Rue Bricabrac

Histoire d'O...mbre (XXXB radote)

Rue Bricabrac, bdsm, XXXB

Il a donc des yeux et un sourire. Mais pas de langue ni de sexe. Il n'est plus tout à fait un spectre, il est un qui fait que de rien elle devient deux, et sans lui, Paris est comme dans une chanson de Piaf.

Question de cours : quelle est la différence entre un message en morse et un appel ? Le morse n'appelle pas, l'appel ne mord pas (ah non, ça c'est son répondeur qui n'est pas denté), l'appel est un long trait de silence, le morse module un message que savent décoder les télégraphistes ?

(Pour ceux qui se demanderaient de quoi il s'agit, cliquer sur XXXB dans le nuage de tags à droite et toute l'histoire défilera.)

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Fait divers et de rentrée

"Je ne l'ai jamais appelé maître.Ce n'était pas mon maître. J'étais aussi forte que lui. Symboliquement, il m'a portée à bout de bras, tout en me foulant aux pieds. Mais ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il était tombé sur la mauvaise personne"

Elle a vécu dans une oubliette de 6m2

Il lui aurait demandé de l'appeler Maître

Elle faisait son ménage

Il la nourrissait de pain et de bonbons

Elle pèse 40 kilos pour 1m60

Quand elle s'est enfuie, il s'est suicidé

Quand elle a appris sa mort, elle a pleuré

Ce ne sont pas les derniers bruits de couloirs d'un club ou d'un tchatte D/s.
Ce sont des faits. Divers. Autrichiens.
Ca n'a rien à voir avec le sm.
Il faudra du temps et de la psychologie pour dire avec quoi ça a à voir. (Et pour démêler les fils.)
Mais entendu comme ça, au vol des infos à la radio, lu en diagonale d'un journal posé près de la tasse de thé, juste quelques éléments bruts, dénotés, ça ne peut que m'interroger, moi qui côtoie des hommes qui ont envie de façonner des jeunes femmes et des femmes qui parlent d'esclavage et de cage, moi qui joue à l'enfant avec des hommes qui cherchent une cave.

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Envie d'été et d'être (Narcisso Summer Show the end)

Rue Bricabrac, bdsm, été, chaleur
photo Jim Duvall

Que chaque pouce de ma peau soit comme une corde, pincée ou frappée. Que chacune de ces petites parcelles sensibles soit sonore. Musique des soupirs ou des points d'orgues, des cris et des râles. Au musicien d'écrire sa partition sur ma chair. A moi de la servir sans fausse note. Je veux solfier tes tourments, chanter tes tortures a carnella.
Joue-moi, s'il te plaît !

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Le grand bluff de l'été

Rue Bricabrac, bdsm, pipeau, moquerie
Photo Daffodil

BàB : Dites-moi, quinze jours après, j'en reprends à peine mon souffle. A défaut d'avoir été chaud, août a été drôle. Quelle rigolade tout de même, et à épisodes !

Dame : Un rien nous amuse ! MaîtreDAF et MaîtreTBM en vacances, nous n'avons pas eu beaucoup à chercher pour tomber sur le premier couillon de service.. Qu'est-ce que nous sommes moqueuses tout de même...

MélieMélo : C'est cela les vacances, l'été foisonne de pauvres maîtraillons à la petite semelle qui s'ennuient et souillent les forums, d'autres ont l'ennui chronique et s'inventent toute une vie. Ce qui nous a donné, j'avoue, des occasions de fous rires inextinguibles.

BàB : Et forcément, de bloguer en triplette... Alors, pour clore notre supercherie, voici quelques verres à l'adresse de notre mirliton.

