on y mette du coeur. Celle, plébéienne, acquise chez Go Sport ou Décathlon, qui siffle comme une anglaise et laisse sa marque. Toutes les autres venue de l'équitation ou des boutiques fétiches qui effraient, excitent, entêtent, érotisent mais aussi tracent, tuméfient, tourmentent, tarabustent.

Alors franchement, espiègle, ce n'est sans doute pas le mot qui convient. Dire que la cravache est espiègle, c'est une façon de la castrer, de la normer, de la dévitaliser.
Toutefois, préparons-nous à accueillir des singletails spirituels, des paddles primesautiers, des martinets marrants.

(Et "Cris et Chuchotements" changera de nom pour "Rires et Chansons")

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Les murs ont des oreilles

Rue Bricabrac, bdsm, hôtel
photo Mohsan

IL veut m'entraîner dans un hôtel.

Son désir est de m'obliger à garder un fin gode serré dans mon sexe tandis qu'il se déchaînerait à coup de ceinture.
Son plaisir, de m'entendre étouffer mes cris.

Je me demande ce qui a pu lui laisser penser que, dans le respect du gîte, je me garderai de manifester bruyamment les humeurs de ma douleur.
Dans un hôtel, lieu étranger où je le suis tout autant, je n'ai aucune retenue. Je suis une anonyme, au contraire de mon domicile où je croise mes voisins. À l'hôtel, je crie, je hurle, je gueule, je miaule, je feule, je gronde, je rugis, je stridule, je m'égosille, j'effraie, je mugis, je m'époumone, je glapis. Et j'en oublie.

Je m'exprime, en somme. Et j'en profite.

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Arlequinade

Rue Bricabrac, bdsm, arlequin
photo Red Charls

PRISE au piège comme un fauve, dans les filets d'un tourmenteur, elle a cessé de se débattre, et laisse la fine cordelette imprimer ses losanges réguliers.

La chair est faible et le cocon a raison de se tendresse.

Pourqu'elle soit pleinement arlequine, multicolore, il ne reste qu'à appeler la cravache à la rescousse, et de sa langue peinturer chaque losange précisément avec une intensité différente. Blanche la peau caressée, rose la peau pincée, rouge la cravachée, violette la mordue.

Ce qui est un voeu pieu puisqu'il suppose une précision d'enlumineur.
Mais ce serait tellement joli.
Ça vaudrait le(s) coup(s) d'essayer.

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Le BDSM à visage humain

LES pieds stables, le bassin souple, le genou plié, l'épaule déliée, Brian fouette comme il doit pratiquer sa muscu, avec méthode et élégance. Le banc n'est pas bien loin du pilier au leurre supplicié.

Précisément, c'est sa méthode qu'il explique. Il parle de fouet comme il parlerait d'une recette de cuisine, de balles à jongler ou de fonte à soulever. Et j'avoue un penchant coupable pour ces howto, avec ce qu'ils ont de terriblement aseptisé, propret, dénoté.
Voici donc presque neuf minutes de pédagogie fouettarde.

Enjoy !

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À bout de souffle

Rue Bricabrac, bdsm, couleur
photo Jaroslaw Kubicki

COMME la plupart des gens de ma génération, je regardais "Kung Fu" et j'aimais David Carradine en Kwai Chang-Caine, héros de western sans autres armes que son corps, dansant son art martial dans l'Ouest, le vrai, ascétique et asiatique.

Plus tard, pour un Bergman, je me suis tapé nombre de nanards pour retrouver cet homme que j'aimais bien, maillon d'une dynastie d'acteurs, il avait de la branche, et aussi de la blanche. Récemment, Tarantino qui a vu tous les films et toutes les séries, l'a réactivé.

Et puis il y a deux nuits, il s'est payé une petite mort qui avait tout de la grande. Je ne sais pas si les mandragores poussent en Thaïlande, dans les chambres d'hôtel.

Le manque d'air ne me procure aucune sensation exhilarante ou orgasmique. Il me fait tousser, étouffer, me dérange, me ramène sur terre.
Il y a deux mois, de ta main assez grande pour cela, tu as enserré mon cou, tu as repoussé ma propre main qui tentait de t'en empêcher. Pour rire, pour dédramatiser, j'ai laissé tomber ma tête sur le côté, j'ai tiré la langue, comme les pendus de caricatures et de westerns (et probablement les vrais, mais de nos jours, on leur masque la tête, et même ainsi, je n'en ai point vus, ne cherchant pas particulièrement le choc des photos ou les vacances en terrain miné).
Tu n'as pas dû aimer, parce de cette même main qui jouait à te faire peur, à me faire suffoquer, tu as repoussé ma tête jusqu'à ce qu'elle choque le mur.

Et je t'ai laissé partir en me disant que, décidément, le breath control, c'est pas mon érotisme, et ceux qui le pratiquent ne sont pas sur la même portée que moi.



Effet d'annonce et de pétales

Rue Bricabrac, bdsm, couleur

LES roses explosent en ce moment, l'année est généreuse, le froid de l'hiver a éradiqué le plus gros des troupes puceronnes. Alors, grosses parfois comme des pamplemousses, de l'ivoire au grenat, les roses sont rutilantes, et pas forcément rose. Et si sur le plan de la raison, ces mots ne veulent rien dire, côté jardin, les pétales me donnent raison.

J'avais, à l'aide de pourpre.com, tenté un nuancier il y a 5 ans, un jour grisou de novembre. Parce que parler de rouge pour des bleus, c'est toujours sujet à caution. J'aime les couleurs, j'aime leurs noms, j'aime leurs différences, j'aime les palettes et pantone est l'un de mes héros. Si j'ai aimé mes marques un jour, c'est à cause de leurs feux d'artifesse sans artifice.

Et puis, il y a deux mois, au détour d'un bleu en vérité noir qui ne me faisait pas plus de mal qu'un rose cuisse de nymphe bien que posé près de l'épaule, j'ai fait la connaissance d'O*** , commentateur amateur de bleus, de rouges et de pourpre.com, à qui il aurait aimé proposer un dictionnaire imaginaire des tons du sm. Au fil des mots, nos goûts de couleurs nous ont conduits à concocter un chroma. Certaines couleurs ont été directement choisies sur la femme qui lui disait encore, plus fort, encore, plus fort. Elles sont vibrantes comme ces pétales.

Lundi et mercredi, ce chroma à quatre mains avec Hermaphrodite sera dévoilé ici.

(À suivre)

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Livres en tête

Rue Bricabrac, bdsm, contrainte
photo Frédéric Fontenoy

J'AI failli titrer ce billet Oulipopo. Et puis je me suis ravisée.
Pas tout à fait.
La preuve.

Il y a dans mon masochisme un goût des contraintes, des belles contraintes. N'ayant guère envie de me prendre pour un punching-ball, les coups ont besoin de cette épice.

La plus simple est un rapide bondage qui me présente ouverte, immobile. Le plus facile aussi. Elle ne me demande aucun effort, elle me repose. Donc ce n'est plus une contrainte.

Plus corsée est celle qui demande une attention de tous les instants, qui frôle l'impossible. La contrainte exigeante. Ma perversion est de trop aimer les perverbes, j'ai le goût de l'oblique, je m'accroche aux acronymes (surtout ceux avec des "Y" branchus), j'aime explorer les lipossibles.

J'avais inventé le jeu du chapeau, qui devient trop facile, mon dos s'est élargi, mes chapeaux ont grandi, je sais tanguer des épaules aux lombes pour rattraper le bibi fricoteur.

Mais des livres, mazette ! Pas un, mais plusieurs. Qui obligent à l'apprentissage, un d'abord, plusieurs ensuite, au repos, en marchant, le cou délié, les épaules basses, la colonne droite. Et qui sait si même une danseuse étoile au premier coup de canne, ou au troisième, dans un souffle sentira l'édifice s'égailler. Et choir.

Plus dure seront les chutes.
Mais chuuuut. Interdiction de crier.

[Il n'y a pas une image de Frédéric Fontenoy qui ne m'inspire un désir ou un soupir. Les femmes y sont gainées de bas couture, de corsets, de gants longs, de bondage. Un violon, un miroir, une canne, un plumeau arrangé, une plume de paon tout oeil dehors sont les accessoires. Les références, sans aucune forfanterie, sont aussi bien les frères Klossowski (Pierre et Balthazar dit Baltus), Helmut Newton ou Vincent Van Gogh. Il donne du baroque, du rococo, de la perspective et des lettres au sadomasochisme. Elles sont d'aujourd'hui, elles semblent d'avant-hier. Il fait valser les femmes à la baguette ou les expose sur un lit à barreaux.]



Premières chaleurs

Rue Bricabrac, bdsm, spanking

QU'IL fait chaud, déjà trop pour moi. À l'ombre et en wi-fi, plutôt que sur des sentiers ensoleillés, je traine de page en page, je m'entoile au rythme de maître Google.
Ici, John propose un stage. Pour ceux qui ne peuvent y aller, une minute de howto manier le fouet. Pour l'entraînement, je recommande l'un de ces sièges (délicieusement surnommés en honneur de la famille Jackson, même si Germaine n'est pas encore en vue), aucun risque de le manquer. Mais non, il n'est pas gros, il est "rond".
Puisqu'on est dans les vidéos, une autre sur une performance bruxelloise. C'est nettement plus décoincé chez les Gelbes. Étonnant que la France et sa capitale soient aussi peu friandes du sm qui se montre.
Alors passe une envie fugace d'être à San Francisco, d'arriver au bureau le casual friday en tisheurte rouge pétard, de participer à la marche (fessier battu et cravaches battantes) de Folsom Fair, en toute impudeur et en cuir brillant.

Là-bas aussi, en septembre, il fera chaud, mais heureusement, il y a les vents de la baie. Pour le moment, désir de fermer les volets, et de n'avoir que les martinets comme ventilateurs, et ensuite, peau cuisante contre un ventre dur.
Si bougies il doit y avoir, ce seront celles de massage (la paraffine pour vanilles), mais quid de la cire devenue huile ? Fige-t-elle si on ne la masse pas ? Il fait décidément trop chaud pour des brûlures.
Alternative... Se prendre pour une femme fontaine, un glaçon dans le con, et le désaltérer, sa bouche à la source.
Source chaude, car le recto aussi se fouette et se froisse sans jamais s'offusquer.

Trop assommée pour faire, juste bonne à rêvasser. Du rêve tiède, ni coruscant, ni adamantin. Du rêve de premières chaleurs.

À moins de chariboter en lisant les tweets pas vraiment tease de Dita la strippeuse.

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Doctor Danger & Mister Tender

Rue Bricabrac, bdsm, doppelgäger
photo Rodrigosan

TENDER joue avec mes doigts, embrasse leur pulpe, mate dans mon décolleté, plaisante, me fait rire.

Danger fait sonner ses mains sèchement, au rythme de la salsa, à droite, à gauche, mon corps chavire comme l'aiguille du métronome. Clic, clac.

Tender embrasse le creux de mes reins, lèche la plante de mes pieds, joue avec ses doigts.

Danger enlève sa ceinture, la transforme en serpent qui siffle et cingle. Le roulis s'accélère, je ris de bonheur.

Tender me caresse, me fouille avec sa langue, enlace ses doigts aux miens, se perd dans mes seins. J'aime son regard.

Danger pince, tire et tourne. Il mord, il mange, il cannibalise. Il passe sa ceinture autour de ma taille comme un collier tenu serré. Excitant.

Tender fait l'amour avec sa queue, ses mains, ses lèvres, ses cuisses, sa peau, ses soupirs, ses sourires.

Danger a de la sévérité dans le geste, de l'infatigabilité dans le bras, de l'entrain dans le mouvement.

Tender et Danger réunis, il me cache sous son corps, devenant mon écorce tandis qu'en son giron, je palpite.



Pourquoi je ne suis pas soumise (4)

Le présent test à pour but de vous aider à situer votre soumise dans cet art difficile de la soumission. Il est rempli par le Maître qui en toute équité attribue une valeur dans l'echelle de points de chaque ligne. Le jugement doit être impartial et motivant, en fonction de la capacité à supporter la pratique concernée.

Les différentes pratiques n'ont bien sur pas la même valeur, en fonction de leurs difficultés respectives. Par exemple, il est plus difficile de supporter des pinces sur les lèvres (petites ou grandes) qu'un bondage. C'est pourquoi les pinces rapportent plus de points que le bondage.

Si votre soumise ne pratique pas une discipline, il est bien évident que celle-ci est notée à zéro. En S.M. il n'y a pas que l'intention qui compte !!

Lorsque vous avez répondu à toutes les questions, vous totalisez les points et vous vous rapportez à la grille des valeurs. Celle-ci vous donnera le niveau de votre soumise, ainsi que la façon dont vous pourrez l'autoriser à vous appeler.

Rue Bricabrac, bdsm, soumission

DÉJÀ je l'ai fait moi-même, ce test. En toute honnêteté, je n'ai pas besoin d'un mentor pour ne pas mentir. Comme je ne bouffe pas plus de merde que je n'accepte la marque au fer, mon score n'a pas atteint la stratosphère des élites.
Je crois bien que cela m'a procuré grand plaisir. J'aurais été mortifiée de rentrer dans la grille en première de la classe.

