Rue Bricabrac

Couture

Couture

Stéphane, qui commente souvent ces pages, m'a envoyé une image trouvée dans un vieux livre. Ou une revue. Une peinture d'André François.

Elle me fait d'emblée penser aux déconstructions et facéties dadaïstes, qui transgressaient tout à la fois l'art et les conventions.

Ici, s'il y a une machine - très humaine - à coudre, on ne trouve ni parapluie, ni table de dissection mais une femme sans tête ni bras qui devrait réjouir ceux qui apprécient la réification.

A un détail près. La femme est la machine à coudre, d'accord. Elle coud un pantalon, métaphore de l'homme.
Et que coud-elle, très précisément ?
Oui, la braguette.

Castratrice, va !

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Que calor, la vida

Canicule

Le dictionnaire nous apprend que le mot canicule, qui comme bien d'autres, nous arrive du latin, signifie rien moins que petite chienne. Canicula, féminin, diminutif de canis.

Ça tombe bien, la canicule est un temps de chien. Les domina en profiteront pour sortir le leur et lui montrer Sirius, l'étoile principale de la constellation du grand Chien qui a la particularité de se lever et se coucher en même temps que le soleil en ces temps de chaleur. Exit donc le rapport canicule et calor.

Cette petite chienne me contrarie, moi qui serais plutôt chatte. L'été, je l'aime de canne au cul comme je l'avais réclamé jadis, bien avant que les blogs existent à un esprit frappeur qui me jouait les 400 coups. La canicule contrarie mes envies de feu, la canicule n'autorise pas mes chienneries, ou en tous cas les contrarie. Quand avant-hier, tu as fait siffler le martinet de latex, j'ai craint un moment que les lanières qui me cinglaient brutalement ne finissent incrustées fondues dans mes rondeurs doublement calorifères (culorifères donc ?).

Sauvée par mes cris et les courants d'air, je n'ai pas vu Sirius mais mille étoiles, et toi, "dégustant" mes sursauts et la pollockisation progressive de ma croupe.

Je n'aime la chaleur que localisée.

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Ameublement

Page sans titre

En cherchant le plus sérieusement du monde sur eBay et ailleurs, l'équivalent du fauteuil toupie vu chez Pick Up et qui malheureusement ne se fait ni en vert ni en violet, je suis tombée (de mon siège et en arrêt) devant de ces objets du meilleur goût qui ne lassent pas de me ravir.

(À noter que eBay ou pas, les trois objets sont en vente directe depuis des boutiques et que le système des enchères n'existe pas pour ces objets-là. Cliquer sur l'image vous transportera illico vers la boutique.)

Pour illuminer (ce n'est rien de le dire...) votre salon, ce fauteuil lacé en skaï (qui existe aussi en panthère, dont on sait que ce n'est jamais vulgaire) qui aurait servi de décor à maintes photos fétish, est sans aucun doute l'accessoire indispensable. Le livre d'Airy Routier sur le baron Stern ne nous dit pas si cet esthète raffiné possédait le même. Je m'interroge. Un homme qui choisit sa combinaison de latex en couleur chair est capable de tout.

1790,00 €

229,00 €

Comme il coûte bonbon, en voici une version plus économique, certes moins soignée dans le détail et la finition, mais qui reste chaussure à talon et dont le revêtement pelucheux assure douceur même par temps d'orage.
De plus, pour ceux qui aiment le total look, il a un cousin écarlate en forme de main. Quelle belle paire !

189,00 €

Vous ne l'aviez pas osé en 1970, y céderez-vous en 2005 ? (S'il existait en vert foncé, je pourrais me laisser tenter, à défaut de trouver mon toupie...)



A double sens...ualité (Les maux)

Doublesensualite2

Un coup, c'est comme une caresse. Exactement pareil. Si différence il faut trouver, c'est dans l'appui, l'impact, l'élan. Et puis peut-être quelque chose du côté du bulbe qui sait que ça va claquer et pas effleurer, et que ce sera bon ainsi aussi.
Un coup, c'est comme une caresse, et c'est pour cela qu'on alterne si volontiers les deux jusqu'à ce qu'ils se confondent très parfaitement.

