Rue Bricabrac

Le lien du désir

Rue Bricabrac, bdsm, liens
Rosie Hardy

TU m'as envoyé cette photo.
Elle te fait penser à moi.
Sans doute parce qu'elle évoque notre relation.

Une relation sm réussie (et je ne parle pas de la D\s à quoi je ne connais rien) est ce mélange de lien et de liberté (combien d'ouvrages réunissent les mots chaînes ou liens et liberté ou plaisir). Un dosage très exact, parfaitement équilibré, sinon, la relation rompt, et tombe.
Comme pourrait le faire la femme de la photo, qui semble ne tenir qu'à un souffle.
Ce ne sont pas les liens qui lui donnent sa liberté, comme on pourrait le croire, c'est sa liberté de les avoir choisis, pour jouer à l'oiseau, à la Lorelei qui se prendrait pour Icare.

Ce n'est que parce que je suis libre, profondément libre, jouissant de mes mouvements, de mes choix, de mon libre arbitre, que je peux non seulement désirer parfois en abdiquer sans me sentir trahir mon humanité, mais aussi l'accepter, dans ce que cela peut avoir de plus révoltant. Quelque chose, quelqu'un, m'aliénerait, j'en serais incapable. Ce ne pourrait plus être la relation que je veux vivre.
Elle serait faussée, entachée, pervertie. Elle serait vécue pour de mauvaises raisons.
(Par mauvaises raisons, j'entends autre chose que la recherche du plaisir.)

Sur cette photo, sans ces liens si simples, il ne serait pas possible de savourer l'ivresse du vide, la peur de la chute, la chaleur d'un soleil couchant mêlée à la fraîcheur d'un vent debout.
Il n'y a eu besoin de personne pour s'attacher ainsi.

Et c'est parce qu'il n'y a besoin de personne que c'est bon qu'il y ait quelqu'un. C'est ce qui fait que l'on sublime le besoin en désir.

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Whiip

Rue Bricabrac, bdsm, fouet
Traitement d'image O***

LES fins de semaines passent à toute allure, impossible de lâcher la whiipmote avant d'être pantelant. Tout ça pour faire bonne figure au concours.

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Vengeance sauce sm

Rue Bricabrac, bdsm, vengeance
© CBS

IL a pas mal été question ici de la sauce vanille à laquelle le sm était souvent accommodé ces temps-ci, des pubs pour crèmes aux cravaches espiègles.

Pourtant, il reste des niches où la lumière ne brille pas et où la pratique sadomasochiste est encore synonyme de vergogne et de gémonies. Los Angeles par exemple, où, si l'on en croit un "insolite" de Courrier International (et pas mal de sites de ragots américains), Scott et Melinda Tamkin ont porté plainte contre la scénariste des Experts, Sarah Goldfinger.

Selon leurs allégations, la dame se serait vengée de ce couple d'agents immobiliers en donnant leur nom, leur profession (et en choisissant des acteurs qui leur ressemblaient) à une paire de chelous dans l'épisode Fried and Minty Fresh (le treizième de la saison 9). Scott, drogué d'alcool et de sexe sm tue son épouse Melinda. Au dernier moment, le nom Tamkin a été remplacé par Tucker. Qu'importe, l'affaire au pays le plus procédurier du monde ira en justice.

Auraient-ils été moins chiffonnés si Mme Goldfinger les avait dépeints comme des débiles mentaux ? Ou comme des fans de Michael Jackson ? Ou des membres du KKK ?
La scénariste, pour les humilier, n'a pas choisi d'en faire des supporters de George Bush, ni des marchands de sommeil pas plus que des capos de la Mafia.

Des pervers sexuels, serait-ce encore ce qui marche le mieux pour déclencher l'opprobre (du ruisseau bien sûr) et la stigmatisation (hou hou hue la foule devant son chewing-gum pour les yeux) ? C'est plus la honte d'aimer l'amour vache que de piquer sa retraite à une vieille, que de voter George Bush, Et tant pis pour Yoda et Weeds. Voilà aussi la différence entre Los Angeles et San Francisco, entre CBS et Showtime.

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Pluton m'emporte

Rue Bricabrac, bdsm, symbole
Détail d'une statue de Bernini dit "Le Bernin"

TRÈS rarement, je trouve une image qui symbolise ma vision du sm. Sans qu'il y ait besoin de mots. Avec ce qu'il faut d'électricité érotique.

En voici une. On peut admirer la statue en pied et en marbre au palais Borghese. Mais ce détail, cet incroyable et violent réalisme qui fait passer la pierre pour la chair, cette longue main de Pluton dans (plus que sur) la cuisse et le flanc de Proserpine au moment de l'enlèvement, me bouleverse.

Syndrome de Stendhal. Sans détour. Après des heures de fascination.

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SM à votre service

Rue Bricabrac, bdsm, sm

En bas de chez moi, précisément, le service express qu'on avait rêvé.
Si seulement ce n'était pas une société de désenfumage.

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Sabbat, ça bat

Rue Bricabrac, bdsm, mot à maux
Edgar Degas

NOS festins sont mes fesses teintes.
Tu me bats amour, mon dos lacéré adosse ta conviction.
Je pleure pour étancher ta soif.

Ma peau brûle de ton feu intérieur.
Mes rougeurs t'éclairent et t'allument.
Mes cris et mes suppliques te nourrissent.

Nos sabbats sont des balthazars.
Mes marques sont celles de ton affection.
Tes mots sont mes onguents réparateurs.

Tu n'as pas peur des mots, je n'ai pas peur des maux, rimons ensemble, sans oublier d'en rire, comme des enfants pas sages, des ados sauvages. Dans notre outre-monde, univers d'outrance, nous sommes les animaux rois d'une jungle où je t'autorise à jongler avec mon corps.



Madeleine est revenue

Rue Bricabrac, bdsm, surréalisme
Luxure - Clovis Trouille

J'AI fait mentir mon nom de guerre : j'ai rangé ma bibliothèque. C'était un sacré bazar, il faut le reconnaître. Doublé d'un nid à poussière. Trois lombaires au champ d'honneur et la surprise de découvrir mon nez toujours en place malgré des éternuements dignes de la saison des foins plus tard, tomba ma récompense.

Sous la forme de la page 245, une reproduction d'une toile de Molinier, qui essayait de s'échapper d'un petit livre au pâle ocre jaune. Suivie d'un décollement de la 247 : chapitre IV, SADO-MASOCHISME.
Publié en 1971 chez Idées/NRF, il s'agit de l'épuisé Surréalisme et sexualité, de Xavière Gauthier. Je croyais l'avoir prêté, perdu, je l'avais pleuré. Je n'imaginais pas le feuilleter à nouveau.

Ce livre a été essentiel dans ma vie. J'avais presque 17 ans, tous mes fantasmes encore intacts, j'oscillais entre un très précis et douloureux sentiment d'anormalité et un solide sentiment de singularité et d'exception. Ce n'était pas le mouvement féministe qui allait me réconcilier avec cette sexualité tellement différente que personne n'en parlait. La liberté sexuelle n'allait pas jusqu'aux "perversions" (peu de temps avant, faire l'amour sans penser à procréer en était aussi une, de perversion). Et voilà que cette femme, professeure, féministe, militante, abordait, à travers les surréalistes, l'Éros sous toutes ses formes. Bien que j'ai tout lu de la première à la dernière page, certaines parties des 247 et suivantes ont supporté mes masturbations (je n'avais besoin que de lire et de serrer les cuisses, look mom, no hands) quotidiennes.

La croupe frémissante se contractait spasmodiquement.

Et toujours dans le même Desnos

La croupe sonore avait été cinglée par le plat de la main et ses muscles seraient bleus le lendemain.

J'étais fascinée par Luxure, un tableau de Clovis Trouille, et son Dolmancé a affirmé mon goût fétichiste pour les costumes XVIIIe, les costumes masculins.

J'aimais déjà les surréalistes. Ils m'ont aidée à aimer ma sexualité. Je me suis mise à en lire certains en pensant trouver mille et un récits de verges, et j'ai découvert des univers littéraires tellement séduisants.
De ces émois restent des paillettes d'orgasmes et des pages de mots. Et c'est aussi depuis Surréalisme et Sexualité que je sais que sans les mots, les maux ne sont rien.
Je peux faire l'amour comme on fait la guerre. Je peux accepter qu'on me fasse l'amour comme on commet un crime.

Ma madeleine aujourd’hui se prénomme Xavière.



La Corée plutôt que Gorée

C'EST un film dont on parle beaucoup, toujours, dans le microcosme en tout cas, qui est passé comme un éclair dans les salles au siècle dernier, en 1999, qu'on doit à Jang Sun-woo et pouvoir revoir dans des endroits comme "L'étrange festival". Gotijmal, mensonges, traduit en français par Fantasmes, plus accrocheur.
Ce qui se passe dans le film, une relation sm pure et dure, mais sans folklore, entre une jeune fille et un homme plus âgé vient se superposer comme und décalcomanie sur l'histoire du tournage où rien n'a été simulé, un tournage qui ressemble parfois à un reportage et qui raconte une liaison sado-masochiste on ne peut plus joyeuse. Et c'est cette joie que j'ai aimée.
Même si elle ne dure pas éternellement.

Comme le dimanche, quand j'étais petite, et que je me sens très petite ces jours-ci, il y avait ciné-club, je reproduis le truc, tout en restant en thème. (Alors que le film; par sa construction même et son goût des longs plans séquences ne mérite pas pareil saucissonnage).

Et parce que j'aime aussi les comédies, le cinéma tchèque, les films en costumes, les stucs et les couronnes qui tiennent aux cheveux, y a une grosse bizarreté .
Et une autre scène de Fantasmes/Lies/Gotijmal ici, mais sans rien à manger.



Le sm, c'était mieux avant

Rue Bricabrac, bdsm, nostalgie

NOSTALGIE, nostalgie, quand tu nous tiens...
Sur les sites de rencontres bdsm, quelques vieux de la vieille qui ont enfoncé des roses dans l'urètre de Molinier ou qui ont assisté aux premiers sermons de Madame Robbe se répandent en lamentations amères.

Où est-il ce temps où des gens du monde vanille claquaient leurs SICAV en Minitel tant le niveau intellectuel des discussions sur les 3615 JEFOUETTE était élevé ? Et même pas pour coucher ! Car du Marquis divin aux jeunes hégéliens, il n'y avait qu'un pas qu'on franchissait sans besoin de pony-girl et, une fois attaché à la conversation, on ne voyait plus le temps passer avec la philosophie. Parfois, des atomes se crochaient et l'on invitait l'autre à un thé au logis (ce jeu de mots à 2 balles n'est même pas de moi, il est de Messiaen). Alors qu'aujourd'hui, si l'on croise un Marquis (ou un Vidame, mais les pauvres entendent vît dame et pensent travelo, les paltoquets !), le mieux qu'on puisse en faire, c'est de l'inviter à dîner un soir où François Pignon ne sera pas libre.

Je vous le dis, le SM c'était mieux avant.

Avant que Cosmo, Elle et Marie-Claire n'interviewent la soumise de référence, si blonde et jolie comme une fée de contes dans s a guêpière immaculée et ses bas blancs, avant que des lycéennes plus belles que toutes les lolitas du monde littéraire s'offrent corps et âmes et plume à des hommes en bottes à la voix grave et la cravache chic.
Ah, jadis ! Quand on se retrouvait, dans des appartements cossus de notables et gradés de ce monde, avec des dames habillées d'uniforme à tournure de gouvernantes victoriennes et les cheveux coiffés d'une voilette, si ça se trouve, c'est Jeanne, mais si, vous savez bien, la femme de l'agronome ! Quand on se faisait bourriquer par des messieurs replets à la queue courte, mais au long CV et au portefeuille encore plus rond que leur bedaine. Des psys renommés venaient conjurer leur complexe de castration tandis que des acteurs et des politiques ne se masquaient même pas, on était entre gens du monde, du même, celui de la connivence et du silence, et pas des gazettes et de l'internet haut débit pour tous ou presque.

