Rue Bricabrac

Gilles et Georges

Rue Bricabrac, bdsm, masochisme, Gilles Deleuze
Klaus Kinski dans la Vénus à la Fourrure

HIER, conversation au sommet avec dame Bas Bleu (dompteuse de hérissons de son état, entre autres). Elle remet notre cher Bataille sur le tapis. À cause de moi, elle l'a relu de pied en cap sans y trouver la phrase, "je préfère être touchée que vue, et vue que parlée", que je citais il y a quelques mois. Elle recherchait le contexte, elle a fait chou blanc.

Cela dit, elle l'a relu avec plaisir, et son Prince qui était de passage en a profité.

D'où sort donc cette phrase, si ce n'est de l'œuvre de Bataille ? Je demande à M'sieur Googleman, mon fidèle secrétaire, mon indéfectible maître, mon indispensable mémoire.
Queude.
Rebelote en omettant le "je préfère".
Et là, bingo !

La pudeur n'est pas liée à un effroi biologique. Si elle l'était, elle ne se formulerait pas comme elle le fait : je redoute moins d'être touchée que vue, et vue que parlée. Que signifie alors cette conjonction de la violence et de la sexualité dans un langage aussi abondant, aussi provocant que celui de Sade ou de Masoch ? Comment rendre compte de cette violence qui parle d'érotisme ? Georges Bataille, dans un texte qui aurait dû frapper de nullité toutes les discussions sur les rapports du nazisme avec la littérature de Sade, explique que le langage de Sade est paradoxal parce qu'il est essentiellement celui d'une victime.

Il s'agit de Deleuze, dans les premières lignes de son Introduction à Sacher-Masoch, parlant de l'algolagnie, puis se référant à Bataille. Et mon neurone ne s'est souvenu que de Georges, oubliant de rendre à Gilles ce qui lui appartenait.

J'aime que l'algo soit lagnie et pas seulement philie. Car si j'aime la douleur, c'est quand elle est voluptueuse. Inutile de penser me faire prendre mon pied en marchant dessus. Ni en visant mon tendon d'Achille à l'heure du backlash.
Et là, je languis de l'algie.



Un porno pour deux

COMME tu en es friand, et que je ne suis pas abonnée aux bons tuyaux, je t'avais proposé de regarder ensemble un porno SM.
Sans t'en dire plus, sans t'expliquer mon idée, pour ne pas t'effaroucher.

Rue Bricabrac, bdsm, films, porno

Je ne suis pas, comme beaucoup de femmes, attirée par les films X. J'en ai vu des mythiques, à la grande époque, avant même la loi de 76. J'en ai croisé, furtivement, le samedi soir sur Canal. Je n'en cherche pas sur Internet, je n'achète pas de DVD. H*** m'avait en son temps apporté une de ces VHS compil d'amateurs qui se vendaient alors sous le manteau du manteau même, à demander gentiment au caissier du sex-shop et qui sont aujourd'hui terriblement populaire sous le nom de gonzo. (H*** n'aimait pas plus les films mis en scène et joués que les accessoires qu'il ne fabriquait pas lui-même.)
L'image était pourrie, mais pas autant que le son, ça doit faire partie du plaisir, so snuff, un homme à l'érection molle fouettait sa femme indifférente accrochée aux patères du vestibule. Avance rapide. Une autre femme, les poignets arrimés aux chevilles, elles-mêmes maintenues par un écarteur présentait son cul à la cravache stridente de son mari qui la marquait avec un entrain vigoureux. Malgré le noir et blanc pisseux, on voyait la couleur et le relief. Entre les cris et les sifflements, on entendait un bébé chialer dans la pièce à côté.
Stop. Eject. Plus envie de jouer. Malaise.