L'auteur (?) de ce test a mis un charmant texte en introït de son site, adressé aux blogueuses prétendument soumises qui ne l'aiment pas sans le connaître (ainsi que Mètre Pas Trique, autre pivot de l'aristocratie bdsm), et qu'il emmerde copieusement. J'ignore si cela aurait pu me valoir quelques points supplémentaires en coprophagie. Qu'importe, mon statut de sans grade n'en aurait pas évolué vers le pas grand chose. C'est vrai, je ne connais pas personnellement cet homme (je ne crois pas l'avoir particulièrement conspué d'ailleurs). P*** Premier du nom l'avait croisé au Bar Barre ce me semble, et m'avait vanté la délicatesse avec laquelle il avait mis en place une belle suspension. Il se trouve que peu avant de rencontrer P*** prems, j'avais découvert sur un web français encore chiche de pages en tous genres (aussi bien ma bagnole, ma meuf et moi, les tricots de tante Lucette ou le bdsm sa vie ses petites annonces), le site du couple de référence. Il y avait une véhémente diatribe à l'adresse des faux pratiquants de sm, des tricheurs, notamment une femme qui suivait son mari (comme tant d'autres), et qu'il a donc fouettée d'importance pour lui apprendre à vivre et à débarquer chez l'élite sans y croire, l'impudente, l'inconsciente. J'avais trouvé encore plus méprisant qu'intolérant. Le signataire de ces lignes m'était soudainement et définitivement apparu comme détestable. (Je n'ai aucun sens de la nuance, je sais.)
Aujourd'hui, il réclame qu'on le laisse bdsmer en rond. Avec plaisir, bonhomme, mais fallait pas commencer.

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Yoyo

Rue Bricabrac, bdsm, masturbation
photo ṪṦϘ

M*** s'est approché de mon sexe qu'il a dévoré jusqu'à ce que sa soif s'étanche et que j'arrive à l'orée de l'orgasme.
Là, il s'est éloigné, à posé sa joue contre ma cuisse, a proféré des douces menaces tout en m'empêchant de serrer les jambes, ou de glisser une main.

Quand l'idée de l'orgasme s'est retirée suffisamment loin, il a recommencé le même jeu, mon plaisir à venir comme un yoyo.

Fort - Da.

Pour me faire monter plus vite, il torturait mes seins tout en continuant de jouer de sa langue entre mes lèvres.

Fort - Da

Au bout d'un temps, je ne sais le compter, j'étais languide, pantelante, désarmée. Une crêpe... qu'il a retournée vivement, sèchement. Avec les mêmes conscience et constance, il a fouetté mon verso.

Fort - Oui

Les coups de plus en forts m'ont plaquée contre le matelas, et ces frottements pourtant si légers sur mon sexe agacé m'ont procuré au centuple le plaisir qu'il m'avait refusé.

Fort - Oui



Perdre pied

Rue Bricabrac, bdsm, tranquillité
photo Christian Marogg

Que cherchez-vous dans le bdsm ?

JE n'ai pas réfléchi. J'ai répondu, immédiatement, instinctivement.
La tranquillité !
C'est le mot. Au-delà de l'abandon, du lâcher-prise, du subspace (dont il faudra bien un jour se demander si ce n'est pas du bourrage de crâne de soumise ou de la légende urbaine de dominateur), de la jouissance, de la transe. La tranquillité. En toute simplicité.

Quand, et cela est arrivé suffisamment souvent dans ma vie (c'est à dire 5 ou 6 fois) pour que je pense que cela puisse encore arriver une 7e (et dernière ?), je rencontre un d'homme qui colle, aussi singulières soient nos relations (je n'ai jamais croisé deux fois le même type de d'homme, même si dans les grandes lignes, et je n'ai jamais reproduit un scénario type, même si...), je trouvais cette tranquillité. Celle d'un moi qui aurait oublié l'angoisse, le contrôle, l'inquiétude, le spleen. Celle d'un ça repu temporairement. Celle d'un surmoi aux abonnés absents.

Quiétude de me remettre entre ses mains, entre ses liens. La jouissance de mon corps devenait sienne. Mes mots (criés ou pleurés ou murmurés) étaient ceux qu'il avait envie que je dise et qui fusaient, ordonnés par ses impulsions, scandés par ses pulsions. Mes rires, mes soupirs, mes prières également.

Sérénité de voir mes pensées tourbillonner sans aucun sens, m'envoyant des images écarlates comme un soir de fête, déchirant de leur lumière bordélique mes yeux clos, tournoyant tant et plus que j'en perds la tête, tandis que mes sens s'affutent.

Calme sous la douleur qui me remplit, me nourrit, me surprend, m'attise, m'aiguise, qui m'aspire dans sa spirale vicieuse et délicieuse, que j'essaie d'apprivoiser, à la rencontre de quoi je vais, qui est immédiatement suivie d'une bouffée de volupté mouillée.

Lui appartenir ? Je ne sais pas. Je ne crois pas cela possible. Gardons raison. Mais ne plus m'appartenir, ça oui, j'en suis sûre. Redevenir ce que je n'ai jamais été et que je ne peux donc nommer. Ni enfant, ni animale, même si ça peut y ressembler.

Tranquille.
Enfin apaisée.
Jusqu'à ce que les flammes renaissent et réclament un feu plus infernal pour s'éteindre.

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La fabrique d'oxymorons

Rue Bricabrac, bdsm, féministes

J'ai baisé toutes les féministes de Paris. Elles se sont soumises, et le lendemain, elles se sentaient tellement plus fortes.

TENTÉE un moment de retrouver les sistas sur fessebouc ou de faire un tour à la Librairie des Femmes pour réaliser une enquête précise auprès des - nombreuses - intéressées, j'ai finalement décidé de m'en tenir à mon nombril, as usual, ce qui est moins fatigant à défaut d'être plus intéressant. Puisque je suis féministe, parisienne et qu'il m'a baisée.

Quel qu'ait été mon degré de conscience et d'acceptation de mon masochisme, quel qu'ait été celui qui "m'a baisée" (par là entendre partagé avec moi les pratiques du bdsm puisque telle est ma sexualité), je ne me suis jamais sentie plus forte, ni plus libre, ni plus belle, ni plus fière.
Les chaînes de la liberté, ce n'est décidément pas ma came. Je peux pourtant comprendre ce renoncement, cette démission, qu'ont en commun les nonnes et les kajira, cet acte de se subsumer volontairement, en toute conscience à un être (via une communauté pour les premières). C'est la plus belle solution de facilité face au libre arbitre et à l'existentialisme.
Je ne suis pas masochiste pour toucher le fond le soir et me la péter wonderwoman le matin. Je suis rigoureusement la même ligotée à un fauteuil à rougir sous les coups ou assise sur ce même fauteuil, à faire une conférence.

Dans le meilleur des cas, j'ai joui, ce qui m'a mise de bonne humeur pour les heures qui suivent.



Histoire de l'oeil*

Rue Bricabrac, bdsm, regard
photo H O T B

C'EST une histoire sombre. Comme le côté obscur que nous portons tous en nous, même et surtout quand elle est assumée, ou quand bien même est-elle assumée. Le BDSM, c'est pas un truc pastel.

Il dit que des femmes l'ont trouvé beau quand il fouettait. Les femmes, et les hommes aussi, disent n'importe quoi dans ces moments-là. Les femmes flattent les hommes dans l'espoir qu'elles y gagneront de l'audimat. Et réciproquement. Le mensonge est la chose du monde la mieux partagée, c'est plus facile, plus rapide, plus diplomatique, moins casse-bonbons de mentir que de balancer une vérité plus blessante qu'un coup de fouet. Il n'est pas beau (enfin, ni plus ni moins que quand il tire sur sa clope ou se jette un kawa au comptoir) quand il fouette. Dans son regard, passent toutes les folies qu'il se retient de faire. Sa peur. Immense. Son désir. Un grade en dessous de sa peur. Il cligne des yeux, il se modère. Il respire. Ce n'est pas de beauté qu'il s'agit-là. Il joue avec l'idée de se laisser aller à l'ultime geste. Le surmoi vacille et se redresse. Puis il donne une version light de l'irréparable.

Il a le regard d'un serial-killer dans une série B ou dans un manga. Brando, Newmann, n'auraient pas choisi ce regard. Daniel Day Lewis, Robert de Niro, oui. Presque tous les hommes que j'ai connu avaient ce regard. Les plus conscients bandent les yeux de femmes, non pas pour les objectiver, mais pour leur cacher leurs prunelles de crépuscule. D'autres, plus hâbleurs, et à qui on a dû dire qu'ils étaient beaux ainsi, les exhibent. Je n'en ai croisé que deux qui n'avaient pas cette folle et trouble violence dans la pupille. L'un faisait du judo en professionnel, l'autre pratiquait le tir. Ils fouettaient comme dans un dojo. En totale maîtrise. Pas avec le pieds sur le frein, pas avec des pneus lisses.

Le bdsm, c'est la saccharine de la pulsion de mort. Elle protège les masos de l'autolésionnisme. Elle garde les sados du meurtre en série. "La secrétaire" ne dit rien d'autre, c'est dit joliment, avec euphémisme. Mais c'est dit.

Il dit à sa partenaire qu'elle est belle. Les hommes, et les femmes aussi, disent n'importe quoi dans ces moments-là.

* Que Bataille me pardonne.



Miroir

Ce gros pervers verse de la cire de bougie sur les seins de la blonde. Lorsqu'il a terminé de torturer la blonde il fait de même à la brune. C'est à dire cire de bougie sur les nichons. Les deux filles sont recouvertes de cire de bougie des seins jusqu'au pied et le mec les fouette. Il les dresse avec des coups de tapette et pince même les tétons des demoiselles.

Ou encore

Une maîtresse sadique et sa soumise pour une séance sado-maso hard. La soumise Suzy se fait enchaîner sur une chaise en forme de croix et se faire fouetter. Puis elle se fait tapoter les fesses et se fait dénuder par la ravissante Clara. La bouche bien pleine et les tétons emprisonnés par des le plaisir peut commencer en forant le doigt dans le minou bien en attente.

Rue Bricabrac, bdsm, miroir
photo Zippythesimshead

ADMETTONS que je sois novice.
Avecl'esprit furieusement tirlipoté par des fantasmes clairement sadomasochistes.
Un samedi après-midi, profitant de deux heures de calme, je tape sadomasochisme sur google.
Je laisse tomber wikipédia et je saute sur la liane suivante, aux promesses plus juteuses (hum).

Ai-je vraiment envie qu'un gros pervers m'apparie avec une blonde pour le recouvrir de cire ? Une tapette sera-t-elle suffisante pour me dresser ? Un doigt de femme va-t-il arriver à forer mon sexe pourtant étroit ? Pourquoi IKEA ne vend pas de chaise en forme de croix ?
Je fuis ou je suis ?

J'aime bien, au détour d'une page ou d'une image, triviale ou sophistiquée, voir comment le sm est interprété. Dans la mode, on a compris, talons de hérons et cuissardes de dominas, le sm a été dévoré, assimilé, récupéré, au point de devenir glacé, bourgeois, lisse. Chez les voyeurs qui jouent les affranchis, il est un peu dégoûtant, mais suffisamment attirant pour aller mater des vidéos. Toutefois, le vocabulaire utilisé va permettre le triomphe de l'hypocrisie chez les ceusses qui peuvent se branler devant mais pas s'en foutre (assumer). Les femmes sont des salopes, les hommes des pervers. Regarde ce qu'elle prend. Vois ce que je ne peux lui mettre.

Et moi, comment me vois-je ?
(Encore faudrait-il que je me regarde)

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Recommencer

Rue Bricabrac, bdsm, envie
photo Thisismyalias

À B*** qui me demandait un fantasme, ou un début de scénario, d'envie.

Voilà.

Il ne manque qu'un bandeau pour les yeux. Et son souffle, ses mains, sa peau.

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Singletail et studette

Rue Bricabrac, bdsm, fouet

L'UN de mes chers amis vient d'acquérir, que dis-je, de conquérir, un authentique fouet en kangourou tressé, je ne sais combien de brins et une bonne longueur.
Qu'il lui reste maintenant à apprivoiser.

Immédiatement, je pense aux plantes vertes. Puis à un article lu ici sur le niveau de boboïsme et CSP+ des adeptes, aficionados et autres compagnons de route du sm. Un aspect essentiel n'était pas abordé : celui de l'immobilier.

Car pour faire montre d'expertise au bullwhip, il faut non seulement s'entraîner, mais encore avoir la place pour le faire. Dans les grandes villes des mégalopoles, sans atteindre la minimitude tokyoïte, il est peu de logis qui permettent de déployer son énergie sans dommages collatéraux. L'écran plat craint autant que le bibelot, le compotier Vallauris que le saladier IKEA. Ou alors, on vit très zen, un lit, un fouet.

Tandis que M*** (le futur Mr Danger de Champagne/Ardenne) s'entraîne sur une cible de polystyrène (en rêvant que Wiiiiii propose une version Indiana Jones et la belle captive "on pourrait jouer à plusieurs, faire des concours"), profitant de sa position provinciale à l'écart de la grande ville du coin, les citadins n'ont guère le choix qu'entre le backlash en pleine poire ou la fouette-party au grand air. Cette dernière proposition a le mérite de réchauffer et l'inconvénient de l'indiscrétion.

Si s'offrir une combi en latex pour aller à une soirée fetish est à la portée de presque toutes les bourses, disposer d'un duplex avec donjon aménagé ne l'est pas. Le singletail est un truc de riches.

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Souvent, femme varie

Rue Bricabrac, bdsm, annonce

J'AI encore envie de changer mon annonce, ras le bol des blablas, de toute manière, personne ne la lit.

Evidemment, le baltringue (non point celui qui monte les chapiteaux, tous les autres) est toujours ostracisé.

Finalement, c'est toujours la même recherche.

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Fouette coaché !