Un coup c'est comme une caresse pour celui qui donne et pour celle qui reçoit, parce que ça relève d'une semblable sensualité. Dans les deux cas, il y a la main, il y a la peau, il y a le cerveau. Que ta main effleure ou meurtrisse, que ma peau frissonne ou s'embrase, que ma gorge ronronne ou hurle, c'est de l'identique.


Hands that have drawn hands - Valerie Richards

Je ne suis pas dans ta tête. Je n'ai été, à mon grand regret, dans la tête d'aucun de mes amants que j'ai au fil des ans questionnés jusqu'à l'usure et au radotage pour savoir quel langage tenaient neurones et synapses quand leur main s'élevait, quand ils pensaient déjà à la manière dont elle retomberait, quand je ne savais pas encore si ce serait coup ou caresse, et peu m'importait, du moment que la main retombe, que le contact s'établisse, percussif ou soyeux.

J'espère que pour toi, coup et caresse soient semblables sosies. Que l'un comme l'autre soient des manières de parler à mon corps, de le flatter, de le conditionner, de le façonner à ta main,  ô combien, de le mettre à ta botte, de l'entraîner sur des sentes et des pentes où les sens se perdent pour mieux fusionner.
Un coup, c'est sérieux comme une caresse. Une caresse se mitonne comme un bon coup. Où la placer, quel effet procurer, quelle carte dessiner. Les caresses, on le sait, c'est la carte du tendre, promenade du bout des doigts dans des vallons et des côteaux, dessins de parcours imaginaire d'une langue agaçante. Les coups dessinent aussi, mais un tout autre paysage. Les rotondités sont les premières servies, et pour le plaisir de l'oeil, mais de l'oreille aussi, il s'agira de transformer une lune pâle et moirée en une planète rouge, martienne illuminée de l'intérieur, la peau soudain collante d'avoir été tant tannée. De la même manière que la caresse s'amuse de la chair de poule, le coup jubile du résultat à venir, de ces joues qui gonflent imperceptiblement, de la recherche de la couleur idéale, de bannir pour un moment tout souvenir du blanc. Et quand le rouge est mis, pourquoi pas tenter le bleu ? Dans les deux cas, le plaisir est au bout du chemin, et avec le plaisir, le rouge. On n'y arrive pas par le même train.

Autant la caresse ne doit pas être un va et vient machinal, minimum syndical du préliminaire obligé, autant le coup n'a rien à voir avec les battements d'une otarie bien dressée à jouer au ballon.
Et si le sm était plus proche d'un art martial (et de la chanson de geste, bien sûr) que du théâtre ?
Un beau coup sera un bon coup, comme une belle caresse, gracieuse, éolienne, sera une belle caresse. L'arc du bras, la position de la main, celle du corps qui reçoit aussi, la clarté du son,  tout cela, on sait que le coup a porté et qu'il se répand en mille ondes de plaisir et de douleur mêlées. Que la caresse qui le suit amplifiera les deux et réclamera encore des coups. Ou des caresses. Je ne sais plus. Tu te dédoubles entre coups et caresses, dureté et douceur. Ta main peut chercher des accessoires, plume ou fouet, ce sera rouge bonnet et bonnet rouge. Un sifflement de canne, soigneusement prémédité, placé très exactement où tu l'as voulu, premier barreau de la grille que tu as imaginée. Les circonvolutes d'un fouet devenu plumeau pour danser un tango sur mes lombes alanguies. Une coulée de cire sur un téton, un glaçon fondant sur l'autre, chacun pointera avec une symétrie géométrique. Le froid, le chaud, le dur, le doux, le miam, le ouille, tu affoles ma boussole.


A. Brito

Si j'aime les coups, c'est parce que j'aime les caresses. Le coup est juste plus délicat à placer, plus intime, plus lié à un contexte. Une caresse accepte le furtif, le grand air, la foule. Un coup demande l'isolement, la cachette, l'accord. Mais l'intention doit être la même. Réveiller les sens, les nôtres, ensemble. Me faire mouiller. Te faire bander. Nous amener au corps à corps ultime, à ne plus faire qu'un un bref instant. Les ondes de ma souffrance et de mon bonheur t'envahissent par ce vecteur qu'est ta main, ton fouet, ta canne, instruments conducteurs.
Je te caresse avec mon corps entier. Tu peux me battre avec tout ton corps itou. Assis sur mon dos ou mes cuisses enserrées dans les tiennes. Ta main qui prend son élan au creux de mon sexe, dopée par sa chaleur moite, avant de s'abattre. Une cravache peut carresser des reins avant de les brûler au retour.