Alors, quand tu m'as avoué être grand consommateur de porno, j'ai pensé qu'avec toi je pourrais réaliser ce que le bébé avait empêché. Non point discuter de la valeur d'un plan, de la justesse d'une image, de la profondeur du champ ou de la morale d'un travelling, mais mimer ensemble, autant que possible, ce qui se passait sur l'écran.
Une sorte de karaoké très sexe, très sm, très synchronisé. Des figures imposées, et ainsi, ton imposition des mains, presque naturellement, en riant un peu aussi.
Comme un jeu.
Car tout cela est jeu.

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Histoire d'O...mbre (Tiens, voilà du boudin !)

Rue Bricabrac, bdsm, XXXB

DU haut de ses pyramides, la légende des siècles et des petites annonces ne voit pas la petite scribe qui jette ses tablettes à la mer, l'une après l'autre, en comptant les signaux de fumée.

Bouder. Quelle volupté dont rêvent toutes les ados qui regardent leur téléphone en chien de faïence. Avoir le pouvoir de ne pas décrocher. C'est à dire être désirée.
Pas de désir, pas de boudin.
Quand on aime, on a toujours 12 ans.

Heureusement, il reste le chocolat.
Et les bras.

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La gourmandise est un joli défaut

Rue Bricabrac, bdsm, fessée
photo Red Charls

LA première mi-temps était terminée. La seconde ne commencerait pas avant que nous n'ayons dîné.
J'étais étourdie de trop d'euphorie, engourdie de trop de folies.
Tandis que je m'habillais, chaque pas me rappelait à quel point il avait été très exactement dur, tellement méticuleusement dur que c'en aurait été effrayant si cela ne me faisait pas jouir au point que je ne puisse penser à autre chose qu'à recommencer.

Justement, j'y pensais.
Comme si je ne pouvais pas attendre deux heures avant qu'il ne torture ma chair meurtrie. Alors, je me suis rapprochée de lui, la main sur l'ourlet de ma jupe, l'autre sur son épaule, et ma bouche à son oreille, j'ai réclamé à mi-voix une fessée, juste une fessée, sur ses genoux, à main nue.
One for the road, please.

L'air amusé, il a accepté sans mégoter, à peine un sourcil levé.

Jupe remontée, culotte baissée, le front sur son mollet, l'escarpin arrimé, je savourais l'inconfortable position.

Le premier coup s'est chargé de me rappeler que j'avais été totalement déraisonnable. J'étais déjà très cuite, sensible comme si ma peau avait été passée à l'émeri et mes muscles à l'orgue de barbarie. La gourmandise est un vilain défaut martelait sa main. Preste, leste. La jupe était froissée, les souliers envolés, la culotte déchirée, mes cuisses immobilisées, mes bras impuissants.
J'ai demandé grâce, en vain.
Une dérouillée, voilà ce qu'il m'infligeait. Avec une joie que j'avais de plus en plus de mal à partager.
Il ne s'est arrêté que quand mes sanglots ont bouillonné.

J'avais espéré un petit post-scriptum au premier round, un apéro au second, une de ces fessées entrelacées de caresses, un petit jeu coquin comme des points de suspension, mi-figue mi-raisin, sucré salé, ni fugue ni raison, doux comme un rêve humide, piquant comme du piment, mais d'Espelette. Une mignardise.

Mais il n'était pas du genre mignon, les demi-mesures étaient ce qu'il abbhorait le plus, alors il m'a prise à mon propre jeu.
Et je l'ai aimé follement pour cela.

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Incertain regard

IL m'arrive encore, quand je m'ennuie sur un tchat, de lire les annonces des autres inscrits, quand elles s'affichent aléatoirement sur la page d'accueil.

Photo assez chaste à l'appui, une jeune femme décrit comment, chaîne à cadenas en guise de ceinture de chasteté light à la taille et au sexe, appareil qu'elle a choisi de porter et d'en confier la clé au d'homme, elle "assume" désormais les regards des nageuses et des docteurs.