Aujourd'hui, n'importe quel sagouin bercé par ses fantasmes et une violente envie de baiser peut se déclarer dominateur, avec une cravache en plastique acheté dans une enseigne sportive à succursales multiples. N'importe quelle pétasse contrefaite en surpoids conséquent qui trouve une paire de bas autofixants en XXXL et qui dispose d'une webcam peut s'offrir à des maîtres qui craignent leur épouse. Il y a même des couples qui se forment, et qui s'aiment, et qui durent, sans avoir été bénis par sainte Berg ou l'un des curés de saint DAF. Si ça se trouve, il la fouette mollement sans lui arracher les chairs ou des cris, il ne lui a jamais cousu le sexe (il a peur du sang, le jean-foutre), elle a discrètement craché sa semence après l'avoir sucé même pas à fond et elle lui jure qu'il a une grosse queue alors que comme tout le monde, il affiche quand il est aux taquets les 15 cm réglementaires de la moyenne nationale. Et s'il lui offre des boules de geisha, il a les a commandées chez Concorde.

Comme dans le métro depuis qu'il n'y a plus de première classe, il faut fréquenter cette populace mal éduquée qui ne sait pas faire un bondage selon les règles de l'art, qui ne possède pas de donjon secondaire, et qui parfois même, pouah, ignore ce qu'est un rosebud ou un bukkake.

Le sm est tombé bien bas, mes amis. On ne dira jamais assez fort le mal que Chantal Thomass lui a fait en sortant des menottes en dentelle.
3133t roxe ! Mainstream sux !

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Douleur exquise (toubib or not toubib)

Rue Bricabrac, bdsm, douleur
photo Ghostlee

JE connaissais "Douleur Exquise" de Sophie Calle, le livre, puis l'installation, la douleur du titre étant celle d'un rendez-vous manqué à New-Dehli, avec un coup de fil en guise de rupture.

Douleur exquise était pour moi un oxymore au même titre qu'intelligence militaire.

Jusqu'à ce que, hier, sur une ordonnance destinée à un radiologue, je lise "douleur exquise à la palpation".
Je me demande si mon masochisme est soudain sorti du bois dont on fait les baldaquins et les paddles, et qu'un traumatisme me procurait ces sensations contrastées et jouissives dont une généraliste finaude aurait compris l'ambiguïté.
Mais non.

Les douleurs ont des jolis noms, même quand elles ne sont pas exquises. Elles peuvent être lancinantes, fulgurantes, térébrantes, pulsatives, pongitives, tensives, erratiques, tormineuses, ostéocopes...

Comme certains rêvent de traverser l'arc-en-ciel, le masochiste sera comblé par un parcours entre toutes ces douleurs, jusqu'à en oublier les noms, mais se souvenant des coups de badine, des chairs écartées, d'un poing dans le cul, d'une pince ôtée après avoir été portée jusqu'à l'anesthésie, d'un fouet qui passe le mur du son avant de s'enrouler, de muscles endoloris, d'un battoir qui tente d'aplatir des rondeurs...
Tout cela est exquis, mais la médecine a plus de vocabulaire.
Lance-moi des piques de feu et de glace, entraîne-moi dans tes ténèbres, fait grimper mon pouls, tambourine-moi de raquettes, étire-moi en long et large, balade-moi dans des contrées incognita, tourmente-moi jusqu'à ce que je me torde, fais-moi osciller contre ton corps...

Comme je préfère l'exquise douleur (l'inversion devient indispensable pour bien différencier) à la douleur exquise, surtout quand elle devient lancinante et qu'à la veille d'un long week-end, les radiologues sont sur répondeurs saturés, je vais bonder bander ma douleur exquise et espérer croiser D*** pour d'exquises douleurs... et beaucoup de succulents plaisirs partagés.

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Impure cherche futur

Rue Bricabrac, bdsm, impur
photo Eros Centurioni

le sado maso c'est pas votre truc, vous êtes une fille propre vous.

TU l'as dis.
Insomnie, télécommande, power toggle. On est sur la 5, puisque j'avais enregistré Nip/Tuck, même si mon coeur est définitivement acquis à Dr House, et que Troy a trop la même bouche d'un homme qui m'a tant fait chavirer. (Et puis il faut savoir s'arrêter quand il n'y a plus de jus, et Nip/Tuck ne mouille plus, c'est clair.)
Le type qui parle, c'est Guy Marchand, on est dans un (vieux, forcément) Nestor Burma. Il y a même une maîtresse en chambre sortie de l'absence d'imagination d'un scénariste qui lui a collé la casquette "papy était nazi" d'un lederschwuhl berlinois. Gott sei dank !

La fille à qui il s'adresse, une pute ou une call-girl, est propre (chez Léo Malet, on aime les horizontales, il n'y a pas de mépris envers les frangines) donc ne trafique pas dans le marigot sado-maso, les gapettes en vinyle, les bodys en plastoc, les coups, les gnons, les michetons à croupeton.

Si je file l'axiome comme s'il était une métaphore, je ne suis pas propre. Je suis sale. Impure. Comme souvent les femmes quand les hommes les considèrent. Et je ne parle pas que des talibans et autres orthodoxes de toutes sortes de calottes.

J'avoue que ça me plaît assez.
On a longtemps lutté contre la loi de la normalité.
Le temps est venu de se battre contre la pureté, la vertu, l'asepsie.
Merci, Nestor, d'être passé par là, merci Morphée de m'avoir rejetée.

(Je crois que les deux bellâtres ont aussi frôlé le bdsm dans l'épisode d'hier rediffusé ce soir, mais l'enregistrement a foiré, trop de sm sûrement...)

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Elle voit du SM partout (C'est ludique)

L'UN des grands jeux du net en ce moment, c'est de réaliser la couverture de "Martine" la plus décalée et déjantée qui soit grâce à un générateur en ligne. Il y en a d'hilarants.

J'aurais aimé un Martine au donjon, Martine au bal de Sade ou un Martine tend les verges pour se faire battre, mais non...
Alors j'ai choisi le canasson.

Rue Bricabrac, bdsm, Martine

L'essentiel n'est-il pas de participer ?

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Anastasie, ta censure m'anesthésie

LE long-métrage japonais Quand l'embryon part braconner de Koji Wakamatsu est un de ces films tout à la fois sublimes, malades, sombres, engagés, dérangeants, excitants, révoltants, étouffants, érotiques, politiques, esthétiques, chaotiques... et tout un tas d'autres choses que la morale réprouve et que la liberté approuve.

Rue Bricabrac, bdsm, cinéma, censure
Zootrope Films

Un homme et une femme, lui vengeur, elle consentante pour une nuit d'amour, mais pas pour le fouet, la fessée, les insultes, la laisse, enfin, la corde, et les humiliations. Une nuit d'humeurs, d'horreurs. Le corps de la femme est désirable. Sa douleur est palpable. Le noir et blanc est sensuel. Oui, le film est violent. Il est sadien, aussi, dans un huis-clos qui renvoie à des oppressions subies par la jeunesse japonaise dans la société des années 60 et qui nous sont inconnues. L'image de la femme n'y est pas plus dégradée (l'une des raisons de la censure française, avec la "violence morale") que celle de l'homme (d'ailleurs, la Ligue des Droits de l'Homme s'insurge contre l'interdiction aux mineurs). En tout cas, la dignité des uns et des autres est mille fois moins attaquée que dans des émissions comme La roue de la fortune ou la Star Ac'.

Et voilà que l'agrégée de lettres échappée du château de Versailles (son haut fait d'armes fut d'avoir facilité le tournage in situ du Marie-Antoinette de Sofia Coppola) qui siège actuellement à la Culture a suivi l'avis de la commission de censure et a interdit ce film, distribué dans un circuit art et essai, aux moins de 18 ans, ce qui équivaut à un arrêt de mort par étouffement (pas de diffusion sur Arte par exemple, donc pas de droit télé, et vu que le film est dépourvu de toute séquence de pénétration, ce n'est pas Canal+ qui le prendra pour sa séance du samedi nuit, d'ailleurs, pas de sm sur canal... on fait dans le porno mais faut pas déconner non plus).

Le distributeur fait appel. Espérons que les conseillers d'État auront un peu plus de raison que la ministre.

On remarquera que les films qui se font ainsi sanctionner ne sont jamais ceux, connement violents et salement dégradants pour ceux qui les font et qui les regardent, distribués par un grand circuit. En attendant, ceux qui habitent Paris (deux salles rive gauche) ou Toulouse (Utopia évidemment) peuvent le voir.



Bye, Bizot, bye

Rue Bricabrac, bdsm, Actuel, Jean-François Bizot
D.R.

JEAN-FRANÇOIS Bizot est mort il y a presque une semaine, et j'ai de la peine. Non pas parce qu'il allait lancer un journal que j'aurais bien aimé lire, consacré aux gens de mon âge, et du sien, dix de plus que moi, Si Señor (c'était le titre du projet), mais parce qu'Actuel, son premier bébé m'avait accompagnée. Plein aux as, il avait préféré lancer journaux et radio, renifleur du temps comme personne, aimant la culture quand elle était contre.

Mon petit cas perso et Actuel, c'était au début des années 70, quand je ne savais pas comment me dépêtrer ce qui était ma sexualité, n'ayant que lu Pierre Daco et Freud, déclarée perverse, n'osant m'en ouvrir à personne... Un jour, après quelques planches de Crumb et avant un reportage en Afrique du Sud, quelques pages sans doute écrites en jaune sur fond blanc à moins que ce ne fût violet sur fond noir, racontaient les coulisses sm de l'Amérique, San Francisco, Los Angeles, les deux, je ne sais plus, mais après avoir lu au moins quatre fois l'article (et pas à cause des couleurs psychédéliques), je me suis sentie mieux. Minoritaire, certes, mais pas bonne à enfermer.

Je pense que pour ceux qui débarquaient en adolescence et dans les années 70, pour qui les sentiers balisés n'étaient pas le paradis auquel ils aspiraient, Actuel était une source, un signe de piste, des pistes culturelles et sociales, des portes vers d'autres perceptions (et je ne pense pas à l'article sur la culture des haricots sauteurs en appartement). Actuel était libertaire et libérateur. Actuel nous a aidé à mieux vivre les années Pompidou si peu pou pou pidou.
Plus tard, avec Radio Nova, il a fait la même chose. Il aimait le monde, il en a souvent fait le tour, ça se lisait, ça s'entendait. Il était tellement curieux de tout qu'il a essayé le cancer, mais comme pour Desproges, c'est le crabe qui a gagné.

Je n'ai plus ma collection d'Actuel (ni de Zoom, ni de Cinématographe, ni de Fluide..), mais dans ma tête, il doit y avoir une zone du cerveau en forme de champignon hallucinogène avec des drôles de coloris et plein d'infos stockées par là. Un champignon qui se sent un peu orphelin tout d'un coup.



Les nourritures terrestres

Rue Bricabrac, bdsm, cuisine
Ayupov Timur

LE vocabulaire du gourmet et du masochiste emprunte les mêmes sentes.

On l'a vu avec une pub qui a fait mordre les chiennes de garde et qui était plutôt bon enfant (sauf à vouloir sucer la roue du politiquement correct et donc castrer non seulement le langage, la fleur devenant une compagne botanique, mais encore plus la pensée). La marque de la crème étant un prénom à la Perette, il était prévu de la lier, de la battre, de la fouetter.

À ce compte-là, bonne crème, double crème même, je signe des deux mains pour être Perette, toute fraîche.

H*** avait très vite compris combien le simple mot de "déguster", associé depuis quelque lecture approximative, au fouet ou à la cravache, me faisait littéralement saliver, me mettant la bave aux lèvres (comme je ne cherche pas à faire monter mes statistiques, je ne parle pas de cyprine), et il en usait avec beaucoup d'à propos, ni trop, ni trop peu, et je crois qu'avec lui, ce mot résonnait particulièrement parce qu'il le pensait vraiment, et ne s'en servait pas comme un gentil perroquet. Je numérotais mes abattis avant de passer à la casserole.