Ta main légère électrise ma peau. Quand elle se fait lourde, c'est le derme qui crépite. La caresse est l'art du plein, le coup celui du creux. Entre les deux, mon corps balance.



Histoire d'O...mbre (Tout baigne)

XXXBToutbaigne

Je m'inquiétais, 20 jours sans nouvelles, alors que d'habitude, chaque quinzaine, un signe d'elle.

Voilà l'explication, XXXB est overbooked, mais au mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Toutefois, il semblerait que son coeur ait de nouveau égaré son bigophone.

(Un indice pour Mélie-Hari, XXXB annonce régulièrement le 23 du mois)



Musique fut fête

Musique en fête

Ce fut un sacré balthazar !
Il y eut des schlak, des pan, des vlam, des clac...
Et autant de vocalises, feulements et trémolos.
Et les maracas de geisha qui suivaient le tempo.

J'en suis encore toute chamboulée.



Faites de la musique

Fete de la musique

Ici, ce sera percussions jusqu'au bout de la nuit.

Duke est sur la platine, prépare tes mains !
Ca va swinguer...



A double sens...ualité (Les mots)

Double sensualité

Il y a des mots qui se prêtent à des ambiguïtés particulières, des mots qui deviennent comme des clitoris sémantiques, des mots qui se surchargent de sens comme des femmes trop parfumées. On a sans doute chacun les nôtres qui composent un dico en douce.

Le mien, c'est déguster. Dé-gus-ter. Le son vaut le sens. Les papilles de l'oreille en frétillent, le palais dresse haut son pavillon. A l'abordage. Déguster. Le verbe appartient à l'alimentaire. Vins, chocolats, poissons crus ou fumés... Il y a du delicatessen dans dégustation, ce mot qui est passé de mets choisis dans sa patrie d'origine à sandwich au pastrami dans son pays d'adoption.

Déguster, c'est le contraire de morfaler, ça parle de petites bouchées, de saveur, de succulence, de temps qu'on prend. Ensuite, la dégustation durera ce que l'estomac tiendra. On peut donc déguster beaucoup et longtemps. Déguster, quel bonheur, veut dire aussi bien dérouiller que jouir. Je déguste au carré, à en finir roulée en boule, pour fuir la dérouille ou pour me recroqueviller sur ma jouissance ? Et toi, tu me dégustes aussi tandis que je sors de ma gangue.

Déguster, pour moi qui aime les poissons, le chocolat et le vin (s'il est blanc et liquoreux), c'est le mot qui s'accorde le mieux à une magistrale correction. J'aime la cravache, les martinets lourds, le bambou, les paddles, les mains comme des battoirs, les battoirs de lavoir, et chacun à sa manière, je les déguste, je les savoure, je m'en délecte, j'en veux beaucoup de chaque, j'en veux encore et encore, même si mon corps n'en peut plus. Je me prépare à une tournée comme à une soirée. Un bain, du parfum, du khôl pour en teinter mes larmes et des vêtements qui ne laissent pas de trace. Une peau comme un papyrus pas encore touché. Les seules marques que je veux voir sont celles de mon combat avec les coups.

Déguster. Le mot me roule en bouche comme d'autres feraient d'un bourgogne capiteux. Il me monte à la tête, elle me tourne, je suis ivre de ces trois syllabes. Un D, un T et du goût. Tu me domines, tu me tortures, je prends des coups. Quel régal.



Message personnel

Message Perso

Je ne suis pas une habituée des messages personnels, des petites annonces, des ricochets passe à tout voisin. Même si d'une manière très large, on peut considérer toute action blogueuse comme une façon d'envoyer des bouteilles à la mer au plus grand nombre, celui-ci n'est en aucun cas destiné à remplacer le facteur.