Maître Corniaud sur un blog perché
Tenait en son bec un pipeau
Dans quoi il soufflait fort et haut
Ses louanges en mode auto et ego

Maître Mallec, un soumis en vérité
Mais doté d'une trique affûtée
Aussi belle que son savoir informatique
Lui tint à peu près ce bolobolo fantastique

Maître Corniaud, comme votre pipeau
Me semble gros
Mais voyez mon flûtiau
S'il n'est pas encore plus beau

Maître Corniaud
Pas malin, et juste idiot
Se soumit au langage
Et à la lance d'arrosage

Tout petit tout raccorni
Tout riquiqui
Il avoua sa bêtise
Sans même y voir l'énormité de sa sottise

Une poulette de passage
Lui susurra à son tour un doux ramage
Et au fossé tomba encore plus bas notre Corniaud
Qui lui dit n'avoir d'amour que celui des mots

Moralité :
Les mots, qui eux ne se payent pas de mots
Le rendent bien mal à Maître Corniaud
Lequel gagna un sobriquet en cet été
"Un mètre debout, deux centimètres couché"

Mais pour dauber le bouffon au pet trop haut, faire presque pipi de rire avec les copines complices, on n'en est pas moins tendre. Je garderai de cet été la mémoire des rendez-vous manqués avec O., des sushis réussis avec O., de l'émerveillement devant les machines extraordinaires avec L. et K., des conseils plomberie de C., toutes ces petites choses quotidiennes et conviviales partagées avec certains de ceux que j'ai croisés sur des tchattes bdsm et avec qui j'ai décidé de faire l'amitié.
Et aussi, last but not least, les coups de fils quotidiens de dominamant, sa belle complicité à distance qui m'ont adouci ces trois semaines sans soleil et sans ses yeux.

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Mardi, c'est sodomie

Rue Bricabrac, bdsm, Toni Bentley, sodomie

Une heure après qu'il est parti, elle prenait des notes. Elle a finalement écrit un livre qu'elle a conseillé à ses parents de ne pas lire. Il, c'est A-Man, un homme un vrai, ça veut dire. Il téléphonait une heure avant d'arriver. Elle achevait sa toilette intensive, préparait la pommade. Ils allaient dans la chambre, pièce du rituel. Elle offrait son cul. Il s'en allait. Une heure après, elle écrivait. «Ma reddition», dit-elle.

Ainsi commence le portrait de Toni Bentley, dans la série "Bêtes de sexe" de cette semaine, en dernière page de Libé. (Que l'on peut lire en ligne pendant encore une semaine)

Je repense, en lisant cette page, à H., qui ne m'a jamais baisée. J'avais refusé son gode, même muni d'un préservatif, il croyait que ma réluctance venait d'un souci viral, alors que je n'aurais su le laisser faire ma connaissance avec un morceau de plastique plutôt qu'un membre de chair, un beau sexe qui avait l'élégance d'être circoncis et d'un joli rose poudre.

Alors, H. militait pour l'enculade, apparemment, si mon vagin ne convenait pas à recevoir ses péniennes pénétrances (parce que les doigts, il ne s'en privait pas, musant en moi comme dans un pot de confiture), mon cul (de soumise) pouvait faire l'affaire.

Comme je n'aime pas les affaires, les petits trafics, j'ai prétexté quelque vieille blessure (authentique) et total trauma (exagéré à frôler le mensonge) pour lui refuser cette porte de sortie. Je ne sais pas pourquoi j'ai mis tant d'ardeur à défendre ainsi ce lieu sans fond qui n'avait rien d'un bastion, et depuis longtemps. Je n'ai jamais eu de forteresse entre les fesses. Un sale petit comportement à la donnant-donnant, ou plutôt pas pris-pas pris.

Le jour (c'est à dire deux ou trois jours après ce soir-là) où il m'a signifié qu'il n'avait plus envie de moi, je me suis fait enculer deux fois. Par deux hommes différents (pas simultanément, faut pas pousser la double pén' dans les orties). Ce n'est sans doute ni intelligent ni intéressant, mais ça s'est passé ainsi. Ces coups de queues étaient ma minable vengeance. Quelque chose d'un peu nul et d'assez plaisant, un peu à la manière de ces paysans français pendant la guerre qui, dit-on, vidaient leurs bouteilles, accompagnant la dernière lampée de chaque d'un "encore une que les boches n'auront pas !"