En l'espèce, qui regarde qui ?
Est-ce elle qui subit des regards qu'elle invite par son libre choix, en toute conscience, en presque provocation en exhibitionnisme jouissif, ou bien regarde-t-elle les regards de ces gens, curieux ? choqués ? complices ? qui n'ont pas demandé, venus pour l'aquagym ou les bébés nageurs, pour une piqûre de Biotine ou un dites 33, à être informé de sa soumission par des signes extérieurs, au demeurant plutôt gracieux (la chaîne de taille a longtemps été l'accessoire coquet et dénoté de bien des jeunes filles, avant d'être détrônée par le piercing au nombril).

"Assumer".
Hum.
Qu'en est-il vraiment de ces regards... Sont-ils subis, forcés, sollicités, espérés ?

Suivez mon regard.
Philippe Faure, avec sa série des Soubrettes abusives, et la performance autour de sa série de photos, interroge ce regard.

Je préfère personnellement m'attarder sur les photos qui sont visibles ici, pour la beauté du cadrage et de l'ironie, mais c'est la vidéo qui parle le mieux des regards des spectateurs (même si ici, le propos est biaisé puisque les visiteurs sont prévenus de ce qui les attend). Des spectateurs qui en vérité sont plutôt ceux qui sont regardés par les deux créatures qui ne perdent rien de leur perplexité.



Oh punaise ! Des ronces dans mon corset !

Rue Bricabrac, bdsm, ronces, corset
Gwendelin Artanis

Il a écrit
J'ai un fantasme.

J'ai pensé
Je n'en ai pas qu'un
Je le lui ai dit.

Il a poursuivi
Il faut acheter un corset sur internet

Je me suis demandée
Il a des actions chez Axford ?
et aussi
Qui paye le corset ?

Il ne s'est pas démonté en chemin
Il faut surtout le prendre deux tailles trop petit

Pourtant, je sais bien que
Un corset, c'est fait pour perdre deux tailles, et il faut donc envoyer ses mesures très précises.

Toujours à fond, il a précisé
Il faudra le serrer au maximum après l'avoir garni de ronces, avant mon arrivée.

Dans ma mémoire, ont dansé le soutien-gorge aux punaises, une vieille histoire qui m'avait fait tant rire, mais pas autant que le corset fourré aux ronces.
Et la date de mon rappel de tétanos.

Le fantasme est vraiment la chose au monde la moins bien partagée, avec les sonneries de téléphone mobile peut-être, ceux et celles des autres sont souvent perçues comme un désastre.
(Pour donner un ordre de grandeur, l'opération du délirant monsieur reviendrait à passer d'une taille 44 à une taille 36, en ne comptant pas les ronces qui, si mes derniers souvenirs de chasse aux mûres sont exacts, représentent facilement une demi-taille.)

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Mucho Macho

Rue Bricabrac, bdsm, macho
El Caballero Español d'Eduardo Arroyo
ADAGP, Paris 2008 - © Photo RMN

QUESTION de cours : Si le macho a des comportements dominants évidents, le dominateur doit-il être macho par essence ?

En regardant en arrière, si j'ai croisé et je croise encore pas mal de machos (so macho, so so, cette syllabe qui sépare machiste de masochiste, tiens), je pense que les hommes qui ont su me dominer, vraiment, sous le joug de qui j'ai ployé (sans faire semblant, car oui, en masochisme aussi on simule, bad news man), n'avaient pas une once de machisme. Ils m'ont respectée (sans quoi je n'aurais jamais pu les respecter), m'ont peut être admirée (pas en tant que masochiste, en tant que femme, ma sexualité n'a jamais été l'objet d'une fierté quelconque, pas plus que mon tour de poitrine, les pulsions et la génétique sont tellement des éléments que je ne maîtrise pas, il n'y aucune raison d'en tirer gloriole), m'ont souvent témoigné une affection sincère. Jamais, au grand jamais, ils ne m'ont, en dehors du strict cadre des jeux, traitée comme un objet ou un sous-être.

En revanche, ils m'ont très parfaitement mise à terre, à quatre pattes, le cul en l'air, écartelée de la plus obscène manière, fait jouir en me rudoyant, donné des ordres que même Cro-Magnon quand il trainait sa compagne par les cheveux ne devait pas émettre.

