Rue Bricabrac

Toy's "R" Us

C'EST dialectique mais pas automatique, ce sont toujours les femmes qui choisissent. Pendant une semaine encore, des théories de doms frais émoulus de juillet et qui rentreront dans le rang quand leurs enfants sortiront les cartables, sont à disposition sur les sites de rencontres.

Alors, mes chères, faites-leur donc croire qu'ils mènent le bal. Mais nous savons que ce ne sont jamais que nos joujoux.

Rue Bricabrac, bdsm, Woodstock
Attention, image réalisée avec un trucage !

(Évidemment, s'il est un film à voir aujourd'hui, c'est Les derniers jour du monde, avec entre autres, la très juste description d'une passion masochiste.)



Histoire (presque) sans paroles (Part 5)

J'AI toujours aimé les westerns. Et si je ne connaissais pas celui-ci, je l'avais imaginé.

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(Un peu plus ici, avec un commentaire 100 % cheap top camembert)

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À bout de souffle

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photo Jaroslaw Kubicki

COMME la plupart des gens de ma génération, je regardais "Kung Fu" et j'aimais David Carradine en Kwai Chang-Caine, héros de western sans autres armes que son corps, dansant son art martial dans l'Ouest, le vrai, ascétique et asiatique.

Plus tard, pour un Bergman, je me suis tapé nombre de nanards pour retrouver cet homme que j'aimais bien, maillon d'une dynastie d'acteurs, il avait de la branche, et aussi de la blanche. Récemment, Tarantino qui a vu tous les films et toutes les séries, l'a réactivé.

Et puis il y a deux nuits, il s'est payé une petite mort qui avait tout de la grande. Je ne sais pas si les mandragores poussent en Thaïlande, dans les chambres d'hôtel.

Le manque d'air ne me procure aucune sensation exhilarante ou orgasmique. Il me fait tousser, étouffer, me dérange, me ramène sur terre.
Il y a deux mois, de ta main assez grande pour cela, tu as enserré mon cou, tu as repoussé ma propre main qui tentait de t'en empêcher. Pour rire, pour dédramatiser, j'ai laissé tomber ma tête sur le côté, j'ai tiré la langue, comme les pendus de caricatures et de westerns (et probablement les vrais, mais de nos jours, on leur masque la tête, et même ainsi, je n'en ai point vus, ne cherchant pas particulièrement le choc des photos ou les vacances en terrain miné).
Tu n'as pas dû aimer, parce de cette même main qui jouait à te faire peur, à me faire suffoquer, tu as repoussé ma tête jusqu'à ce qu'elle choque le mur.

Et je t'ai laissé partir en me disant que, décidément, le breath control, c'est pas mon érotisme, et ceux qui le pratiquent ne sont pas sur la même portée que moi.



Des petits riens qui font grand plaisir

TANDIS que dans le métro, un comédien barbu au chapeau melon me faisait me réjouir d'avoir abandonné ma petite reine pour quelques heures, en récitant un court texte de Hanock Levin, "je veux te voir nue, juste en bas" ; tandis que dans "Le chant des mariées", Karin Albou nous rappelle que les barbus (de toutes obédiences, talibans, haredim ou amis de germanicus) ont toujours trouvé les poils sales ; tandis que de retour en surface, une publicité récurente pour Chaumet encense les liens (un amour de liens, et oublions la crise...), je trouve le dernier Jalouse dans ma boîte aux lettres...

...je vois, non sans quelque tendresse, le chapô de l'article consacrée à la Paz de couverture, où fesser rimer avec embrasser. Enfin !

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La Corée plutôt que Gorée

C'EST un film dont on parle beaucoup, toujours, dans le microcosme en tout cas, qui est passé comme un éclair dans les salles au siècle dernier, en 1999, qu'on doit à Jang Sun-woo et pouvoir revoir dans des endroits comme "L'étrange festival". Gotijmal, mensonges, traduit en français par Fantasmes, plus accrocheur.
Ce qui se passe dans le film, une relation sm pure et dure, mais sans folklore, entre une jeune fille et un homme plus âgé vient se superposer comme und décalcomanie sur l'histoire du tournage où rien n'a été simulé, un tournage qui ressemble parfois à un reportage et qui raconte une liaison sado-masochiste on ne peut plus joyeuse. Et c'est cette joie que j'ai aimée.
Même si elle ne dure pas éternellement.

Comme le dimanche, quand j'étais petite, et que je me sens très petite ces jours-ci, il y avait ciné-club, je reproduis le truc, tout en restant en thème. (Alors que le film; par sa construction même et son goût des longs plans séquences ne mérite pas pareil saucissonnage).

Et parce que j'aime aussi les comédies, le cinéma tchèque, les films en costumes, les stucs et les couronnes qui tiennent aux cheveux, y a une grosse bizarreté .
Et une autre scène de Fantasmes/Lies/Gotijmal ici, mais sans rien à manger.



Inju sans injure

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© UGC

POUR ceux qui regrettaient (grains de sel d'un billet flemmard) l'absence de scènes de flagellation dans les films mainstream, Inju (que je considère comme grand public puisqu'élu "film Inter" après sa présentation à la Mostra de Venise et ayant droit à ce titre à des spots de pub répétés) vient réparer ce manque.