Ensuite, j'ai entrepris de retrouver cette féminité dont j'ai enfin compris qu'il avait, avec mon consentement... que n'aurais-je fait pour avoir son fouet, amputée.

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Envie d'été et d'être (Narcisso Summer Show part thirteen)

Rue Bricabrac, bdsm, été, chaleur
photo Strahdlet

J'ai déjà décliné mon amour des liens, et ma répulsion pour les menottes. Question d'attachement et de connotation, tentative de réconciliation des deux.
Pourtant, il y a quelque chose que j'aime, je l'avoue, dans les menottes, outre la glace de l'acier et ce que ce froid me raconte de l'implacabilité.
C'est le clic, ou le clac, le cran qui cherre, le mécanisme qui s'enclenche. Ce clic, ou ce clac, net, précis, comme le mot fin, comme un niet sonore. Un son bref qui passe le mur, comme un coup de feu, comme la mèche d'un fouet.
Au théâtre, il y a les trois coups. J'en réclame bien plus, mais pour donner le signal de l'ouverture des hostilités, je pourrais me contenter des deux clic, ou des clac, d'une paire de menottes.
Le verrou tombe, le rideau se lève, et ma robe aussi.

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Montres émoi

J'ai beau savoir que cet automne, la tendance est aux montres XXXL, j'ai peine à croire qu'en jetant sur le marché ce modèle destiné aux femmes (kitschissime, la moumoute et les cristaux Swarovski), Tommy Hilfiger n'ait pas pensé à des menottes. Et à rien d'autre.

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Au moins, la collection moche de Nike ne biaise pas et se nomme Cuff (alors que Tennis semblait tout approprié).

Rue Bricabrac, bdsm, montres, fetish

Mais je m'en fiche, fourrure ou éponge me laissent de pierre, je préfère comme d'habitude, les montres Calvin Klein. La toute nouvelle, entre donjon et cyber, glace le poignet.

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Envie d'été et d'être (Narcisso Summer Show part twelve)

Rue Bricabrac, bdsm, été, chaleur
photo Schrammphotography

Revenir en arrière, à hier, non, avant-hier, jadis encore plus que naguère. Pas pour la jeunesse et sa beauté du diable, pas pour refaire l'histoire, non, pour retrouver la timidité d'antan.
J'ai toujours vu clair en moi, mes penchants, mes pulsions. Je ne les ai jamais niées, je n'en ai jamais tiré aucune fierté, j'en ai juste fait mes alliées.
Mais il fut un temps où je n'osais dire mes désirs, nommer mes plaisirs, même en complice compagnie, où mes fantasmes étaient peuplés d'obligation de me découvrir, d'avouer, de cracher le morceau dans un cri s'il le fallait. Je m'enivrais de mots aussi simples que fessée ou cravache, je défaillais quand je voyais un homme retrousser ses manches (d'où mon goût pour les boutons de manchettes et leur cliquetis ténu), je faisais une symphonie de la musique d'une ceinture brûlant ses passants.
Pourtant, jamais je n'aurais su demander "frappe-moi". Dans les labyrinthes compliqués de mes scénars entre scène et sm, se cachaient derrière chaque haie un magnétophone qui avait enregistré mes pensées, le fouet de celui qui me ferait enfin hurler "oui, encore". Je savais dire "je t'aime" mais pas "j'aime ça".
Moi qui parlais tant, si facilement, je ne savais pas déclarer mes desiderata. Ma pensée était preste, leste et vagabonde, ma parole était pieds et poings liés et éros bâillonné. Et je pouvais imaginer mille jeux conduisant, de la manière ferme et forte, à l'aveu cuisant. Etre obligée de dire. Extorquer chaque syllabe, impitoyablement. Ne pas se satisfaire d'un babil.