Avant
Rue Bricabrac, bdsm, coach
photo Tattoodanieldavid

ENTRE Rosine, la coach de Laurence Parisot à 300 000 euros le mi-temps et Julie, qui apprend à Talonnette 1er comment muscler son périnée, on reparle des coachs, cette profession étrange et autoproclamée, où l'on trouve pêle-mêle des profs de gym et des DRH au chômedu et qui sont à ce début de XXIe siècle ce que les sexologues ont été à la fin du XXe, des gogologues de première bourre. (Il y a évidemment des exceptions, généraliser c'est mal, mais dans l'ensemble, il y a beaucoup à dire et la plupart de ceux que j'ai rencontrés étaient de sacrés imposteurs.)

Riche en pygmalions sans crinière et en maîtres de tout poil, le BDSM n'a pas encore ses coachs... Et pourtant, il en faudrait, et en nombre, pour apprendre aux tchatteurs à rédiger une annonce percutante, aux dominateurs à maitriser leurs instruments, aux soumis à ne pas la ramener... et aux masos à être moins chiantes me couine dans le cornet le Jiminy Cricket qui a pris pension sur mon épaule droite.

Un coach qui pourrait éviter les résidus de CV genre "H ayant l'habitude de diriger des équipes et pratiquant le SM depuis 10 ans" ce qui laisse penser que les équipes ne doivent pas être à la fête et que ses partenaires sexuels sont comme des employés (un mot qu'on n'emploie plus, ça fait trop prolo, tandis que collaborateurs, tout de suite, ça fait plus classe... Pétain nous voilà).

Un coach qui apprendrait aux maladroits de la cravache à fouetter une femme à quatre pattes sans lui niaquer le tendon d'Achille ou à faire un bondage sans lui envoyer l'extrémité durcie de la corde dans l'oeil.

Un coach qui saurait enseigner l'art de lécher une chaussure sans vomir, de sucer une queue de TTBM sans mordre, de porter avec chien un tablier de soubrette, de se faire le maillot à la dernière minute sans en porter les stigmates, de faire couler la cire sans en mettre à côté, de savoir aller au coin mains sur la tête sans exploser de rire, de choisir son maquillage pour être sûre qu'il coule quand on pleure, bref, tous ces petits détails qui cassent l'ambiance quand on ne les maîtrise pas.

Un coach pour ces jeunes maîtres débutants qui ne trouvent aucune soumise prête à les éduquer, et qui ainsi feraient leurs premières armes sous contrôle et perdraient leur master virginité sous la houlette du coach, et non pas sur les reins et les seins d'une compagne.

Un coach pour ces photographes amateurs qui ne savent pas cadrer leurs ébats, et laissent dans le champ qui le hochet du bébé, qui la douche de la salle de bain transformée sur le pouce en donjon.

Un coach...

Après
Rue Bricabrac, bdsm, coach
photo Estelle de Triste
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Limites, le retour de la revanche (et ce n'est pas fini)

Rue Bricabrac, bdsm, limites
Soumise repoussant les limites

Dans les arts comme dans la cuisine, on procède à des mélanges, des inventions comme on n’en avait jamais fait, on rajoute des épices, dans tous les sens du terme, pour éveiller l’intérêt. Plongés dans la brutalité, nous ne voyons plus. L’affadissement du goût et le besoin concomitant de repousser sans cesse les limites sont autant de signes de basse époque : il ne suffit pas de courses de chars, il faut faire dévorer les chrétiens par les lions.

Petit extrait d'une interview de Michel David-Weill, banquier, collectionneur et administrateur de musée, recueillie par Vincent Noce dans Libération du 6 janvier dernier.

À la comparaison de l'art et de la cuisine, je pourrais, voudrais, rajouter le bdsm. Ces limites dont certains veulent connaître le méridien et le tropique d'emblée pour ensuite s'atteler à les repousser (peut-être pensent-ils que c'est cela la transgression) chaque jour un peu plus... Plus, comme Monsieur Plus de je sais plus quelle pub. Tu as voulu avoir le fouet, tu as eu les anneaux. Maintenant que tu fais sonner tous les portiques, depuis celui du Tribunal du Commerce à celui du terminal international de Newark, il est temps de te marquer. Demain, quand tu m'auras présenté ta soeur, tu pourras retourner chez ta mère, à Vesoul.

J'ai repensé, en répondant aux commentaires où en dialoguant avec des esprits fins (plus que le mien), à cette volonté bornée de (re)pousser les limites coûte que coûte, arcbouté et buté, à grands coups de pompes, de manche de pioche... Alors que dans une relation harmonieuse, une de celle où l'on n'a même pas besoin de se poser la question des limites, le terrain de jeu s'agrandit peu à peu, par la complicité, par l'assouplissement, par l'apprivoisement de l'un à l'autre, par l'envie conjuguée d'explorer de nouveaux territoires à la faveur de leur éclairage nouveau par quatre pupilles au lieu de deux.
Et non pas comme des alpinistes ou des apnéistes qui pour le record, pour la postérité, veulent aller sans cesse plus haut, plus bas.

Si dans une relation, je devais avoir envie que Monsieur Plus donne des coups de coude, ce serait vers le plus profond (je ne parle pas des marques), le plus tendre, le plus léger.



Je suis blindée, mon armure

Rue Bricabrac, bdsm, armure
photo li bra

À force de chercher une clef dans une botte d'annonces, à croiser des dominateurs dans leur tête, des sadiques affligés du syndrome de Peter Pan, des grands autistes, bref, tout ce qui fait le miel de celle qui a peur de s'engager tout en souhaitant trouver un peu de paix affective, j'ai blindé mon corps (et pas seulement mon cul). Comme savent faire les femmes, point besoin de ceinture de chasteté ou de ligature des lèvres. En me rendant ce corps haïssable. En détournant mon regard des miroirs. En traitant de margoulin celui qui peut lui trouver du charme.

Je ne sais ce que sera la semaine prochaine (que les optimistes appellent l'année, comme si du côté de minuit, une coupure épistémologique étroitement liée à une révolution copernicienne par la pensée magique et quelques rimes pauvrettes, teuf, oeuf, boeuf). Je ne pense pas que Manpower m'enverra le roi de la pince coupante (c'est bien connu, les noeuds, surtout les gordiens, ça se tranche dans le vif, quitte à écorcher au passage, pas de pénélopisme qui vaille).

J'ai peine à croire à des lendemains qui chanteront Johnny fais moi mal, et qu'une maso à côté de sa peau pourra satisfaire les désirs de renarcissisme des hommes blessés par la crise.

J'ignore encore si mon prochain (domin)amant sera jeune (c'est à dire la trentaine, pas 45 ans) avec une queue aussi vigoureuse que ses bras, et comme je n'aurais rien à lui dire, je le sucerai souvent. Ou alors, un vieillard en chant du cygne qui quoique présentant un début de Parkison et des taches rousses sur les mains (tout le monde ne peut porter les mitaines et les bagues de Lagerfeld pour masquer ces signes qui ne mentent pas, eux) prétendra avoir 57 ans. Ou le plus doux et sensible des travestis, consolateur et cravacheur, pour une relation d'une ambiguïté au trouble attirant.

Ce que je sais, c'est que s'il ose dire "je t'aime", ma réponse sera "au revoir."
Ce que je crains, c'est que la clef restera bien cachée et moi très aveugle.

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La gifle

Rue Bricabrac, bdsm, gifle
photo From the ghetto of Libertyville

LA dernière fois que j'ai reçu une gifle, c'était une giflette à peine effleurée, mais le geste était là. Elle venait d'un dominateur qui tentait un peu tout, un homme que j'avais rencontré trop vite, trop tôt, après une rupture douloureuse, que je soignais par une boulimie bdsm. Immédiatement je l'ai repoussé, j'ai renfilé mon pull (un de ces immenses pulls surdimensionnés qu'il fait bon porter en hiver) et je l'ai chassé. Il s'est jeté à mes genoux, me suppliant de le pardonner, susurrant des mots qu'on adresse aux bébés.

La première fois que j'ai reçu une gifle, c'était sur un sentier de montagne, en retrouvant ma mère qui me croyait perdue, alors que j'étais juste partie quelques minutes aux myrtilles, dans les fourrés. Le soir, elle s'est mangé un sermon sévère de mon père qui ne croyait pas aux châtiments corporels, mais au dialogue.

Il n'y a pas eu d'autres fois.

La dimension humiliante de la gifle, plus que la douleur et la sensation que tout part en morceaux dans sa tête, me dérange. Comme tout ce qui touche à l'humiliation.
Pourtant, elle va et vient dans mes fantasmes. (Va plus que vient, en vérité.)

La première, c'est moi qui la donne. En sachant qu'elle me coûtera cher. Je le gifle donc. De rage. D'ire. D'hystérie. Je ne pense pas lui faire mal, je n'en ai d'ailleurs pas envie. Je lance de ma main éventail le début des hostilités. Je signe par ce soufflet la fin (temporaire) de la sensualité. Je me souviens du gant que les futurs duellistes se jetaient au visage. Le symbole est là.

Libéré de ses dernières retenues, il peut alors m'envoyer un de ces aller et retour qui sonnent en frôlant le KO et font la tête bourdon, et une fois la tête perdue parler à mon cul à canne rabattue.

Ou alors, mieux encore, avec une distance froide qui me glace et m'angoisse, il m'attache à une chaise (tout le monde n’a pas un pilori à ldemeure). Il m'annonce qu'il va me gifler. Deux fois. (Je sens les glaçons entre ses mots.) Ou quatre. On verra bien. Il m'ordonne de ne jamais fermer les yeux, même quand sa main s'approchera, même quand elle m'étourdira. Que ma punition sera celle-ci, et que chaque cillement ou tentative de baisser la tête, annulera non pas la gifle, mais le compte.

Et là, je ne peux aller plus loin. Je ne sais pas si j'ai vraiment envie de cela. Je crois que ce qui me plaît, c'est de garder la gifle comme une épée de Damoclès, une véritable punition, quelque chose qui ne me ferait pas mouiller, que je pourrais enfin appréhender (et en écrivant ce mot, je réalise sa polysémie, qui reflète bien ma joue entre deux mains).

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J'ai chaud de toi

Rue Bricabrac, bdsm, chaleur
MFayre

JE lui parlais des coups et des caresses, ces deux faces, pour moi, d'une même action.
A l'exception près qu'un jeudi après-midi, en buvant un thé à la menthe avec des amies en sortant du hammam, on peut dire à la cantonade "mmmmm, je n'ai qu'une envie là, c'est de rentrer et que mon amoureux me couvre de câlins pendant des heures" et elles approuveront ce désir. En revanche, si je dis la même chose en manifestant mon envie qu'il profite de ma langueur molle pour me rouer de coups jusqu'à ce que je sois vraiment moulue, alors là, je n'ose penser à ce qui traversera leurs regards. (Si ça se trouve, j'ai tort, elles pensent à la même chose.)

Il m'a dit

Dans les deux cas, on entoure. Et il y a de chaleur.

C'est cela.

J'étais éteinte, tu m'as embrasée d'une étreinte. Tes mots qui caressent laissent imaginer combien cinglants seront les coups, et il me faut rêver que ta cruauté future sera à l'aune de ta tendresse présente.

Il m'a dit

Je veux vous voir doulheureuse.

J'aime tes mots valises. Je t'ai parlé du sac à malices resté dans le boxe, des crémaillères, des tawses, du chat à neuf queues et de l'autre à rayures, et de l'ex-baba cool qui travaillait si bien le cuir.

Il m'a dit

Tout en moi te tutoie.

Moi aussi, je l'avoue, à vous-toi, cela faisait un moment que je te tutoyais, comme une évidence.



Le sm, c'était mieux avant

Rue Bricabrac, bdsm, nostalgie

NOSTALGIE, nostalgie, quand tu nous tiens...
Sur les sites de rencontres bdsm, quelques vieux de la vieille qui ont enfoncé des roses dans l'urètre de Molinier ou qui ont assisté aux premiers sermons de Madame Robbe se répandent en lamentations amères.

Où est-il ce temps où des gens du monde vanille claquaient leurs SICAV en Minitel tant le niveau intellectuel des discussions sur les 3615 JEFOUETTE était élevé ? Et même pas pour coucher ! Car du Marquis divin aux jeunes hégéliens, il n'y avait qu'un pas qu'on franchissait sans besoin de pony-girl et, une fois attaché à la conversation, on ne voyait plus le temps passer avec la philosophie. Parfois, des atomes se crochaient et l'on invitait l'autre à un thé au logis (ce jeu de mots à 2 balles n'est même pas de moi, il est de Messiaen). Alors qu'aujourd'hui, si l'on croise un Marquis (ou un Vidame, mais les pauvres entendent vît dame et pensent travelo, les paltoquets !), le mieux qu'on puisse en faire, c'est de l'inviter à dîner un soir où François Pignon ne sera pas libre.

Je vous le dis, le SM c'était mieux avant.

Avant que Cosmo, Elle et Marie-Claire n'interviewent la soumise de référence, si blonde et jolie comme une fée de contes dans s a guêpière immaculée et ses bas blancs, avant que des lycéennes plus belles que toutes les lolitas du monde littéraire s'offrent corps et âmes et plume à des hommes en bottes à la voix grave et la cravache chic.
Ah, jadis ! Quand on se retrouvait, dans des appartements cossus de notables et gradés de ce monde, avec des dames habillées d'uniforme à tournure de gouvernantes victoriennes et les cheveux coiffés d'une voilette, si ça se trouve, c'est Jeanne, mais si, vous savez bien, la femme de l'agronome ! Quand on se faisait bourriquer par des messieurs replets à la queue courte, mais au long CV et au portefeuille encore plus rond que leur bedaine. Des psys renommés venaient conjurer leur complexe de castration tandis que des acteurs et des politiques ne se masquaient même pas, on était entre gens du monde, du même, celui de la connivence et du silence, et pas des gazettes et de l'internet haut débit pour tous ou presque.