Je vais pourtant faire une exception. Chaque jour, je jette un coup d'oeil sur les statistiques de fréquentation de mon blog. Nombre de visiteurs, pages lues, pays de provenance, OS utilisé, mots clés...

Ah, les mots clés ! Si certains sont évidents, fessée, martinet, bdsm, zentaï, d'autres me laissent pantoise. Je profite ainsi de la lecture de celui ou celle qui cherchait "pantalons pier import" (j'ignorais que Pier Import faisait dans la confection), d'un ou une autre qui n'a pas dû trouver de "photographie de femme anorexique" pas plus que de référence à des "femmes exhibitionnistes dans le métro". Je dois bien avoir une Zazie ("mon cul !" qu'elle disait) en magasin. Celui qui voulait "faire ceinture" a trouvé quoi faire d'amusant avec la sienne, celle qui quêtait quelque "mante le jolie moto" n'a pas dû être déçue du voyage. Un scout a bien déniché "sarko casta" mais pas ensemble. Je suis profondément désolée si j'ai choqué les fans de "louis vuitton sac kelly monogramme" (même si je voue une haine absolue à la maroquinerie prémentionnée qui a créée des hordes de victimes de sacs moches en plastique monogrammé), les dîneurs du "restaurant thénardiers" (franchement, quelle idée d'appeler un restaurant ainsi, ça ne donne pas envie) et la promotion du stage de macramé/pompon de la MJC 72 "tradition renouee passementerie". Quant à "nini and tapioca", "coloriage brouette" et "orteils de staline", je réfléchis encore...

Cette parenthèse des mots clés enfin fermée, j'en reviens à mon message personnel. Deux à trois fois par semaine, un assidu inconnu se connecte toujours depuis la même adresse, celle de son entreprise je suppose (je ne vais pas balancer le nom ici), et lit à chaque fois 15/20 pages de mes élucubrations électroniques. Où bien il ou elle est expédié là en pénitence et expie je ne sais quoi, obligé de lire mes pages selon un chiffre préalablement fixé, soit il ou elle aime vraiment ma rue en vrac, et ce serait bien gentil de me laisser une petite croix dans ma boîte aux lettres (à droite, cliquer sur l'arobase). Un indice, enfin, deux, les lettres s et g.

Mes émissions habituelles reprennent dès la prochaine chronique. Merci de votre attention.



Goût de chiotte

Page sans titre

Parfois, le choc des photos écrase le poids des mots. C'est le cas ici.
On en reste sans voix, et les quelques jérémiades vocales ou substantives que sauraient appeler pareil équipage ne pourraient que gâcher le kitsch intersidéral de ces toilettes nées dans le cerveau fragile d'un designer (pour les amateurs, il s'agit de Capeti Design, Allemagne). Ces toilettes femmes sont à la miction ce que les langues de belle-mère sont à la fête. Un truc présumé drôle qui ne fait rire personne.

Parler d'image de la femme, de subsitut pour scato/uro en mal de compagnie, de beauferie consubstantielle et autres considérations sexo-sociales ne riment à rien. Il faut juste saluer l'imagination humaine qui après avoir inventé la laisse rétractable, le gaufrier-grill, la torture et les emballages de fromage fondu en portions donne ici un nouvel exemple de sa latitude.
Allant jusqu'à prévoir les articulations qui vont bien pour que la chose puisse serrer les cuisses. Certainement pour respecter ce principe feng-shui qui préconise de garder les toilettes fermées.

Merci à L. qui m'a fait partager cette trouvaille.



Tu seras une pute, ma fille

Pupute

Au commencement était la publicité. Femmes faire valoir de jantes surbrillantes, bécasses lessivières, libidineuses secrétaires, la femme après avoir gagné une âme recevait quelques siècles plus tard ses galons d'objet de consommation.

Puis vint la télévision. Trouvant sans doute que les potiches habituelles ne suffisaient pas, elle a émis un message clair en alignant avec la mention réalité des brochettes de dindes vénales prêtes à se faire fourrer à longueur de Bachelor et d'Opération Séduction.