Aujourd'hui, je sais, nue et marquée, regarder un homme droit dans les yeux, lui tendre la cravache, aller acheter des fouets, quémander la sentence, manifester mon approbation.
Je pourrais faire semblant, jouer à la pudique précieuse, rougir avant qu'on ne me touche, baisser les yeux et la voix, murmurer des borborygmes avec une peine feinte. Ca n'amuserait personne. Surtout pas moi. Si j'aime les masques, la mascarade m'insupporte.

Alors, je fantasme ce jour sur le temps d'avant, celui où il était plus facile d'être fouettée que de prononcer ce mot précis, celui où mes envies étaient bridées par le vocabulaire, celui des mille et une manières espérées de trouver mon maître des mots. J'aimais ce trouble merveilleux, ce délicieux vertige, ce combat entre la honte et l'envie, cette soumission au verbe, ce plaisir de la honte bue, cette légèreté d'après la confidence. Peccavi, confesseur, drôle de lexique.

Cela n'a rien à voir avec des tabous, ni des barrières à placer de plus en plus haut. C'est une forme d'innocence. L'innocence, ça ne sert qu'une fois. Alors, bien sûr, on trouve d'autres premières fois.
Mais j'ai tant aimé celle-là que je l'aurais voulue perpétuelle.

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Jawohl, mein Herrin !

Rue Bricabrac, bdsm, usb, domina

Spéciale dédicace à Dame et Sophie, deux dominas dont je sais qu'elles hantent ces lieux (depuis que je fais boudoir avec Punitions à volonté, évidemment, ça attire le chaland par millions, d'ailleurs, va falloir que je pense à un logo, deux B liés par un à, genre bête à quatre dos, dommage que je ne sois pas graphiste). Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, à nos maîtresses furieusement high tech.

Elle va faire fureur, elle vient de sortir en Allemagne, fruit des efforts conjoints d'une société informatique et d'un marchand de sacs à main qui passe du veau à l'hevéa. Elle, c'est la clé USB dominette en latex, avec seins façon Gaultier. "La maîtresse des bits et des bytes" (Die Herrin der bits und bites en VO teutonne), qu'elle s'appelle. Dompter les bites, un rêve de domigeekette ? (Tout de même, faudrait voir à lui augmenter la profondeur de bonnet, parce que la petite chérie ne dépasse pas les 256 Mo, mais sur la wishlist quand même).

Au moment de poster, je vois que l'un de mes blogs préférés vient de publier la même nouvelle, moi qui me croyait originale...

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Histoire d'O...mbre (... --- ...)

XXXB nous refait le coup du morse, qui lui avait déjà servi deux ou trois fois. Du coup, son ours devient un morse. Après l'avoir entendu en taaaaa taaaaa taaaa, elle espère le voir sans tics. C'est une poète (qui sait, une cliente de Monsieur Pascal, de chez C&C, dont tous les "clients sont des poètes"). Parfois, quand les gifles arrières en rafales de dominamant claquent avec des bruits clairs d'eau de mer, je le traite d'otarie, et dans ma tête une vieille chanson de Beau Dommage égrène ses notes nostalgiques. Mais je ne suis pas poète, et quand j'entends la tonalité des raccrochés sur mon répondeur (ce que je n'entends plus depuis longtemps, depuis la modernisation de ceux-ci), je m'énerve plus façon acouphène que je n'allégorise sur la signification de ces longs traits aigus.

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Mais il ressort de ces mots répétés compulsivement qu'elle le voit. Parfois. Et ces annonces, de mois en mois, méticuleuses, datées, tracées, dressent le portrait en creux d'une relation en pointillé. Ce qui pourrait faire l'objet d'un joli récit, ces moments où nous ne sommes pas ensemble, histoire de changer de tous ces romans ne narrant que les moments forts, au lecteur de se faire ainsi une idée de la relation en remplissant les vides à sa guise. Ca peut être très beau, l'écriture en creux. Mais après deux ou trois ans de scrutation maniaque des petites annonces, je n'arrive pas à imaginer une quelconque relation. Ni un geste ou une proposition artistique (exit donc l'hypothèse Sophie Calle, en quête elle aussi, mais d'un commissaire pour son expo à la prochaine biennale de Venise). Même pas du morse, ou quelqu'autre animal. Juste un vide artificiel. L'essence du masochisme peut-être. (On y revient.)