Aujourd'hui, n'importe quel sagouin bercé par ses fantasmes et une violente envie de baiser peut se déclarer dominateur, avec une cravache en plastique acheté dans une enseigne sportive à succursales multiples. N'importe quelle pétasse contrefaite en surpoids conséquent qui trouve une paire de bas autofixants en XXXL et qui dispose d'une webcam peut s'offrir à des maîtres qui craignent leur épouse. Il y a même des couples qui se forment, et qui s'aiment, et qui durent, sans avoir été bénis par sainte Berg ou l'un des curés de saint DAF. Si ça se trouve, il la fouette mollement sans lui arracher les chairs ou des cris, il ne lui a jamais cousu le sexe (il a peur du sang, le jean-foutre), elle a discrètement craché sa semence après l'avoir sucé même pas à fond et elle lui jure qu'il a une grosse queue alors que comme tout le monde, il affiche quand il est aux taquets les 15 cm réglementaires de la moyenne nationale. Et s'il lui offre des boules de geisha, il a les a commandées chez Concorde.

Comme dans le métro depuis qu'il n'y a plus de première classe, il faut fréquenter cette populace mal éduquée qui ne sait pas faire un bondage selon les règles de l'art, qui ne possède pas de donjon secondaire, et qui parfois même, pouah, ignore ce qu'est un rosebud ou un bukkake.

Le sm est tombé bien bas, mes amis. On ne dira jamais assez fort le mal que Chantal Thomass lui a fait en sortant des menottes en dentelle.
3133t roxe ! Mainstream sux !

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Miscellanées liées d'octobre

Rue Bricabrac, bdsm, violence, parfum

PARFOIS, quand je croise des gens qui se prétendent "pervers" et "vicieux" comme d'autres arborent ordre du Mérite et Palmes académiques, je me demande s'ils savent bien ce qu'ils veulent dire. En revanche, je suis sûre que ceux qui se déchirent la tête et le reste en besognant sauvagement la poupée gonflable aux traits de Sarah Palin le sont (j'aimerai vraiment voir la poupée sortie de sa boîte, histoire de me rendre compte à quel point la ressemblance est dans la poupée et pas dans les neurones de l'acheteur). À quand une poupée Rachida Dati enceinte ? Avec pour slogan "soyez tous le père de l'enfant de Rachida". Plus fort que la poupée vaudou de Talonnette 1er.

Un peu de douceur dans ce monde de brute. Je ne l'ai encore vu qu'en photo, il me faudra attendre jeudi soir pour le voir en vrai dans un nouveau sex shop genre boudoir, le fauteuil de courtisane avec poignées latérales et pouvant supporter le poids de deux adultes en rut est l'oeuvre d'une créatrice. En matière de bdsm et d'accessoire totu confort (paradoxe ou oxymore), je ne vois pas ce qu'il apporte de plus (rien ne vaut un triangle de mousse) mais tout ce qui peut inciter les gens à faire l'amour est bon à prendre. Je serais IKEA, je lorgnerai sur ce marché.

Camilla a offert à son prince Charles 60 cadeaux pour son 60e anniversaire, ce qui est une belle idée. Parmi la foison, une gaule. Je suis perplexe.

On peut suivre sur Internet le processus de création d'un futur parfum "Violence". Pour le moment, la chimiste plasticienne à l'origine du projet récupère des tee-shirts de participants à des combats de type "fight club" pour en analyser les remugles et les resynthétiser.

Rue Bricabrac, bdsm, belle de jour

D'ici là, pour faire appel aux instincts sexys et sm de son prochain, il reste le collier avec la médaille Belle de jour (de Delphine Pariente), si avec ça, ils ne comprennent pas, c'est qu'ils n'ont pas de lettres, ou alors, dans le genre de celles-ci :
Suite a ses dire nous partîmes recherché un endroit calme .Une fois arrivé elle enlevas son chemisier , se couchas et remontas sa jupe

Ce qui prouve bien que le passé, c'est pas toujours aussi simple qu'on l'espérerait.


Attention à Mr Danger

COMME à chaque fois que je suis over occupée (et préoccupée, cela va généralement ensemble), j'alterne entre le blog de feignasse (souvent truffé de fautes que me corrige aimablement M*** qui insiste pour que je précise qu'il n'est que correcteur et pas corrigeur) et les séances de cinéma.

P*** m'a fait connaître Mr Danger un jour de libido en dessous du niveau de la mer. Une mer moins salée que la morte. Aussitôt, mon désir a fait des bonds. Certes je me serais passée de la blondasse, mais rarement vidéo amateur m'avait fait tel effet. On en trouve d'autres sur le net, mais aucune des filles n'a une aussi jolie coiffure.

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Petite perle cinématographique, en passant

LES perles, il y en a aussi au cinéma. Hier, la série B à gros budget de Mathieu Kassovitz a été relâché sur les écrans, et l'inanité du film fait drôlement regretter les bons gros navets intergalactiques tel ce Flash Gordon de 1980 (l'avantage du navet est qu'il ne bouge pas, mauvais il est né, mauvais il reste, sans prendre la moindre ride, et en prime, on peut se tordre).

La table de torture sur laquelle Ornella Muti (à la sensualité souveraine, ici comme ailleurs) subit le fouet m'a fait encore plus rêver que tous les grands mâts des films de pirates, et sa tenue en lycra écarlate est devenue l'un de mes fetish, au même titre que les robes à tournure.

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L'éclipse, un soleil et ma lune

Rue Bricabrac, bdsm, éclipse
photo Walt K

AUJOURD'HUI, du Canada à la Chine en passant par le Groeland, il y a une éclipse totale de soleil. Je me souviens de 1999, du froid saisissant qui m'a donné la chair de poulette tandis le soleil disparaissait progressivement, j'avais pensé aux lunettes, pas à la petite laine.

J'aimerais que nous partions un jour pour une autre éclipse, et que l'on trouve un coin aussi tranquille que celui qui nous accueillit alors, mes amis et moi. Mais là, nous ne serions que deux.

Au premier croissant d'éclipse, tu me déshabillerais.
Au deuxième, tu promènerais une main caressante sur ma peau frissonnante.
Au troisième, ta main se ferait claquante.
Au quatrième, tes doigts joueraient les filles de l'air dans mes puits.
Au cinquième, tu déferais ta ceinture.
À mi-course, ma bouche se ferait lune et ta queue soleil
Au septième, ta ceinture se transformera en lanière sifflante.
Au huitième, mes reins rougeoiront tel un couchant sans nuages.
Au neuvième, tu dessineras des planètes bleues au plus délicat de mes cuisses, au plus rond de mes hanches.
Au dixième, je fixerais tes pupilles d'ébène de mes yeux mouillés.
Au onzième, je ne saurais comment me défaire de tes brûlures.
Quand les deux disques se superposeront, seule ma plainte enchantée crèvera le silence sombre.

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Comediante Tragediante Masochiante

Rue Bricabrac, bdsm, masochisme
photo Campanita de Hojalata

EN ce mois où le théâtre est roi, en Avignon, où l'Enfer est beau et où Shakespeare parle néerlandais, ou à Ivry, ou partout sauf au Fou du Puits, il y a cette pensée de Diderot qui résonne, un comédien serait une structure vide dans laquelle on peut faire entrer n'importe quoi.

Je ne crois pas être comédienne, où si je le suis, je suis mauvaise dans cet art. D'où sans doute mon échec dans les quelques tentatives dans les jeux de rôles (les ou la, je ne me souviens guère qu'une soirée en tête à tête avec H*** où sur sa demande, j'avais revêtu un tablier de soubrette acheté, non sans embarras, dans une boutique spécialisée dans le vêtement professionnel, c'était amusant et piquant, ces pudeurs violables). Mais souvent, est-ce propre au masochisme, je me sens comme une structure vide dans laquelle j'attends que l'on fasse entrer non pas n'importe quoi, mais quelque chose.

J'ai souvent, ici ou ailleurs, au risque de radoter, parlé de la marionnette qu'une main adroite meut, et émeut, ou de la poupée (non point Galatée, surtout pas elle !) inerte qui attend un souffle, que dis-je une tempête organisée par les lanières, pour reprendre vie.

Ce quelque chose, des quelques choses, ce sont des sensations, des sentiments, des sensualités. C'est ce qu'une vie vaine (je ne parle pas de la mienne spécifiquement, mais de ce que propose la vie à l'enfant déjà, quelque chose d'assez peu excitant du moins à mes yeux d'alors et d'aujourd'hui, et ce n'est pas le saut à l'élastique, le zazen ou un boulot passionnant qui me feront changer d'avis) où le libre arbitre n'est peut-être qu'une vaste blague (à 99 %) ne peut offrir.

Les coups m'attendrissent, sûrement. La douleur me dessine, me remplit, et par une chimie qui m'échappe déploie une palette de petites et grandes molécules qui me recomposent, me reconstituent, me rassasient. Dès que la douleur s'estompe, que les muscles se détendent, que la peau retrouve sa couleur claire, le vide me dévore à nouveau. Mon masochisme fonctionne comme le désir. Mon masochisme est un désir béant.

Donne-moi quelque chose pour nourrir mon paradoxe.



Miscellanées liées de juillet

Rue Bricabrac, bdsm, miscellanées
photo Bela Karel

LE 14 juillet, en accord avec Georges (et P*** C***), je reste dans mon lit douillet. Loin de la ferveur mirlitaire (comme je ne fais pas de parisianocentrisme, je ne me demande pas ici dans quel était je vais trouver la chaussée après que des chars de 56 tonnes l'ont chenillée en cadence) et des feux, je préfère d'autres flammes, d'artifesses évidemment.

Alors je rêve (cet article a réveillé cet ancestrale coutume dont j'entendais parler enfant) de me faire fouetter au sortir du sauna ou du chaudron par deux vigoureux jeunes gens, à Sotchi, bien que le sanatorium Maurice Thorez n'existe plus et avant que la ville soit métamorphosée pour cause de JO d'hiver de 2014.

Ce ne sont pas les JO mais on n'en est pas loin, ce ne sont pas des pony girls non plus mais elles s'en approchent. En queue de cheval et bikini, ces nanas courent sans que personne ne les y oblige. Un comble.

Le prix du sextoy con du mois revient sans conteste à ce con, ce concon, ce concombre. Qui une fois son job acompli ne pourra même pas être recyclé en salade. (À ne pas rater à la même adresse, des chaussons d'un goût exquis, comme la douleur, amusez vos amis, ambiance coussin péteur garantie.)

That's all folks, je retourne à ma couette.

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Douleur exquise (toubib or not toubib)

Rue Bricabrac, bdsm, douleur
photo Ghostlee

JE connaissais "Douleur Exquise" de Sophie Calle, le livre, puis l'installation, la douleur du titre étant celle d'un rendez-vous manqué à New-Dehli, avec un coup de fil en guise de rupture.

Douleur exquise était pour moi un oxymore au même titre qu'intelligence militaire.

Jusqu'à ce que, hier, sur une ordonnance destinée à un radiologue, je lise "douleur exquise à la palpation".
Je me demande si mon masochisme est soudain sorti du bois dont on fait les baldaquins et les paddles, et qu'un traumatisme me procurait ces sensations contrastées et jouissives dont une généraliste finaude aurait compris l'ambiguïté.
Mais non.

Les douleurs ont des jolis noms, même quand elles ne sont pas exquises. Elles peuvent être lancinantes, fulgurantes, térébrantes, pulsatives, pongitives, tensives, erratiques, tormineuses, ostéocopes...

Comme certains rêvent de traverser l'arc-en-ciel, le masochiste sera comblé par un parcours entre toutes ces douleurs, jusqu'à en oublier les noms, mais se souvenant des coups de badine, des chairs écartées, d'un poing dans le cul, d'une pince ôtée après avoir été portée jusqu'à l'anesthésie, d'un fouet qui passe le mur du son avant de s'enrouler, de muscles endoloris, d'un battoir qui tente d'aplatir des rondeurs...
Tout cela est exquis, mais la médecine a plus de vocabulaire.
Lance-moi des piques de feu et de glace, entraîne-moi dans tes ténèbres, fait grimper mon pouls, tambourine-moi de raquettes, étire-moi en long et large, balade-moi dans des contrées incognita, tourmente-moi jusqu'à ce que je me torde, fais-moi osciller contre ton corps...

Comme je préfère l'exquise douleur (l'inversion devient indispensable pour bien différencier) à la douleur exquise, surtout quand elle devient lancinante et qu'à la veille d'un long week-end, les radiologues sont sur répondeurs saturés, je vais bonder bander ma douleur exquise et espérer croiser D*** pour d'exquises douleurs... et beaucoup de succulents plaisirs partagés.

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L'attache et le moment (part 1)

Rue Bricabrac, bdsm, chaînes
photo Rod99

ÊTRE attachée, c'est reposant.
Le poids des chaînes rassure comme le ferait un drap. Elles protègent comme une armure, veillent sur le sommeil, complices de rêves plus libres que jamais.
Elles entourent commes les bras d'un amant, elles serrent juste ce qu'il faut à chaque systole, et le cadenas renvoie les battements du coeur.
Elles me disent que je suis en sécurité, comme un trésor bien gardé, elles sont des bijoux, je m'en sens l'heureux joyau.

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jefouette.com

Rue Bricabrac, bdsm, fouetter

SERAIT-CE Babette qui repointe le bout de son nez ? Non, Babette a fini de fouetter, de lier, de battre et si elle a repris son tablier, c'est pour dévorer les filets mignons des garçons.