Et voilà que la grande distribution s'y met. Hier, à Monop', des brochettes de petits tops dans des couleurs hurlantes distillant des petites phrases niaises.
De prime abord.
Entre le rose et le turquoise, ce que je prenais pour des fringues de gamines (jusqu'à ce que je vois que ça taillait jusqu'au 44/46... je sais bien que l'obésité gagne nos contrées mais à 12 ans, tout de même...) me répétaient sournoisement "Quand tu seras grande, tu seras une pute ma fille."

Quelle mère criminelle offrirait ça à sa gamine ?
Quelle adulte collabo (et ce sont deux nanas qui ont imaginé ces horreurs !) porterait ces signes extérieurs de gourdasse ?

On y revient toujours, à la maman et la putain. Comme le oui et le non, les Beatles ou les Stone, mousse ou pif, fromage ou dessert, dieu ou Marx. Saleté de dichotomie fors laquelle point d'étiquette.

Putain, pute, c'est un vocable très en vogue dans le milieu sm. Dans le système maîtrique, notamment. Chienne ne suffisant pas, salope ayant fait son temps, pute connaît une nouvelle vigueur. (J'ai même récemment lu un "pupute", no comment, qui me fait penser à la fois à la chanson viens poupoule, ambiance baloche blair, et au "poupouche" récurrent dans le formidable Travaux de Brigitte Roüan.)

On va où avec ce pute ? C'est censé être une humiliation ? A quoi donc pense le monsieur dont le noeud relève le nez quand il traite sa partenaire de pute ? Parce que pute, c'est soit une profession, la plus vieille du monde à ce qu'on dit. Il ne viendrait à personne de traiter son voisin de percepteur ou de plagiste (quoique...). Alors pourquoi pute ? Pute, c'est aussi, dans un sens dérivé, une manière d'être, de prendre sans rien donner. Auquel cas, l'interpelleur se pose en micheton. Ou en maquereau, s'il espère trouver son dû. Dans les deux cas (qui n'en font qu'un, tant il est machton), ce n'est pas la femme (complice et consensuelle, pour accepter de jouer avec ce mot con si peu sensuel) qui est rabaissée mais l'homme qui se dévalorise. Sa compagne est dans le meilleur des cas un garage à bite, lui-même n'en étant qu'une parmi d'autres, dix, cent, mille... et dans le pire, une profiteuse qui l'instrumentalise avant qu'il n'ait eu le temps de faire ouf.


Shoes and Money par Kevin Hundsnurscher

C'est peut-être pour lui faire la nique que sur son corset, pupute (je ne m'en lasse pas), a brodé "Je suis une fille, j'ai le droit de porter des sandales dorées". Allez, chérie, les biftons, fais-en plutôt un matelas et éclate-toi toute seule une fois renvoyé le miché essoré chez bobonne !



Festival de canne (Charlot)

Page sans titre
Au Jeu de Paume, dont le seul nom devrait en faire mon musée de prédilection, Chaplin et les images, une exposition qui durera tout l'été (rideau le 18 septembre) vient de commencer.

Chaplin, Charlie, Charlot, mythe mutique au coeur charpie, est indissociable de son accessoire de prédilection, la canne.

Pourtant, jamais la canne de Charlot ne m'a fait dévier de la stricte (façon de parler pour dire esthétique et historique) vision de ses images de cinéma. Avec le spectre innombrables des émotions déclenchées par icelles, souvent grande tristesse, rarement rires sauf des plus grinçants, j'ai eu ma palette. Mais de digressions érotico-envieuses autour de ce prégnant objet du désir, jamais.


Photographie de studio - 1916 - Bubbles Inc

La canne de Chaplin, badine mutine, n'est pas offensive, pas sexuellement active. Elle est à elle toute seule toute la panoplie des points de ponctuation de ses attitudes. Exclamation ou virgule, suspension ou interrogation, elle n'est pas (à mes yeux évidemment, est-il besoin de le rappeler) un fétiche. Elle (enfin, l'une d'elles) est exposée dans cet antre du hamburger bruyant qu'est Planet Hollywood Paris. Moins bien mise en valeur que les lego StarWars ou la tenue topgunesque de Tom Cruise, dans l'escalier. J'ai hésité à la photographier, je ne l'ai pas fait.