Inju, c'est un Barbet Schroeder (d'après Edogawa Ranpo), et de la part de l'auteur de Maîtresse, ce Soumise ne vient ni par hasard ni par surprise. Je m'abstiens délibérément de toute critique de ce film, pour décontextualiser "la" scène, et ne parler que d'elle. Ou plutôt des scènes, puisque ce n'est pas celle de flagellation qui m'a le plus troublée

Or donc une femme, aponaise, et qui plus est, une geiko (ainsi qu'on appelle les geishas à Kyōto), suspendue par chevilles et poignets au-dessus d'une table massive que son ventre plat effleure à peine, gagballée et fouettée avec une sévérité qui ne tient pas du grand guignol (car au cinéma, les quelques références au sm tiennent souvent plus du grotesque que du sensuel, de l'érotique ou du réaliste). Schroeder, qui n'a jamais caché sa fascination pour le sadomasochisme, profite visiblement de ce que l'action se déroule au Japon pour adopter l'attitude décomplexée qui convient au lieu. Le plaisir de la jeune femme n'est pas non plus masqué, et elle engueulerait presque son "sauveur" qui interrompt la séance.

À mes yeux, la scène la plus troublante se situe en amont, quand face à Benoît Magimel, Lika Minamoto saisit une longue corde noire qu'elle noue à son poignet (son regard coulé est d'une éloquence excitante), avant de la passer à un premier anneau, puis un second, astucieusement placés derrière la tête du lit, et d'enfin d'enserrer son poignet libre avec l'extrémité. S'allongeant alors, elle attrape la corde entre les deux anneaux, la remet à son amant qui comprend qu'il lui suffit de tirer pour désarticuler sa poupée, pour étirer déraisonnablement son amante.

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© UGC

C'est simple, peu banal, c'est typiquement masochiste, je t'apprends à me faire mal, à jouer avec moi, je prends le contrôle, pour que tu me le fasses perdre.

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Petite perle cinématographique, en passant

LES perles, il y en a aussi au cinéma. Hier, la série B à gros budget de Mathieu Kassovitz a été relâché sur les écrans, et l'inanité du film fait drôlement regretter les bons gros navets intergalactiques tel ce Flash Gordon de 1980 (l'avantage du navet est qu'il ne bouge pas, mauvais il est né, mauvais il reste, sans prendre la moindre ride, et en prime, on peut se tordre).

La table de torture sur laquelle Ornella Muti (à la sensualité souveraine, ici comme ailleurs) subit le fouet m'a fait encore plus rêver que tous les grands mâts des films de pirates, et sa tenue en lycra écarlate est devenue l'un de mes fetish, au même titre que les robes à tournure.

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Des maux, des mains et des images (Top Ten modern)

J'AIME particulièrement la manière, qui me rappelle certains de mes tortillements auprès d'amants vanilles, dont Dina Meyer en shorty bleu (Federal Protection - 2002) agite le derrière pour aimanter la main de son compagnon, sans parler de son regard à la caméra quand il commence à comprendre de quoi elle a vraiment envie. (Oui, Dahlia, on est d'accord, le summum de l'érotisme, c'est La secrétaire)

Parfois, ça marche. Ensuite, le tout est de reproduire et d'amplifier l'action.

Pourquoi donc ce blocage, sauf entre affranchis ? Pourquoi est-ce parfois si difficile de demander, sur l'air princier et ténu du "Dessine-moi un mouton", "Donne-moi une fessée, s'il te plaît, inonde-moi de ces attentions brûlantes qui étanchent ma soif, amène-moi au don, au cri, aux larmes, laisse aller ta main, ton bras, ton élan. Prends ton pied sur mon corps en l'écoutant résonner. Laisse-toi gagner par mes vibrations, chauffe-toi en me culorifant !"

(Spéciale dédicace à I***)



Miscellanées liées de juin

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Alyz

IL fait chaud, les risques d'incendie nous guettent, il est temps d'acquérir ce livre tellement typiquement américain sur les dangers des donjons et comment agir okazou. Écrit par une figure de la scène sm de San Francisco, Jay Wiseman, dont la péremptoire compagne Verdant, bien connue de ceux qui fréquentaient alt.sex.spanking il y a 15 ans (et peu avare de conseils sur comment désinfecter sa cravache), on y retrouve ses habituelles préoccupations très très safe. Tellement que s'en devient drôle plus que dissuasif.

Il fait toujours aussi chaud, c'est le moment de sortir ses tee-shirts. Pourquoi pas celui-ci, qui permet de prendre un homme en otage sans le moindre risque. Et d'afficher la couleur (il y en a des centaines sur ce site, quelques autres assez amusants comme la fille en hot-dog, cul levé, jeu de mot sur doggy style).

On peut aussi aller reprendre un coup de chaud, mais au moral, au Cabinet des Curieux, un beau lieu qui reprend l'idée des cabinets de curiosités, en l'axant sur l'érotisme bizarre. On y retrouve quelques chouchous de la rue (Akiza, Anxiogène), et les univers sublimes et inquiétants d'Alyz et Natalie Shau. Tous ces artistes sont originaux, singuliers, jeunes, tordus et attisent en effet la curiosité.

Pour se refroidir les idées, ce gode caméra qui permet de se donner du bonheur tout en permettant à un partenaire gynéco refoulé de voir l'origine du monde comme même Courbet ne l'avait pas pensée.

Écologie oblige, un petit coup de Green Porno made in Isabella Rossellini, Sex to die for, hilarant, sur Youtube en attendant que les Français puissent le voir sur le site de Sundance.