Ils étaient en règle avec eux-mêmes, je crois. La domination, le sadisme, ne venait pas remplacer un manque social, une faille intime. Il y avait sûrement des ressorts secrets et sans doute pas nickel chrome, mais ils ne se servaient pas des femmes parce que leur chien leur mordait les mollets et que leur boucher leur fourguait au prix du filet des bas morceaux.

Je dédie aux mémètres à chiennes cette toile d'Arroyo qui dit si bien le machisme primaire.

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Mots à maux (le ver est dans le mot)

Rue Bricabrac, bdsm, mal de vivre


(Merci à P' - qui n'est ni P***, ni P***, ni P. - dont la patience et l'amitié m'ont bouleversée.)

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Weltschmerz

Rue Bricabrac, bdsm, mal de vivre
photo Kaos Beauty Klinik

PARFOIS, je me sens double, comme si une partie de moi s'excentrait un peu, drôle de vertige désagréable, perte de point. Je suis une et deux, pas schizo, non, en écho qui ne résonne ni ne raisonne.
Alors, je te demande d'allumer une bougie et de me redessiner, une et une seule. Le feu qui me contoure et me cerne me réunit, ramène le sosie fugueur au giron. Monos à nouveau, je peux t'aimer.

Souvent, je me rencogne au fond de moi, dans un tréfonds planqué, une cave intime, inaccessible, ma peau, mes muscles, mes entrailles comme armure, pire qu'un mur. Plus rien ne m'atteint, ni les cris, ni les mots, surtout pas les sourires.
Alors, je me livre à tes coups, et ce n'est (presque) plus du jeu. Les outrages des lanières font tomber lentement les barrières. L'enfant effrayé s'apprivoise et se déterre de sa cachette pour que tu puisses le bercer.

Il y a des soirs, pas forcément de pleine lune, où je sors de moi, sorcière vociférante et éructante, méduse mal embouchée, toute de douleur et de haine. Le dos gros, les cheveux en bataille, les ongles menaçants.
Alors, tu m'entoures de cordes et d'affection, m'attachant étroitement en silence avec une immense patience. Tu bouches mes yeux, réunis mes poignets, fait jaillir mes seins, sépare mes lèvres, affine ma taille, arrondit ma croupe. Ainsi contenue, je te laisse m'aimer.

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Miscellanées liées d'avril

Rue Bricabrac, bdsm, miscellannées
photo Donna Trope pour Christofle

LE gros Douillet s'est offusqué des anneaux de RSF. On lui a cassé son beau symbole olympique, ses anneaux toucouleurs, son monde meilleuR. Il faut dire qu'au niveau visuel, il a fait très fort, Ménard (ou plutôt les créatifs de l'agence Alice qui ont dessiné ces menottes en quintette). J'attendais que les flicards, fort nombreux hier pour protéger le VIIe arrondissement de l'irruption des lycéens qui réclament inlassablement des profs et des options, c'est dire leur dangerosité, ne protestent à leur tour contre ce détournement de l'un des attributs majeurs de leur fonction. Mais non, rien. Alliance muet. Pas plus de son du côté du club des poètes de Cris et Chuchotement (oui, interviewé par Elle ou Match, Monsieur Pascal le tenancier avait déclaré "tous mes clients sont des poètes", on ne s'en lasse pas) non plus. Je suis sûre que cette après-midi, autour du buffet gratuit de gâteaux, on ne verra pas un seul fanion "touche pas à mon fetish".