La ruée vers l'or

Au contraire de celle, punitive et explicites, des films à collège britons, dont les chefs de file sont If et Another Country, et qui donnaient envie d'aller, pour de rêve, pas pour de vrai, passer quelques semestres et vivre in situ, l'éducation anglaise. Icône de punition idéale, la série six of the best (que nous avons parfois décliné en treize à la douzaine), best of du coup de canne multiplié par 6, double règle de trois pour postérieurs indociles, n'a pas fini de peupler mon imaginaire masochiste. Parce que la peur que j'en ai est aussi violente et excitante que la morsure brûlante qu'elle procure. Elle me rend folle. Cinglée. Les mots n'admettent pas le hasard. Ces deux-là me collent au corps, et à l'esprit. Décidément. Définitivement.

On profitera de la visite au Jeu de Paume pour s'attarder dans les galeries qui présentent Burlesques contemporains (jusqu'au 11 septembre). Cette déclinaison des corps à terre ne pouvait manquer de me parler haut et clair. Corps automates, destructions, vexations... j'y reviendrai.



Image... in

Inside

Hier soir, nous étions tous deux, pour des raisons différentes et extérieures, froissés, flippés, fatigués. Avec pourtant l'envie de nous coller, câliner, cocooner.

Tu m'as dit "Ce soir, tu t'occupes de moi". Je suis une masseuse nulle, mais nue, tout de suite, mes affleurements peuvent devenir plus intéressants. Nos vêtements ont volé plus vite que jamais, nous n'avons pas sacrifé à nos rituels de déshabillage enchevêtrés de préludes divers. Droit au but, enfin, awalpé.

A croupeton sur toi, ou allongée sur ton dos, surfant sur ta queue ou en vagues douces de tes mollets à tes omoplates, j'ai assoupli chacun de tes muscles, sauf un. Geisha d'opérette plus que Butterfly d'opéra, je papillonnais sur toi, chaque pouce de ma peau contre la tienne, mon corps comme s'il était une main, plusieurs mains de gentille pieuvre.

Il n'y pas eu de coups, de chaînes, de cravache. Tu me l'as fait remarquer, ensuite, avant que les soucis ne reprennent le dessus sur la sensualité. Etais-tu étonné que je puisse jouir d'un rapport vanille ? Ta surprise venait-elle de notre capacité mutuelle à la jouer missionnaire, ou presque ?

Je ne sais à quoi tu penses quand nous nous faisons l'amour. Ni quand nous nous envolons dans le essème. Nous nous parlons, bien sûr, mais est-ce que notre cinéma intime en est pour autant dévoilé...

Pour toi, deux plans séquences secrets de cette soirée là.

Quand tes doigts, pinces si adroites, encrabent mes tétons et me transportent, je me vois enchaînée à une table dure et massive, écartelée, triturée par tes doigts, lançant en vain le bassin en avant, ouvrant mon sexe dégoulinant comme pour demander du renfort et de l'attention, rêvant de serrer les cuisses, vainement. Et tes doigts, toujours, qui foxtrottent sur mes seins, encore et toujours, à l'infini ou presque, jusqu'à ce que j'en jouisse comme jamais, dans un cri de stupéfaction et de jubilation.

Quand emmêlés dans cette position de siamois culbutos, nous nous dévorons à pleine bouche, je m'imagine attachée à toi, mes bras à tes cuisses, taille à taille, mes pieds menottés l'un à l'autre sous ton oreiller, tes bras qui me cambrent à l'extrême, et notre complice P., armé de la redoutable mais comme inventée pour cette occasion, cuiller africaine, qui rythme sur ce joufflu tambour le tempo de son choix, et là encore, je jouis de ce parfait mélange de saveurs extrêmes.



No pub

Page sans titre

Je suis généralement épargnée par la publicité, écoutant des stations de radio publiques, regardant la télé à l'heure où les ménagères de moins de cinquante ans sont chez Morphée, voyant flou les 4 x 3 des rues. Quand par hasard, il y a une coupure pendant Alias (saleté de Teva) ou avant Les Guignols, j'attrape le livre ou le quotidien qui n'est jamais bien loin, et je m'y plonge.