N*** prétend me faire mijoter, mais il oublie d'attiser le feu, alors je reste froide, il ne me fait même pas suer, c'est dire. Je marine ? Je ne crois pas. Court-circuit plus que court-bouillon !

Certains aiment mortifier leur partenaire pour l'attendrir, je ne marche pas, je préfère la méthode active, toutes mains dehors. Qu'on me pile, qu'on me pique, qu'on me pousse, qu'on me concasse. J'allais dire qu'on me panne, mais c'est tanne, et son sort de la cuisine, même si on reste du côté de la vache.

D'autres m'ont laissée, après des heures pile et face, cuite, pas saignante puisque comme exsangue, mais bleue. À point en même temps. La cuisine sm permet des licences que les fourneaux ne permettent pas.

Je n'irais pas comparer le bondage au saucissonnage, même si pour certains qui confondent shibari et ici bardé, il y aurait de quoi. Les connaisseurs des rondeurs féminines se plaisent à pétrir seins et fesses, monts et merveilles, car comme certains vins de qualité, j'ai du corps et de la cuisse. Pour faire lever la douleur, ou alors, l'enfoncer encore plus profond. Et c'est totale volupté que d'être ainsi traitée, comme une pâte souple et ferme. Avant de se faire embrocher à la hussarde.

Enfin, je frémis, je me détends, je me débride, multipliant luxure et gourmandise pour pécher au carré.

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Au fouet et au parfum

Rue Bricabrac, bdsm, parfum, Hermès

TANDIS que Robert Piguet réédite son fameux Cravache (fragrance pour homme, mais que la belle Dahlia va acquérir, just for fun, et moi aussi sûrement, passez uscade), chez Hermès, c'est à la cravache qu'une amazone rose et cartoon mène son nouveau jus, une eau de toilette plus florale que cuirée, nommée Kelly Calèche, en souvenir de deux standards de la maison.

Rue Bricabrac, bdsm, mains

L'animation flash ingénue perverse en diable, une cavalière façon poney magique décalotte le parfum d'un fouet en volutes, assortie d'un son sifflant claquant vaut le détour sur le site américain (qui depuis fin juin a la primeur de l'odeur), bien plus que la publicité traditionnelle et photographique, genre retour de cavalcade sur la plage de Cabourg (le parfum est plus inspiré par Giono que par Proust, si l'on en croit son "nez", Jean-Claude Ellena).

Nul doute que la cavalière de dos porte au poignet le bracelet étrivières (Hermès évidemment, who else) pour que la panoplie soit bien complète. On frôle la faute de goût des total look. Que j'aimerai qu'un jour, telle publicité serve à un parfum homme...
Mais encore plus, je convoite cette cravache (tirage limité ?) éditée par la maison du 24 Faubourg, une pièce de toute beauté, d'un brun sombre, siglée Kelly 2007.

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L'agronome, Delacroix et Gorée

Rue Bricabrac, bdsm, Gradiva, cinéma
© Zootrope films

ALAIN Robbe-Grillet avant d'être écrivain, scénariste, réalisateur et immortel est agronome. Avec une affection particulière pour les fruits. C'est ainsi que dans Gradiva, son nouveau film, on trouve des seins en poire, en pomme et en melon même (la minçotte Ally McTiana de chez John B. Root revenue au cinéma traditionnel avec une paire de nouveaux nichons pleins d’ostentation et son patronyme d'origine, mais toujours à poil dans le rôle de la servante-maîtresse), des culs en pêche et même des abricots.
Alain Robbe-Grillet a 84 ans, sa femme Catherine est mieux connue comme Jeanne de Berg (domina à voilette des salons privés germanopratins), et ils partagent quelques fantasmes sm. Ici, sous prétexte d'exploration de l'oeuvre orientaliste de Delacroix, un historien se retrouve membre d'un Cris et Chaînes sis à Marrakech sur mystères et nommé plus artistiquement (et clin d'oeil, en souvenir...) Club du Triangle d'or, où des hommes en habits chassent des proies dressées à leur obéir. Au gré de tableaux vivants, ce ne sont que femmes enchaînées, fouettées, marquées. Certains regretteront qu'Arielle Dombasle n'en soit pas, les rôles de Gradiva ou écrivaine, c'est selon, lui étant réservés.

Un peu pervers pépère, un peu rigolard tendance surréaliste, tissant toujours son érotisme de violence, monsieur de Berg montre assez bien comment des aveugles, impuissants et consorts tirent quelque potence de la mise à bas des femmes. Leur esclavage, réel ou simulé.

Ce qui m'amène à Gorée, parce que nous sommes le 10 mai, et à Gor, cette planète de roman dont les habitants s'appellent pareillement les Goréens. Si le premier est un lieu bien plus symbolique que rigoureusement historique, Gor sur Second Life est bel et bien une île aux esclaves, où le jeu de rôles permet, sous l'influence d'un mauvais roman de SF en une vingtaine de tomes, d'être kajira. Je n'arrive pas à décoller l'un de l'autre, mais je suis du genre à rester scotchée au fond du paquet par les connotations.



Oh, shocking ! (Ballbusting)

Grand raout mardi dernier à Leicester Square, London, où entre Elton John et Mohamed Al-Fayed, la Reine et son consort Philip étaient conviés à assister à l'avant-première de James Blond dans Casino Royale.
On pouvait se demander ce que Sa Gracious Queen allait faire avec la roture, histoire de voir ce que l'on pourrait prendre de prime abord pour un long spot de pub pour la gamme VAIO de chez Sony (une belle gamme, y a pas à dire) à moins qu'il ne s'agisse de découvrir les créations décolletées et satinées d'un nouveau couturier dyslexique qui a trop vu Dynasty dans son enfance. En tous cas, pour aller déposer son appointment à celui que toute la ville de Londres fêtait en cette semaine, Elizabeth II était en robe de bal. Mais sans VAIO.

Elle aura pu, ainsi vêtue d'un ivoire so chic, se rendre compte du coup de jeune qu'à pris cette chère vieille chose de 007, puisque remis à l'heure des origines, un peu voyou, très sentimental, pas trop joli mais tanké largement ce qu'il faut, et blond oui, comme Bowie. Quant au réalisateur Martin Campbell et à ses producteurs, c'est clair, ils ont calculé que John Woo et Quentin Tarantino étaient les nouvelles références du cinéma d'action.

Et c'est à cela que je veux arriver, et non pas faire oeuvre de pédanterie cinéphilique, à la violence. Dans le livre, il y a une scène de torture pas piquée des vers. A l'écran aussi. Et ça ne rigole pas. Surtout dans la salle (sauf peut-être quelques femdoms pratiquantes ou girls next door larguées de fraîche date et en mal de vengeance cuisante). Tandis que tous les hommes ne savaient réprimer un frémissement (pour les mieux élevés) et serrer les cuisses comme une communiante saisie d'un frisson mystique, Sa Royale Présence était parfaitement raccord avec son ball frock.

Rue Bricabrac, bdsm, James Bond

Car débarrassé de son froc et du reste, enfoncé sans ménagement sur une chaise percée pour l'occasion par un nervi à couteau, en tête à tête (si l'on peut dire, on n'en verra pas plus, pas question de se taper une interdiction pour cause de full monty) avec the villain de service (Mads Mikkelsen l'acteur tout droit sorti des danois Bouchers Verts, un clone de Christopher Walken qui aurait pris des leçons de stoïcisme chez Kaurismäki), James est en très fâcheuse posture. Car cette enflure de Chiffre, muni d'une corde (de la largeur d'un avant-bras, on ne fait pas dans le bolduc ici) terminée par un nœud proportionné (gros comme une tête hydrocéphale), imprime à celle-ci un balancement menaçant et précis, en laissant tomber d'une voix lasse et froide "Les méthodes sophistiquées d'interrogatoire m'ennuient." Et de corde à nœud, il n'y a qu'un élan.

Alors, joignant l'outil au désagréable, il entreprend la séance de ballbusting la plus sévère jamais vue dans un film. (Si l'on n'était pas au cinéma, nul doute que ce pauvre James, définitivement débarrassé de son appareil urogénital, pourrait tenter une conversion du côté du chant lyrique, sous section musique baroque.)

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S ou M ?



Pour la taille, je ne sais pas laquelle choisir, S ou M ?
Rue Bricabrac, bdsm, zentaï Vous avez vu ce que vous venez de dire ?

Le modèle ci-dessus, Gaultier évidemment, n'est hélas pas celui dont je parlais. Mais le mien n'est pas mal non plus... et il est en S.

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Le sm dans le Quotidien

Dans Le Monde d'hier, deux articles en page culture se téléscopent sur les mots sado-masochisme et chanteuses. L'une est une colorature vaguement nazie fraîchement morte, l'autre est une pop-idol sectarisée par la Kabale et bodybuildée de toute éternité.

Dès sa première vraie rencontre musicale avec la cantatrice (ils s'étaient en fait croisés dès 1937), lors d'une audition à Vienne, en mars 1946, Walter Legge la fait reprendre pendant plus d'une heure un lied d'Hugo Wolf, installant d'emblée l'éthique de cette relation de travail passablement sado-masochiste.

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La chorégraphie qui l'accompagne fait dans l'artillerie lourde SM, avec des hommes tenus en laisse.

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Et avant-hier, dans Libération, on apprenait les déboires de Chen Jun, entreprenant boutiquier de Shanghaï qui avait trouvé le moyen de déstresser son prochain. Les femmes pouvaient baffer de bon cœur les cobayes mis à leur disposition (120 yuans la gifle) tandis que les hommes, eux, n'avaient que le droit de les couvrir d'insultes (100 yuans les 10 minutes). Les cobayes étaient-ils des soumaso abandonnés sur le bord de la route le temps d'un été, l'histoire de ne le dit pas, elle raconte juste que les autorités ont fait fermer la chose, pour de vagues motifs relatifs à l'intégrité physique des personnes, et autre foutaises droit-de-lhommistes dont on ne savait pas la Chine friande.

Comme quoi, il n'y a pas que les fantasmes dans la vie. Il y a aussi les informations.



Si tu ne sautes pas, t'es pas SM

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Photo GhostAlice

Si le mois de juillet, dépourvu d'R mais pourtant pas d'air conditionné ni de transports rapides en chambre froide, est déconseillé pour la consommation de pédonculés divers, la perle se porte bien.

Celle-ci ne sort pas d'un récit, ni d'une annonce, que des adeptes éprouvent le besoin de s'onaniser le bulbe en clamant faire partie d'une élite, libre à eux, mais d'un texte psyphonné, signé d'une sexothérapeute.

"A côté de cela, il y a les purs, ceux pour qui SM rime avec mode de vie, avec intériorisation, avec un potentiel érotique bien au dessus de la moyenne du genre humain. Il ne s’agit alors plus alors forcément du sm « qui se voit », mais de celui « qui fait mal », celui a trait aux émotions les plus profondes, et qui se pratique entre vrais initiés"

(Cette phrase suit une longue définition du faux pratiquant sm, celui qui se déguise en plastique comme il l'a lu dans le dernier numéro de Cosmo ou le supplément cul du Nouvel Obs et qui vient juste tirer son coup et déboucher ses inhibitions dans un club dédié.)

Qui suis-je alors ? La mode, je m'en tape, je suis tombée dans la marmite sm à 5 ans et demi, je ne savais même pas que ça portait un nom, je commençais juste à lire et à écrire, et sûrement pas à compulser les ouvrages de Magnus Hirschfeld.
En outre, ce n'est pas mon mode de vie, c'est ma sexualité. Cela ne se voit pas, mais parfois, ça s'entend peut-être, faudrait demander aux voisins. Le chat, lui, confirme qu'il entend en se sauvant avant même la première claque.
Et je n'accepte que ça me fasse mal qu'à condition que ça me fasse du bien.
Je ne sais pas si mon potentiel érotique est digne du Guinness Book ou pas. Le conomètre est en panne (enfin, pas pour tout le monde). Et mes orgasmes ne se déclenchent pas comme on allume la télé, avec un bouton on/off. Parfois même, ça ne marche pas du tout.
Mes émotions sont profondes, ça oui, celles de dominamant aussi, 19 centimètres tu dis ? c'est noté.
Alors, pure ou impure ? J'ai fait le test de pureté ici. N'ayant jamais vomi sur mon prochain mais étant rentrée dans des églises en dehors des offices pour admirer des Tiepolo à Venise et des Chagall à Zürich, j'ai un score pas si catastrophique. Mais je m'éloigne.