Et puisqu'on est dans le cinéma, direction la cinémathèque dare-dare pour profiter du cycle Jess Franco, et tout à l'heure de son Sadique Baron von Klaus. Y a la clim'. Heureusement, parce que Franco est un spécialiste des adaptations kitsch de Sade, des prisons de femmes et du gore-érotique, le tout à grand renfort de zoom et sans un rond.



Fait soif (de mal)

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FAIS-MOI un plan-séquence, très long, très lent, en noir et lumière.
Pas besoin de motel, ni de caméra. Juste tes mains, tes doigts, des bougies, une bougie.
On est chez moi.
Ou chez toi.
On a froid, tous les deux.
Il faut que ça chauffe, comme au Mexique (ou à Venice, en vérité).
Impressionne mon corps, improvise, double les prises, de judo ou de vilain.
Les jours rallongent, on en prendra quarante s'il le faut.
Vole mon plaisir comme tu as kidnappé mon désir.
Zoome en moi, et qu'importe la focale.
Tes coups sont cut, tu me fais contre-champ, mon chant est diégétique
Tu m'enchaînes et je fonds.
Le festival de cannes va commencer, je vois des flashes à chaque coup, ce n'est pas le tapis qui est rouge.
Je te remercie.



Un porno pour deux

COMME tu en es friand, et que je ne suis pas abonnée aux bons tuyaux, je t'avais proposé de regarder ensemble un porno SM.
Sans t'en dire plus, sans t'expliquer mon idée, pour ne pas t'effaroucher.

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Je ne suis pas, comme beaucoup de femmes, attirée par les films X. J'en ai vu des mythiques, à la grande époque, avant même la loi de 76. J'en ai croisé, furtivement, le samedi soir sur Canal. Je n'en cherche pas sur Internet, je n'achète pas de DVD. H*** m'avait en son temps apporté une de ces VHS compil d'amateurs qui se vendaient alors sous le manteau du manteau même, à demander gentiment au caissier du sex-shop et qui sont aujourd'hui terriblement populaire sous le nom de gonzo. (H*** n'aimait pas plus les films mis en scène et joués que les accessoires qu'il ne fabriquait pas lui-même.)
L'image était pourrie, mais pas autant que le son, ça doit faire partie du plaisir, so snuff, un homme à l'érection molle fouettait sa femme indifférente accrochée aux patères du vestibule. Avance rapide. Une autre femme, les poignets arrimés aux chevilles, elles-mêmes maintenues par un écarteur présentait son cul à la cravache stridente de son mari qui la marquait avec un entrain vigoureux. Malgré le noir et blanc pisseux, on voyait la couleur et le relief. Entre les cris et les sifflements, on entendait un bébé chialer dans la pièce à côté.
Stop. Eject. Plus envie de jouer. Malaise.

Alors, quand tu m'as avoué être grand consommateur de porno, j'ai pensé qu'avec toi je pourrais réaliser ce que le bébé avait empêché. Non point discuter de la valeur d'un plan, de la justesse d'une image, de la profondeur du champ ou de la morale d'un travelling, mais mimer ensemble, autant que possible, ce qui se passait sur l'écran.
Une sorte de karaoké très sexe, très sm, très synchronisé. Des figures imposées, et ainsi, ton imposition des mains, presque naturellement, en riant un peu aussi.
Comme un jeu.
Car tout cela est jeu.

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Lynch et Louboutin dans le même chausson

LE rouge, celui du théâtre, des lampes ON AIR, du sang et du lipstick, pourrait être leur point commun. Celui des bouches des actrices pour l'un, celui des semelles de souliers parfaits pour l'autre.

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Photos David Lynch - Chaussures Christian Louboutin

David Lynch et Christian Louboutin font Fetish commun à La Galerie du Passage (dans ce lieu exquis qu'est le passage Véro-Dodat). Pour les photographies du premier, le second a réinterprété la torture-shoe jusqu'à doter un escarpin purpurin d'un talon pic à glace de 26 cm, au-delà même de la possible longueur d'un pied 40 monté sur chausson pointe.
Les chairs très blanches de deux danseuses du Crazy, au cou de pied cambré comme une chute de reins, émergent d'ombres palpables comme le cinéma du réalisateur en regorge.
On est à la fois en terre familière, fascinante et dans un autre monde, fantasmatique, fétichiste.

La fashion week ? Ha oui, la fashion-week... À part les pirates de Jean-Paul Gaultier aux bustiers ceintures et poignards en guise d'épingles à chapeau, plus Jack Sparrow que Bounty, mais de quoi réveiller tous les souvenirs d'enfance portés par un cinéma friand du genre, pas grand chose à signaler, des pastels, du pop-art, des fleurettes.



Anastasie, ta censure m'anesthésie

LE long-métrage japonais Quand l'embryon part braconner de Koji Wakamatsu est un de ces films tout à la fois sublimes, malades, sombres, engagés, dérangeants, excitants, révoltants, étouffants, érotiques, politiques, esthétiques, chaotiques... et tout un tas d'autres choses que la morale réprouve et que la liberté approuve.