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Envie d'été et d'être (Narcisso Summer Show part eleven)

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photo Disthymya

Toujours la poupée. Encore l'appartenance. Le corps morcelé qui pointe à nouveau le bout de son nez. Ma règle de trois (et plus si affinités).
Cassée en quatre pour mieux, après, me retrouver. La douleur comme un ciment réunificateur. A chacun sa partie, peu m'importe. Il y a un fil rouge. Ou bleu.

(Ma peur de masochiste, c'est d'en découvrir les clés. Il y a des mois, je lisais un texte court d'une jeune femme soumise. Lapsus occulaire. J'ai lu "j'expiais". Elle disait "j'expirais". Je lisais il y a quelques jours un récit d'une autre femme soumise. Elle disait bel et bien "j'expiais", expliquant comment elle se servait de la main d'un homme qu'elle n'aimait pas pour la délivrer des indélicatesses - ai-je entendu péché ? - de sa vie quotidienne. Je n'aimerais pas être dans la culpabilité. Mais je veux bien admettre l'angoisse.)

Il y a donc des morceaux de moi qui sont à disposition. Je suis l'alouette, bec cloué, presque plumée, en attente des coups de bâton. Ne me ménagez pas, mangez-moi, quel manège. Je n'ai plus besoin d'être attachée. (C'est trop facile d'être attachée, c'est confortable, on a tout loisir de se regarder subir. Mais c'est si délicieux.) Je suis détachée, dans tous les sens du terme. Détachée de moi surtout. C'est l'usage qu'on fera de moi qui me réunifira, qui rendra un ce corps aux quatre coins.

Dans la boîte d'un magicien, sans trucage, sans épée. Quatre séquences. Pour ne faire qu'une, sans illusion.

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Envie d'été et d'être (Narcisso Summer Show part ten)

Rue Bricabrac, bdsm, été, chaleur

La fessée, ce n'est pas son but premier. Ni dernier. La machine sert à applaudir. Mais comme j'ai la vue basse et le fantasme haut, à peine aperçue cette vingtaine de mains gantées de cuir blanc, animées par des ressorts qui m'échappaient, j'ai pensé à une formidable machine à fesser, qui n'aurait de sens que si derrière le guidon du vélo il y avait un homme que j'aurais choisi, et non pas comme instrument mécanique de plaisir solitaire.
Il suffirait d'enlever les aimants, de placer les manches autrement, de bidouiller les bitoniaux, de...
Je n'y connais rien en vérité. J'ai passé un moment formidable et drôle sous la nef du Grand-Palais devant les machines du Grand Répertoire (dont une à soulever les jupes, une autre à jouer du djembé en roue...) dont beaucoup devaient tout à la troupe, ingénieux ingénieurs inclus, du Royal de Luxe.

Vingt mains, je rêve... Si seulement...

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Le jour de l'Inuit

Il paraît que la mode est aux interviews sm. Un tenancier de club déclare à Paris Match que ses "clients sont des poètes", l'un de ces poètes, précisément, se fait interviewer sur son blog par un journaliste japonais très connu par Reporters sans frontières et Google et néanmoins parfaitement francophone . Et pendant ce temps, trois drôles de dames dans la fraîcheur revenue se déhanchaient le cou à la recherche d'un micro. Heureusement, le réchauffement de la planète et la fonte de la banquise leur ont apporté une souriante journaliste inuit, qui une fois débarrassée des ses fourrures, a déballé son magnétophone et son ordinateur portable, dans un endroit discret et d'une belle sobriété de la proche banlieue.