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Photo Jared in Texas

Le sm, mon sm, c'est un ensemble d'attentions, de pratiques, de gestes, de désirs mal codifiés mais qui me donnent l'espoir de passer d'un état empêtré, insipide, ennuyant, à la légèreté euphorique, éolienne et étoilée d'une fleur de pissenlit qui vole à tous vents, mue par un souffle.
Anima, animale, animée.

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All O

Hier, alors que nous échangions des civilités sur MSN, Maxence me dit "c'est bien beau tout ça, dauber les stephen de banlieue, railler les petits marquis, se gausser des DAFS sans syntaxe, affubler les maîtres de haillons, de milli, d'ailleurs, transformer ces pauvres dominants déjà dans le tourment en dogmateurs, mais les O, tu en fais quoi, hein, des O ? Allez ma vieille, sus aux gOurdasses !"

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Photo Fertraban

Me voilà devant ma page blanche, cherchant quoi dire sur ces O dalisques, belles O bois dormant, innOcentes, annO, O de mer, fleur d'O, et j'en oublie, j'ai même connu sur minitel un monsieur Sourcier qui cherchait son O (en tous cas, s'il ne l'a pas dénichée, il a au moins trouvé VermOt).

Dois-je ressasser qu'O est un personnage de roman, comme Hiéronomus Bosch, Ed Cercueil, Jean-Baptiste Grenouille ou San Antonio. Née de l'imagination fertile et bdsm de Pauline Réage alias Dominique Aury (sans O mais avec AU). O est une femme de papier, quelques pages arrachées à des rêves plus fous qu'une réalité frustrante, un support fait au tour à des fantasmes plus de don de soi que de sadomaso. C'est un mannequin pas vaudou dans quoi on pique des aiguilles, qu'on lacère au fouet, qu'on mène à l'abattage comme une pute de la Goutte d'Or, qui porte l'alliance au sexe. Et Roissy n'est pas un aéroport d'où un aréopage de wanabe soumises partirait au 7e ciel avec un ticket d'embarquement tamponné SS (pour Sir Stephen, ou Super Sado).

Qu'on veuille par son pseudo appâter le chaland, de la même manière que sur des tchattes vanilles, on s'appellera Chimène ou Roxane sans avoir lu Corneille ou Rostand, je comprends. Mais ces jeunes (ou moins) personnes qui se cherchent quelque analogie avec l'O fondatrice de tous les mythes ont-elles à ce point besoin d'effacer leur identité déjà pâlichOnne derrière une figure aussi emblématique qu'hypothétique ? Mettre les pieds dans l'O comme un rite de passage, s'Ornementer en routarde aguerrie, devenir la zérOïne de son histoire à venir, donner de la cOnfiture aux Stephen...
Quand on s'anOnymise O comme les ânes se nomment Martin.

O est un livre érotique, avec des passages forts et des tunnels casse-pieds, qui puise dans l'imaginaire SM autant que dans la métaphore, et même s'il a l'avantage d'être bien écrit (au contraire de ces médiocres récits qui sortent à raison d'un par an en moyenne, et qui sont torchés avec les pieds), il serait écervelé de le prendre à la lettre, fût-elle la quinzième de l'alphabet. D'ailleurs, le fer à marquer n'est pas fourni avec l'Ouvrage.
(De toute évidence, je suis plus à l'aise à tailler des croupières aux membres du clan de la race des saigneurs, qu'aux pauvres filles qui attendent le prince fouettant.)

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Madonnamazone

Après la série de Steven Klein pour W, Libération dévoile aujourd'hui dans son cahier tendances (l'article, sans les croquis, est consultable gratuitement quelques jours en ligne) les costumes de scène de Louise Ciccone, d'Esther, de Ms Ritchie, de Madonna quoi, tels que dessinés par Jean-Paul Gaultier pour son Confessions Tour qui débute le 21 mai.

Beaucoup de croquis et une longue interview du créateur, on retrouve notre amazone baptisée ici "écuyère dominatrice", clairement référencée sado-maso par Djipigi qui lui avait déjà, il y a seize ans, inventé des corsets aux bonnets exocets. Les messieurs danseurs portent la selle sur l'épaule ou sur le dos, évidemment, moulés dans des jodhpurs que ça va en être un bonheur. (Il y a aussi des tableaux bédouins, et une passion qui va faire plaisir à Mel Gibson...)

Au risque de faire subir les pires outrages au copyright, voici un trop beau dessin... Une cravache en jais noir, retenez-moi...

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Métiers de corps

Mélie a déposé hier une nouvelle entrée, toujours aussi diserte, délicate, mutine et cervelée, sur son blog.
Comme je n'ai pas trouvé quel était le faux métier, je dépose ici une carte postale sépia envoyée par Dame Saïda, et qui représente un marchand de mèches de fouets en plein commerce. Voilà un bien beau métier, hélas disparu, maintenant, quand les martinets souffrent d'alopécie ou les fouets de gangrène, il faut tout racheter. Le développement durable va-t-il réhabiliter cette fonction et les bourgeois en quête de mèches prétendront-ils qu'il s'agit-là de matos pour doper leurs chevaux vapeur, injustement bridés au nom de l'antipollution et des accidents de la route ?

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En revanche, et quoi qu'en dise la roborative chanson très tsoin-tsoin de Juliette sur des paroles de Pierre Philippe, Les petits métiers, je connais de très près une gonfleuse de couille, également teneuse de jambe, parfois enculeuse de mouche ou lécheuse de vitrines. Quant à l'ensommeilleur de plomb et porteur de pain (quotidien), il n'est jamais loin. Au contraire des faiseurs d'embarras, bourreuses de mou ou porteurs de guignon que nous fuyons.

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Tous mes œufs

Les considérations calendaires et le son des cloches (je ne parle pas des dindes des deux sexes qui profitent des RTT et jours fériés pour piapiater), urbi et orbi, sans parler des vitrines des confiseurs, permettent difficilement d'échapper à l'omniprésence de l'oeuf ces jours-ci. Oubliées, la grippe aviaire et le confinement des volailles, des matous et des blondes. Occultés, l'apport calorifère du chocolat et la coquille "cropinzuste" de Calimero. Envolées, l'envie de faire sa maligne en parlant du bœuf ou du n9uf et les vélléités d'originalité.
Je ferai donc l'oeuf et le bdsm dans le même mouvement.

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Photo Eggeye : -Ant-
Photo LA is full of interesting people : pinhole

En la jouant intello, clin d'oeil appuyé à Georges Bataille, l'Histoire de l'œil, Simone, les couilles et les œufs. Un bon jour pour relire le sulfureux qui a failli devenir séminariste avant de se passionner pour le lingchi.
En la jouant nympho, avec cet œuf trop pink télécommandé (hélas pas à plus de 5 mètres... à quand le GPS ?) qui vibre au plus profond de son giron, attention à le choisir muni de piles R6 et pas de piles plates façon montre.
En la jouant incognito, avec cette projection d'une pénitente prêt à être sacrifiée, couvée par Pan et Pan, chacun ayant choisi de présenter sa face la plus ovoïde.
En la jouant passio, car après tout, aujourd'hui, c'est un peu sa fête, au petit Jésus fils de dieu...

Comme quoi, il en est des œufs comme des couleurs, tout est affaire de goût, et d'esprit mal placé.

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Si tu n'as pas de rouge, mets du bleu

Il y a le joueur de blues et cette demoiselle qui le chante, les bleus à l'âme et le sang bleu des aristos à la lanterne, les cordons bleus et le bleu du ciel et de Bataille, les mots bleus qu'on dit avec les yeux, qui sont parfois bleus aussi, le bleu layette et la truite au bleu, les bleubites qui deviendront grands et Blueberry. Et puis, il y a les bleus.

"Les bleus mettent souvent du temps à apparaître quand les dégats du choc affectent les tissus profonds. Quand les vaisseaux sont endommagés, le sang ne parvient pas aussitôt en surface car il doit diffuser à travers les parois de tissus fibreux. Cela explique aussi pourquoi il arrive que le bleu apparaisse à quelque distance du choc initial : le sang a été guidé plus loin par l'orientation des fibres." (Stewart Lloyd, lecteur du New Scientist)

J'aime les bleus aux fesses (par fesses, on comprendra bien évidemment seins, ventre, monts, creux et plus si entente), le bleu de feu, celui que j'appelle de tout mon coeur, de toute ta force de frappe, j'aime bleuir de chaud sous tes coups, ça me met le rouge jusqu'aux tempes, ça chasse le blues quand tu bats mon albâtre.

"Un bleu apparaît quand des petits capillaires éclatent sous la peau. L'hémoglobine qui s'en échappe donne la couleur bleue. Le corps envoie aussitôt des globules blancs pour réparer les dégâts. Ils détruisent leurs globules, ce qui provoque les variations de couleur observées." (Claire Adams, lectrice du New Scientist)

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Photo Angelo Cesare
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Shopping (savon, ça vient)

Puisque je n'ai rien à me mettre (voir les épisodes précédents), il est impératif que j'aie la peau douce, très très douce.

Le pain exfoliant SM (pour les anglophones, le nom est You Snap The Whip) de chez Lush* est fait pour moi.

"SM est notre beurre pour le corps pour les peaux ayant besoin d’une correction." Rue Bricabrac, bdsm, savon, Lush

* Lush, un temps béni, n'existait qu'à Londres, je l'ai connu par P. l'ancien qui m'avait rapporté des boules pour le bain pleines de parfums et de paillettes, et aux appellations extravagantes. Désormais, outre la vente en ligne, une boutique tentatrice a ouvert à Paris, rue de Buci.

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Shopping (j'ai toujours rien à me mettre)

Il fait toujours aussi froid, les marches de l'Est sont prises dans les neiges, les trains roulent mal et les avions ne décollent pas, les présentations du prêt-à-porter automne/hiver 2006/2007 se terminent et je n'ai toujours rien à me mettre.

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La corde, de Zara, grande distribution, à Viktor & Rolf, spécialistes des noeuds haute-couture, est tendance. Akiza l'avait bien dit, Bondage is not a crime. C'est même une crème, quiconque a essayé ne dira jamais le contraire. Entre chiper la déco des vitrines de l'un, ou s'accrocher le masque d'escrimeur de l'autre derrière les oreilles, j'ai choisi un tour chez Japan Rope, et à toi de m'enrober. Il y a de biens jolis modèles chez Alamut, notamment une robe de bal, mmmm... J'en rêve depuis si longtemps. J'ai eu la danse, les danses, mais pas la robe.

Viktor & Rolf, Rue Bricabrac, fetish, fashion, masque




(Parlant de cordes, il fallait bien que je colle des liens comme s'il en pleuvait.)

Chez Mesdames Anne Demeulemeester et Vivienne Westwood, c'est plus net, retour à la burqua. Beurque. Ce n'est plus le cordon, c'est tout le rideau qui est réquisitionné pour un emballage en règle. Je vais encore me promener toute nue.

Photos vogue.com
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En plus, il y en a qui ne sont pas joueurs, on ne peut même plus se faire un plan cabine !

Muji, cabines d'essayage, Rue Bricabrac
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Shopping (j'ai rien à me mettre)

Pas la peine de traverser le bras de mer et d'aller flâner sur Oxford Street, les fringues sont assez quelconques (pour pas dire carrément moches), mais la pub dépote.

Pur concentré de fantasmes masculins (et sur l'air de MLF vaincu), deux pépées se mettent moult pains, gnons et marrons avant de s'embrasser à bouche que veux-tu. La conjonction du catfight avec roulage de pelle en cerise sur le crêpage de chignon, c'est du sapho-maso servi sur un plateau.

Est-ce du french bashing que d'appeler cette collection frenchconnection ?



Mardi-gras (ou bien faire maigre ?)