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Zootrope Films

Un homme et une femme, lui vengeur, elle consentante pour une nuit d'amour, mais pas pour le fouet, la fessée, les insultes, la laisse, enfin, la corde, et les humiliations. Une nuit d'humeurs, d'horreurs. Le corps de la femme est désirable. Sa douleur est palpable. Le noir et blanc est sensuel. Oui, le film est violent. Il est sadien, aussi, dans un huis-clos qui renvoie à des oppressions subies par la jeunesse japonaise dans la société des années 60 et qui nous sont inconnues. L'image de la femme n'y est pas plus dégradée (l'une des raisons de la censure française, avec la "violence morale") que celle de l'homme (d'ailleurs, la Ligue des Droits de l'Homme s'insurge contre l'interdiction aux mineurs). En tout cas, la dignité des uns et des autres est mille fois moins attaquée que dans des émissions comme La roue de la fortune ou la Star Ac'.

Et voilà que l'agrégée de lettres échappée du château de Versailles (son haut fait d'armes fut d'avoir facilité le tournage in situ du Marie-Antoinette de Sofia Coppola) qui siège actuellement à la Culture a suivi l'avis de la commission de censure et a interdit ce film, distribué dans un circuit art et essai, aux moins de 18 ans, ce qui équivaut à un arrêt de mort par étouffement (pas de diffusion sur Arte par exemple, donc pas de droit télé, et vu que le film est dépourvu de toute séquence de pénétration, ce n'est pas Canal+ qui le prendra pour sa séance du samedi nuit, d'ailleurs, pas de sm sur canal... on fait dans le porno mais faut pas déconner non plus).

Le distributeur fait appel. Espérons que les conseillers d'État auront un peu plus de raison que la ministre.

On remarquera que les films qui se font ainsi sanctionner ne sont jamais ceux, connement violents et salement dégradants pour ceux qui les font et qui les regardent, distribués par un grand circuit. En attendant, ceux qui habitent Paris (deux salles rive gauche) ou Toulouse (Utopia évidemment) peuvent le voir.



Un marcel nommé désir

J'AI demandé à Marcel, l'autre jour, alors qu'il venait de garer son camion dans une rue de piétonne et de chasser à coup de lattes un roquet qui compissait sa roue, s'il savait que le tricot de peau (comme dit si délicatement dans un portrait de Libération, la ministre Christine Albanel, agrégée de lettres modernes, je n'avais pas entendu cette expression depuis longtemps, rien que pour ça, grâce soit rendu à Tsarkozy de l'avoir nommée à la Culture) homonyme se traduisait en anglais par "wife beater". Évidemment, Marcel n'en savait rien, c'est un révolutionnaire qui chie à la raie de l'impérialisme tazunien.

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Sur l'affiche d'Un tramway nommé désir, enfin, sur certaines affiches, Marlon Brando porte le marcel sérieusement déchiré et sa musculature est dessinée comme par Michel-Ange. Dans le film, je ne l'ai pas revu depuis un moment, c'est mauvais pour mon coeur, son t-shirt (nommé ainsi à cause de sa forme en T) est maculé, trempé de sueur, marquant des pectoraux très touristiques et dispensant phéromones et testostérone à la tonne, l'écran n'empêche rien. Son t-shirt dis-je, car possédant des petites manches. Point de marcel. Pourtant, wife beater, il l'était sans aucun doute dans le film. (Des féministes grondent là-bas que c'est un scandale d'appeler ainsi un maillot de corps). Comme quoi, l'habit ne fait pas forcément le moine. Si le marcel bien dégagé derrière les aisselles porte ce nom aux USA, c'est en référence à leur quart-monde WASP (oxymore ?), les whites trash. Mais la mode, Jean-Paul Gaultier et Gymnase Club sont passés par là, et le maillot marcel se retrouve, depuis qu'il n'est plus utilisé pour des raisons d'hygiène et de pudeur sous une chemise (cachez ce torse poil que je ne saurais voir et gardez votre transpiration pour vous), en vêtement à part entière, symbole gay (avec la petite manche est plus classe sauf si on veut faire le kakou avec ses triceps) ou prolétaire (marcel congépé).

Marcel m'harcèle, chantait Boby mais dans deux chansons différentes (la harceleuse avait deux l, et Marcel le masculin n'était pas un intellectuel, mais ça m'arrange mieux comme ça pour mon jeu de mots à deux balles)... Je ne fétichise ni sur les marcels, ni sur les wife beater, mais un beater en t-shirt pourquoi pas, s'il a la bestialité brute d'un Brando ? Pour le plaisir de courir des doigts sur un biceps et de remonter sournoisement sous la manche, sentir le jeu des muscles à l’aveugle. En matière de deltoïde comme d'entre cuisses, en cacher un peu de nuit pas.



Clap de faim

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photo Shadowjumper

Voilà longtemps que cela ne m'était pas arrivé. Je ne fantasme que rarement sur les acteurs, je le faisais à 6 ans, à 12, à 18, faute d'un imaginaire encore assez développé ou de manque de support valable dans mon quotidien. J'ai dû le faire à trente. Le fantasme a beau être un magnifique pays de fées où tout est possible, j'ai besoin d'un minimum de réalisme. D'un champ du possible. Je suis terre-à-terre.