Parlant de poulets, les nombreux CRS et gendarmes mobiles croisés hier (non, je n'habite pas le VIIe, je me contente d'avoir parfois à le traverser, même quand les forces de l'ordre s'installent dans mes pistes cyclables et me laissent passer d'un air plein de commisération pour une plouquesse à deux roues), portaient, entre autres coquetteries à la ceinture, un masque à gaz leur battant la fesse. J'ai alors regardé de plus près ce terrorisant sextoy en vente chez nos amis britons. Je m'interroge sur l'usage. Qui dit masque à gaz, dit gaz. Qui dit tuyau, dit conduite. Qui dit gode dit intromission. Cette chose hybride est-elle destinée à obliger la porteuse à respirer les pets cherchés à même la source ? C'est une version bdsm de Pereflat ? Je reste perplexe. (Sur le même site, on trouve aussi la poupée gonflable E.T. à trois seins et toute verte. Jouissons sans entraves !)

Une autre histoire d'ann...O, loin de celle qui parle d'un monde pourrave. Le très bourge Christofle, agrandit sa gamme et la vante par une image du plus beau porno chic, empruntant la métaphore chevaline jusque-là propre à Hermès, sellier aux origines, et surtout, calquant son visuel sur celui des images de pony-girls. Le mors au dents, oui, mais en argent massif. La chalande de la rue de Passy va frémir en déposant sa liste de mariage. C'est autre chose que du Guy Degrenne, palsambleu ! Hue cocotte !

Le pompon du mois, question grosse déconne, c'est ce sublime site qui explique comment réconcilier une âme chrétienne et un corps bondé. C'est grand. Merci de croire en Dieu, c'est toujours un plaisir de rigoler avec vous, les mecs. Le pire, c'est quand il est dit que les rapports de D/s s'apparentent assez à ce que la Bible dit du mariage : car c'est rigoureusement exact. L'oppression de la femme par l'homme, c'est cela la D/s, rien que cela. Je ne sais pas comment ils vont s'en sortir avec les dominatrices et leur soumis, même dans le cadre du mariage, parce que sur ce coup, la Bible n'a pas trop moufté, mais avec un peu de talent herméneutique, ça doit pouvoir se faire en trois coups de cuiller sur le popotin. Il va falloir attendre que le site se soit étoffé pour s'en repayer une tranche. Idem pour le sadomasochisme. Sans doute un rapprochement avec les châtiments corporels comme juste expiation des fautes de la meuf qui a fait cramer le rôti ou pris une prune en dépassant la limitation de vitesse. Sur une page voisine, des adeptes ont lu les Écritures et s'ils y ont trouvé tout ce qu'il faut pour condamner l'inceste, la bestialité, l'homosexualité et tout le tralala, ils n'ont rien trouvé qui bannisse le BDSM. Gloria et amen, fouette mon fils. (Il faudrait penser à les mettre en contact avec la fille de Moshe Dayan, Yael, députée à la Knesset et féministe militante qui a aussi lu la Bible à la loupe et qui y a trouvé tout ce qu'il faut pour prouver par David + Jonathan que Dieu était à donf' pour l'homosexualité.)

Pour finir sur une bonne nouvelle, la France est championne du monde de baguette. Ce qui ne signifie hélas pas que le Français dans sa majorité sache la manier d'une manière un minimum jouissive, mais on peut rêver. Bien moulée, pour moi !



Histoire d'O...mbre (Reboot)

Rue Bricabrac, bdsm, XXXB

VOCABULAIRE de conducteur de poids-lourd, de motard ou de champion de formule polluante, XXXB est en véhicule connu, "envieuse", la ligne 39, se voir, un jour, ou jamais, en mai si avril ne nous coupe pas l'herbe sous le pied.

Et s'il était mort ?, me suis-je demandée en lisant cette annonce, regrettant de ne pas avoir mieux suivi le fil, pour dater la toute première. Larguée, elle tenterait de le faire vivre ainsi, au gré des saisons, régulièrement, comme font les veuves qui vont au cimetière, entretenir une flamme éteinte (zutre, l'anonyme P. va me reprocher l'oxymore à moins que je ne me fasse traiter de suppôt du Lama).

Ça sent le sapin, cette histoire. Une histoire qui n'existe que par sa trace, imprimée, archivée à la BN (tandis que rue de Richelieu, le "Prends soin de toi" de Sophie Calle s'expose). Un site, un blogue, des courriels, ça s'efface un jour, même s'il existe un cimetère des sites morts, les électrons sont à la merci d'un aimant, toujours.