Il est des moments dans la vie d'une femme où les abîmes métaphysiques deviennent abyssaux.

Que vais-je bien pouvoir porter ? Car demain, personne ne l'ignore, c'est le mardi gras.
En quête de quelque costume (je ne sais pas coudre, et mon appartement est totalement dépourvu de rideaux, donc le coup de la romaine, c'est rapé), je tombe sur une véritable mine. Certes, au vu des prix, la qualité ne doit pas être top moumoute, mais je pense que les frusques en question sont faites pour être déchirées. Au rayon soubrette, le choix est vertigineux, en tête caracole ma copine Fifi, un mythe de l'autre côté du chunnel. De la métaphysique (voir supra) à la sémantique, il n'y a qu'un pas, on pourra donc s'interroger sur les nuances entre la Frenchie et la Sexy French Maid.

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Mais il n'y a pas que les Maids, il y a les mermaids et autres créatures de contes. Et même, après tout, Carnaval est synonyme de licence, des filles de chantier, des cowgirls (donc aussi des squaws) et tout un tas de panoplies plus invraisemblables et présumées sexy les unes que les autres (présentées sur ce site par des jeunes femmes dont on remarque immédiatement l'extrême distinction et la candeur immaculée).

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Et puis, si je n'e reçois pas en temps utile ma tenue de secrétaire salope, je trouverais bien des ciseaux pour te couper ta cravate, selon la coutume saxonne qui autorise, quelques jours par an, les geishas à se faire mégères.

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Histoire d'O...mbre (elle moutonne et moi je papillonne)

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Tandis que XXXB, à son rythme quinzomadaire bien rodé, compte les coups de fils et les jours de congés, à chacun ses moutons et ses radotages, Nerilka, que je ne connais pas mais dont on peut croiser les commentaires sur les sites des uns et des autres, nous a envoyé, à Mélie et moi, un papillon épinglant, qui fait à la femme les ailes d'un ange, prête à partir pour quelque ciel païen.

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photo ArturMaksymilian

Merci, je ne suis plus orpheline de lépidoptère, je suis prise dans le battement de ses ailes.

PS qui n'a rien à voir : pendant ce temps, la Russie célèbre la fête de l'Homme (en attendant celle de la femme, le 8 mars prochain), où il est de bon goût de leur offrir bouteilles de vodka ou de cognac en forme de Kalashnikov ou de gourde militaire (rappelons aux moins lettrés et aux plus mauvais esprits que la gourde militaire n'est aucunement une espèce d'AFAT intellectuellement défavorisée et dotée de deux mains gauches, mais une bouteille anti-choc en tenue de camouflage).

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Clichés avec un C comme Chaude

"Mon maître a une voix chaude qui me fait fondre."

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Le maître a toujours la voix chaude. (La voix chaude et profonde est une option pour les soumises qui ont souscrit le contrat Premium). Jamais il ne parle, fausset, comme Alain-Gérard Slama ou Jean d'Ormesson. Pas plus qu'il ne chuinte ou ne zézaye. Même maîmaître, il ne saurait être bègue. Encore moins tubard, ou trachéitique. Sa cloison nasale est droite comme son membre.
Gutturales, palatolabiales, uvulaires, sifflantes, occlusives et mêmes glottales, il n'en rate pas une. Mounet-Sully n'est pas son cousin.
Le maître est un peu comme le cinéma hollywoodien, plus beau, plus grand que la vie. Il trouve toujours une place pour se garer, ne craque pas son cuir parce qu'il a un peu forci de la fesse, et possède l'organe vocal de Sami Frey, d'André Dussolier ou de Féodor Atkine. Baryton, c'est un minimum. Baryton basse, le nirvana. A 37°9, même le matin.

Il n'a pas que la voix du maître à être chaude. Ses mains aussi. (Pour le service Premium, chaudes et sèches, bien entendu). Ce qui tombe bien, puisque sa soumise, que nous avons déjà connue liquide, est également une chaudasse. Comme, malgré les bourgeons naissants, nous sommes encore en hiver, personne ne se plaindra de cette orgie calorifère.

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Cu(l)pidon

Hier, il semblait que c'était la Saint-Valentin, le marchand de fleurs du métro avait dix fois plus de roses que d'habitude, pétalées comme des tutus, et les restaurants ont fait le plein. Et tous les blogs de bonne compagnie ont affichés l'un ou l'autre des contrepubs trouvées sur le site d'Indymedia.

Février file la flèche Cupidon jusqu'à la lie puisque c'est aussi le mois où l'on choisit sa robe de mariée, enfin, où les marchands de tulle, d'organdi, de fleurs d'oranger artificielles font de la retape.

Pour un mariage plus fessetif, une jolie proposition made in Saturday Night Live avec Catherine Zeta-Jones.

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Fais-moi un 49.3 !

Si je ne suis pas assez prompte à t'obéir, si j'ai préféré le confort des collants épais aux bas que tu affectionnes, si je rouscaille pour un oui, pour un non, surtout par un non, fais-moi un 49.3.
Si tu me trouves trop bavarde et désires couper court, si tu préfères mes soupirs à mes sourires, si tu veux que ma lune s'embrase comme un soleil couchant, fais-moi un 49.3.
Si je te donne des ordres en oubliant que l'autorité est de ton côté, si je fais de l'obstruction et joue la montre, si j'accumule les prétextes spécieux pour me dérober à tes ardeurs, fais-moi un 49.3.
Si tu veux que je te trouve injuste à en trépigner, si tu aimes que je joue les martyres et cherche le réconfort de ton épaule, si tu préfères raccourcir les débats pour rallonger les ébats, fais-moi un 49.3.

Ca me donnera de bonnes et belles couleurs.

Couleurs, bdsm, 49.3, Rue Bricabrac
photo Enyah

Le 49.3 dont je parle est une punition qui consiste en une série de trois fois 49 coups, avec les instruments du choix de dominamant. Au contraire du 49.3 de not' bon maît' Galouzeau, celui-ci peut s'appliquer plusieurs fois dans la même séance.

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La lutte continue

Je me souviens avoir, non pas choqué, dépité plutôt un ou une correspondant(e) en avouant un jour mon profond désir d'être vaincue. Je suis venue, j'ai été vue, j'ai été vaincue. Cette envie de rendre les armes est l'un des moteurs, depuis toujours, de mes tendances bdsm. Elle l'est toujours, aussi vive qu'au premier jour, même si je peux aujourd'hui assumer pleinement mes pulsions et n'avoir aucune honte à me mettre à quatre pattes, à tendre la croupe, à réclamer encore, à dire plus fort... à plus fort que moi. Alors que dans chaque recoin de ma vie, professionnel, amical, privé, je fuis les conflits, les rapports de force (sachant que la vie en société ne permet hélas pas de les éviter en permanence), les abus de pouvoir, autant dans l'arène de sexualité, je les appelle de tous mes vœux.

lutte, Jarek Kubicki, bdsm, Rue Bricabrac

Je ne suis pas soumise (a priori). Je suis maso (et encore, très petite joueuse par rapport à toutes celles qui se font brûler, marquer, percer, coudre... et qui en jouissent avec ardeur). Pourtant, tandis que je prends les larmes, je rêve d'être soumise de force, mais seulement après une haute lutte. Je consens à ce que l'on me fasse violence. J'aspire à un corps à corps sans concession. Je ne suis pas chienne, j'espère être chatte, mais j'aspire à ce qu'un homme, par la manière dont il me traite, bien et mal donc, me rende à un état animal. Je ne suis pas bonne comédienne, je ne sais pas jouer la louve ou la biche, alors je reste une femme, le cerveau en éveil, le radar en alerte, voyeuse de mes exhibitions, la manette de contrôle à portée de menotte. Certains gestes et certaines pratiques d'aucuns jours, me font perdre pied et prendre patte. Quand mon corps malmené, excité, épuisé, cajolé, fouillé, cambré, branlé, courbé, est convaincu de s'incliner, quand il n'a plus d'autre choix que d'acquiescer. Bien sûr, à défaut, je me peux m'offrir pour un sourire de connivence, pour une promesse de correction, pour une poigne dans mes cheveux.

J'en parlais il y a quelques jours avec un homme délicieux, Ozzz, que je croise dans ma cour de récré préférée. Il dit ces choses-là très bien (il parle, clavarde, très bien, en vérité)

"Nous partageons, je pense, la même envie celle de se faire soumettre plutôt que d'être soumis. Ce n'est pas l'état de soumission qui est plaisant ...quoique... mais le passage de l'homme à l'animal en ce qui me concerne du sujet à l'objet, de la raison à l'instinct."

et aussi

"Personnellement, si m'avouer battu est un délice j'aime à me battre de toutes mes forces qu'importe la victoire tant que la bataille fut belle."

Une belle bataille qui me permettra de m'inféoder, un combat dur pour que je file doux, une escarmouche pour qu'à la fin de l'envoi, je me couche.

La lutte me subjugue. L'idée d'un cercle d'où il est interdit de sortir sous peine de punitions terribles, la conscience de courir en rond en vain jusqu'à l'épuisement, la définition d'un lieu de tous les possibles, gémir ma défaite quand, après longue joute, les épaules touchent terre. Plaisir ineffable que de mordre la poussière encore plus que l'oreiller, subir démembrée de fatigue et déjà moulue de coups, les lanières piquantes et le lourd paddle, me plonger dans ces espaces où je m'évade sans m'égarer parce que tu m'as mis la peau à l'envers.

Si la photo de Jarek Kubicki vous plaît, suivez la flèche ->

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BDSM précaire

Galouzeau n'a rien inventé avec son CPE réservé aux moins de 26 ans, ou son CNE pour les autres.

L'embauche précaire, le licenciement sans motif, des esclaves renouvelables à l'envi, le maintien du petit personnel dans un état de peur et de dépendance... ça ne vous rappelle rien ? N'est-ce pas, ce que l'on peut lire au fil des pages des uns et des autres, romans érotiques ou blogs narcissiques, fantasmes de prisu ou saga goréenne ? Le maîmaître qui va à la pêche aux peccadilles pour se sentir exister dans la sanction, la soumise qui débarque (dans le bdsm) en rupture d'estime de soi et trouve dans ce déni d'elle matière à conforter son auto-lésionisme, mettent en pratique depuis longtemps cette précarité institutionnalisée.

Eux l'ont même ritualisée. Si tu ne donnes plus satisfaction, ma grosse, tu jartes. Et Jan Saudek l'a photographiée avec la cruauté burlesque qui convient.

Jan Saudek, Rue Bricabrac, bdsm, CPE

(Une version de la soumise qui prend ses jambes à son cou, laissant maîmaître le bec enfariné dans l'eau, pour en trouver un mieux, existe aussi.)

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Le sifflement du chausse-pieds




Tu trouves qu'elle ressemble à un chausse-pieds, cette cravache, toi ?
Cravache, Rue Bricabrac En tous cas, ça fait un joli bruit pour un chausse-pieds !


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Un dimanche de chien

Année du chien, Rue Bricabrac, bdsm
photo hwn222

Tandis que certains arrondissements de Paris résonnent d'explosions des pétards et de rugissements de dragons, je tiens tout particulièrement à donner un peu de voix pour souhaiter une bonne année aux chiens.
C'est à dire à tous ceux qui arrivent à faire croire à des femmes qu'elles sont chiennes.

Si jamais leurs compagnes ne se prêtaient pas à cette collaboration ou si la période de disette se prolongeait, bientôt les différents modèles de Nintendogs ne seront plus en rupture de stock. (Ravie d'avoir aidé.)

Rendez-vous le 18 février 2007 pour l'année du Porc.

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Le temps des bulles

Rue Bricabrac, bdsm, hentai

À Angoulême, cette année, des mangaka ont feuille blanche pour performance. Certes, la place n'est pas aux hentai, tels que ceux que j'ai feuilletés, cherchant en vain bonheur au milieu de ces petits personnages certes ligotés et lacérés, mais pas une seconde excitants ou propres à nourrir une boîte à fantasmes prise dans les glaces. Je ne vois que ces yeux trop grands, ces nez absents, qui me parlent de Candy mais pas de pornographie. C'est un peu comme si on me collait en bouche une tétine en forme de bite.

