Rue Bricabrac

Méfait divers

Rue Bricabrac, bdsm, fait divers, homicide
Photo Lapinfille

ÇA commence comme une petite annonce sur un site BDSM, ça se termine comme une chanson de Brel. (Il s'agit en vérité d'un ancien fait divers destiné à illustrer ce péché capital qu'est la luxure, dans le cadre d'une série de la rubrique "Grand angle".)

Une jeune femme d'une trentaine d'années, en costume de soubrette, est découverte morte et portant des traces de strangulations au rez-de-chaussée d'une location transformée en donjon.

On me rapporte qu'une soumise (épanouie jusqu'à l'hystérie) aux mains d'un homme marié a loué, à sa demande, un studio qu'elle a, toujours à ses frais, équipé en donjon. Mon interlocutrice doute qu'il ne s'en serve qu'avec elle.

L'enquête dénoue les fils, la jeune femme était la soumise d'un notable du coin, ainsi que de sa première concubine et soumise, plus âgée, éperdue d'amour pour lui, qui pour l'occasion, s'était faite maîtresse. Elle aurait convoqué la jeune pour une punition, raté son bondage, laissé la victime seule comme cela se fait fréquemment et retrouvé 10 mn plus tard la soubrette toute bleue. On parle de jalousie. Homicide involontaire.

Combien de maîtres envoient leur soumise à la recherche de chair fraîche, la number one se découvrant pour l'occasion des nouvelles pulsions, tourmentant de conserve avec son maître la nouvelle venue. Évidemment, tout se passe bien, nulle jalousie. Juste la première qui se bourre de Nutella (par exemple, tout le monde ne tue pas). Ou la seconde, quand elle n'est pas décérébrée, qui tire sa révérence.

L'avocat a déclaré, à propos de sa cliente, coupable mais victime "Ces relations triangulaires étaient perverses, néfastes, très sinistrogènes."

Une annonce de couple, copiée/collée à la volée : "Recherche - En Particulier une femme soumise et masochiste, pour relation suivie et privilégiée à trois." Ou encore "Lui : dom exclusivement, 1m.80, 70 kg - Elle : soumise (ou domina avec jeune femme ou couple) 1m.70, 60 kg."

Les habitués parisiens de leurs jeux sont venus à la barre. Esclaves et maîtres. Lunettes de soleillisés, perruqués, enfoulardisés, casquettés, un peu comme les témoins chez Delarue. À la fin des débats, l'entrepreneur du cru, tandis que son amante risquait la prison, a entraîné ses amis mémètres ou mémères démasqués. "Allez, au bistrot, je vous paye un pot !"

Une jeune femme raconte sa sinistre histoire sur son blog. Elle a rencontré un homme, s'est donnée à lui comme dans une chanson des années 80, le fist s'est fini dans le sang, il ne maîtrisait rien, sous l'emprise de l'alcool. On serait tenté de lui dire que si elle avait pris le soin de lire le blog de son partenaire (qui aujourd'hui joue les agneaux voués à la vindicte par des vilains méchants ligués contre lui, si imaginatif, si beau, si intelligent, si supérieur à tous ses contempteurs...), elle aurait pu entre les lignes deviner la mythomanie, la haine de l'autre et de soi, la psychopathie... (mais de la même manière que les aigreurs d'une divorcée de président, les propos post love-story sont toujours à prendre avec des pincettes).

Tout ça pour pas grand-chose, juste pour le sourire que j'ai eu en imaginant quelques Dafs, Stephen, Marquis, ici photographiés en pantalons de cuir, ventre rentré et sous leur meilleur profil, là en lunettes Emmanuelle Kahn, perruque de poupée Corolle, parlant dans leur barbe pour dire que non, monsieur le juge, tout cela était badin et soft, pensez, juste des petites innocences entre amis, Sade kissa... Si cela se trouve, c'est un de ceux-là lui un jour m'a abordée par un "bonjour chienne".

(Calypso semblant mal recevoir ce texte qui ne lui est pas essentiellement consacré - voir les commentaires, je viens de retirer le lien vers son blog.)