Et puis il y a quelques jours...
C'était un film. Un film de pas grand-chose. Un film qui est passé dans tout un tas de festivals mineurs, mais nombreux et qui y a récolté des prix. Un film qui s'il avait américain plutôt que briton et réalisé par un metteur en scène chevronné et pas par un débutant serait passé à la trappe. Un film, quoi, pas méchant, pas déshonorant, pas crapuleux, pas racoleur. Un film de plus. Soudain, au détour d'une scène, un homme plein de cheveux gris, mais plus jeune que sa chevelure, un regard bleu qui traverse la salle, un sourire qui donne envie de pleurer tellement il est franc. Pas même sûr qu'il est acteur, sans doute un voisin, un technicien, quelqu'un de la production, venu dépanner le temps de deux séquences et quatre mots pas plus.

Je suis moite, je m'éveille, je m'évade. Je sens ses mains qui font la connaissance de mes contours, qui dégrafent ici, dézippent là, soulèvent plus bas. Il n'y a plus que lui et moi, un scénario écrit encore plus vite qu'un Bulle Caisson. C'est fou ce qu'on peut faire en peu temps, avec presque rien. Voilà une ceinture qui n'en finit pas de tanner une peau fine qui n'a rien d'un cuir récalcitrant. Et chaque coup de lanière est comme un coup de queue, il atteint le juste centre de mon corps. Comme aucun coup, de main ou de bite, ne le fera jamais.
Ses cuisses m'emprisonnent et évidemment, elles sont un étau parfait, confortable et inéchappable. Ses mains viennent parfaire ce que la ceinture a oublié. Ma tête résonne du plus beau des bruits, et je pars en transe comme dans une cérémonie vaudou. Les ondes me parcourent des orteils qu'elles chatouillent à la pointe des cheveux qu'elles font dresser. Mon corps danse un truc pas répertorié, bien plus remuant que le tecktonik, plante plissée, paume plate, taille anguille, hanches ivres.
Venus de nulle part, de ses yeux peut-être, des cingleries succulentes attaquent mon dos, des doigts par dizaines malaxent mes seins, des tentacules d'incube caressent dehors dedans, je ne sais plus. Je suis juste un corps qui jouit, enfin, qui se la raconte.
Je n'en finis pas de décliner mes dadas, je n'ai pas plus le sens du temps que de la mesure, la raison n'a rien à faire ici, je frotte mes sens (à défaut d'autre chose) comme une lampe d'Aladin, je m'invente des septièmes ciels à répétition, des cordes volantes, des tapis dans quoi on m'enroule, je deviens un tapis, une corde, une liane vivante, une peau vibrante. Nous ne sommes plus que trois, lui, moi et le fantasme qui entretient la flamme.

Fin brutale comme un réveil. La lumière est revenue, je me frotte les yeux, pas la peine de me demander quel était le film. Et la photo de mon partenaire malgré lui n'est même pas sur internet.

Quand j'entends quelques accords de Light my fire, ou la voix de Leonard Cohen, je ressens une mise à feu assez similaire.



Ca tend (pas) la bite

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CHRISTINA Ricci, amaigrie au look white trash, Samuel Jackson en bluesman, une chaîne qui fait des tours et des détours pour les lier dans ses boucles sensuelles, son boulot de chaîne en somme, et un titre qui nous parle du gémissement du serpent noir, ça sent le sud, le chaud, et mon esprit délié mais obsédé m'assure que je vais tenir là une bonne petite série B crypto SM possiblement excitante.

Déception. En fait, elle est une pauvre petite paumée qui parce qu'elle a été violée par son père est devenue une nymphomane dont seul son fiancé arrive à canaliser les débordements. Mais il part, c'est son devoir, sauver le bushisme en Irak. Et là voilà, reprise par ses démons (le mot est choisi à dessein), quelque part entre une crise d'épilepsie du temps de Charcot et la gamine à la tête giratoire de L'exorciste, il s'en faut de peu qu'elle ne vomisse de l'écume verte et qu'un curé se précipite, missel et gousse (d'ail) en bandoulière. Faute de représentant de Dieu sur terre, c'est un brave homme, croyant et pieux, la recueille, et pour qu'elle n'aille par courir le gueux et se faire mettre par tous les ploucs du coin, l'enchaîne au radiateur. C'est thérapeutique. On attend qu'il aille à la grange chercher le fouet, ou dans sa salle d'eau récupérer le cuir à affuter les rasoirs. Déception. Quand elle se tord à ses pieds, lui offrant tout ce qu'elle a l'habitude de donner aux hommes, il prie Dieu. Pour un peu, il lui collerait le silice pendant qu'il se flagelle.

Alors, série B, pour sûr, mais moralo bigote gnangnan. Et l'affiche joue à fond l'ambiguïté, puisque la scène représentée est une photo posée, et n'existe pas telle quelle dans le film (dont la scène finale donnera des idées d'alliance, l'objet, aux futurs mariés sm, n'en doutons pas, enfin, ceux qui se marient bondieusement).