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photo Wayne Hiebert

Il est onze heures. Dame, Bricabrac et Méliemélo ont accepté l'interview d'une journaliste inuit pour un journal d'Iceberg.
Nous tairons l'identité de la journaliste, afin de lui éviter des représailles, en raison des risques d'avalanches ou de fonte d'igloos pour peu que l'interview soit trop subversive ou trop chaude.
Nous nous sommes retrouvées dans un Formule 1, mais faute de serveur, il a fallu que BàB se dévoue pour aller déglinguer une machine automatique. Un vieux paquet de chips avariées a été offert à notre Inuit pour la revigorer après un voyage fort long, surtout qu'elle est arrivée en vélo.

BàB est charmante dans.. dans heu.. comment dire...son poncho polaire et ses hauts de chausses molletonnées. Elle est confuse, elle pensait que nous étions dans un Formule I, comme igloo, alors, elle est venue en dessous, mais en dessous à manches et jambes longues en pur mérinos thermolactyl. Sinon, elle aurait porté son baby-doll d'interview (en ce moment, il y a un cycle sixties à la cinémathèque).

Méliemélo a simplement revêtu... quasi rien en fait. Elle explique qu'elle a hypothéqué ses culottes jusqu'en novembre, donc elle est en résilles et en petit pagne très court, accompagnée d'un tout petit oiseau qu'elle n'arrête pas d'appeler King Kong.

Quant à Dame, elle se met à chanter : - Avec mon tralala... mon petit tralala... ce qui m'évite d'avoir sur moi des castagnettes...

Journaliste Inuit : Très honorée. Vous êtes très discrètes mesdames. Comment se fesse ?

Méliemélo : C'est tout un art Balthazar.

Dame : se fesse-t-on déjà ?

BàB : Il se fesse qu'avant ma troisième tasse de thé, je n'existe pas. Surtout sans fessée roborative au réveil.

J.I : Dame, vous considérez-vous comme une maîtresse, une institutrice ou une dominante ?
Et vous, BàB et Méliemélo, vous considérez-vous comme des soumises, des surmises ou des tout court ?

Dame : Considérez que je suis une Déesse... Ca ira pour aujourd'hui !

Méliemélo : Je ne comprends pas la question. Dame, vous ne voulez pas remettre tout cela en ordre, je vous prête mon King Kong si vous voulez.

BàB : Tout court ? C'est un peu court. On pourrait dire masochiante de compétition, souminante avec contrition, et mille choses encore. (Il arrive ce thé ? C'est quoi ce gourbigloo ?)


(NDLR : le paquet de chips offert à la journaliste a provoqué des bugs, les miettes s'étant répandues sur le clavier de son portable et dans les rouages intimes du magnétophone. Tant bien que mal, Babel Fish fait ce qu'il peut, d'où certaines formules étranges. Normal : nous étions dans un Formule 1).


J.I : Dame,vous considérez-vous comme une sadique, et vous, BàB et Méliemélo, diriez-vous que vous êtes complètement maso ?

Méliemélo : Pas complètement, je veux dire ni con ni plètes.

Dame : Si je m'en réfère à mon philosophe préféré, le plus grand de tous les temps... je veux parler de Marcel Chombier... je serais plutôt une masochiste qui a mal tourné... de l'autre coté de la manche...

BàB : Moi aussi, je suis de l'autre côté de la Manche, il y a des fetish shop à Soho, je vous dis que ça. Ma première canne et mon premier strap viennent de là. Quant à mon masochisme, je ne vous permets pas de le traiter de replet.

J.I : Dites-moi... Depuis quand êtes-vous tombées dans la marmite du bdsm ?

Dame : On m'a poussée dans la marmite... Si je le tenais celui-là !!!

Méliemélo : Personnellement, ce n'était pas une marmite mais une falaise. Est-ce grave si ce n'est pas une marmite ?