C'est une phrase qui m'a sortie de mes lectures, il y a quelques soirs. "Je ne lave pas mon intimité comme je me lave les pieds." claironnait une gourdasse sur le ton qu'elle devait penser avoir été celui d'un Archimède sortant de sa baignoire avec un "Eureka" tonitruant. J'en reste coite. Son "intimité" ??? Que je n'aime pas ces périphrases.

Le lendemain, ou le surlendemain, il devait y avoir matraquage, car je découvre l'intégralité de cette publicité pour un produit soi-disant d'hygiène féminine (où l'on remarquera qu'il n'existe pas d'équivalent au masculine, ce qui laisse supposer toutes les hypothèses les plus rances sur la considération qu'ont les publicitaires et les femmes elles-mêmes, hélas, pour le vagin.).

Le premier plan de cette pub est une bouche d'un rose délicat, posée bien droite sur sa commissure, le petit génie de la communication nous ressortant de son jean - sûrement peinturé par un créateur - ce bon vieux sourire vertical qui avait déjà servi à un opticien, mais en version oeil (pour la peine, en plus des Monologues du vagin, on relira Histoire de l'oeil, tiens, ça me rappelle que je dois faire cuire des oeufs).

Trop fort ça, des lèvres pour des lèvres, pas même besoin d'être fortiche en rhétorique ou de se gratter l'infra-texte pour saisir la métaphore. (Il paraît que certaines se font aussi refaire les lèvres du bas, pour qu'elles soient bien ourlées et délicates.)

Sous la forme, maligne (comme rusée, mais comme tumeur aussi), il y a le message. Qui ne dit rien d'autre que "un con, c'est sale". C'est caché, qui plus est parfois par une forêt pileuse, intérieur, c'est une grotte insalubre, une caverne cracra. Le poncif n'est plus de toute première fraîcheur. Rien à voir avec le sexe d'homme, qui même quand son propriétaire se néglige, oublie l'usage de l'eau courante et ne change de slip qu'une fois la semaine (c'est quoi la moyenne INSEE déjà ?), s'affiche en extérieur dans toute sa mollesse de tamanoir (je parle pour les non circoncis) fatigué. Il y a du WYSIWYG chez le mec. Et du dissimulé chez la nana, fourbe jusqu'aux organes.

Dans la grande famille sm, certains pratiquent le lavement comme un jeu érotique, puisqu'ainsi doit être considérée la punition. Dans les tables du système maîtrique, on trouve moult histoires de soumises remplies à ras bord, gonflées comme des outres, pluguées d'importance pour être sûr que tout ça tienne bien en place. (A ces lectures, je ne peux m'empêcher d'imaginer la nocive pas novice décidant de jouer au retour de la revanche de la bouteille de champ' tiède, qui d'un pet et d'un seul, mais létal, envoie le bouchon dans les gencives du bourreau, pour une version scato de l'arroseur arrosé.) Aux Etats-Unis, les bobos locaux se font faire un "colonic", reprise du bon vieux clystère dans un environnement thalassothérapeutique. C'est dans ce même pays que certaines gynécologues conseillaient à leurs patientes d'agrémenter leur bain de quelques gouttes de javel, pour être sûre d'être bien propre de partout.

Grâce à l'innommable produit (qui devrait n'être délivré que sur ordonnance tant il est délicat de faire mumuse avec les flores, qu'elles soient buccales, vaginales ou intestinales), plane de nouveau sur les femmes cette suspicion d'impureté inhérente. Il ne lui reste plus qu'à faire binôme avec une marque de dentifrice, pour relancer l'antienne de vagin denté (viens mon gros loup, j'ai une surprise pour toi).

Pourtant, ces lèvres verticales, délibérément tendres et opalines (aux antipodes donc des bouches hypertrophiées laquées de rouges, diaboliques et menaçantes, de femmes à la sexualité accomplies, il y a pensé, le pubard) auraient pu servir de support à une jolie initiation à la sexualité. Lèvres-ci, lèvres-là, on les lèche pareillement, on les mordille, on les entrouvre de la langue pour voir ce qui s'y cache. On les fait gonfler. On les rend humides. On y met un doigt, ou deux, ou une queue, ou deux (mais là, ça devient de la goinfrerie).
Je tourne la tête, je t'ouvre mes jambes, tes lèvres sur les miennes, mais lesquelles, le goût de mon sexe sur mes lèvres par la liqueur des tiennes. Et on emmerde L******d.