C'est un fournisseur d'hébergement registrar à ses heures qui file la métaphore tantôt crémière tantôt bdsm. Il a donc déposé les deux noms de domaines jaimefouetter.

Mais avis aux amateurs, jaimefouetter.org est toujours disponible, ainsi que jefouette, en .com, .fr, .org, et même .biz. Reste à savoir si le jefouette voudra dire j'ai la trouille, je pue ou je suis le roi du bullwhip. Avis aux amateurs de noms de domaines explicites !

(Merci à Monsieur Bélino de lire "L'ordinateur individuel".)

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Lit à rêves

Rue Bricabrac, bdsm, lit à barreaux
photo MHK Annai

C'EST en voyant ce genre d'images que je sais pourquoi je tiens tellement à posséder un lit à barreaux, même si avec des poutres, ça fera très très donjon comme chambre à coucher.

Pour quiconque tutoie un peu le bdsm, ce genre de lit, ce lit de genre barbare, est la chose la plus érotique qui se puisse trouver. Même quand on y dort seul, il est doux d'agripper l'une des barres de métal, y laisser sa main et espérer les rêves orientés dont le laiton voudra bien se faire l'émissaire.

Si par hasard, un innocent vanille passe par ces draps, et qu'un foulard entortillé dans une volute attire son regard, il saura peut-être quoi en faire (l'une des options étant qu'il propose sa cravate pour que sef aire attacher l'autre bras, découvrant l'envie voluptueuse de se faire chevaucher sans défense, en pacha, potent mais impuissant, ce qui n'était pas mon idée initiale, mais c'est le jeu).

Mais si c'était toi, prévenu, imaginatif, marin malin, fer friendly, je frémirais comme jamais quand ta main se posera sur ma cheville. Je suspendrais mon pouls pour que cet instant si fragile, si ténu, s'étire et que chacun de mes sens s'en imprègne comme une éternité de suspens. Ensuite, ça ira vite, trop vite, et je louerais mon lit à barreaux.

Demain, je penserai au baldaquin. Pas tout à la fois. Faire durer le fantasme.

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Miscellanées liées de mai

Rue Bricabrac, bdsm, O
D.R.

Ça c'est Palace ! Madonna, venue à Cannes enlacer Sharon Stone a déposé sa wishlist à la réception du Carlton, une auberge locale. Parmi ses desiderata, quelques crochets au plafond. Pour faire ses étirements. Maintenant, nous saurons quoi dire aux curieux qui se demandent ce que font ces accessoires tellement donjons sans dragons à nos poutres apparentes. Stretching et abdos. Et pas fessiers et maso.

Pour les équipements, il y a outre atlantique, j'avais passé l'une de ses vidéos bricolo, un vrai fan du do it yourself. Son sous-sol du BHV s'appelle Waltmart, et en suivant ses instructions, on peut faire pareil avec Leroy Merlin ou Casto. J'en connais qui adoreront l'idée du nonosse en caoutchouc pour chien à détourner en baillon. Des idées pour la prochaine campagne de pub Bricorama, après les pizzas et les pompiers ?

Tourner les pages, c'est manuel aussi, et à l'occasion de la réédition d'un Dumas père rare, "Le trou de l'enfer", j'apprends que son auteur même le considérait comme le plus sadien de ses livres. Ce que j'en ai lu, car l'ouvrage est numérisé ici, est sombre, mais ce n'est pas Salo. J'adore Dumas, mais j'ai du mal à lire en ligne, j'attendrais pour poursuivre la publication papier.

Un week-end à Londres, peut-être, pour aller tester le Spankometer comme d'autres vont à Eurodisney dans l'ascenseur (il y a aussi un mannequin masculin qui tend tout aussi bien la croupe, mais la très joyeuse et tonique jeune femme de la photo préfère la femme). Amora n'est pas le paradis de la moutarde mais celui de l'amour, au sens le plus sexuel du mot (comme dans faire l'amour). Une sorte de sex-shop éducatif et convivial où avant d'acheter, on explore ses fantasmes et savoir-faire (il n'y a pas que le Spankometer, il y a aussi l'orgasme et le point G).

Oui mais non. Une loi vient de passer en Grande-Bretagne. On ne peut plus montrer "des actes qui peuvent provoquer de graves blessures à l'anus, la poitrine ou les parties génitales d'une personne." Exit les photos de tits torture. Heureusement, les magnifiques paddles, singletail, cannes, straps et tawse que nous achetions joyeusement à London avant l'Eurostar, ne sont pas assimilées à des armes violentes (ce qu'elles sont, il n'y a qu'à voir Indiana Jones).

Je reste ici, finalement, et je cesse de piercer la nourriture. Dorénavant, ce sera bondage pour tout le monde.



No n'O, Nonnette

Rue Bricabrac, bdsm, soumise
photo Red Charls

Puisque dans un commentaire, Billeversée m'ôte presque les mots du clavier, j'y vais de mes comparaisons.
Je n'en lis presque plus, mais une compulsion me fait aller lire les récits de soumises. Et de dominateurs, mais les soumises sont plus disertes. Et plus expressives. Et si merveilleusement prévisibles donc rassurantes.
Et plus je les lis, plus je leur trouve des analogies avec les grandes (ou les petites) mystiques.
On remplace le fouet par la discipline, le maître par Dieu ou Jésus (pas le saucisson, quoique...), la soumisson par la dévotion, la bénédiction par la punition (dans les deux cas, il y a imposition des mains). Et les deux images se superposent très exactement. Je crois que c'est aussi pour cela, alors que je rêve secrètement et bien évidemment qu'un jour quelqu'un sache de façon naturelle me faire plier, que je ne peux me dire soumise.

Aveugles comme des croyantes, elles ont investi dans un et un seul (même si parfois, l'incarnation dans le maître universel change, c'est de la même entité dont il s'agit, ce "Vous" qu'elles rêvent de voir au bois, d'où sans doute la facilité qu'ont certaines à passer de queue en queue en reproduisant les mêmes rituels). Leur existence n'est que par rapport à lui, qu'elles écrivent Lui tant il est tout et qu'elles ne sont rien. C'est la soumise qui a créé le maître, bonne fille.

Il leur faut leur bure plébéienne, leur uniforme d'appartenance, un collier, synecdoque épatante, fera l'affaire. Au lieu de coiffer la cornette, elles ôtent leur culotte. Les plus enflammées se feront brûler un bout de peau, leur médaille, leur bataille. Elles sont fières (que ce mot revient souvent dans leur discours en boucle, fières de leur collier, de leur tatouage, de leur douleur, de leur abnégation, fières comme elles sont folles, péché d'orgueil, mesdemoiselles, que vous semblez préférer encore à celui de luxure). Parfois, bien après avoir parlé de fierté (de porter le collier je le répète, c'est vrai qu'il y a de quoi ! quel exploit !), elles avouent leur bonheur.

Qu'elles soient deux, trois, une légion, une division sur le même coup, qu'importe, plus le maître à de fidèles, plus c'est la preuve ultime de sa puissance, et de leur choix judicieux de la vraie religion. Et pas d'une piètre imitation, d'un ersatz, un faux messie. Alors, dans cette extase profane qu'elles appellent subspace (les hippies en avaient aussi après deux taffes), elles prient la croix de Saint-André et crient à l'acmé, mon Maître, mon Maître, mon Maître, ô mon Maître !

Leur punition, c'est que le dieu d'opérette détourne les yeux et la badine, la messe est dite, la lumière n'est plus.
Je préfère qu'on m'entraîne (vigoureusement) à con fesse.

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Fesstich (Waldomania)

JE voulais, pour signaler la remise en forme (et en formes) des dessins de Waldo sur le site de Karen, en choisir une.

J'y suis depuis hier soir. Je n'arrive pas à me décider. Il y a celles qui me rappellent des souvenirs, fesses zébrées comme un problème de géométrie, pattes en l'air d'oiselle épinglée et plumée, escapades champêtres de pas sainte y touche. Il y en a d'autres qui me donnent envie de ne faire, en sueur, qu'un avec un cheval d'arçon, d'être fouettée au pilori, de passer de mains en mains.

C'est qu'il y en a 600, tout rond, bien rangée, tellement évocatrices, avec toutes les nuances du rouge, même celles qu'on ne connaissait pas.

On dit que choisir c'est renoncer. En voici une, au plaisir de ne jamais renoncer.

Rue Bricabrac, bdsm, Waldo
dessin Waldo
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Punir, dit-elle

Rue Bricabrac, bdsm, punition
photo Simmer

ELLE m'a un jour raconté qu'il l'avait punie, à cause de sa fièvre acheteuse. Cinquante coups de ceinture. Attachée parce qu'elle essayait de se dérober. Qu'elle avait pleuré. Qu'elle l'avait insulté.
Et que depuis elle faisait gaffe à ne plus être à découvert.

Il m'a demandé si je n'étais pas en manque de punitions.

J'ai failli lui dire, avant-hier, alors qu'on se chicorait verbalement comme souvent, par provocation et de guerre lasse "et alors ? Punis-moi !"

M*** me confiait que B*** avait encore besoin de passer par la case punition pour s'en prendre une bonne, alors que lui savait jouir de la simple jubilation des lanières qu'on abat.

Je n'ai pas été souvent "punie". J'ai été châtiée, comme on est aimée, pour la beauté du geste, par consentement mutuel. L'idée de punition pourtant traînait là, toujours, puisque ma scène originelle, en maternelle et par le biais d'un garçon blond sévèrement fessé cul nul par la maîtresse, comme un petit théâtre, face public, était celle d'une punition. J'ai fantasmé sur la punition, sur ma jouissance honteuse arrachée, prodiguée, malgré moi.
Mais la punition pour de rire reste bien pour de rire. Et j'aurais peut-être voulu de la punition pour pleurer. Pas de jeu de rôle. Pas de jeu drôle. Du dur.
Et les "punitions" (il n'y en a pas eu cinq dans toute ma vie) que j'ai reçues m'ont toutes laissé un goût épicé de revenez-y. Au point que le mot seul est loin de me laisser indifférente (et ma différence se mesure en unités hygrométriques).

Fais-moi mal, dit le masochiste. Naaaaaaan, répond le sadique. Blague de cour de récré. La seule punition pour le masochiste, dans son attente éperdue de la douleur qui fait du bien, serait-elle de ne pas être touchée (ni regardée, ni parlée). J'existe quand tu me touches. Je me sens aimée quand tu me rudoies.

Fais-moi mal pour de vrai, c'est quoi ? Un direct à la mâchoire ? Un coup de pied dans les tibias ? Ou cent cinquante coups de ceinture sans safeword (et sans câlins post fouettum) pour deux points de permis en moins ou un poisson rose à l'arrête ?
Je ne sais pas ce que seraient ces punitions de chez punition, mais je pressens que, pour qu'elles puissent exister, sans sombrer dans le cliché, le crapoteux ou la discipline domestique, il faille beaucoup de complicité, de paix et sans doute d'amour. Ce n'est pas du domaine du one night stand (ou one croix de Saint-André stand), des premières fois, des quickies.

Dans une relation vanille, il n'y a pas besoin de prétexte aux caresses. Il n'y a pas de "tu as décroché le contrat des cuisines Kicuis aujourd'hui, chéri, je vais parcourir chaque parcelle de ton dos, tes fesses, tes cuisses et tes orteils de ma langue, mon héros" ou "m’amour, j'adore ta nouvelle paire de Louboutin et ta petite robe Manoush, vient que te pelote les seins".
Dans une relation SM, on pourrait aussi penser que, hors d'une codification trop précise, sans papier à musique, avec les moyens du bord et dans le mouvement, on se badinerait comme on se lutine. A deux mains, puisqu'on le veut bien. Pour le bonheur partagé de la douleur qui passe, repasse, vibre, chante, résonne. Pour l'absolue délictuosité de deux corps unis par cette douleur qui circule si bien. Là où il y a de la géhenne, il y a du plaisir.

Pourtant, à la prochaine occasion, je te le lâcherai, ce "Punis-moi" !
(Je suis incorrigible.)



Fait soif (de mal)

Rue Bricabrac, bdsm, masochisme, cinéma

FAIS-MOI un plan-séquence, très long, très lent, en noir et lumière.
Pas besoin de motel, ni de caméra. Juste tes mains, tes doigts, des bougies, une bougie.
On est chez moi.
Ou chez toi.
On a froid, tous les deux.
Il faut que ça chauffe, comme au Mexique (ou à Venice, en vérité).
Impressionne mon corps, improvise, double les prises, de judo ou de vilain.
Les jours rallongent, on en prendra quarante s'il le faut.
Vole mon plaisir comme tu as kidnappé mon désir.
Zoome en moi, et qu'importe la focale.
Tes coups sont cut, tu me fais contre-champ, mon chant est diégétique
Tu m'enchaînes et je fonds.
Le festival de cannes va commencer, je vois des flashes à chaque coup, ce n'est pas le tapis qui est rouge.
Je te remercie.



Le pouvoir des chats (à neuf queues)

ET même plus que neuf. En ce jour chômé (enfin, pas pour tout le monde), prétexte à pont et service minimum, l'atelier travaux manuels doit pouvoir trouver sa place. Dans un total respect du pouvoir d'achat puisque, comme dirait Luc Chatel, suffit d'acheter des trucs pas chers.

Donc un peu de gaffer, de la cordelette (perso, je préférerai du lacet de cuir, plus mordant, et une autre couleur que le jaune), un vieux stylo hors d'usage, et tout est prêt pour jouer à colle, papier, ciseaux jusqu'à l'obtention d'un petit fouet pour, car il n'y a pas que le cul dans la vie, le sexe et les seins.