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L'agronome, Delacroix et Gorée

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© Zootrope films

ALAIN Robbe-Grillet avant d'être écrivain, scénariste, réalisateur et immortel est agronome. Avec une affection particulière pour les fruits. C'est ainsi que dans Gradiva, son nouveau film, on trouve des seins en poire, en pomme et en melon même (la minçotte Ally McTiana de chez John B. Root revenue au cinéma traditionnel avec une paire de nouveaux nichons pleins d’ostentation et son patronyme d'origine, mais toujours à poil dans le rôle de la servante-maîtresse), des culs en pêche et même des abricots.
Alain Robbe-Grillet a 84 ans, sa femme Catherine est mieux connue comme Jeanne de Berg (domina à voilette des salons privés germanopratins), et ils partagent quelques fantasmes sm. Ici, sous prétexte d'exploration de l'oeuvre orientaliste de Delacroix, un historien se retrouve membre d'un Cris et Chaînes sis à Marrakech sur mystères et nommé plus artistiquement (et clin d'oeil, en souvenir...) Club du Triangle d'or, où des hommes en habits chassent des proies dressées à leur obéir. Au gré de tableaux vivants, ce ne sont que femmes enchaînées, fouettées, marquées. Certains regretteront qu'Arielle Dombasle n'en soit pas, les rôles de Gradiva ou écrivaine, c'est selon, lui étant réservés.

Un peu pervers pépère, un peu rigolard tendance surréaliste, tissant toujours son érotisme de violence, monsieur de Berg montre assez bien comment des aveugles, impuissants et consorts tirent quelque potence de la mise à bas des femmes. Leur esclavage, réel ou simulé.

Ce qui m'amène à Gorée, parce que nous sommes le 10 mai, et à Gor, cette planète de roman dont les habitants s'appellent pareillement les Goréens. Si le premier est un lieu bien plus symbolique que rigoureusement historique, Gor sur Second Life est bel et bien une île aux esclaves, où le jeu de rôles permet, sous l'influence d'un mauvais roman de SF en une vingtaine de tomes, d'être kajira. Je n'arrive pas à décoller l'un de l'autre, mais je suis du genre à rester scotchée au fond du paquet par les connotations.



Mazette, quel vibro ! (Destricted)

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© Tadrart Films

CIRCULEZ, y a rien à voir. Vendu comme la réflexion sur la pornographie (et une tentative de lui rendre ses quartiers d'esthétisme) de sept cinéastes pas tout à fait mainstream, plutôt arty mais encore moins appointés par Marc Dorcel, Destricted est une purge composée de sept courts métrages sans aucun autre lien entre eux que le concept à l'origine du truc hétéroclite.
Il en résulte un ensemble sans queue ni tête, quoique bourré de queues et de têtes, à l'exception du moyen métrage de Larry Clark qui interview moult jeunes gens Américains dont l'un (l'emo de service, of course) gagnera le droit de tourner une scène porno (hé oui, mon chou, on a du caca sur la queue dans la vraie vie, c'est pas toujours comme au cinéma cochon qui évite soigneusement les "anales marrons"), où l'on comprendra d'où vient la haine du poil et autres comportements sexuels des gens modernes. Comment le cinéma X rentre dans la chambre à coucher de la ménagère de moins de 50 ans, quand bien même elle n'en regarderait jamais.
Petite étoile, mais toute toute petite, bdsm au Matthew Barney où un sculptural garçon sylvestre, moussu par ci, feuillé par là, des fleurs prenant racine dans son cul et naissant dans sa bouche, est aux prises avec, pris par, va savoir, une gigantesque Caterpillar des 50 tonnes (un élévateur, faut bien ça quand on cause phallus) destiné à la déforestation dont une pièce du moteur polit son érection jusqu'à l'éjaculation, mais jamais fusion ne se fera. C'est à peu près aussi chiant à regarder, une fois le dispositif décortiqué, qu'à vivre un coït mécanique qui n'en finit pas...

Le porno, c'est vraiment une affaire de spécialiste. Allez, John B. Root, reviens ! Et toi, Gaspard Noé, cesse de jouer avec la minuterie des néons.

(Quant à moi, ce n'est pas ce genre de pellicule qui relancera mon diesel fantasmatique.)



La ligne claire

Rue Bricabrac, bdsm, douleur

Dans la bande-annonce d'un film de Raphael Sibilla, No Body is Perfect, un documentaire sur les fantasmes hélas visible seulement en Suisse, semble-t-il, un primitif moderne tient ces propos :

Il n'y a pas de souvenir de la douleur

Juste avant lui, un autre adepte des mêmes pratiques (suspension par la chair même) dit que la douleur lui apporte les mêmes sensations que le sexe.

J'écoutais cela en repensant à des commentaires récents, tout en m'interrogeant sur cet oubli de la douleur.

Voulait-il dire qu'elle se confond tellement avec plaisir que ce n'est que ce dernier dont on se souvient ? Dans le masochisme tel que je le vis (ou essaie en tout cas), j'ai un total souvenir de la douleur, et de sa fusion, quand ce miracle se produit. Oui, je trouve que cela tient d'une chimie fragile et en aucun cas du stoïcisme ou de la résistance, chimie étant bien le mot puisque le mélange existe quand les endorphines sont de la partie, endorphines plus difficiles à faire surgir du corps qu'un lapin d'un chapeau.

Je me souviens très exactement de toutes les fois où j'ai basculé dans un ailleurs où j'étais consciente qu'il y aurait dû avoir douleur alors que je ne ressentais qu'éblouissement euphorique.

Mais je ne suis pas un primitif moderne...

Dans le film, enfin, sa bande-annonce toujours, il y a des belles promesses de bougies sur poitrine offerte et un trop rapide aperçu d'une flagellation d'une femme suspendue. Que ce doit être bon d'être ainsi écartelée en araignée, entre sol et plafond, fesses et fente à hauteur des yeux de l'autre, et cinglée/balancée tout à la fois, sans poids ni foi.