BàB : Haaaa, c'était donc une marmite ? Quand je pense que j'ai lu tous les livres pour comprendre qui et quoi, d'angoisse en culpabilité, d'autodestruction en Oedipe mal tourné, était le responsable. Et c'était une marmite. Pourtant, je ne suis pas très bonne cuisinière. Je brûle tout. Alors le chaud aux fesses, ça vient de la marmite aussi ?

J.I : Est-ce que pour vous, le sm est un jeu, un match, un poème épique, un drame, une manière de vivre mais pas d'être, une façon d'être mais pas de
vivre, un jeu de lego, un spectacle de son et lumière, une épopée fantastique etc ?

Dame : C'est avec grand intérêt que j'ai écouté votre question... je vais tacher d'y répondre...

Méliemélo : Je me tâte. Me tâtant je me sens, me sentant je me retâte. Ca me fait du bien après une question aussi... aussi complexe. Parce que là tout à coup, je me sentais plus.

BàB : Oui. Définitivement oui.

J.I : Vous jouez la nuit, le jour, ou bien le jour et la nuit ? plutôt en été ou en hiver ? Avec quoi ou qui de préférence ?

Dame : Vous couperez au montage, c'est beaucoup trop intime... Il s'avère que je joue avec un jouet quand il me tombe dans la main... hummmm...
Voyez ma main... et mes ongles ... "Jet-Set" de l'Oréal... parce que je le vaux bien !

Méliemélo : LA jour. Et lE nuit. Les quatre saisons, j'aime assez, mais sans lardons.

BàB : Tout cela est une question d'hémisphère, finalement. Or je suis aussi méridionale que septentrionale, culinaire que poitrinaire, et les crépuscules sont aussi beaux que les aubes, mais en moins tôt. Et puis qu'importe l'heure, du moment qu'on a les heurs.

J.I : Le bdsm pour vous, c'est profond ou à la surface ?

Dame : suis-je obligée de répondre ! Ah la profondeur des sentiments dans le bdsm!! hummmm... mais je m'égare... Vous n'avez que des questions cochonnes vous !!

Méliemélo : C'est impossible de répondre. Je ne sais pas nager, si bien que lorsque j'ai un seul cheveu dans l'eau je me crois déjà en apnée. Si je dis que c'est une bande de Moebius, ça vous réconforte, dites... l'Inuit ?

BàB : Tout dépend, c'est de la physique. Une canne, une badine, une lanière fine, c'est superficiel. Un battoir, un paddle, c'est profond. Ensuite, il y a la question de la force, du FX et de MC2. Je peux demander l'avis du public ?

J.I : Avec toute l'expérience que vous avez aujourd'hui, avez-vous encore des tabloïdes ? Je voulais dire des... tablatures, des taboulés... non... des tabous pardon ... (ça c'est Babel qui débloque)

Dame : quels tabous ? c'est quoi un tabou ? Au secours Méliemélo et Bricabrac !!

Méliemélo : Vous pouvez répéter la question ?

BàB : Emballer le taboulé dans un tabloïd ? Jamais de la vie. En revanche, j'essaie de piquer un totem au Quai Branly pour mettre dans le living et m'y faire attacher. (J'ai bon ?)

J.I : Et vos préférences ?

Dame : (s'adressant à son jouet à ses pieds, qui n'a pas perdu un mot de l'interview) : Tu crois qu'on peut lui dire à ce curieux ?

Méliemélo : King Kong... tu as des préférences ? On te cause !

BàB : J'ai trouvé, c'est une chanson de Julien Clerc ! J'adore ce jeu.

J.I: Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? mais déserte hein... rien... pas un igloo, pas un crabe. Rien.

Dame : "Oui-Oui et le petit train fantôme"... J'adore les histoires qui font peur...

Méliemélo : "Les cent culottes" du Professeur Masorovitch Sadikvarius, mais dans la version symphonique.

BàB : "Maître Robinson et son valet Vendredi" ou la domination à l'usage des poissons.

J.I: Votre vie sans le sm... c'est possible ? ou c'est pas possible ?