Rue Bricabrac, bdsm, Alex Varenne

Alors je cherche ma tasse de thé chez les auteurs que j'aime, et je tombe sur Varenne dont que j'ai connu avec Ardeur (dans Charlie Mensuel, au siècle dernier, à la fin des années soixante-dix) et que je n'ai jamais oublié. Plus tard, sans son frère, c'est dans Libération qu'il se laissera aller à l'érotisme, celui d'Erma Jaguar. Je ne connais pas La correction, mais rien que le titre, et le trait, à la foix anguleux et souple, me promettent des touffeurs, des rougeurs.

En cadeau, quelques esquisses.

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Dior de Sade

Placé sous le signe du sang (gouttes brodées de fil incarnat ou laque magenta au bas des robes et des chausses) et de la décapitation (voiles vermillons autant que métaphoriques, colliers cinq rangs aux perles pourpres dégoulinantes, 1789 tatoué près de la carotide blafarde de modèles aux coquards d'outre-tombe), le défilé Dior au premier jour de la fashion week était une fois de plus très hot couture. Diablement goth, certes, mais bien plus bdsm puisqu'ouvert par une représentation particulière du marquis de Sade et fermé par John Galliano lui-même, en cuir lacéré et fleuret moucheté zébrant l'air comme un fouet, non point Zorro, mais divin DAF lui aussi.

© Firstview pour Vogue.com
Rue Bricabrac, Dior 2006, bdsm, Sade Rue Bricabrac, Dior 2006, bdsm, Sade

L'été dernier, il a visité le château de Lacoste et voilà comment chez ce garçon, qu'il ne faut pas beaucoup pousser pour qu'il se roule dans le fetish, l'inspiration est venue. Une collection d'été torride dans l'évocation et chaude par les matières.

Les deux images ont été empruntées au site Vogue.com qui fait un magnifique travail plusieurs fois par an au moment des présentations couture et prêt-à-porter.

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Mange-moi

Cannibale, animal, on est mal, je t'aime je te mange, je fusionne par chair interposée, je bois dans ton verre, je connais tes pensées, tu grignotes mon épiderme, je deviens tienne.
Cannibale, c'est plus de la balle que vampire, connoté parasite, qui prosélyte, suce toutes canines dehors sa proie (souvent vierge, ce qui relève de nos jours du rêve le plus fou) avant de l'abandonner exsangue à l'errance éternelle. Un cannibale, pas Hannibal, il a de l'amour à revendre, à voler et à donner, à échanger et à boulotter. Peut-être est-ce pour cela qu'il les aime un peu boulottes, girondes pour mieux tourner autour, l'aile ou la fesse, l'échine ou le nichon, la hanche ou le jambon.
Il ficelle des proies comme un rôti, et pour égarer l'ennemi, il nomme cela shibari. Elle rira la dernière, l'amour attaché, c'est celui qu'elle préfère, l'anthropophage ne lui fait pas peur, elle est boulimique de ses coups de dents.
Mes tétons en apéro, qui roulent entre tes dents, ta langue fera office de glaçon. Liqueur blanche de plaisir, consommé velouté, ta bouche, symétrique à la mienne qui te bâfre, hampe de chair happée comme une gelati à deux boules. Nous ne nous ferons pas de sushis, après tout, c'est pour de faux, nous ne sommes pas piranhas, même si parfois, le cramé l'emporte sur le braisé, sous tes mots crus, je cuis, cuisses rôties et côtes meurtries.

Rue Bricabrac, cannibale

Vuk Cosic

Cochon de lait qui s'en dédie, sois mon indien et je te taillerai une plume, squaw appliquée et vorace. Croque-madame moi, monsieur. Sur l'air d'Alouette, becte-moi des lobes aux orteils.
Je mijote, fais-moi revenir et sauter encore, j'aime fricoter avec toi.
J'ai faim.


Selon certaines études, ce lundi serait le jour le plus déprimant de l'année. J'espère avoir contribué à alléger un peu l'ambiance.

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Histoire d'O...phioglosse (le retour)

C'est irrésistible. Ce n'est pas charitable, ce n'est pas honorable, ce n'est pas méchant, même pas critique, c'est juste moqueur. Et totalement ophioglossique, donc drôle.

"Je cherche une chienne soumise.
Qui sait ou est ça place,
et qui est preste à tout pour son Maitre.
"

Rue Bricabrac, ophioglosse, bdsm

Si le ça dans "ça place" laisse penser qu'on est tombé sur un lacanien, ça place pour toi, ça te place dans la position que je veux, le ça et la place, ça (c'est) ta place... Si le "preste à tout" est trop beau pour être vrai, tant il nous dit en ancien françois que la chienne doit être de chasse, une rapide canine sprinteuse, prompte à exécuter les ordres et à prévenir les désirs de celui qui dans sa hâte à oublié un accent sur le ou, le reste de la courte conversation avec l'auteur de ces lignes dément les présomptions d'analyste brillant à la pensée affutée.

Toutefois, comme j'ai envie de jouer les cupidons, je crois que je lui ai trouvé la donzelle qui saura faire fissa. Attention toutefois, et c'est là que la mise en place du ça sera essentielle, à ce que son esprit si véloce ne joue les filles de l'air, entraînant le corps qui enveloppe l'âme au diable vauvert. A lui de trouver qui est celle qui déclare, dans le mouvement (elle se serait relue, ça se serait vu) :

"mon esprit, mon âme se meuvent avec une certaine agilité à Sa demande".

Marions-les, marions-les, je crois qu'ils se ressemblent, comme disait la chanson.

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Histoire d'O... bjets (addiction)

Pour certains, les grands frissons pécuniers sont les jeux à gratter, les cases à cocher, les petites boules dans la grosse et la voix de Sophie Favier. Ou les tapis verts avec une seule billes et deux couleurs, impair et passe, l'impasse et part. Ou dans les salles d'à côté, plus populaires et bruyants de roulements et de piécettes, les bandits manchots.
Dans mon cas, c'est le mulot qui clique, la visa qui claque et ça devient une addiction. Ce matin, le PDA a sonné à 9h45, il fallait que j'enchérisse avant 9h52.

J'achète peu sur eBay. J'y suis retournée il y a quelques mois, sur la suggestion d'un camarade de tchatte, pour décrocher une belle rouge. Je n'avais jamais pensé que l'endroit pouvait être une source festive à nouveaux jouets (comme quoi, j'y passe vraiment peu, les boutiques fetish et bdsm y sont légions). Et puis, cadeau de Noël à dominamant oblige, j'ai craqué pour une cravache qui ressemble à un chausse-pieds. La première cravache, à vrai dire, m'était passée sous le nez, pour une poignée de pennies, j'avais été négligente, comptant sur les enchères automatiques pour remporter le pompon. Heureusement, le vendeur, un charmant britton, en avait une autre.

La belle rouge ne pique que par la couleur. De ses cent longues lanières, elle assourdit, assomme, réchauffe, mais ne brûle ni ne blesse. Les coups, si lourds, résonnent dans tous le corps, le parcourent d'ondes régulières, le plongent dans une douce euphorie. La cravache chausse-pieds sonne clair, la boucle de cuir est fine et large, le cul danse, et tout le corps suit dans un merengué un peu vain.

Ce matin, donc, 9h45, pas question de me rendormir (et pourtant...) Heureusement, bonne élève, le portable a veillé au pied du lit, il suffisait de rafraîchir la page laissée bien en évidence sur le navigateur pour voir où en étaient les enchères, qui avaient encore monté pendant la nuit. Puis attendre patiemment 9h50 pour lancer un prix, avec assez de marge pour être tranquille, des fois que la connexion soit lente. Elle ne l'a pas été assez pour qu'un autre, embusqué comme moi, pointant comme moi ses dollars à la dernière heure, ne renchérisse aussi sec. Dents serrées, doigts crispés, dans le même état d'esprit que dans un bassin ou sur une piste, au moment de "manger" l'adversaire, je tape rageusement deux chiffres. Et clic, prends cette mandale dans les gencives.
Un petit coup d'adrénaline, voilà une semaine que je l'ai repéré, ce chat à douze queues, du beau cuir travaillé aux antipodes, dans la vieille Zélande...
Il reste 14 secondes avant la fin de la vente, aurais-je encore le temps de...
C'est fini.
L'objet est à moi.
(Petit trémoussement de hanches victorieux et un rien arrogant, assorti de quelques cris étouffés mais clairement triomphants.)

Rue Bricabrac, chat à 12 queues

Et celui-là, il risque de faire mal quand il sera dans tes mains, toutes les lanières, pour être pareillement tressées, ne sont pas d'identique longueur. C'est un fouet que l'on reçoit debout, attachée au trapèze, un baillon à mordre... J'en rêve déjà.
D'ici là, je vais aller jeter un coup d'oeil sur les objets dont la vente se termine dans les minutes qui viennent, qui sait quelles merveilles s'y cachent...

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Télécommande (la zappette ouverte)

Dans un film médiocre, Et l'homme créa la femme, qui passe en ce moment sur Canal+ et dont on peut parfaitement se dispenser, les habitants d'une banlieue riante (façon Ricorée haut de gamme) ont robotifié leurs épouses qui dorénavant sont blondes, mamellues, ménagères, cuisinières, orgasmiquement sonores et surtout répondent à la télécommande on/off. La soumission ordinaire, celles des "soccer moms", des "Desperate Housewives", des "Kinder, Kirsche, Küche", des femmes au foyer lessivées.

Rue Bricabrac, bdsm, robot, soumission

La soumission extraordinaire, au sens premier du terme, a elle aussi sa télécommande. Non point petit objet high-tech et infra-rouge mais injonction à distance d'un maître'haillon au pouvoir du porte-voix. La distance, c'est souvent ce qui sépare les couples bdsm. La relation, très souvent, naît non point d'un commerce de proximité (de la cantine au Macumba) mais d'une VPC spécialisée (petites annonces*, sites dédiés, forums, tchattes, minitel, réseau). On a beau chercher en bas de chez soi, on trouve parfois le plus si affinité outre-Manche, outre-mer ou aux antipodes, voire en province. On peut aussi croiser la route d'un partenaire potentiel marié à une vanille, l'être soi-même, autant d'obstacles à une relation aussi charnelle et proxime qu'on l'aimerait, et source de frustrations et de virtualité exacerbées.
Pendant un an, c'est séduisant. On se sent des ailes, on décroisserait la lune, on exagère le sentiment amoureux, semant des graines de jetaimeuh à tout va, on cultive avec force engrais son jardin secret. Il faut bien combler ce manque du corps. Bien sûr, il y a l'amour par téléphone, mais nous sommes dans la bdsm bulle. Avoir sa soumise au bout du fil n'a rien à voir avec la tenir en laisse. Il faut de l'emprise. Merveille de la technique et des arts ménagers, les courriers électroniques pleuvent : "À quatre heures, tu iras aux toilettes et tu poseras deux pinces à linges sur tes tétons. Tu les garderas 15 mn et ensuite, tu m'enverras un courriel de deux pages minimum sur tes impressions et ton ressenti." On reconnaît la soumise débutante à ce qu'elle n'a pas encore l'arsenal complet avec diverses pinces made in boutique de référence ou soldes de chez Casto, mais les candides pinces de bois. Si jamais elle faillit à sa mission, que les 50 lignes ne sont pas au rendez-vous, une punition sera fixée à plus tard.
Ou procuration sera donnée à un amimètre, qui en temps et heure bien réglés, à la seconde près, se chargera de fouetter la maladroite qui halètera ou hurlera ses émotions en direct live grâce au forfait illimité de l'un des opérateurs sur le marché. "Je vous vénère, mon Maître" sussurrera la pénitente avant que les batteries ne crèvent. (Existe également en version webcam.)