XXXB, elle, aimante le désamour de sa moitié égarée.

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Blind date

Rue Bricabrac, bdsm, masochisme
photo Tannager

À peine entré, les politesses d'usage épuisées, alors qu'il me suivait, il a posé une main sur mon épaule pour m'arrêter, a repoussé ma joue alors que je me retournais pour l'interroger, et m'a bandé les yeux.

C'est relaxant, d'avoir les yeux bandés, un premier pas en aveugle vers l'abandon. Un genou se dérobe.

Ses mains ont parcouru ma géographie, de plus en plus exploratrices, de moins en moins légères. Comme si lui aussi était aveuglé et n'avait que ses doigts pour faire ma connaissance.

C'est traquant, des mains comme ça, quand l'ami devient maquignon, l'interlocuteur consommateur. Et mateur. Chair de poule.

Plus rude, il me bouscule, me bascule. Cul, sur le bras du canapé, plus haut que tête, dans les coussins. D'un bras l'autre, le sien, pas si gauche, appuyé en L3 tandis que le dextre adroit glisse le long des cuisses pour me découvrir.

C'est délicieux, ce moment, une sorte d'heure bleue du bdsm, celui du juste avant le premier clair de peau. Pur suspense.

Offensif, il attaque, une main, ou deux, je ne sais, c'est comme la grêle, ça pique, ça bruite. Les paumes deviennent battoirs, lourdes, ça chauffe, ça cuit.

C'est voluptueux, le corps se retrouve en pays de connaissance, imprimé des coups, mu, ému, remué, agité. Chaleur.

Il me posture, s'impose, en impose, m'impose non seulement ses mains, mais sa loi. Côté pile, à poil, angle droit, cambrée, pieds écartés. Il faut compter, ne pas discuter, peut-être pleurer, ne pas mendier ou ce sera à payer.

C'est paradoxal, le corps dit prêt, oui, je me soumets, j'en voudrais plus, mais il se raidit, plie, crie. Encore. Plus fort. Un garçon et l'addition. C'est très bon.

Il me colle, me fouille, me retourne, me tient par les seins, pas seulement le bout des, me fait bouillir, déjà rôtie, m'en bouche un coin, deux, trois. Côté face, il repasse.

C'est fatal, je ne sais plus ce qui fait bien, ce qui fait mal, ce qui est sueur ou pleurs, j'ai des rayures et des griffures, des bosses, mais pas de plaies. Du plaisir.

Il a pris mon pied...

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Dans ma Benz, Benz, Benz...

Rue Bricabrac, bdsm, Max Mosley

IMPOSSIBLE de passer à côté de l'affaire Max Mosley dont un site trash a dévoilé les pratiques sexuelles sm mixées d'un goût pour le IIIe Reich qui n'était pas que fantasmatique.