Presque à la fin de la bande-annonce, cette citation de Tahar Ben Jelloun

On est tous à la recherche d'une frontière, une ligne claire entre le rêve et la réalité

Ma ligne claire, je l'espère, ressemble à la marque d'une cravache.

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Fetisso

Bande annonce d'un projet de Broken Prod, embryon d'un documentaire à venir, ces 7'55 de Fetisso sont parmi les plus intéressantes vues sur le sujet. Juxtapositions d'images quotidiennes, de pub, de séances photo, de soirées, d'interviews d'acteurs ou de théoriciens, avec une excellente musique en prime (Nick Cave, Peaches).

7'55 qui rendent tout trépignant à l'idée de voir le film bouclé par son réalisateur Xavier Legrand. Du talent et un discours, ça manquait un peu parfois, dans le secteur !

via Sexe, love'n gaudriole

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Oh, shocking ! (Ballbusting)

Grand raout mardi dernier à Leicester Square, London, où entre Elton John et Mohamed Al-Fayed, la Reine et son consort Philip étaient conviés à assister à l'avant-première de James Blond dans Casino Royale.
On pouvait se demander ce que Sa Gracious Queen allait faire avec la roture, histoire de voir ce que l'on pourrait prendre de prime abord pour un long spot de pub pour la gamme VAIO de chez Sony (une belle gamme, y a pas à dire) à moins qu'il ne s'agisse de découvrir les créations décolletées et satinées d'un nouveau couturier dyslexique qui a trop vu Dynasty dans son enfance. En tous cas, pour aller déposer son appointment à celui que toute la ville de Londres fêtait en cette semaine, Elizabeth II était en robe de bal. Mais sans VAIO.

Elle aura pu, ainsi vêtue d'un ivoire so chic, se rendre compte du coup de jeune qu'à pris cette chère vieille chose de 007, puisque remis à l'heure des origines, un peu voyou, très sentimental, pas trop joli mais tanké largement ce qu'il faut, et blond oui, comme Bowie. Quant au réalisateur Martin Campbell et à ses producteurs, c'est clair, ils ont calculé que John Woo et Quentin Tarantino étaient les nouvelles références du cinéma d'action.

Et c'est à cela que je veux arriver, et non pas faire oeuvre de pédanterie cinéphilique, à la violence. Dans le livre, il y a une scène de torture pas piquée des vers. A l'écran aussi. Et ça ne rigole pas. Surtout dans la salle (sauf peut-être quelques femdoms pratiquantes ou girls next door larguées de fraîche date et en mal de vengeance cuisante). Tandis que tous les hommes ne savaient réprimer un frémissement (pour les mieux élevés) et serrer les cuisses comme une communiante saisie d'un frisson mystique, Sa Royale Présence était parfaitement raccord avec son ball frock.

Rue Bricabrac, bdsm, James Bond

Car débarrassé de son froc et du reste, enfoncé sans ménagement sur une chaise percée pour l'occasion par un nervi à couteau, en tête à tête (si l'on peut dire, on n'en verra pas plus, pas question de se taper une interdiction pour cause de full monty) avec the villain de service (Mads Mikkelsen l'acteur tout droit sorti des danois Bouchers Verts, un clone de Christopher Walken qui aurait pris des leçons de stoïcisme chez Kaurismäki), James est en très fâcheuse posture. Car cette enflure de Chiffre, muni d'une corde (de la largeur d'un avant-bras, on ne fait pas dans le bolduc ici) terminée par un nœud proportionné (gros comme une tête hydrocéphale), imprime à celle-ci un balancement menaçant et précis, en laissant tomber d'une voix lasse et froide "Les méthodes sophistiquées d'interrogatoire m'ennuient." Et de corde à nœud, il n'y a qu'un élan.

Alors, joignant l'outil au désagréable, il entreprend la séance de ballbusting la plus sévère jamais vue dans un film. (Si l'on n'était pas au cinéma, nul doute que ce pauvre James, définitivement débarrassé de son appareil urogénital, pourrait tenter une conversion du côté du chant lyrique, sous section musique baroque.)

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Sexbus

Rue Bricabrac, bdsm, cinéma
photo Bac Films

Il y a quelques semaines, j'ai lu sous sa propre plume qu'une dominatrice avait été priée de s'abstenir de fréquenter je-ne-sais-quelle soirée dédiée, parce qu'elle ne présentait pas suffisamment bien, rapport aux critères de l'hôtesse.
Ne connaissant ni l'une ni l'autre, je me garderais bien de juger (d'autant que je tape suffisamment sur les dogminateurs de tout poil).

Cela me permet juste de me demander si Severin, la dominatrice du film Shortbus* (de John Cameron Mitchell) qui sort aujourd'hui, serait bien reçue dans cette soirée. Severin (l'actrice Lindsay Beamish est aussi une danseuse et chorégraphe), qui sort plus d'une bande-dessinée ponque, qui mélange le rose bonbon au noir gothique, le mauve au violet, le brun au blond, est une pro comme on l'appelle là-bas, une vénale comme on dit ici. Et dans cette fiction, elle cherche l'amour.