Hot carcan

Rue Bricabrac, bdsm, Azraël, carcan

Spéciale dédicace à CUI, Tonton Ficelle revisité par Azraël, un homme qui n'a pas froid aux yeux (ni à la q... désolée, c'est minable, mais j'ai pas pu résister).

Et j'envie la créature ainsi appareillée, occupée, fouettée.

Je pars rêver dans mon coin !

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Soldes

On peut en ce moment aller se promener dans les jardins du Palais-Royal, galerie de Valois, à l'abri de la pluie, histoire de voir si ce modèle qui fait déjà vaciller les seuls yeux, de Pierre Hardy, serait en solde. Ou alors, cet autre-là, comme ces plates-formes shoes de drag-queen que je jurerais recyclées dans une boîte en chocolat noir et or, ou dans le papier-cadeau à rayures qu'affectionnait ma mère. Et puis non, ici comme ailleurs, les modèles soldés sont principalement ceux dont on n'a pas envie.

Ce doit être le principe des soldes. On ne trouve que ce qu'on ne cherche pas. Au début de la semaine, une toute jeune soumise m'a abordée. Bonne petite soldate, elle a tenté de me recruter pour son maître (voir épisodes précédents, après qu'il l'a prise par tous les trous et posé son premier anneau, mémètre envoie sa cruche michetonner de la chair fraîche - en matière de nouveauté, pourtant, il y a perdrix plus jeunes que moi...). Comment pouvait-elle une seule seconde penser, m'ayant lue disait-elle, que son proprio (beau comme un dieu, elle a dit) serait capable avec ses miettes de masteritude, et son aide de switch occasionnelle, de me satisfaire ? Je possède l'insatiabilité des boulimiques. (J'exagère. Il m'est arrivé d'être rassasiée. Une fois. Ou deux. Peut-être trois). Comme j'aimerais avoir un appétit d'oiseau, la vie serait plus facile. Les soldes aussi.

Ça brade de tous côtés, les maîtres de seconde main, les soumises invendues. Tout doit disparaître. Y a un preneur ? Je reçois très bien et à domicile.

Justement, je n'ai pas envie de disparaître, mais d'apparaître. Et pour me faire apparaître, il faut révéler mon corps à coups et à cris, à cire et à cru, stimuler mon esprit de désirs extérieurs. Telle quelle, je suis une ombre, un creux, un vase vide, un simulacre. Quand des mains parcourent ma peau, pour la malaxer ou en prendre la mesure, cambrer mon pied, encercler mes hanches, explorer mes creux du doigt ou de la langue, poser un joug sur ma nuque, cingler mes contours, ma silhouette prend forme, le trait qui la dessine s'accentue, et je commence à retrouver une existence. Sartre disait qu'il fallait, pour s'en convaincre, se mordre tendrement l'épaule. J'ai besoin de plus de morsures que cela.
Et sous la cuisson, l'essence apparaît, comme le génie de la lampe, comme une flammèche vive.

Alors, jeune fille, tu vois, ton petit bout de maître à mi-temps, quel plaisir peut-il me donner ?

Je me demande même si un seul homme peut me suffire ? Je commence à m'épanouir quand ils sont deux à me faire mon affaire. Simultanément. (Il ne s'agit pas d'avoir Mister A et Monsieur B en alternance, le dimanche restant le jour sans saigneur, mais avec arnica, manucure et soins des pieds.)
Trop n'est encore pas assez, je n'ai aucune mesure, je ne veux pas en avoir. Je préfère rien à peu. Ce n'est sûrement pas qu'une question de sexualité. Mais en ces lieux, ce le sera. J'aborde l'autre comme une béance, une immense demande à satisfaire, à combler (au sens du puits ou de la tombe). Dans ce gouffre, il y a comme des chauves-souris de mauvais augure, des questions sans réponses possibles, des points d'interrogation que je voudrais d'exclamation, des douleurs mal raccommodées, des mémoires sans souvenirs, des hontes pas encore bues, des moutons noirs innombrables. On n'est pas masochiste pour rien...
Le seul moyen de faire taire ce tchoutchou infernal, ces bruits des temps modernes, ces stridences perce-tympans, c'est de m'assourdir de ces claques de caisse claire qui rebondissent de la chair aux murs, ces fouets qui sifflent et s'abattent, ces battoirs qui renvoient la douleur au plus profond.