Un autre monde (Yann Minh)

Yann Minh

J'ai fait la connaissance de Yann Minh, si j'ose dire, par livre interposé, un soir, en dînant avec des amis fondus de SF. Rien de ce qui venait d'être publié ne leur échappait. Dans le flot des conversations croisées, j'ai réussi à capter un titre, Thanatos - Les récifs, un indice, le sm.

Il n'en fallait pas plus pour que je fouine dès le lendemain. Je me souviens encore de ces paragraphe.

"Le reste du robot a maintenant l’allure d’un crabe scorpion avec ses deux pinces-scalpels écartées autour d’un long dard métallique. L’insecte d’acier descend lentement vers mes hanches. Une brûlure froide lorsque les lames s’enfoncent, puis l’explosion de douleur me submerge tandis que les lames incisent et découpent, profanant mon corps dans une barbarie sexuelle qui m’aurait peut-être contentée si je n’en avais pas été la victime.

La dernière sensation est le pal du dard me pénétrant, ultime supplice dans un chaos de souffrance.
Je m’enfonce dans une spirale de néant.
Je flotte dans un bien-être absolu, une sorte d’orgasme immaculé ralenti, qui s’étire lentement, interminablement, dans une blancheur éblouissante. Je me demande si c’est la mort."

Ses paragraphes me menaient au bord de l'insoutenable. C'est rare que je sois obligée d'arrêter de lire parce que les images que je me fabrique à partir des mots/maux de l'auteur me violent. Mais les siens me fascinaient aussi. Même dans ces mondes en apparence si loin de moi, je retrouvais quelque familiarité.

Un jour, sur Usenet, j'ai vu passer un message de Yann Minh signalant qu'il avait réalisé une série d'icônes pour Mac. Alléchée, je suis allée sur son site. Les dessins bornant les imaginations comme des douves anti-fantasmes galopants, je me suis attardée. Le garçon est multi-carte, info, photo, caméra, matière, vocabulaire, il fait sa pelote entre noosphère et cyber, robots et cerbères, machines célibataires et couples fusionnels, esse et emme, haine et aime.

Technoïde, certes, mais sensuel aussi.

Et surtout, concernant l'image de la femme, par rapport à son oeuvre, à la société, il a des arguments chers à mon coeur. J'aime lire cela sous la plume d'un homme.

"On a reproché à mes oeuvres, de conforter une réification de la femme, réduite à l’état d’objet sexuel soumis aux seuls fantasmes masculins.

Pourtant l’érotisme que je décris, bien qu’apparemment masculin de par ses archétypes, est un érotisme partagé par beaucoup de femmes, ce qui n’en fait pas pour autant, des victimes soumises à un machisme aliénant, au contraire.

Je pense qu’il ne faut surtout pas confondre les jeux et plaisirs de la sexualité avec l’oppression sociale qui maintient, même de nos jours, de nombreuses femmes dans un état de sous-prolétariat.

La cause féministe est juste dans une recherche d’égalité de salaires, de traitement et de reconnaissance sociale, mais il me parait très réducteur et même dangereux d’amalgamer des pratiques sexuelles hédonistes, souvent libératrices, avec la tyrannie machiste de notre technocratie.
Cet amalgame simpliste a pour conséquence d’éloigner des luttes égalitaires, les femmes qui par plaisir sont adeptes de cette esthétique de l’érotisme, et elles sont beaucoup plus nombreuses que la morale établie ou l’hypocrisie du «politiquement correcte» voudrait nous le faire croire."

Sa vision de Vénus. Ca me va. Ca me plaît.

Comme il en écrit, dessine, film, imagine des foisons d'autres choses, de la même veine, qu'il invente des univers qui séduisent et/ou dérangent, mais qui ont la qualité d'avoir de la personnalité et du sens, le mieux est d'aller lui rendre visite.
Ceux qui pratiquent Unreal Tournament seront particulièrement comblé par un bonus track.

Toutes les images ici reproduites, avec l'accord de l'auteur, sont évidemment de Yann Minh.



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
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