F***, mon confident, qui est ce qu'on appelle un "painslut", trouve évidemment ce petit fouet sans aucun intérêt. Je lui explique que les hommes visent souvent très mal, donc autant qu'ils aient outil à leur maladresse.
Et puis, comme dit la charmante tenancière de la boutique de référence, cela fera un excellent warmup.

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Un porno pour deux

COMME tu en es friand, et que je ne suis pas abonnée aux bons tuyaux, je t'avais proposé de regarder ensemble un porno SM.
Sans t'en dire plus, sans t'expliquer mon idée, pour ne pas t'effaroucher.

Rue Bricabrac, bdsm, films, porno

Je ne suis pas, comme beaucoup de femmes, attirée par les films X. J'en ai vu des mythiques, à la grande époque, avant même la loi de 76. J'en ai croisé, furtivement, le samedi soir sur Canal. Je n'en cherche pas sur Internet, je n'achète pas de DVD. H*** m'avait en son temps apporté une de ces VHS compil d'amateurs qui se vendaient alors sous le manteau du manteau même, à demander gentiment au caissier du sex-shop et qui sont aujourd'hui terriblement populaire sous le nom de gonzo. (H*** n'aimait pas plus les films mis en scène et joués que les accessoires qu'il ne fabriquait pas lui-même.)
L'image était pourrie, mais pas autant que le son, ça doit faire partie du plaisir, so snuff, un homme à l'érection molle fouettait sa femme indifférente accrochée aux patères du vestibule. Avance rapide. Une autre femme, les poignets arrimés aux chevilles, elles-mêmes maintenues par un écarteur présentait son cul à la cravache stridente de son mari qui la marquait avec un entrain vigoureux. Malgré le noir et blanc pisseux, on voyait la couleur et le relief. Entre les cris et les sifflements, on entendait un bébé chialer dans la pièce à côté.
Stop. Eject. Plus envie de jouer. Malaise.

Alors, quand tu m'as avoué être grand consommateur de porno, j'ai pensé qu'avec toi je pourrais réaliser ce que le bébé avait empêché. Non point discuter de la valeur d'un plan, de la justesse d'une image, de la profondeur du champ ou de la morale d'un travelling, mais mimer ensemble, autant que possible, ce qui se passait sur l'écran.
Une sorte de karaoké très sexe, très sm, très synchronisé. Des figures imposées, et ainsi, ton imposition des mains, presque naturellement, en riant un peu aussi.
Comme un jeu.
Car tout cela est jeu.

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Miscellanées liées d'avril

Rue Bricabrac, bdsm, miscellannées
photo Donna Trope pour Christofle

LE gros Douillet s'est offusqué des anneaux de RSF. On lui a cassé son beau symbole olympique, ses anneaux toucouleurs, son monde meilleuR. Il faut dire qu'au niveau visuel, il a fait très fort, Ménard (ou plutôt les créatifs de l'agence Alice qui ont dessiné ces menottes en quintette). J'attendais que les flicards, fort nombreux hier pour protéger le VIIe arrondissement de l'irruption des lycéens qui réclament inlassablement des profs et des options, c'est dire leur dangerosité, ne protestent à leur tour contre ce détournement de l'un des attributs majeurs de leur fonction. Mais non, rien. Alliance muet. Pas plus de son du côté du club des poètes de Cris et Chuchotement (oui, interviewé par Elle ou Match, Monsieur Pascal le tenancier avait déclaré "tous mes clients sont des poètes", on ne s'en lasse pas) non plus. Je suis sûre que cette après-midi, autour du buffet gratuit de gâteaux, on ne verra pas un seul fanion "touche pas à mon fetish".

Parlant de poulets, les nombreux CRS et gendarmes mobiles croisés hier (non, je n'habite pas le VIIe, je me contente d'avoir parfois à le traverser, même quand les forces de l'ordre s'installent dans mes pistes cyclables et me laissent passer d'un air plein de commisération pour une plouquesse à deux roues), portaient, entre autres coquetteries à la ceinture, un masque à gaz leur battant la fesse. J'ai alors regardé de plus près ce terrorisant sextoy en vente chez nos amis britons. Je m'interroge sur l'usage. Qui dit masque à gaz, dit gaz. Qui dit tuyau, dit conduite. Qui dit gode dit intromission. Cette chose hybride est-elle destinée à obliger la porteuse à respirer les pets cherchés à même la source ? C'est une version bdsm de Pereflat ? Je reste perplexe. (Sur le même site, on trouve aussi la poupée gonflable E.T. à trois seins et toute verte. Jouissons sans entraves !)

Une autre histoire d'ann...O, loin de celle qui parle d'un monde pourrave. Le très bourge Christofle, agrandit sa gamme et la vante par une image du plus beau porno chic, empruntant la métaphore chevaline jusque-là propre à Hermès, sellier aux origines, et surtout, calquant son visuel sur celui des images de pony-girls. Le mors au dents, oui, mais en argent massif. La chalande de la rue de Passy va frémir en déposant sa liste de mariage. C'est autre chose que du Guy Degrenne, palsambleu ! Hue cocotte !

Le pompon du mois, question grosse déconne, c'est ce sublime site qui explique comment réconcilier une âme chrétienne et un corps bondé. C'est grand. Merci de croire en Dieu, c'est toujours un plaisir de rigoler avec vous, les mecs. Le pire, c'est quand il est dit que les rapports de D/s s'apparentent assez à ce que la Bible dit du mariage : car c'est rigoureusement exact. L'oppression de la femme par l'homme, c'est cela la D/s, rien que cela. Je ne sais pas comment ils vont s'en sortir avec les dominatrices et leur soumis, même dans le cadre du mariage, parce que sur ce coup, la Bible n'a pas trop moufté, mais avec un peu de talent herméneutique, ça doit pouvoir se faire en trois coups de cuiller sur le popotin. Il va falloir attendre que le site se soit étoffé pour s'en repayer une tranche. Idem pour le sadomasochisme. Sans doute un rapprochement avec les châtiments corporels comme juste expiation des fautes de la meuf qui a fait cramer le rôti ou pris une prune en dépassant la limitation de vitesse. Sur une page voisine, des adeptes ont lu les Écritures et s'ils y ont trouvé tout ce qu'il faut pour condamner l'inceste, la bestialité, l'homosexualité et tout le tralala, ils n'ont rien trouvé qui bannisse le BDSM. Gloria et amen, fouette mon fils. (Il faudrait penser à les mettre en contact avec la fille de Moshe Dayan, Yael, députée à la Knesset et féministe militante qui a aussi lu la Bible à la loupe et qui y a trouvé tout ce qu'il faut pour prouver par David + Jonathan que Dieu était à donf' pour l'homosexualité.)

Pour finir sur une bonne nouvelle, la France est championne du monde de baguette. Ce qui ne signifie hélas pas que le Français dans sa majorité sache la manier d'une manière un minimum jouissive, mais on peut rêver. Bien moulée, pour moi !



Blind date

Rue Bricabrac, bdsm, masochisme
photo Tannager

À peine entré, les politesses d'usage épuisées, alors qu'il me suivait, il a posé une main sur mon épaule pour m'arrêter, a repoussé ma joue alors que je me retournais pour l'interroger, et m'a bandé les yeux.

C'est relaxant, d'avoir les yeux bandés, un premier pas en aveugle vers l'abandon. Un genou se dérobe.

Ses mains ont parcouru ma géographie, de plus en plus exploratrices, de moins en moins légères. Comme si lui aussi était aveuglé et n'avait que ses doigts pour faire ma connaissance.

C'est traquant, des mains comme ça, quand l'ami devient maquignon, l'interlocuteur consommateur. Et mateur. Chair de poule.

Plus rude, il me bouscule, me bascule. Cul, sur le bras du canapé, plus haut que tête, dans les coussins. D'un bras l'autre, le sien, pas si gauche, appuyé en L3 tandis que le dextre adroit glisse le long des cuisses pour me découvrir.

C'est délicieux, ce moment, une sorte d'heure bleue du bdsm, celui du juste avant le premier clair de peau. Pur suspense.

Offensif, il attaque, une main, ou deux, je ne sais, c'est comme la grêle, ça pique, ça bruite. Les paumes deviennent battoirs, lourdes, ça chauffe, ça cuit.

C'est voluptueux, le corps se retrouve en pays de connaissance, imprimé des coups, mu, ému, remué, agité. Chaleur.

Il me posture, s'impose, en impose, m'impose non seulement ses mains, mais sa loi. Côté pile, à poil, angle droit, cambrée, pieds écartés. Il faut compter, ne pas discuter, peut-être pleurer, ne pas mendier ou ce sera à payer.

C'est paradoxal, le corps dit prêt, oui, je me soumets, j'en voudrais plus, mais il se raidit, plie, crie. Encore. Plus fort. Un garçon et l'addition. C'est très bon.

Il me colle, me fouille, me retourne, me tient par les seins, pas seulement le bout des, me fait bouillir, déjà rôtie, m'en bouche un coin, deux, trois. Côté face, il repasse.

C'est fatal, je ne sais plus ce qui fait bien, ce qui fait mal, ce qui est sueur ou pleurs, j'ai des rayures et des griffures, des bosses, mais pas de plaies. Du plaisir.

Il a pris mon pied...

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Petite annonce (ma pomme)

Rue Bricabrac, bdsm, annonce
D.R.

SEX toy cherche sex machine pour échange de plaisirs. Cuisson à cuir souhaitée, foutre non facultatif. Baltringues s'abstenir.

(Puisque XXXB tarde à donner de ses nouvelles, je profite de mon blog pour passer une annonce perso.)

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Charme point con (ça rime avec poisson)

Rue Bricabrac, bdsm, sirène
photo Sayla Marz

APRÈS le bdsm pour les nuls, voici le bdsm par les nuls. Avec des propos comme ça, pas la peine de se fouler pour trouver des poissons d'avril.

Les pratiques BDSM (sigle pour abréger : bondage- domination / soumission et sadomasochisme) constituent un ensemble d’activités sexuelles marginales, fondées sur un rapport (consentant) de dominant à soumis.
La domination dont il est question peut être psychologique ou s'exercer par moyen de contraintes physiques. Les pratiques BDSM peuvent avoir lieu au sein d’un couple mais aussi entre partenaires qui ne se connaissent pas, ou même entre groupes de plusieurs dominés et dominants.

(Chic une touze.)

Les pratiques BDSM comportent deux sortes de rapports : domination et domination avec deux composants en plus : douleur et humiliation.

(Le lecteur aura rectifié de lui-même. À moins qu'on ne parle du catch.)

Les sexologues et les psychologues ne se sont pas mis d’accord sur le caractère normal ou pathologique de ces sortes de pratiques mais le pourcentage de leurs adeptes est plutôt important.

(On remarquera la construction intéressante de cette phrase et son incontestable apport documentaire mais hier mon cousin m'a offert un pull. Quand Jacques-Alain Miller sera réconcilié avec ce gogologue de Tordjman, qu'on m'envoie un pneumatique.)

Quelquefois on y est adepte sans le savoir, puisque les tendances domination soumission, typiques de ce type de pratique, sont implicites dans les jeux sexuels ordinaires du couple.

(Monsieur Jourdain me confiait récemment faire du sadomasochisme sans le savoir. Le joyeux contribuable cher à Droopy, parfois doublé d'un citoyen responsable, est aussi un adepte à l'insu de son plein gré, et à ce que j'ai entendu dire, sauf s'il a un gros paquet... fiscal, il payerait le K.Y.)

J'ai trouvé le lien vers ce site de cul charme dans la blogoliste d'un garçon habituellement de meilleurs goûts. Je sortais des bras photos de Sappho, et j'étais encore en train de me demander si l'on pouvait juger en aveugle de l'écriture/regard féminin ou masculin.
Et pouf, je tombe sur Natacha (la tenancière du blogue attenant à l'entreprise charme point con, la preuve qu'elle blogue et qu'elle existe, c'est qu'elle est en photo, une bombasse à lunettes que même dans tes rêves les plus fous le dernier numéro de FHM tu la trouves pas). Seulement, au bout de quelques lignes du blog, et du wiki (oui, on trouve tout chez charme point con, même une boutique avec un mini canard vibrato de voyage en panoplie de pirate... my name is Colomb, Donald Colomb), j'ai eu la sensation que la femme censée rédiger ces âneries aguichantes (je parle du blogue là, pas du wiki où les âneries sont à caractère désinformatif, un parc à huîtres tant les perles y profusent) était en fait un homme qui essayait d'écrire comme il pensait que les hommes imaginent que les femmes écrivent.

En fait, c'est mal écrit. Juste mal. Entre la précision clinique et l'humour de Femme Actuelle (je ne sais pas pourquoi je prête de l'humour à Femme Actuelle, ne l'ayant jamais lu, mais comme j'ai appris que ce magazine allait lancer une gamme de vélo, je me suis dit qu'il devait y avoir de l'humour là-dessous), entre mon cul sur la commode et non ce n'est pas sale.

Une fois défini chaque rôle, les partenaires se mettent d’accord sur les moyens et les accessoires qu’ils vont utiliser.

Alors, je propose sir Stephen dans la salle des colonnes avec un bullwhip. Non, je préférerai Paulette la plantureuse dans la bibliothèque avec les verges de la comtesse de Ségur. Et pourquoi pas dans le jardin, breath control, au milieu des bambous ? Hmmmm...

(Chérie, tu peux me jurer que tu t'appelles vraiment Natacha, je m'en fiche... à la limite, si tu es une fille, c'est encore pire...)



Le pouvoir des chats (2)

Rue Bricabrac, bdsm, panoplie
photo Sharpereye

J'imagine que vous avez votre propre matériel ?