Et je me tais enfin, une queue dans ma bouche pour que je sois seule à m'entendre crier tandis que dans mon dos, les lanières dansent le jazz, la java, le hip-hop et la polka piquée.



La tentation du store vénitien

P., parfois également connu sous le nom de code de gougnafier, pour le différencier de dominamant, m'envoie quelques clichés dénichés je ne sais où sur la toile, tout en me demandant des nouvelles de mon endorfinolorissement.

Rue Bricabrac, bdsm, fessée, canne

Malgré la mauvaise qualité des photos, peut-être à cause de ce rendu médiocre, je suis littéralement hypnotisée par ce store, à la fois écran d'un théâtre d'ombres et magicien qui griffure la lumière. Il y a quelque chose de pas naturel, comme les images d'un rêve.
Et cette canne, quatrième personnage, qui s'apprête aussi à laisser, en chaleur rougeoyante, d'autres rais sur les fesses en chair de cette femme.
Comme un écho.

Et si le store servait de modèle et le cul de toile prête à un facsimilé ? Un rouge pour un noir ? Une marque par ombre ? Le store est le patron, la peau le canevas.

J'ai envie d'un store, de multiples lamelles, d'une canne, de deux hommes, de peau blanche pas pour lontemps, de sifflement, de soleil, de Venise.

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Avec deux P

Dans sa dernière missive, P. a glissé ceci (j'ai soigneusement copié/collé, en respectant l'orthographe et la syntaxe d'origine) :

Suis là en août. Si P est là aussi, on peut faire une soirée Chipendale. Et voir si on arrive à le déplacer d'un bon mètre.

Rue Bricabrac, bdsm, fauteuil cuir

En fait, j'avais confondu Chippendale et Chesterfiled. Mais déplacer un Chesterfield d'un bon mètre, c'est sauvage. On s'en tiendra donc au Chippendale. Et pas à celui de la photo ci-dessus, peu représentatif d'un style aux pieds généralement plus hauts, carrément des gambettes.

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Tous mes œufs

Les considérations calendaires et le son des cloches (je ne parle pas des dindes des deux sexes qui profitent des RTT et jours fériés pour piapiater), urbi et orbi, sans parler des vitrines des confiseurs, permettent difficilement d'échapper à l'omniprésence de l'oeuf ces jours-ci. Oubliées, la grippe aviaire et le confinement des volailles, des matous et des blondes. Occultés, l'apport calorifère du chocolat et la coquille "cropinzuste" de Calimero. Envolées, l'envie de faire sa maligne en parlant du bœuf ou du n9uf et les vélléités d'originalité.
Je ferai donc l'oeuf et le bdsm dans le même mouvement.

Rue Bricabrac, bdsm, Pâques, œufs
Photo Eggeye : -Ant-
Photo LA is full of interesting people : pinhole

En la jouant intello, clin d'oeil appuyé à Georges Bataille, l'Histoire de l'œil, Simone, les couilles et les œufs. Un bon jour pour relire le sulfureux qui a failli devenir séminariste avant de se passionner pour le lingchi.
En la jouant nympho, avec cet œuf trop pink télécommandé (hélas pas à plus de 5 mètres... à quand le GPS ?) qui vibre au plus profond de son giron, attention à le choisir muni de piles R6 et pas de piles plates façon montre.
En la jouant incognito, avec cette projection d'une pénitente prêt à être sacrifiée, couvée par Pan et Pan, chacun ayant choisi de présenter sa face la plus ovoïde.
En la jouant passio, car après tout, aujourd'hui, c'est un peu sa fête, au petit Jésus fils de dieu...

Comme quoi, il en est des œufs comme des couleurs, tout est affaire de goût, et d'esprit mal placé.

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Mon manège à trois

Tu m'as préparée comme une poupée, dessous noirs à dentelle chantilly, cils très noirs, blush soutenu pour accentuer mon teint trop pâle, kajal de princesse indienne, cou et poignets encuirés et enchaînés.
J'ai grimacé quand tu as attaché la laisse à l'anneau du collier, mais je t'avais promis obéissance. (Difficile pour la castracasseuse que je suis...)
Depuis des mois que nous y pensions, que nous en parlions, et que vous complotiez, nous étions arrivés à trouver une date qui convienne à chacun d'entre nous. Toi, lui et moi. Toi et lui pour moi. Moi pour vous deux. Pour mon rêve (on pourrait dire fantasme, mais je n'en peux plus de ce mot), ma folle envie gourmande de deux doms ensemble.