Dame : C'est possible, si mes voisins me permettent de les fouetter...

Méliemélo : C'est surtout que je me demande comment le sm pourrait vivre sans moi.

BàB : J'essaime partout, moi. Comme la rousse.

J.I: Il paraît que dans le sm il ne faut pas de poil. Moi personnellement c'est normal, il fait froid chez moi, je dois me couvrir donc je ne me rends pas compte. Mais vous ? Vous en dites quoi ? Poil ou pas ?

Dame : Tout le monde à poil ici !

Méliemélo : Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat ! Prêtez-moi une culotte BàB !

BàB : À poils. Et avec le cul rouge. Comme les guenons. C'est ce qui plaît aux hommes, les vrais.

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Envie d'été et d'être (Narcisso Summer Show part nine)

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photo Lilloolla

Défi. Il est déconseillé de bouger. Même par réflexe. C'est le jeu du chapeau (celui repose entre les omoplates d'une fouettée à quatre pattes et qu'il ne convient pas de laisser choir) poussé à l'extrême. Pas question de frémir, même d'un soupir. Recevoir sans gémir. Avec le stoïcisme plastique d'une poupée gonflable.
Mais surtout pas gonflée.
Orifices ou or aux fesses, motte ou mains, jeux de vilain ou caresses de coquin, la chair doit faire croire qu'elle est de marbre.
Rebondir, éventuellement, sous des coups de reins ou de raquette.
Un tarif des pénalités est déjà prévu, ce qui semble inaugurer un mouvement perpétuel du bdsm. Tu me frappes. Si je bouge, tu me fouettes plus fort encore d'un éclair de singletail qui raille la peau. Si je geins, tu pinces en crabe ce bouton trop sensible. Si je jappe, tu me frappes.
Da capo.
S'émouvoir, jouir, pleurer mais sans manifestations. Intérioriser. Emprisonner les lamentos, les trémolos. Devenir un corps aux terminaisons nerveuses niées. Un paradigme de passivité.
On dirait que je dors.

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Le sm dans le Quotidien

Dans Le Monde d'hier, deux articles en page culture se téléscopent sur les mots sado-masochisme et chanteuses. L'une est une colorature vaguement nazie fraîchement morte, l'autre est une pop-idol sectarisée par la Kabale et bodybuildée de toute éternité.

Dès sa première vraie rencontre musicale avec la cantatrice (ils s'étaient en fait croisés dès 1937), lors d'une audition à Vienne, en mars 1946, Walter Legge la fait reprendre pendant plus d'une heure un lied d'Hugo Wolf, installant d'emblée l'éthique de cette relation de travail passablement sado-masochiste.

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La chorégraphie qui l'accompagne fait dans l'artillerie lourde SM, avec des hommes tenus en laisse.

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Et avant-hier, dans Libération, on apprenait les déboires de Chen Jun, entreprenant boutiquier de Shanghaï qui avait trouvé le moyen de déstresser son prochain. Les femmes pouvaient baffer de bon cœur les cobayes mis à leur disposition (120 yuans la gifle) tandis que les hommes, eux, n'avaient que le droit de les couvrir d'insultes (100 yuans les 10 minutes). Les cobayes étaient-ils des soumaso abandonnés sur le bord de la route le temps d'un été, l'histoire de ne le dit pas, elle raconte juste que les autorités ont fait fermer la chose, pour de vagues motifs relatifs à l'intégrité physique des personnes, et autre foutaises droit-de-lhommistes dont on ne savait pas la Chine friande.

Comme quoi, il n'y a pas que les fantasmes dans la vie. Il y a aussi les informations.



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
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L'oeil
Des images pas sages
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aller Si vous souhaitez m'écrire, il suffit d'ouvrir votre courrielleur préféré, et d'adresser le tout à b.ricabrac chez free, en france. (On a le brouilleur de robot qu'on peut, logiquement, les humains devraient décoder.)

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