OUI, bonhomme, t'inquiètes, tu n'auras pas à te coltiner ton petit sac de gym désuet caché au coffre avec les précieuses reliques acquises entre chien et loup à la boutique de référence (cuir code : black only) plus la cuiller en bois que ta femme cherche encore (je suis un peu énervée sur le marié en ce moment, j'ai eu une avalanche de "marié mais libre et je ne le cache pas, mais je ne vais quand même pas le mettre dans mon annonce) et le vibro en solde chez Concorde (sous pli discret). Je suis du genre meilleur ouvrier de France, de mes années de compagnonnage et de mon tour des pratiques, j'ai un trousseau bien complet, des choses exotiques qui viennent de pays étrangers ou du sous-sol du BHV, des cadeaux de dominamants attentionnés et des cuirs de couleurs chinés à l'arrache sur eBay.

Le diction du jour est donc : à bonne maso, dodue dot.

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Égoïsme

Rue Bricabrac, bdsm, égoïsme
photo Carlinlazo

PRENDRE, juste prendre.
Donner peut-être, j'espère, mais je n'ai pas envie de m'en préoccuper, en creux, par rebonds, malgré soi, parce que l'autre se sert, parce qu'il trouve son compte.
Pas de parité, du partage évidemment, mais essentiellement de l'égoïsme. Forcené.
Attachée ou pas, cela m'est égal. Ce qui compte, c'est de recevoir. Tout ce qui m'a manqué depuis des semaines, des mois, des années.
T'oublier comme je m'oublie aussi, n'être que peau et muscles, cyprine et larmes, nerfs et cordes vocales.
Ne pas t'entendre, juste te sentir.
Ne pas te parler, éventuellement te supplier.
Être bâillonnée, qu'importe.
Les yeux bandés ou pas, ils seront fermés.

Prendre, juste prendre, prendre avec insatiabilité, prendre jusqu'à ce que chair se fende.
Confortablement offerte, lovée, nichée, encocoonée.
Durement fouettée, cravachée, dilatée, pincée.
Délicatement caressée, sucée, léchée, bue, embrassée, entourée, câlinée.
N'existent plus que tes lèvres, tes doigts, tes dents, tes poings... ta queue si tu y tiens. Aujourd'hui, je saurais m'en passer. Demain aussi d'ailleurs. Parce que demain, il y aura une suite, à l'identique, sur mon corps meurtri.
Je n'aurais aucune attention, je veux qu'elles soient toutes pour moi.
Je suis un objet, c'est-à-dire une machine, à jouissance.
C'est moi qui jouis.
C'est toi qui me fais jouir.
Il faudra que tu t'en contentes.

Ensuite, je n'aurais toujours pas ouvert les yeux, je m'endormirais au creux de toi, sous ta bienfaisante protection, comme dans un ventre. Si tu veux te branler sur mes reins, ne me réveille pas.

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Le pouvoir des chats

Rue Bricabrac, bdsm, panoplie
Mirka Lugosi

Vous êtes dans le sm depuis longtemps ?

TENTATIVE de réponse (qui n'a évidemment que peu à voir avec la réalité et la vérité, juste pour le foutage de gueule, passé l'éclat de rire qui a été la seule réponse à ce questionneur).
Heu, j'ai commencé missionnaire, comme papa et maman, paer tradition familiale et sociale. Et puis, dans un grand mouvement de révolte et pour coller à l'époque qui se piquait de transgression, j'ai fait homosexualité, deux/trois ans. Agréable, souvent marrant, ça choquait le bourgeois, mais un poil ennuyeux (la lesbienne se portait alors très très jalouse et reproduisait le schéma homme/femme avec l'exagération des convertis). Là-dessus, j'ai découvert la zoophilie, mais au niveau budget véto, c'était somptuaire, j'assurais plus, sans même parler de demander à un hamster de descendre le sac à malice si haut-perché ou à un doberman de faire couler le bain... Quant au food for mind dans ces conditions, c'était pauvret. Fatalement, le sadomasochisme est devenu il y a cinq ans une solution médiane d'un bon rapport frisson/humanité.

(L'homme brun et inconnu qui a visité mon rêve, alors qu'attachée en croix sur une table, nue, sexe, seins, ventre et cuisses offerts je le suppliais d'alléger la dure correction qu'il s'apprêtait à m'infliger, et qui m'a fait jouir de son seul regard qui disait non, est prié de prendre contact avec moi par tous les moyens, y compris la télépathie.)

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Surmission et sphincters (et art moderne, le cas échéant)

LA soumise n'a pas de journée, ou en tout cas, surtout pas celle de la femme, donc demain, ceinture chérie !, puisqu'elle n'a plus de papiers, plus d'identité, plus de rond de serviette (allez, les soumises, protestez que non seulement vous l'avez votre bon rond de serviette, mais aussi le lave-vaisselle, et ne voyez dans ces lignes qu'infâme jugement et surtout pas la provoc déconnante) tout au plus peut-on lui accorder celle, vers fin juin, où l'artiste précédemment connue sous le nom de Brigitte Bardot, demande à ce qu'on n'abandonne pas ses chiennes sur le bord de la route.
Quant à la, en hausse de fréquentation, soumise rebelle, l'oxymore ne vaut pas tripette.
Néanmoins, à celles qui se réclament de cette étiquette, voici une petite idée de loisir créatif.

Je lisais il y a quelques années un ou deux récits, signés du même homme, présentés dans une rubrique témoignage ce qui incitait, même s'il s'agissait de fictions, à les prendre pour argent comptant. Connaissant un peu l'individu, s'il n'avait jamais encore pratiqué ce qu'il racontait, il n'attendait qu'une oiselle disponible pour passer le fantasme à l'acte.

Or donc, il était une fois une soumise ou une chienne ou une esclave ou une demeurée qui venant dans son donjon, acceptait le lavement, le buttplug, l'huile de ricin ou les dragées Fuca, bref, un bon laxatif pour avoir une incoercible envie d'aller mais l'ordre de seigneur et maître, pas du genre laxiste, de tout garder. Ce qu'évidemment elle faisait pour éviter l'humiliation supplémentaire de se conchier, de nettoyer la chienlit, de «décevoir» mémètre et si ça se trouve, de se faire jeter pour cause de mauvaise soumission.

En lisant cela, je me demandais pourquoi (il faut croire qu'il y en a qui se sont juste trompées d'addiction) la jeune personne ne lâchait pas les vannes, envoyant la purée au nez et à la barbe de son tortionnaire avant de le laisser la serpillière à la main et la pince à linge sur le nez.

En ce moment, au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris (celui siamois du Palais de Tokyo où l'on peut voir des oeuvres moins originales, mais plus reposantes), les Gelitin m'ont vengée (les Gelitin, ou Gelatin en français, sont très scato/uro régressif enfantins et totalement insoumis, ceci explique cela), avec une joie champagnisée, comme on peut le voir (la toile initiale doit faire une douzaine de mètres, ceci n'est qu'un détail, mais on doit la trouver sur le site de la galerie Perrotin ou des Gelitin eux-mêmes)

Rue Bricabrac, bdsm, soumission, scatologie
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Miscellanées liées de mars

Rue Bricabrac, bdsm, fanfreluche
Serre-taille Louise Feuillère

COMME tout le monde, j'ai lu voilà un mois cet article de Libération, ensuite relayé par à peu près tous les médias dits sérieux, sur ce nouveau mode de location à prix d'amants, tu me fais une, deux, trois, quatre, douze gâteries.... par jour, semaine, mois, année, et tu as la studette ou une pièce dans l'appart entre pas cher et gratos, de la main à la queue. De la belle grosse soumission sociale en Sarkozye, aux nouveaux pauvres les rapports ancillaires. Plus je lis cela, moins j'aime les soumises, je ne peux m'empêcher de faire des liens épais entre sexe et politique. Sauf que dans le premier cas, c'est l'économie libérale galopante qui porte le bada et pas une pauvre brêle qui se pique le cul avec une fourchette parce qu'un demeuré le lui a ordonné.
Quand même, je suis allée mater à la lorgnette le site craspec (use the web, Luke, celui-ci, je le linke pas) où l'on trouve ces charmantes et peu onéreuses propositions de logements sans baux. Dans la partie plus directement sexuelle de ce site de petites annonces, le masochisme se monnaie. Finalement, en Sarkozye, la misère est aussi sexuelle.

Pour chasser cette légère envie de vomir puis de mourir, je suis partie en Italie où le sport national est désormais réprimé, réglementé et pénalisé. Le mâle transalpin, celui qui quand il ne serre pas la mamma dans ses bras, ne mange pas la pasta all'arrabiata, ne chante pas l'opera ou n'enfourche sa mythologique vespa, se tripote les oeuvres vives pour les remettre d'aplomb ou conjurer le mauvais oeil (chat noire, chatte blonde, échelle, sel...). Le maschio italiano, subit une nouvelle castration, ni symbolique ni chimique mais inique : 1000 euros pour attentat à la pudeur (on parle bien de replacer ses propres couilles et pas celles d'un camarade). On ne saurait trop leur conseiller de sortir accompagné de leur cage de chasteté pour coincer les gosses une fois pour toute, et de se mettre des élastiques aux épaules pour éviter l'automatisme de ce geste ancestral. Vergogna ! Bon, dans un sens, faudra surveiller de près voir si le taux de demande de ballbusting en provenance des pénis péninsulaires augmente.

Le célèbre monsieur Darkplanneur (j'en ai été flattée deux minutes avant de me rappeler que c'est sans doute Maître Google qui nous a dénoncés, moi et mon passage en Enfer) m'a envoyé une électronique missive me faisant savoir qu'il allait continuer sa série de podcast dans le cadre de l'Enfer, cette prochaine fois avec Maïa Mazaurette, qui bien que peu civile en matière de correspondance, n'en reste pas moins une sexblogueuse de compète, drôle comme tout. Quitte à lire des blogues de filles, mieux vaut dix mille fois le sien que celui où des nanas, certes souvent dotées de jolies plumes qu'elles se gardent toutefois de se fourrer dans le cul, comparent les mérites du démaquillant X et de Jex Four spécial contour des yeux. En attendant, ici l'interview "sérieuse" avec les commissaires de l'expo et le 10 mars prochain, celle de Maïa.

Google, qui ne manque pas de ressources, scelle dans un coin ses trends, amusants en matière de bdsm et qui permettent de perdre un bon moment de productivité en jouant avec les graphiques et les articles (à condition de ne pas chercher bdsm a Antingua en 1997 ou au Botswana en 2002, le graphique resterait plat). Et l'on y apprend que certaines soumises ont échappé à la mort en jouant avec un serial killer qui respectait leurs limites. En vérité, il n'aurait dû avoir commerce qu'avec des sub. Ou encore une interprétation tout à fait exhaustive (façon monsieur Plus) des quatre fatidiques lettres qui deviennent 6 tout en restant quatre Bondage and Discipline, Domination and Submission, Sadism and Masochism et que l'on pourra, si l'on veut faire son cuistre, écrire désormais ainsi, BDD/sSM. CQFD etc.

Parlant de bdsm mais pas seulement, un site lancé depuis quelques mois propose une sorte de portail du sexe, attention, du sexe chicos, livres bien écrits, serres-taille en tulle transparent réalisés par Louise Feuillière meilleur ouvrier de France, sex toys bling bling, films à télécharger faits par et pour des femmes... Pour dire si c'est chic, au rayon sm, on y trouve le bandeau de soie, le masque de cuir et la cravache à cristaux. L'anti sous-sol du BHV, le contre-pied de Concorde, tout aussi germanopratin mais plus web 2.0 que le boudoir de la fille Rykiel.

Allez, je retourne à mes coloriages (mais pour ceux qui aiment l'habillage de mon blog, il faut acquérir dans la minute ce très rétro recueil à lire sous le manteau disent-ils).



And the loser is...


Je ne sais pas si après trois ans et demi d'abstinence, je peux, je sais, encore désirer une femme. Une femme, il faut s'en occuper.
Rue Bricabrac, bdsm, rateau Moi je suis plus frustre. Désirer un homme, ça veut dire me branler en pensant à lui. (Et pas à un acteur ou au facteur.)

(Tchéky Kario, change rien, j'arrive !)



"I didn’t discover curves; I only uncovered them." (Mae West)

TU penses que les courbes attirent plus coups et caresses que les mornes plaines qu'on aurait juste envie de fesser.
Je suis de l'avis contraire, je pense qu'un corps androgyne aux frêles os si proches de la peau appelle un toucher plein de tact, un frôlement de plume, des chatouilles d'aigrette, tandis que des géographies plus joufflues réclament de la pogne, de la poigne, du pétrissage.

En fait, tu rêves, mais tu ne sais pas.
Tu as vu bien des films, lu encore plus de livres, plus que moi qui n'en connais presque pas, mais qui vis cela, cahin-caha, depuis toujours.
Parfois, tu passes dans ma rue, et tu regardes par le trou de la serrure, puis tu t'éloignes, tu t'interdis comme si j'étais un casino (et tu peux prendre l'acception italienne).

On s'est enfin parlé dans un éclat de rire, pour tout à fait autre chose, on a fini par se croiser et se crocher. Aux antipodes du bdsm. Mais avec moi, mais avec toi, on y revient toujours. Surtout avec moi.