Très vite après l'arrivée de P., que j'ai juste pu saluer brièvement, tu m'as bandé les yeux. Tu m'as agenouillée sur une estrade de fortune. Je n'avais aucune frayeur, vous aviez ma confiance, juste une légère appréhension, comme devant l'inconnu, comme quand on ouvre un cadeau aussi. Est-ce que sous le papier froissé et le ruban crissant, se trouvera ce que j'attends ? Comme quand on ouvre une boîte interdite aussi.

Vos mains sur mon corps étaient bien quatre, j'essayais de garder les comptes et mes repères. Tes mains, ses mains, les siennes plus froides, les tiennes plus charnues, la texture la pulpe de vos doigts que je reconnaissais. Tu jouais avec mes seins, il reprenait contact avec mes reins. Tu as commencé à pincer, lui à claquer. Il a caressé et tu as flagellé. Vous tourniez autour de moi. Comme au bonneteau, je vous suivais mentalement. Mon corps commençait à s'évader, pris dans des sensations simultanées et paradoxales. Votre jeu à quatre mains, au lieu de doubler, le calcul semble simpliste, les plaisirs et les soupirs, les quintuplait, les décuplait, transformait une multiplication par deux en une puissance trois. Vous étiez deux, je vous croyais quatre. Je vous offrais mon corps avec d'autant plus d'impudeur.

Rue Bricabrac, Trio, bdsm

Je me suis vite égarée, ne sachant plus, ne voulant plus savoir, qui s'insinuait en moi, qui me cinglait, si les deux mains au bas de mon dos étaient au même homme. Je reconnaissais des lèvres, l'odeur d'une peau, des doigts dans ma bouche, mais comme en même temps, j'avais mille autres sollicitations, j'ai perdu pied. Les sens aussi chamboulés que le corps retourné, j'absorbais chaque attention par vous prodiguée.

Je sentais, j'en étais heureuse, votre complicité. Et votre désir aussi, il avait pris une belle forme contondante. Vous aviez, sous la dureté et la ludicité, du respect, du tact. Vous aviez l'air de vous amuser, je me sentais jouet comme jamais. L'un me tenait les épaules pour me projeter les seins en avant, sous la cravache de l'autre. L'autre s'installait à califourchon sur mon dos pour mieux m'immobiliser. A deux, vous vous entendiez pour m'écarter, me forcer, me faire sortir de moi. Je n'ai eu aucun répit. Vous n'étiez pas trop de deux, en plus des liens, pour me maintenir tant parfois, les coups me meurtrissaient. D'ailleurs, quelques heures plus tard, quand tu m'as autorisée à retirer le bandeau, j'ai vu qu'il était mouillé.

Il n'était pas le seul. L'excitation était au diapason du traitement. D'être ainsi fouettée et fourrée en même temps, gamahuchée et socratisée, enconnée et engodée, suçante et sucée, de devenir ce corps accordé sur la clé "de bas de dos", un instrument percussif et percuté dont la musique variait selon la position, et ça aussi, vous en avez abusé, dodécaphonistes sur piano peau.

C'est presque irracontable. Vous avez inventé des jeux et j'ai ri entre les cris. Vous m'avez amenée du bout des doigts ou à pleine queue à la jouissance, et j'ai gémis comme on dit merci. Parfois, quand on rêve trop, la réalité est décevante. Là, c'était mieux. Différent aussi. Parce qu'en place de ma seule imagination, il y avait les deux vôtres.

Enveloppée dans une couverture, alors que je redescendais lentement sur terre pendant que vous parliez ensemble, très salon, je me suis sentie comme une enfant à qui on venait de faire faire l'avion, ce jeu qui donne bonheur et peur à la fois, ce bonheur et cette peur que je recherche et retrouve dans mon masochisme, avec la certitude que tu ne me lâcheras pas, que vous ne me lâcheriez pas.