Je le voyais deux à trois fois par semaine, mais Maître Stéphane qui s'appelait Franck devait penser que mon éducation ne saurait se suffire de ces séances, et prolongeait la prise en main par des coups de fil m'enjoignant abruptement d'enlever ma culotte sur le champ dans un coin discret (les wawas donc) puis de le rappeler. Ne voyant déjà pas le plaisir que je pourrais y prendre, tout en comprenant le sien, je le rappelais 5 mn après, prétendant mielleusement m'être exécyuée. Autant j'étais prête, en sa présence si précieuse, à mille concessions pour ne pas le perdre (alors que je ne l'avais jamais gagné, mais ceci est une autre histoire), autant dès qu'il avait les talons tournés, en l'absence de relation sincère et réelle, le lien n'existait pas. C'était de la théorie vide de sens et de sensations. Et ma culotte restait à sa place (sans doute que si j'eusse pu en tirer quelque plaisir, je l'aurais ôtée, voire même laissée dans son tiroir).

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La télécommande à distance, éloignement affectif ou kilométrique, n'a qu'un temps. Comme toutes les télécommandes, il vient un moment où ça ne fonctionne plus. C'est fragile, une télécommande. Les sms enjoignant de dormir sur des bogues de châtaignes ou de se pincer les fesses jusqu'au bleu (photo demandée dès le lendemain) n'ont plus le moindre charme excitant. Soit l'un des deux, ou les deux, referme cette parenthèse, en s'étant, à peu de frais (fors le forfait susmentionné), offert des frissons borderline. Soit l'homme avoue (façon de parler, il abandonne, sous quelque prétexte véniel et mensonger, par KO technique) son impuissance à tenir les rênes non point d'une femelle mais d'une relation (ce qui est en soi et en effet une autre paire de manche, rendue encore plus coton par la spécificité bdsm de la liaison, tout le monde n'a pas l'imaginaire, les épaules...). Soit la femme, déniaisée (enfin !) trouve une chaussure d'un meilleur cuir pour se reposer à ses semelles. Soit l'un des deux se libère d'un joug, d'un lieu et s'en va rejoindre l'autre (j'ai connu deux étatsuniennes de la côte Ouest partie à l'Est du Canada se marier et faire beaucoup de sm parties) et une autre histoire commence. Sans télécommande.

* à ce propos, XXXB en a encore pondue une ce jour, dans Libé, comme d'hab. Un scan suivra ces jours prochains.

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Je t'aime, oie non plus

Le temps des agapes est presque passé, heureusement, il reste l'Aïd, puis le nouvel an russe, et chinois, puis les économies réalisées grâce aux dépenses occasionnées par les soldes, sans même parler de tous les Capricornes dont l'anniversaire se profile, donc si l'on veut festoyer, on peut. Et dans nos contrées, fête rime avec boustifaille (oui, assiette aurait-été une rime plus orthodoxe). Plus c'est gras, plus c'est gouleyant, d'où le succès croissant du foie gras.

Mais une résistance se profile. Les américains le boycottent (apparemment, bombarder l'Irak, enfermer à Guantanamo et délocaliser les camps de torture leur pose moins de problèmes que de gaver un canard ou une oie qui ne cache en son giron que des armes de libations festives), vouant aux gémonies ces barbares de frenchies. GAIA, le joli nom (acronyme de Groupe d'Action dans l'Intérêt des Animaux) a lancé depuis la Belgique une vigoureuse campagne contre les indignes supplices infligés à ces animaux sympathiques quoiqu'un peu limités au niveau du cerveau (c'est d'ailleurs pour cela que leur cervelle ne fait point la joie des traiteurs).

Pour nous faire compatir et sangloter à l'angoisse du palmipède cyrrhosé de force à la bouillie de maïs, sans même un petit armagnac ou une prune de derrière les fagots pour faire trou normand, se brisant les ailes contre les barreaux de sa cage, GAIA a imaginé une campagne très choc. Limite porno chic. Totalement crue (alors que la chose se consomme idéalement mi-cuite). (En espérant que le modèle était empaillé, parce qu'on a beau être oie blanche, on n'en est pas O blanche pour autant.)

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Je n'avais jamais envisagé le foie gras sous cet angle (sont-ce deux nouvelles soumises bien roulées de Maître Pastriste connu sur certains tchattes sous le pseudonyme de Lacave ?), mais je dois confesser que oui, en effet, les GAIA ont raison. Dominamant, bien qu'orthorexique, est très friand de ce mets, en terrine, en escalope poelée, avec des asperges ou des figues, en toutes saisons et pas loin d'une fois par semaine. D'ailleurs, il est aussi très gourmand de moi, et m'accomode aussi de harnaisn baillon-boule, chaînes et autres cuirs. Dois-je en conclure qu'il me prend pour une...
Oh !

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Clichés avec un B comme Boutoir

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Nous avons vu précédemment que les chattes de soumises étaient toujours dégoulinantes.
Saïda s'interrogeait sur ce mystère.
Pas seulement elle.
Un début de réponse ici peut-être :

"je jouis fortement entre ses coups de butoir entre mes reins"

Le lecteur aura rectifié de lui-même, c'est de boutoir qu'il s'agit, le butoir (quoique chez les corroyeurs, les deux sont synonymes, avec même une possibilité en buttoir) étant en l'occurrence le col de l'utérus. On passera aussi rapidement sur l'entre et l'entre de peur de rester coincé entre le rein et le butoir, ce qui nuirait à la dégoulinance et plus si entente. L'essentiel étant de saisir que Mister Mètre la met bien profond, qu'il soit TBM ou ordinaire, avec une rigidité bien élevée, un entrain fougueux et par derrière (De quelle porte s'agit-il ? Le mot butoir m'a fait, à tort, penser au con, le cul fait tout autant l'affaire, et à terme, entre pubis et fesses, le boutoir bute... ).

Donc le coup (de rein, entre ses reins, je vais et je viens, entrez ou sortez mais arrêtez ce va et vient ridicule...) ne peut-être que de boutoir. Saluons au passage celui qui sur son blog a osé le délicat oxymore "sous mon tendre boutoir". Un boutoir, donc, comme dans "Boutons les Anglois hors de France".

Un peu de lexicologie :

BOUTOIR, subst. masc.
A. VÉN. Extrémité de la tête du sanglier (groin et canines) et par extension du cochon, de la taupe, etc. servant, selon l'animal, à fouiller le sol, à attaquer ou à se défendre (cf. PESQUIDOUX, Chez nous, 1923, p. 1). Le boutoir du cochon (CUVIER, Leçons d'anat. comp., t. 2, 1805, p. 661). Os du boutoir. Petit os qui donne de la fermeté au groin (cf. CUVIER, Leçons d'anat. comp., t. 2, 1805, p. 80).
Coup de boutoir
1. Fig. Coup violent, attaques brusques et répétées, qui ébranlent l'ennemi. Les pertes et le trouble causés à la VIIIe armée par les coups de boutoir de l'ennemi (DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1954, p. 256).
2. Fig. et fam. Trait d'humeur, paroles rudes et blessantes. Les coups de boutoir de Flaubert (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1872, p. 881) :

... Magloire sentait l'amertume de son compagnon et il ne trouvait pas les mots nécessaires. Cependant comme ils approchaient de l'étable, il insinua : On a causé de vous, Monsieur le Supérieur, dans toute la Lorraine. L'autre répondit d'un coup de boutoir : Dans toute la Lorraine! Que dites-vous? dans toute la France! ...
BARRÈS, La Colline inspirée, 1913, p. 117.
3. P. métaph. [En parlant du cœur] Synon. de battement. Les coups de boutoir de mon cœur (F. SAGAN, Bonjour tristesse, 1954, p. 25).
B. TECHNOL. Outil utilisé par divers artisans (qui le poussent de la main) : par le maréchal ferrant pour parer la corne, par le corroyeur pour bouter* les cuirs, ou par le sabotier pour creuser les sabots. Synon. boute-hache (cf. boute, rem.).
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe siècle.
PRONONC. ET ORTH. : []. Synon. but(t)oir écrit avec 1 ou 2 t dans les dict. généraux.
ÉTYMOL. ET HIST. 1. 1361 « instrument de maréchal-ferrant » (Inv. de Hues de Caumont, A. Pas-de-Calais, A, 513 dans GDF. Compl.); 2. 1611 boutouer « extrémité du groin du porc, du sanglier » (COTGR.); 1680 boutoi (RICH.); 1690 boutoir (FUR.).
Dér. de bouter* étymol. 1; suff. -oir*.

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Le TLFI ignore donc le sens figuré et sexuel du coup de boutoir (pourtant employé au XXIe siècle par Christine Deviers Joncourt, jeune talent des scènes littéraire et musicale françaises, dans une allusion à un certain Roland D., qui l'a définitivement faite basculer dans son lit en lui tordant le téton, c'est dire si elle s'y connaît en matière de b...) Le fait que ce même dictionnaire fasse allusion, collusion plutôt, entre boutoir et ennemi, me ravit, moi qui essaie depuis des lustres de mettre au point la théorie de l'ennemi sexuel. Il nous apprend que le boutoir n'est pas un bélier mais un groin (de sanglier, qui comme chacun sait est un gros cochon...sauvage) et que bouter signifier pousser, retour au corroyeur cité plus haut, au maréchal-ferrant, à l'épinglier, et même aux botanistes.

Bien sûr, je pourrais chuter là en rappelant que peu importe le boutoir, pourvu qu'on ait l'orgasme. Mais non. Je poursuis ma croisade visant à bouter le boutoir hors des écrits érotiques (ou supposés tels). Car, comme disait l'autre nez, on pourrait dire bien des choses encore. Se souvenir du pal, ce supplice dont il est convenu de dire qu'il commence bien et finit mal ; en appeler aux animaux avec ou sans cornes ; pourquoi pas, parler de corne, quelle abondance... ; la chevalerie recèle un vocabulaire varié et flatteur pour l'homme, épée, lance... ; plus rustique, le gourdin peut faire la blague ; les poètes d'antan aimaient le vit, vite, vite, ton vit que je vive ! ; comme la petite robe noire, la queue est indémodable, un classique qui a sa place partout. Et pour finir, osons (en renouant avec les fontaines déjà évoquées) un "viens tsunamiser ta jetée dans mon estuaire". L'imagination au pouvoir, et au feu les coups de boutoir !

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Quel cirque !

J'ai mis très longtemps avant d'aimer le cirque. Tant que c'était du Pinder ou du Gruss, des Augustes humiliés, des paillettes ternies par la sueur, des éléphants qui jouaient de la trompe, des roulements de tambour comme avant une exécution capitale et des tigres pelés terrorisés par un hercule (pourtant, le fouet...), je trouvais ce spectacle d'une tristesse infinie. A peine si les cavaliers et les acrobates appuyaient sur une petite sonnette enfouie profond sous mes cheveux. Et la femme canon m'inspirait quelques variations très personnelles, tout comme l'arène et sa sciure. Mais les spectacles proposés alors tenaient plus de la purge que du remontoir à boîte à fantasmes.

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Photo mjemirzian

Et puis il y a eu les nouveaux cirques, sans animaux souvent, sans personne qui risquait sa vie entre deux trapèzes ou près d'un balancier, avec de la musique rock, des artistes qui tenaient aussi bien de la scène heavy metal que de la danse la plus classique (mais avec des "numéros" d'une sensualité qui laissait les cygnes, Galatée, Giselle et les autres mille lieues et autant d'années lumières loin derrière, trop académiques avec leurs petits pas codifiés par Marius) et des numéros d'une poésie et d'une sexualité mêlées. Le cirque, ce cirque-là, n'avait pas besoin de bestiaux pour cacher l'animalité des corps, il ouvrait la porte aux centaures, aux minotaures, aux femmes lianes. il y avait des seins et des torses poils. D'ailleurs, chez Bartabas ou Ivan, les frères ennemis du cirque Aligre, les chevaux et les oiseaux sont encore là, et pourtant les spectacles ne se voilent pas la face (ou alors je suis totalement obsédée, ou les deux). Archaos, Baroque, Soleil, Plume, Zingaro, Dromesko, par vous, pour vous, je suis retournée au cirque.