Rue Bricabrac, bdsm, anniversaire, courbes, cadeau
photo Erospainter

Je t'explique que coups et caresses, comme pleins et déliés, les creux et les monts, c'est la même chose. Seule change l'intensité. La main se lève, et retombe. Vitesse, force, appui. Les neuf queues du chat caressent aussi bien que dix doigts et font vibrer un corps comme un violon en quête de maître. Deux doigts froissent un téton jusqu'à le rendre cliton ou le pincent dans un tour cruel. Et ainsi avec un foulard de soie, une cravache, la mèche ou le manche du fouet, les lèvres et les dents.
Du moment qu'il y a un homme et une femme, un Adam et une Eve qui ont envie de faire un chemin sensuel en oubliant le divan, le ça et les autres. En apprivoisant l'enfer qui en vérité est le seul paradis sur terre qui se puisse trouver.
Laisse aller, c'est une valse, à mille temps au moins, et ce soir on improvise.

Je me demandais ce qui te ferait plaisir pour ton anniversaire. Je te l'ai demandé en espérant la réponse. Un rendez-vous. A date.
Avec plaisir.

Et c'est en rougissant que je t'écris qu'au cours de ce rendez-vous, au long cours j'espère, tu auras carte blanche. Ce pourra être du thé vert ou des bleus en forme de main. Ou ce qui te siéra. Sans boîte ni bolduc, je m'offre.

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Pluie de feu

Rue Bricabrac, bdsm, masochisme
photo Nad Iksodas

IL a monté le chauffage pour que je n'aie pas froid. Au bout de quelques minutes, j'en avais presque oublié que j'étais attachée nue sur la banquette neuve, faisant corps avec celle-ci, mes seins et mon ventre confondus avec le cuir cramoisi, membres solidement joints aux quatre jambes du meuble. Je ne pouvais que bouger la tête pour parfois apercevoir ses cuisses. Et puis plus rien, juste l'habituel plancher et les meubles autour. Tandis qu'esseulée et préférant mille fois la pire correction à son inattention, Sibelius étirait les accords de Tapiola dans ma tête, il a mis du Stravinski assez fort, opéra de feu pour un duo volcanique.

Je l'ai tout de même entendu s'approcher, étoile de Diaghilev qui s'échauffe, jouer des deux cravaches comme un dompteur jongleur en coulisse, déployer au lancer les lanières des floggers qui sifflent plus de trois fois, étouffer la percussion des battoirs sur sa cuisse capitonnée de tweed.

Il a ensuite joué doucement avec mes sens. J'ai respiré le cuir, écouté le latex, regardé le bois, léché sa main, frotté mon visage à son entrecuisse. J'ai frissonné, non pas de froid ou de crainte, mais sous les caresses trop exquises. J'ai ronronné sous ses attentions, j'ai essayé d'onduler aussi, mais il m'avait trop bien associé à sa dernière trouvaille, ce banc kitsch, ni de piano, ni d'enfant, un truc de chez Drouot qui aurait pu venir de chez Roméo, des dorures pour une roulure, mais qui était parfaitement à ma taille.

Sans sommation, la cajolerie attendue a traversé mon dos comme un éclair sanglant. D'une omoplate au rein opposé, c'était comme si tous mes sens étaient sortis de leur domestiquage. Des larmes dans mes yeux, un haro de bête, un sursaut qui a entraîné le banc, et une première tache sur le cuir. Pourtant, j'avais souvent eu plus mal. Mais pas depuis longtemps. Ou alors, le déferlement des caresses habiles m'avait ramollie pour que le pain n'en cuise que plus.

Tandis que mon côté face collait, tout en sueur de peur et de douleur, au petit banc, mon verso prenait la couleur du cuir. Ambidextre et sans pitié, il variait l'intensité et la cible de ses coups. J'avais l'impression, pourtant plus immobile qu'une gisante, de tournoyer dans mon corps, d'être un Picasso, la nuque à la place du mollet, de ne plus m'appartenir, mais d'être une nouvelle personne de cabosses et de bosses qu'il sculptait selon ses envies, sans soucis de mes pleurs, les apaisant parfois de baisers mouillés eux aussi, buvant mes larmes pour lécher mes plaies d'embrassades salées, m'offrant des jouissances en entracte, forçant ma bouche tout en la faisant taire.

Quand il n'en eut plus la force, ni l'envie, ou qu'il a senti que j'étais aussi à bout et qu'il me fallait quelque récréation, il m'a détachée, mais en lieu du cocon de son corps, il m'a conduite par les cheveux, fiévreuse de sa correction et la peau portant fort et net la signature de l'heure qui venait de passer, de l'autre côté de la baie vitrée, sous l'averse. Indifférent à mes poings qui cognaient au carreau, sachant que la pudeur m'interdisait de m'éloigner ne serait que de cinquante centimètres pour trouver un pauvre abri, me regardant en souriant.
Quand il se déciderait à me laisser rentrer, ce serait évidemment pour me réchauffer. Recto.

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Pas ce soir (et je n'ai même pas la migraine)

L'AVANTAGE de vivre seule et de refuser toute forme de concucohabitation, c'est que non seulement on peut garer ses seins les soirs de saint va-t-en 'tain, mais encore que quand le désir nie, cela reste entre soi et soi.

Comment font-elles, les soumises à temps plein ou les expertes des relations longues distances quand un 15 février, sans même une migraine ou des menstrues, elles n'ont pas envie. Pas envie qu'une main les effleure, pas envie d'engloutir un sexe égoïste (les sexes, quelque soit le leur, de sexe, sont toujours égoïstes), pas envie de frémir à la vue d'un battoir, de mouiller au premier sifflet du bullwhip. Même pas envie de faire semblant, de dire que oui, je suis ta chose, ta miss Piggy, oui j'aime ça, la cravache et les crachats, les coups fourrés et le cou étranglé, encore, plus vite (surtout plus vite, qu'on en finisse et rapido).

Rue Bricabrac, bdsm, désir, absence
photo Karnesika

Le non-désir, ça se raconte comment ? À l'autre, mais aussi à soi ? Ça s'écrit avec quels mots ? Ça se parle avec quels trémolos ?
Dire j'ai le non-désir de toi, et de toi aussi, et de toi encore. Pas juste de toi, donc. Mais de toi quand même.
J'ai le désir d'avoir du désir, pourtant, mais le désir n'est pas au rendez-vous.
R*** m'envoie une photo. Ses débuts, non pas en photo, mais dans cet érotisme qui est le mien (et celui de quelques autres). On en parle. Le dé pointe son museau, le sir à failli suivre. Un soupçon d'identification, d'envie de cet abandon, de ce presque sommeil. Il a su capter que le SM n'était pas qu'une gymnastique à visée orgasmique. Mais un moyen de transport érotique.

Je n'ai pas choisi le SM, il m'a choisie. On va dire comme ça. Sans le vouloir, j'étais tombée dans des pratiques qui promettaient (et tenaient) une sexualité pyrotechnique, des jeux longs et lents, un rollercoaster de préliminaires tellement plus intéressants que la conclusion, quand bien même, ce point d'orgue qui met sur le flanc, n'est pas sans mérites. D'ailleurs, ces coups et caresses me convenaient si bien que la pénétration m'a longtemps indifférée. Jusqu'au jour où je ne l'ai pas été, tout le temps de ma liaison avec H***. Depuis, j'ai besoin de me faire fourrer, bourrer, de m'imaginer comme ce flipper où je jouais jeune fille, avec les ouvriers de l'imprimerie d'à côté, et aussi les déménageurs d'en face, et dont les mouvements de bassin violents et sans équivoque resteront dans mon panthéon des fantasmes anciens.
L'un de ceux-là, qui m'ayant acceptée dans leur cercle (on dépensait en général une seule pièce pour jouer pendant les deux heures de la pause prandiale, c'est dire qu'on était bons et qu'on avait aussi du bol à la loterie) avaient oublié que j'étais de l'autre sexe, ou un autre, mais doté du bon déhanché de pelvis et d'une paire de pognes mahousses, me ramènerait-il mon désir égaré ? Désir de toi, ou d'un autre, ou d'un plus lointain.

Le SM est-il soluble dans le quotidien et la routine ? Une petite fessée et au lit ! Bondage et branlette, 20 minutes sévices compris. Vite, un orgasme, on ne va pas y passer le réveillon.
Le train-train comme si on avait un train à prendre, merdalors.
Si, justement, on va y passer du temps. Et même du temps, avant le temps. Un petit mot des jours avant. Des promesses la veille. Des injonctions, des murmures. Des longues phrases, des ordres brefs. Comme on ferait un château de sable, on construit le désir du rapport. Pour innerver la peau, pour embraser la tête, pour mouiller les yeux.
Le désir, SM ou pas, est un partenaire exigeant. Il réclame mille attentions, un zeste de mise en scène, quelque chose d'un peu dramatique, des accessoires, de l'imagination, de la conviction. Et alors, comme Boeing Boeing ou La cantatrice chauve, on peut jouer la pièce quelques dizaines d'années. Avec la même chaleur.

Rue Bricabrac, bdsm, désir, absence
photo Gregory7

Voilà, le non-désir, ça ne se dit pas. C'est comme le non-être. Il faut évoquer l'absent.
J'avais pourtant envie d'écrire sur le non-désir, celui qui ne s'écrit jamais parce que c'est un repoussoir.

Peut-être que pour effleurer mon non-désir, il suffit de ne pas lire ce texte.

(Trop tard)

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Code barba(r)re 2 (Le régional de l'étape)

Rue Bricabrac, bdsm, code barre, soumise
D.R.

EN tombant sur le slaveregister et son code (bar)barre à l'usage des soumis(e)s, je pensais avoir touché le fond d'une forme d'imbécillité dans le bdsm. C'était oublier qu'un petit gaulois résiste dans son coin, et, guidé par des dieux de la bureaucratie mis en congés par l'exKGB, a imaginé la carte de soumise, à laisser traîner ostensiblement dans un coin de son portefeuille, ou à porter autour du cou comme les mineurs non accompagnés en avion.

Le promoteur de la chose, je l'avais croisé un jour de promenade sur les sites de sourciers de sites avec O, et un fou rire nerveux, associé à une vie un peu plus excitante que ces jours-ci, me l'avait vite fait oublier. Son bouge de petit caudillo au degré zéro arborait l'enseigne "Montrées". Il a changé de nom mais pas d'esprit, se proposant même aux heures des repas, et à condition que celles-ci ne soient pas en surpoids, de surveiller de temps à autres les soumises des mémètres en déplacement ou occupés à sauter leur collègue de bureau déjeuner à la cantine. Mais surtout, son chef-d'œuvre, n'ayons pas peur des mots, est la mise au point de cette "carte de soumise", sur le modèle de celles déjà existantes, de Confinoga à Club Med Gym en passant par celle du pressing du coin et les fiches de police. Car chez lui, il y a l'empreinte du pouce. Comme dans les films avec PJ. Ca rigole pas. On attend impatiemment la biométrie.

La photo, au contraire de celles d'identité, ne montre pas une tête qui fait la gueule (les nouvelles recommandations exigent une "expression neutre"), juste un sourire vertical et deux nichons, numéro graffité au feutre sur la cuisse, bras façon Vénus de Milo. On dirait une poupée gonflable de voyage. (Je ne suppose pas l'hommage à Coco Chanel qui n'aimait pas les genoux.)

A la limite, que des gens s'amusent à cela, chacun son trip. Si un homme et sa femme conçoivent de l'excitation à glisser une photo à oilpé d'icelle, collier de chienne au cou ou anneaux au sexe, dans les pages roses de son permis, pour un rougissement face aux gendarmes, ma foi... On pourrait même s'amuser de la prose pseudo administrative du gazier, sérieux comme la papauté au grand complet, qui doit résulter de la lecture assidue de polices d'assurances et de CGV diverses. J'imagine bien ce type qui a passé des heures à rédiger son machin en lui donnant les airs le plus officiels possible (officiel comme dans la tête d'un môme ou de Luc Besson) pour que ça ressemble à ces dossiers lourds, actes notariés, poulets indigestes, réglements de sociétés coercitives. C'est du boulot, à la mine de plomb et en tirant la langue...

Là où ça devient soit désespérant, soit encore plus hilarant, selon l'humeur du jour, c'est quand on découvre une liste de boutiques, boîtes et autres lieux prêts à consentir une ristourne sur présentation de cette carte. M'sieur exMontrées suggère d'ailleurs dans ses conditions d'utilisation que

La carte devra être présentée à toute réquisition : les cartes délivrées sont accessibles en permanence sur le site, voir ci-contre, pour permettre à chacun de vérifier la validité d'une carte présentée par une soumise (boutique, bar, club, soirée privée...).
Rappel : aucune discrétion n'est demandée aux établissements offrant des promotions, ils sont vivement incités à prendre leur temps pour bien vérifier la validité des cartes...

Personnellement, il se trouve que je ne traite avec aucun des commerçants immiscés dans la combine, mais dorénavant, j'enregistre les adresses pour être sûre de ne surtout pas y aller (tout en remarquant qu'ils avouent ainsi vendre aux gogos non encartés avec une marge plus que confortable, quand je dis que les marquis, ça ose tout, chaque jour me donne raison !).

Oui, il a dit "réquisition".
Oui, vérifier la validité des cartes ne suggère pas d'aller sur le site avec une loupe mais de mettre la main au cul des vaches des soumises, comme les maquignons sur les marchés aux bestiaux.
Oui, la lecture des pages que l'on trouve en se baladant dans l'arborescence prouve que cet Anarchaine a un délire extrêmement sérié, détaillé, maniaque, glauque.

C'est marrant, là, j'ai comme une vague envie de gerber alors que je n'ai même pas fait d'overdose de chocolat.

(Non, je n'ai pas mis de lien, mais ceux qui voudront trouveront assez facilement.)



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
Flash-back
À lire
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L'oeil
Des images pas sages
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Le cliquodrome
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