La beauté de Shortbus, un film qui parle de sexe, et le montre, d'une manière on ne peut plus explicite sans jamais être pornographique ou même érotique (ce qui veut juste dire qu'il ne procurera aucun orgasme à personne), est qu'il a la liberté d'un certain cinéma expérimental des années soixante-dix (qu'il s'agisse d'un Rosa von Praunheim ou d'un Dusan Makavejev) mais sans la joie de ces années-là, de ces films-là. Le SIDA, le 11 septembre et le XXIe siècle sont passés par là. Et dans ce film indispensable et décomplexé, lucide et choral, à l'image de Severin, chaque personnage cherche quelque chose que sa manière d'être ne laisse pas supposer.

Shortbus est un film pour les désaxés, les amoureux, les moutons noirs ou à cinq pattes, les vilains petits cygnes, les canards boiteux. Pour nous autre, quoi.

* où l'on peut voir en introït, qu'une pratique assidue du yoga permet de se faire une pipe tout seul, ou en tous cas, de réunir furtivement lèvres et gland. Voilà, c'est dit. On peut passer à autre chose.

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Outing

Je voulais continuer à mener une vie discrète sans aller m'exhiber dans les clubs, mes tétons au balcon ; sans répondre aux demandes d'interviews des journalistes du monde (voire du Monde), péronnelle pontifiante ; sans inviter le chaland à ma soirée diapo, cul zébré en GP. Bref une existence quiète et ombragée sans logo ni publicité.
Et patatras ! Une paparazzade !
Dans un mois pile, ma vie, cette vie dans ce qu'elle avait de plus scellé, sera sur tous les écrans. Images volées, intimité pillée. Et pas par des amateurs. Par une bande organisée, et pas qu'un peu. Les coquins ont préféré la gouache et le carand'ache à la DVHD. Bric à Brac est un dessin animé. Une compil.

Histoire de désamorcer un peu le choc (pour moi en tous cas) du 4 octobre prochain, voici une image que j'ai réussie à voler aux voleurs. Et qui prouve qu'on n'est plus tranquille nulle part. On va un dimanche en forêt, on fait mumuse dans les prés et bondage dans les arbres (certes, dominamant n'a que son premier noeud plat en shibari, tout le monde le saura), et en trois coups de crayon, l'affaire est dévoilée. Ainsi que mon sanctuaire.

Rue Bricabrac, bdsm, cinéma

(Blague à part, cette compil de DA tous courts tous choux est destinée aux tous petits et n'a rien à voir avec mes pignolades.)

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Histoire d'O...mbre (XXXB passe son brevet d'expert comptable)

Rue Bricabrac, bdsm, XXXB

Il fait moins chaud, mais XXXB, toujours en attente de lendemains torrides, couve toujours son répondeur, fidèle messager des appels non parlés mais passés.
Raccrocher n'est pas jouer, mais la comptable des actes manqués creuse l'absence à coups de petites annonces.
Rien de neuf sous le soleil.

Ah si, un film rarissime (en France du moins) de Masaru Konuma, qui flatte tous nos penchants sm, La vie secrète de madame Yoshino (et qui a beaucoup nourri mes fantasmes quatre saisons, ceux-ci, autour du tatouage).

Rue Bricabrac, bdsm, Masamaru Konuma
© Zootrope Films

avec la très belle Naomi Tani, dite la Marilyn Monroe du bondage, comme le prouve cette image

Rue Bricabrac, bdsm, bondage
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Masumura, on ne s'en lasse pas

L'été dernier, la reprise de Tatouage de Yasuzo Masumura donnait un coup de projecteur à ce cinéaste connu des seuls amateurs. Son sens sinueux de la perversion est inoubliable. Pour les parisiens et les rennais, pour le moment, deux autres somptueux Masumura sortent, Passion et La bête aveugle.

Passion-© Zootrope Films

Passion (d'après Tanizaki) est tissé autour de la toxique égérie Ayako Wakao, perfection d'ambiguïté, cruelle créature aux airs angéliques qui se sert de sa séduction comme d'une arme létale. Il y a des regards, il y a de la manipulation, il y a du sadisme, le vrai, celui qui bousille les âmes. Mais en dehors de ce personnage de femme très libre, et maîtresse de son désir, rareté pour l'époque et la région, ce n'est pas un Masumura indispensable, juste nécessaire.

La bête aveugle-© Zootrope Films

Beaucoup plus dans les thèmes qui nous passionnent, c'est à dire le plaisir dans la souffrance, La bête aveugle (d'après la encore un roman, cette fois-ci de Edogawa Rampo, Masumura qui avait comme ami de lycée Mishima, a un goût très sûr en matière de choix littéraires) franchit un pas de plus dans la cruauté et le cannibalisme. Conte carnivore sur le narcissisme, une mannequine (non plus Ayako Wakao mais Mako Midori, au look très Marie Quant) qui n'existe (et ne jouit, sans doute) que du regard des autres, est kidnappée par un sculpteur aveugle (qui habite chez maman et dans un décor fellinien/saint-phallien). Mais ses mains ont des yeux, et savent trop bien morceler les corps. Il y a quelque chose de terriblement érotique dans les rapports entre le modèle et l'artiste, on le sait. Mais ici, c'est tordu, malade, paroxistique, infiniment sensuel, c'est l'érotisme vu comme une tubéreuse venimeuse qui exhale ses parfums, ses poisons.

Marebito - © Celluloid FilmsSortie nationale en revanche pour un nippon plus mineur mais qui explore les mondes de la peur et du voyeurisme, sur le mode de l'horreur et du surnaturel, Marebito de Takashi Shimizu. Juste en guise d'apéro.

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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
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L'oeil
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