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Manège à trois (fin du cycle)

En guise de clin d'oeil et dans des couleurs d'automne, enfin, de chromo, une image pas sage qui prouve que les pony girls and boys ont aussi commencé petits.

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La sexe trinité (2ème partie)

Les trios, je n'en connais pas. Ou de loin, par ouï dire, par lu vu. Je lis, j'entends ici et là que certains vivent un quasi-nirvana, et que tout ça est tellement plus fort à trois qu'à deux. L'homme est le plus heureux de tous, et la complicité entre les deux femmes est magique. Certaines s'appellent même soeurs. Deux soeurs qui couchent ensemble et avec le même homme, oncle Sigmund, parle-moi du symbolique.

Mon enthousiasme est malheureusement un peu tempéré, parce que le seul trio constitué que j'ai connu, un couple à quoi s'était rajoutée une collègue de bureau de madame, accessoirisée d'un minot qui avait des difficultés d'expression, ne vivait que par le discours tonitruant de l'homme, auto décrété lesbien en chef et ravi d'avoir initié cette combinaison idyllique et parfaite, où il trônait comme un coq en pâte. Peu d'années plus tard, l'épouse légitime quittait le nid, et se jetait, d'un pont, dans la Seine. Les larmes épongées, la première concubine est passée au rang d'épouse et aucune tierce personne n'a rejoint le couple. Ce qui n'a pas valeur d'exemple, juste d'anecdote. Et depuis, chez moi, ça fait filtre. Un homme et deux femmes, je vois le corps noyé gonflé cyanosé de S.
Les trios dans le monde bdsm sont légions, quasi tradition (c'est quelle page dans O déjà ?). Furieuse de petites annonces, j'écume, comme on va visiter un supermarché dès qu'on arrive dans un pays étranger, la socio au ras du trottoir, les p.a. sur les sites de chat et de rencontres BDSM (je retrouve d'ailleurs les mêmes partout, certains fainéants, non, je ne donnerai pas de nom, passant d'un site à l'autre en y allant du bon copier/coller des familles). J'y vois des couples frais émoulus, le ciment pas sec, qui viennent à peine de se trouver et pas encore de se découvrir, en chercher une troisième, quête urgente souvent ainsi explicitée "pour le grand côté bi de madame". Je me demande si, à l'image de mon trio, les dames en questions avaient un côté (même micro) bi avant de rencontrer celui qui avait follement envie de voir deux garces se gougnotter, et si cela pouvait se faire sous son fouet, alors encore mieux, double bonus et extra ball. D'autres fois, c'est la soumise qui aurait envie de s'exercer à la domination (pour faire comme papa ?), donc de la même manière qu'on adopte un chat pour désennuyer son chien, ou des poissons rouges pour amuser son chat, le maître dans sa grande mansuétude offre une soumise à sa soumise. L'idée étant que bien sûr, les deux cochonnes sauront s'occuper consciencieusement du verrat (par exemple l'une sert de repose-pieds et l'autre un cocktail avec un petit parasol dedans, une certaine idée du bonheur et d'IKEA réunis).

On assistera éventuellement à un très signifiant glissement sémantique. La première concubine, ou l'épouse, est l'esclave. Titre honorifique. Elle mange assise et on lui fait l'amour. La concubine en second, il ne s'agit pas de froisser les sentiments de la plus ancienne, est la chienne (passés quarante ans, les couples ainsi constitués cherchent une "jeune chienne"). Qui bouffe dans la gamelle et se prend un gode dans le cul les jours fastes, mais pas de boules Quiès dans les oreilles quand les patrons escaladent bruyamment l'escalier qui mène au 7ème ciel. Cette option séduira ceux que la version sœusœur et l'inceste latent ne tente pas.
La dernière venue tiendra son rang comme dans toute entité polygame, trois pas derrière, 2ème classe, partira en vacances avec le Club Med ou Framtours, et s'en retournera, du foutre encore entre les dents, dormir chez elle.