Pour ceux qui reviendraient juste de Mars, il était une fois un président de fédération de sport automobile (oxymore... j'ai jamais aimé la bagnole, les circuits 24 grandeur nature me font hurler, et déjà Ballestre n'était pas net net) dont la vie privée s'est retrouvée sur le net, rien de très explicite (j'entends pas là que la vidéo peut se feuilleter des deux mains et qu'à moins d'un gigantesque pouvoir imaginatif, elle ne déclenchera aucun début bandaison ou de dégoulinade), mais suffisamment pour que l'on comprenne que le monsieur aime autant se faire fouetter par des dames (stipendiées pour l'occasion) déguisées en officières nazies que de fouetter les mêmes dames (toujours aussi professionnelles) cette fois-ci accoutrées de pyjamas rayés (dont la référence nauséabonde ne devrait pas échapper, même aux plus jeunes).
Cela pourrait tenir du simple jeu de rôle, et quoique j'ai toujours éprouvé une réluctance vigoureuse pour les "on se la joue à la portier de nuit", je me dis qu'il vaut mieux que les pulsions fâcheuses et qui fâchent se passent dans les jeux que dans la réalité, même si je suis incapable de m'y prêter (je parlais de lâcher prise avec A*** avant-hier soir, et en bonne pitbull ascendant Caterpillar, j'ai infiniment de difficultés à m'abandonner, sans doute est-ce pour cela que c'est si terriblement bon quand j'y arrive, donc si on me colle du nazi ou du maître d'école sous le nez ou derrière le derrière, je ne peux pas, rappel au réel, redescente en flèche sans parachute, et détumescence morale totale).
Donc que Max Mosley se fasse fouetter et fouette comme il l'entend, je n'irai pas le fustiger pour ses penchants. J'ai compris il y a longtemps que le mauvais goût des autres pue toujours plus que le sien, c'est assez classique, c'est comme pour la transpiration et d'autres fluides ou solides corporels. Et pour éviter les commentaires déplacés, je me dois de préciser ici que la presque totalité de ma famille ayant été assassinée de son vivant par les zélés contempteurs du national-socialisme, je n'ai aucune faiblesse à cet endroit, comme tout ce qui touche au racisme, à la maltraitance et à la pédophilie. Autrement dit, si un type ne peut tutoyer le plaisir que si une blondasse lui tire les oreilles et lui cane le cul en l’injuriant en tudesque, je n'approuve pas, mais je me dis que l'essentiel est qu'il jouisse, il s'en portera mieux après.

Le problème avec cet homme, Max Mosley, c'est qu'il a aussi des solides accointances avec le nazisme dans la vraie vie. On n'est pas responsable de ses parents, donc que papa et maman se soient mariés dans la résidence de Goebbels en présence d'Adolf n'est pas une pièce à charge (juste une saleté d'hérédité), faveur sans doute due à la création par papounet Oswald du British Union of Fascists, un Affront National british né en 1930. Mais que fiston partage ces opinions et options, dans la vraie vie, alors là, oui, on peut sortir les balles de son et faire tomber le polichinelle (ce qui encore une fois ne justifie pas d'aller fouiner dans ses draps même s'il y a toujours une intense jubilation à voir des puissants se faire gauler... au sens propre ici, je l'avoue).

Tout ça pour me demander ce qui a le plus fait couiner l'opinion.
Que Mosley soit un néonazi ; que Max se fasse bousculer non point pas des putes déguisées en infirmières ou en cowgirls, mais en capos ; que Max Mosley le néo-nazi soit tellement en total look qu'il fasse les deux ? Un peu comme si le premier violon du philamornique de Tartempion-les-bains ne pouvait baiser que sur L'oiseau de feu et avec un archet bien enfoncé.
Je n'ai pas, ou je n'ai pas envie de connaître la réponse. La lecture d'une grosse poignée de 1 000 articles via Google actualité laisse toutefois penser que c'est plus l'aspect cul préférence sexuelle que faf politique qui coince.

(Sur le sujet du sadomasochisme et du lâcher-prise, des hommes de pouvoir et des bouclards à humiliations, un lien amusant)

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Petite annonce (ma pomme)

Rue Bricabrac, bdsm, annonce
D.R.

SEX toy cherche sex machine pour échange de plaisirs. Cuisson à cuir souhaitée, foutre non facultatif. Baltringues s'abstenir.

(Puisque XXXB tarde à donner de ses nouvelles, je profite de mon blog pour passer une annonce perso.)

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Charme point con (ça rime avec poisson)

Rue Bricabrac, bdsm, sirène
photo Sayla Marz

APRÈS le bdsm pour les nuls, voici le bdsm par les nuls. Avec des propos comme ça, pas la peine de se fouler pour trouver des poissons d'avril.

Les pratiques BDSM (sigle pour abréger : bondage- domination / soumission et sadomasochisme) constituent un ensemble d’activités sexuelles marginales, fondées sur un rapport (consentant) de dominant à soumis.
La domination dont il est question peut être psychologique ou s'exercer par moyen de contraintes physiques. Les pratiques BDSM peuvent avoir lieu au sein d’un couple mais aussi entre partenaires qui ne se connaissent pas, ou même entre groupes de plusieurs dominés et dominants.