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Photo mjemirzian

Sans rentrer trop dans la technique et l'esthétique, je reste délibérement au plus près de la peau et du muscle, parce que c'est là que ça se passe tout de même, j'étais abasourdie par ces corps si parfaits, qu'aucun(e) culturiste n'égalera jamais, rompus à tant d'efforts qu'ils semble rire au nez du danger et défier l'impossible. Des corps denses et éoliens à la fois, des corps qu'on a envie d'étreindre, des corps par qui ont a envie d'être ceinte. Des corps de force pure, des corps de souplesse absolue. Des corps qui parlent si bien.
Les trapézistes me fascinaient, lâcher prise, le vide, se rattraper, ou l'être, la confiance en l'autre, se frôler avant de s'empoigner, flirter avec la mort et la beauté, ça ne vous rappelle rien ? Moi si.
Il y a aussi tout ces jeux avec du feu, des cordes... Des pirouettes improbables parties de la racine des cheveux, des chutes sans fin mais sans blessures.

À chaque spectacle, encore en regardant les artistes du Cirque du Soleil l'autre jour, je surtitre ce que vois de connotations bdsm. Cet homme, cette femme, il est le dominant, elle est la soumise, il la contraint, la contorsionne, l'épouse, la mate. Elle s'appuie, le défie, lui confie sa vie. Leurs gestes sont ceux de l'amour sauvage qui me tient tant à coeur. Les flammes qui flirtent dans les yeux des autres spectateurs sont celles, terrifiées et avides, des tiens ou des miens quand nous allons trop loin (trop loin selon les normes vanilles, sûrement pas assez si l'on en croit la bible du D/s et les lois du SM). Je réécris la mise en scène, j'invente des chorégraphies féroces, fières et farouches, je ressors les fouets des cages vides des animaux, les femmes sont des panthères ailées, les hommes des lions dompteurs. La mèche ne claque plus en l'air, mais sur la peau, plus besoin de cymbales, le lycra se déchire et tout finit dans un rut rauque. Le bdsm ferait un beau spectacle de cirque, il s'opératise si facilement.

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Photo mjemirzian

J'aime follement le cirque, j'ai envie de courir sans fin, au bout d'une longe, jusqu'à me rendre d'épuisement.

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Lux

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© don2g

Demain, deux parmi les principales religions monothéistes vont allumer des bougies, pour des raisons différentes, la coïncidence n'est que calendaire. Et aux Etats-Unis, sans souci des religions, les afroaméricains célèbrent Kwanzaa, cette fête des fruits dont les lumières ne sont pas absentes non plus.

Ce blog, comme ma vie, étant garanti sans dieu (ni maître), les bougies ne seront pas de la triste cire dont on fait les chandelles ou les votives, mais de celle en confettis qui constelle les corps. J'ai envie, c'est de saison, d'une célébration. Toute païenne. Dyonisaque. Orgiaque.
Les bougies sont prêtes, rouges, violettes, oranges, gai bouquet. Leur contact est mat pour t'être agréable à la paume, leur allure patinée, pour avoir l'air d'être venues d'un temps lointain.

S'il y a, pour moi, une pratique où l'aveuglement est indispensable, c'est la bougie. Quand tu passes devant mon visage pour attiser mes tétons, j'en perçois l'éclat, malgré l'épais bandeau noir. La chaleur m'égare, parfois proche de mes omoplates, mais la brûlure est pour mes reins. La surprise fait partie de la fête.

Mon corps, en général, je le sens de l'intérieur. Articulations, muscles, nerfs, organes. Quand il va bien, je ne le sens pas d'ailleurs. Quand nulle fièvre ne provoque des courbatures, quand aucune affection ne vise la vésicule, quand les mouvements ne braquent pas le dos, on oublie qu'on possède un corps. On ne sait pas forcément qu'un éclat de rire mobilise plus de muscles que le développé couché. Certains font du sport, et prennent ainsi une conscience, souvent trop narcissique, de leur corps. Ils s'y font mal aussi, et aiment cela. Les endorphines sont leurs amies. La douleur fait des danseurs et des acrobates les plus belles anatomies du monde. Il y a des passerelles entre les sportifs et les masochistes. Dans cette conscience aiguë du corps, dans ce façonnage à la dure.

Je te parlais, pour l'avoir lu dans les récits fulgurants d'un certain Sanclar, que les marques laissées par quelque martinet mordant ou chat à une longue queue, était des "traces de vie". Et une bonne fouettée, sans que je sois dans la position idéale pour en lire les empreintes immédiates, me réveille à la vie dans ce qu'elle a de plus coruscant, comme quand on la chevauche tout en haut d'une grande roue ou d'un roller-coster qui ne descendrait jamais. Les jeux avec bougies participent de ce principe. Les détours, les contours, les pleins et les déliés de ma géographie sont mis en exergue par ces gouttelettes ou coulées de cire, le corps prend sa vie propre, parcouru des ondes sensuelles des frémissements de peur puis des mouvements endiablés des réflexes incontrôlables.
Alors je te supplie de m'attacher pour qu'une chandelle dans chaque main, tu l'envolutes contre sa volonté, dessinant ces guirlandes incandescentes qui me rendent serpentine. Enfiévrée et affolée, déconcentrée par l'éparpillement des pointes de feu, j'oublierai tous les autres maux, les cauchemars quotidiens, les angoisses routinières. Mon immanquable inquiétude fondra sous la fusion. Comme elle le fait sous la chaleur de tes fouets.



Le corps caverneux du délit

Corps caverneux

Ce midi, alors que je trainaîs à répondre à mes messages sur mon tchatte de prédilection, un marquis (c'est à ça qu'on les reconnaît...) m'envoie cette commination, sans avoir pris le temps de lire mon annonce qui spécifie clairement que je suis en de bonnes mains, que je ne cherche rien ni personne, sauf à tailler le bout de gras (pas trop gras tout de même).

marquisxxxxxx le 12-12-2005 à 13:47
"Bonjour je suis h dominateur ultra membré et je
cherche un entretien a la cam ou au tel ou reel si
entente, choisissez..."

La douce Mélie étant en ligne sur msn, je m'empresse de partager mon hilarité avec elle. Optimiste, elle craint que l'ultra membré ne donne du gland dans l'oeil de sa webcam jusqu'à la péture d'icelle. Pragmatique, je ne vois pas bien l'intérêt de sa TBM (très belle membrure) par téléphone. Médicale, elle craint que ça ne me crève un tympan. Désagréable, je fais en sorte qu'il se la remette derrière l'oreille.

Comme Saïda, je suis de celles que le terme de TBM plonge dans des états à peu près identiques à ceux induits par une bonne goulée de protoxide d'azote, au point de me poiler toute seule devant les affiches du Bon Marché quand il fait ses trois J à lui et devient TBM, quand bien même j'adore me faire bourrer par une belle verge arrogante et décalottée qui frappe à l'huis de mon col jusqu'à résonner dans ma colonne vertébrale, mes cervicales et ce qui reste de ma fontanelle.

Mais je m'égare.

Entre deux rendez-vous, je repense à l'ubermembré du matin, enfin, du midi. Et à la statuaire. Ce qui a priori n'a rien à voir, puisque par une clause sans doute de pudeur, les statues des apollons et autres demi-dieux, éphèbes et chippendales antiques, avaient le zizi riquiqui, comme un oisillon perdu dans son nid.
Oui mais non.
Pris de boisson dit-on, le très bel Alcibiade une nuit, castra les statues d'Hermès et de son bled, ce qui lui valut quelques ennuis avec les autorités locales.
Celle-ci n'a pas subi les ardeurs des silex d'Alcibiade, elle est romaine et compte bien six siècles de plus que le stratège hellène. Mais elle me raconte une drôle d'histoire. Et me donne envie d'interpeller marquis.machin, et tous les TBM si fiers.
Car parfois, réel, symbolique ou imaginaire, l'attribut du sujet vient à manquer.

Rue Bricabrac, statue, castrée

Alors mon gros (je parle à ton zboube, ta tête est absente), ça te fait quel effet d'être un trou ?

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Elle voit du sm partout (c'est phonétique)

Quel anachronisme l'avait poussée à porter, dans l'enthousiasme, sa mini mousmé, en robe à smocks, sur les fonds baptismaux, elle toute de nihilisme, loin du catholiscisme, du traditionnalisme, mais tout autant du bouddhisme ou du calvinisme, faisant fi des sarcasmes, avec la famille venue malgré les antagonismes, les hommes en smoking, les femmes avec du jasmin dans les cheveux ?
Peut-être un fond de conservatisme, ou de snobisme, se disant qu'au sein de ce microcosme de théisme, elle transmettrait à l'enfant comme un talisman. Elle l'éloignerait, dans une superstition fantasmatique, du botulisme, des anévrismes, du marasme, de toutes ces choses qui ne se soignent ni avec des cataplasmes, ni au bismuth.
On était loin de la conception de la fillette, après avoir bu deux Cosmopolitan, so smart dans le smog londonien, cette étreinte toute d'osmose et d'érotisme jusqu'à un orgasme violent comme mille spasmes.
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Elle voit du sm partout (c'est chimique)

Rue Bricabrac, sm, samarium

Le sm existe, je l'ai rencontré.
Il court sous le dossard 62.
Il est plutôt rare, métallique, couleur silver. Sous ses aspects de glace et de miroir, il a l'enflammement facile.
On le trouve surtout dans les aimants, ces contraires qui s'attirent.
Il n'est pas dépourvu d'innocuité non plus.
Il est exactement comme je pouvais le rêver.
Il a même un nom, Samarium.

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Sortez couverts (Zentaï)

Zentai

Encore des images qui ravivent des fantasmes oubliés.

N'étant ni exhibitionniste, ni mélangiste, peu voyeuse, pas du tout gangbangueuse, mais flirtant avec toutes ces idées, je m'étais alors imaginée livrée à différents bourreaux qui ne pourraient pas plus me voir que moi les regarder, puisque j'aurais été vêtue d'un académique (justaucorps à manches et jambes longues) comme on en trouve chez Repetto ou Stanlowa...

... mais un tout petit plus intégral, puisque emballant aussi pieds, mains et tête. Et le plus fin possible, pour que les sensations restent intactes (parlant de sensation, avez-vous remarqué, les filles, à quel point un collant ou un bas d'un nylon de peu de deniers accentue les vagues d'une caresse ?).

Ainsi caparaçonnée et offerte, fermée mais vulnérable, je pouvais me retrouver dans quelque Luna Park de dominateurs pour toutes sortes de jeux en aveugle. Impudique et ma pudeur intacte, je ne perdrais pas une miette de la force dun coup, la torsion d'un pincement, l'étau d'une morsure, la précision d'un doigt sur mon starter... (La question de la frustration des hommes ne se posait pas, c'est mon fantasme, et j'en fais ce que je veux, c'est là la supériorité du fantasme sur la vie.)

Pour finir ce fantasme en beauté, mon amant dominateur à moi, une fois terminée la séance collective, pouvait parfaitement déchirer la combinaison aux seins, aux fesses, yeux et bouche, au sexe, ou pas, ou me laisser ignorer aussi longtemps que possible que c'était lui (me punissant si je ne reconnaissais pas ses mains assez vite) et que nous étions seuls.

Et voilà qu'avant-hier, tombant sur les ciseaux d'un coiffeur et un numéro de FHM, j'apprends l'existence du zentaï (je ne suis pas une lettrée du bdsm et des fétiches associés, juste une pratiquante, pas une croyante, ce qui me tient éloignée des chapelles... mais pas du plaisir).

Je ne peux tout d'un coup me défaire, malgré l'exhumation du fantasme qui soudain le réactive, beau et brillant comme un sou neuf, de l'idée que le zentaï, c'est la capote poussée à l'extrême, le safe sex jusqu'au moindre germe qui pourrait traîner au bout d'un doigt, une invention de Howard Hughes le paranoïaque visionnaire, une manière, sous prétexte d'exalter les sens, de se prêter sans se donner.

Pourtant, pour retarder le contact, pour sentir le froid d'un ciseau contre son menton ou sa cuisse, pour être sortie de son cocon parcelle de peau après centimètres carrés de chair, ça donne terriblement envie.

N'est-il pas furieusement Missoni, ce petit modèle à rayures ?



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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