Rue Bricabrac, bdsm, trio
© Rosalie O'Connor

Nos nanomaîtres envoient souvent leur soumise chercher la nouvelle proie. Certaines dès lors prennent leurs cliques, leur laissent les claques, et claquent la lourde. Le nanomaître ira s'en chercher une toute neuve tout seul, faut trimer bonhomme, avec qui il réitérera, mot pour mot, geste pour geste ce qu'il a fait et ce qu'il n'a pas eu le temps de faire avec la précédente. Da capo. On finira bien par se retrouver à la coda.
Un jour, une soumise A qui flairait l'embrouille chez son cher et dur, prend un pseudo B de secours et d'observation. Ca ne traîne pas, elle se fait accoster par une naïve novice C qui lui transmet les désirs d'extension du domaine de la domination de son propriétaire. Lequel est par ailleurs celui de soumise A, qui se pensait la seule, et qui a eu le nez creux en empruntant un pseudo B.

De cette géométrie, triangle équilatéral ou isocèle, de cette algèbre, quand ça pousse à l'exponentielle avec constitution de haras, je ne sais que penser. Est-ce désiré à 100% ? Est-ce de peur de tout perdre ? (Le coup du "elle ou moi", c'est comme rouge ou noir, pile ou face, ou pair et impair, tu as 50% de chances de rafler le tapis, et autant d'y laisser ta chemise.) Est-ce une manière d'échapper à l'aspect pathétiquement petit-bourgeois de l'adultère pour prétendre arpenter le terrain de la transgression dans le train triolisme. Pourquoi en tous cas tant de précipitation à en chercher une troisième ? L'homme (et on a vu dans le texte précédent et dans les commentaires que lorsqu'il est dans une frange dite sm, la compilation de partenaires lui est facile) veut-il coûte que coûte collectionner ? La femme nous fait-elle une variation du syndrome de Stockholm, il a tout bon mon bourreau ? La femme, soumise ou maso, permet-elle mieux qu'une légitime vanille, cette surenchère ? En tous cas, le sm, plus encore que le libertinage (dans son acception la plus moderne et la plus triviale, plus proche de la boîte à touze que de Casanova aux plombs), ne saurait-il se conjuguer que pluriel, pour éviter un attachement qui s'avérerait catastrophique.
Nous avons toutes, tous, connu des soumises détruites par une rupture. Le lien (ni maire ni abbé, vous avez raison, Absolue si vous me permettez ce diminutif raccourci) est tellement plus fort dans un rapport sm, bdsm, D/s, quelque soit la graphie et la nuance, qu'on perd plus de plumes - parce qu'on donne plus de panache ? - quand on largue ou est larguée. Alors, qui sait si les hommes, plus pragmatiques, plus animalement polygames au sens où l'homme peut engrosser cinq femmes en même temps, tandis qu'au contraire des chattes, une femme, même chienne, ne saurait porter les fruits de cinq saillies, ne se prémunissent pas de la perte d'une possible aimée en diluant leur affection (oeufs, paniers, tout ça...).
Maintenant, je serais eux (ce qu'avec bonheur je ne suis pas), je me méfierais. Parce que deux femmes, bien unies, le jour où elles décident de lui démonter la tête, maître, dom, marquis, DAF ou Sévère, ça risque de ventiler façon puzzle.

Selon les personnalités, les sentiments se placent quelque part sur la portée. Encore heureux.

(Pour les mal comprenants qui confondent opinion et jugement, questionnement et sentence, je n'ai aucune religion en la matière, bien au contraire, mes aventures avec P(an) et P(an) en sont la preuve. À cela près que nous ne cherchons pas de grand appartement bien insonorisé avec poutres apparentes et sans vis à vis, que P(an) accepte de ne faire que passer, pour le plaisir, tandis que P(an) trouve son grain à moudre dans mon fantasme.)

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La sexe trinité (1ère partie)

Les hommes mariés ont longtemps été ma spécialité. (Et la femme célibataire sans doute la leur... alors que franchement, les mariés en goguette devraient s'endogamer). Au bout d'un moment, c'est si compulsif, on ne se dit plus que c'est la faute à pas de chance, mais que c'est une volonté délibérée (divan, mon beau divan, dis-moi qui est la plus névrosée). Et que c'est fini nini. Pourtant, ça recommence, une autre sorte de manège à trois. Le tableau n'est pas noir. Certains m'ont aimée. J'ai aimé follement ceux qui ne m'aimaient pas, et je les ai quittés pour cela, assez vite en général.