(Chic une touze.)

Les pratiques BDSM comportent deux sortes de rapports : domination et domination avec deux composants en plus : douleur et humiliation.

(Le lecteur aura rectifié de lui-même. À moins qu'on ne parle du catch.)

Les sexologues et les psychologues ne se sont pas mis d’accord sur le caractère normal ou pathologique de ces sortes de pratiques mais le pourcentage de leurs adeptes est plutôt important.

(On remarquera la construction intéressante de cette phrase et son incontestable apport documentaire mais hier mon cousin m'a offert un pull. Quand Jacques-Alain Miller sera réconcilié avec ce gogologue de Tordjman, qu'on m'envoie un pneumatique.)

Quelquefois on y est adepte sans le savoir, puisque les tendances domination soumission, typiques de ce type de pratique, sont implicites dans les jeux sexuels ordinaires du couple.

(Monsieur Jourdain me confiait récemment faire du sadomasochisme sans le savoir. Le joyeux contribuable cher à Droopy, parfois doublé d'un citoyen responsable, est aussi un adepte à l'insu de son plein gré, et à ce que j'ai entendu dire, sauf s'il a un gros paquet... fiscal, il payerait le K.Y.)

J'ai trouvé le lien vers ce site de cul charme dans la blogoliste d'un garçon habituellement de meilleurs goûts. Je sortais des bras photos de Sappho, et j'étais encore en train de me demander si l'on pouvait juger en aveugle de l'écriture/regard féminin ou masculin.
Et pouf, je tombe sur Natacha (la tenancière du blogue attenant à l'entreprise charme point con, la preuve qu'elle blogue et qu'elle existe, c'est qu'elle est en photo, une bombasse à lunettes que même dans tes rêves les plus fous le dernier numéro de FHM tu la trouves pas). Seulement, au bout de quelques lignes du blog, et du wiki (oui, on trouve tout chez charme point con, même une boutique avec un mini canard vibrato de voyage en panoplie de pirate... my name is Colomb, Donald Colomb), j'ai eu la sensation que la femme censée rédiger ces âneries aguichantes (je parle du blogue là, pas du wiki où les âneries sont à caractère désinformatif, un parc à huîtres tant les perles y profusent) était en fait un homme qui essayait d'écrire comme il pensait que les hommes imaginent que les femmes écrivent.

En fait, c'est mal écrit. Juste mal. Entre la précision clinique et l'humour de Femme Actuelle (je ne sais pas pourquoi je prête de l'humour à Femme Actuelle, ne l'ayant jamais lu, mais comme j'ai appris que ce magazine allait lancer une gamme de vélo, je me suis dit qu'il devait y avoir de l'humour là-dessous), entre mon cul sur la commode et non ce n'est pas sale.

Une fois défini chaque rôle, les partenaires se mettent d’accord sur les moyens et les accessoires qu’ils vont utiliser.

Alors, je propose sir Stephen dans la salle des colonnes avec un bullwhip. Non, je préférerai Paulette la plantureuse dans la bibliothèque avec les verges de la comtesse de Ségur. Et pourquoi pas dans le jardin, breath control, au milieu des bambous ? Hmmmm...

(Chérie, tu peux me jurer que tu t'appelles vraiment Natacha, je m'en fiche... à la limite, si tu es une fille, c'est encore pire...)



¶
L'oreille
Juke Boxabrac
¶
La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

¶
Les mots
Flash-back
À lire
¶
L'oeil
Des images pas sages
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Le cliquodrome
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Épistole

aller Si vous souhaitez m'écrire, il suffit d'ouvrir votre courrielleur préféré, et d'adresser le tout à b.ricabrac chez free, en france. (On a le brouilleur de robot qu'on peut, logiquement, les humains devraient décoder.)

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