Mais la question n'est pas là. Juste un prologue pour poser le tableau et la partialité de la peintre en l'espèce. La question, c'est combien on est quand on est avec un homme marié. Dans le cas où il n'y pas partie carrée, je dis qu'on est trois. Lui, moi et la sainte épouse. Vanille en général. Pas au courant (qu'ils croient, trop trognon). Ou alors, lui passant ces foucades, qu'il aille fouetter ses chattes, du moment qu'il rentre à la maison et reste sentimentalement fidèle, ça va (ce en quoi elles ont raison, les légitimes, la fidélité physique, surtout sur le moyen et long terme, est un leurre. Ou alors, il faut fréquenter chaque semaine les fidèles anonymes : "Bonjour, je m'appelle Simon et je n'ai pas découché depuis 2685 jours" "Bonjour, Simon !", répond le chœur.) Donc, rien à redire à ce qu'ils aillent satisfaire leurs pulsions. C'est sûrement nécessaire à une vie équilibrée. Comme aller à la piscine trois fois par semaine ou se remettre au point de croix. Chacun fait fait fait... Dans les années 80, les annonces du NouvelObs étaient truffées de "marié mais libre". Ce qui faisait un équilibre avec les célibataires mais occupés.

Dix ans auparavant, j'ai fait la connaissance (je ne me souviens plus dans quelles circonstances exactes, j'espère que j'étais droguée, mais en y repensant, y a une nauséabonde odeur de crapoteux qui remonte) de la femme de Maître Stéphane qui s'appelait Franck (Stéphane, pas sa femme, je ne sais plus son nom à elle, encore une femme de Loth). C'était une petite dame anachronique (j'avais 20 ans insolents, Franck 40 alopéciques et Madame Franck 50 en twin set acrylique, 50 ! l'âge que j'ai maintenant, qui sait si dans Paris, il n'y a pas une pépette piercée de partout qui me trouve "petite dame anachronique"...), les cheveux teints et mis en plis, assise genoux serrés sur un canapé en velours frappé (y avait que lui de frappé dans cette maison), le téléphone sous une housse genre velours martelé aussi, couleur bronze, l'accessoire moche tendance de l'époque, le must des intérieurs bourgeois. On avait beau être aux Halles, on était loin du donjon ! C'est tout juste si on n'a pas pris le thé ensemble. Un jour, après que Maître Machin m'a exhibée dans une gargotte à cet effet, et que seule chez moi mes nerfs ont lâché, j'ai appelé chez lui (sur le téléphone houssé), c'est madame qui a répondu, elle a été compassionnelle au possible, maternelle comme tout et m'a suggéré de prendre un calmant. Tout ça était tellement surréaliste que je n'ai pas cherché à comprendre comment ces gens fonctionnaient, le prenant juste comme acquis. Elle était au parfum et, soit se résignait, soit s'en foutait comme de l'an quarante. Franck fouettait à temps plein, ou tout comme, n'ayant d'autre activité que d'écrire des livres illustrés de jeunes femmes en culottes Petit Bateau jamais publiés. Elle avait donc le nerf de la guerre, lui laissant le nerf de boeuf, à condition qu'il ne s'en serve pas sur elle. C'était un couple, pour la vie. Aujourd'hui, si ça se trouve, ils sont toujours ensemble, ils font tombe commune. Ou ne tarderont pas. La vérité est peut-être de leur côté, une vérité qui m'échappe, dans ma soif d'absolu, mais une vérité. Les à-côtés, c'est la marge grâce à quoi la feuille existe.

Rue Bricabrac, bdsm, trio
© Rosalie O'Connor

Aujourd'hui, au hasard d'annonces sm, on trouve des "marié mais sincère". Le sincère n'est pas libre, mais il peut dégager quelques heures, on n'a pas besoin de plus. Viens, poulette, on va se payer une tranche horaire !
Sincère. Pourquoi ce mot, dans ce contexte, me donne de l'urticaire ? Sincère avec qui ? Avec la femme ? Avec la maîtresse ? Avec les deux (ou les trois, ou les quatre, héhé, ne négligeons pas les grands nombres) ? Pourtant, n'y a-t-il pas mensonge quelque part ? Mensonge chez celle qui pense s'en foutre (mon amie Anne-Marie, à qui je me plaignais que l'horizon d'un lit, fut-il queen size, finissait par être un peu bouché et que tout ça manquait singulièrement de conversations, de temps perdu, de petits riens banaux me disait "pour discuter, tu as les amies"). Mensonge chez l'épouse qui fait semblant de ne rien savoir (alors qu'à moins d'être très occupées - mais sincères - avec les enfants et/ou les amants, elles sont au courant dès avant le premier rapport, j'en suis sûre). Mensonge, mensongeS, chez l'homme qui rentre du boulot à deux heures du mat' fleurant bon le savon frais (il doit y avoir des sites web entiers d'excuses toutes faites et tout terrain pour ceux-ci, depuis le coup de la panne jusqu'à celui du nouveau des fusions-acquisitions qui ne comprend rien à rien et qui n'avait rien de prêt pour le séminaire de demain).

J'ai voulu demander à deux hommes que je connais, qui ne font pas mystère de leur mariage et de leur volage, ce qu'ils pensaient de cette sexe trinité. Le premier a botté en touche, ayant de toute évidence du mal à penser avec sa bite (il est vrai que même non circoncise, elle n'est pas équipée pour la philosophie), le deuxième s'est fermé comme un huître une fois lâché qu'il venait de se faire gauler par sa femme, sa maîtresse actuelle consentant à me dire en substance "je respecte qu'il aime sa femme, c'est la femme de sa vie".
Ce qui ne m'avance guère. L'inconscient de l'autre étant infiniment plus compliqué et long à ouvrir qu'une boîte de thon au naturel, je reviens à la case départ, celle des supputations hamstériques.

Peut-être que chez l'amant sm/mari vanille, le bdsm, ça ne compte pas. C'est comme sucer aux Amériques. D'ailleurs, certains refusent le sexe (ha bon, et c'est quoi alors, ce qu'il reste ? du poulet ? de la tarte aux pommes ?), d'entrée de jeu, ainsi, ils sont dédouannés. Je bande, mais je ne jouis pas. Ou alors, façon Onan, un peu plus tard. Ou je fais profiter ma dame de ce trop plein de bonne humeur. La backstreet, elle, compte alors pour du beurre, comme disent les enfants. (La sincérité susmentionnée consistant à ne pas faire de serments ni à glisser son alliance dans sa poche.) Dans ce cas de figure, on en serait toujours à deux, elle et lui, la deuxième bureau n'étant qu'un épigone fantasmé d'une épouse qui se régalerait de jeux moins planplans.

D'ailleurs, si nous sommes trois quand nous sommes tous les deux, sont-ils pareillement trois quand ils sont tous les deux ? Je persiste. Je n'ai jamais réussi, avec les hommes mariés, même si mes rapports avec eux jouaient une musique très différente de celle du conjugo, à oublier que cette queue qui me remplissait, cette main qui me frappait mais me caressait tout autant, allaient, quelques heures plus tard (ou venaient de quelques heures plus tôt) fourrer un autre con, jouer du piano sur une autre peau. Cette langue dans ma bouche, ces dents sur mon téton, salivent les sucs d'une autre. Et je l'avoue, ça m'ennuie. Mais quand, encore imprégnés de moi, de mes humeurs, mes cris en écho résonnant toujours dans leurs oreilles, le souvenir bouillant de mes fesses tendues qui caressent leur sexe, ils se glissent entre les draps approuvés par le maire, ne suis-je pas la virtuelle porteuse de chandelle (celle-là même qui a suinté sur mes seins) entre les appliques de part et d'autre du lit marital ? Et elle, l'alliée, qui porte son nom et a porté ses enfants, sent-elle contre sa chair ma présence comme moi je sens la sienne ? Est-ce qu'un jour, elle lui demandera de la battre (serre les dents, camarade, et pense à l'Angleterre !) pour le satisfaire pleinement comme moi je pleure de n'être pas l'aimée ?

Alors, deux ou trois ?

(Le mot marié est utilisé par commodité. Collé, pascé, bagué, fiancé conviennent tout aussi bien et peuvent s'y substituer.)

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