Rue Bricabrac

Da Dressi Code

Rue Bricabrac, bdsm, dress-code
D.R.

JE comprends bien le fétichisme, beaucoup moins le conformisme. En feuilletant presque conjointement le catalogue des chères tentations d'une boutique chic et les galeries et/ou annonces de mes congénères, je suis surprise par l'uniformité de ce petit monde, dont certains pourtant fraîchement émoulus de la pulsion.
Des femmes, d'une géographie plus ou moins semblable à la mienne, se coupent le mollet avec une moche bottine récupérée soit dans un magasin d'après-skis antédiluviens, soit dans une boutique fetish en plein déstockage, juste pour satisfaire au dress-code (ou aux injonctions du mémètre "mets des bottes, soumise, m'en fous que ce soient des Aigle ou qu'elles aient appartenu à ta tante podagre"). D'autres à qui les cuissardes vont aussi bien qu'une ceinture de bananes à un carlin, lâchent en vagues successives de peau d'orange des bourrelets conséquents. Quant au corset de vinyle, sans doute aussi confortable qu'une sudisette trop serrée, no comment.

Je ne vise pas les amoureux du latex, les adorateurs du cuir. Mais ce fichu code édicté on ne sait même pas par qui et qui, comme tous les ouvrages religieux, privilégie le laid dans la norme et le dogme au beau qui marche hors des clous.

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Et juste au moment où j'écris ces lignes, je tombe sur un magnifique récit qui commence par cette phrase :

La première fois que Julia me reçut chez elle, elle portait, comme nous en avions convenu, un kimono d'intérieur bordeaux, très simple, qui se mariait parfaitement avec son teint pâle et ses cheveux très noirs

(Pour éviter de nouveaux ennuis avec d'autres réincarnations de René Char, je précise que l'auteur de ces lignes et de beaucoup d'autres, puisque son texte en trois parties est une véritable nouvelle, se pseudonymise Kazuo, et qu'il est hautement recommandable, textuellement parlant, pour le reste, je n'en sais rien, et d'ailleurs, il pourrait être mon fils, donc je n'ai aucune vue sur autre chose que ses mots. Fin du déclameur voulu par notre société qui marche sur des oeufs, en plus de courir sur la tête.)

Disposant moi-même de plusieurs kimonos, en ayant toujours aimé la fluidité élégante et la traîne qui oblige à une démarche prudente, je me souviens du plaisir que prenait H*** lorsque je le recevais ainsi, avant de m'agenouiller sur les cordes qu'il n'aurait plus à lier, à proximité d'un plateau de laque sur quoi étaient posés les instruments qu'il avait réclamés, ou qu'il m'avait ordonné de choisir, ou dont je lui faisais la surprise. Il lui suffisait d'un doigt pour me dénuder. Et de deux bras pour me rhabiller à ses couleurs.

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Les couleurs. Précisément. De plus en plus, j'ai envie de sortir du rouge et noir (sauf pour une paire de Louboutin bien sûr), de vomir ces obligatoires en forme de chanson de Jeanne Mas, de préférer un serre-taille chatoyant de couleurs insolites comme le plumage d'un oiseau des îles, d'oser le talon turquoise d'une chaussure parfaite et imaginative, de jouer plus subtilement avec le code subliminal qu'avec les signes ostentatoires d'un passage sonnant et trébuchant dans la boutique de référence. J'ai souvent fait part ici de mon goût du violet, des mousselines, de la toile denim, des jupes à froufrou et des bas courts. Je trouve qu'une peau pivoine ressort tellement belle entre deux jarretelles immaculées, que le sous-texte "innocence" de la couleur blanche s'entrechoque heureusement avec l'insolence affichée des marques de coups assumés. Qu'un académique de danseuse est un premier pas vers le zentaï et permet d'offrir son corps sans donner l'essentiel, de se sceller du plus fin des tissus, de le voir se mouiller de plus en plus large des taches du plaisir. Le corail donne envie de rivaliser avec ses nuances, il faut oser le mordoré, ne pas hésiter à s'envelopper d'un souffle de soie, porter des dessous comme s'ils étaient des tatouages.

Le dress-code est une manière de céder à la mode (fashion soumise), de se rassurer aussi (toi et moi et le ghetto). Dans les clubs (que je ne fréquente pas), le minimum requis est une tenue noire. Donc si je venais avec les dessous ci-dessus, les chaussures itou, une voilette violette, et au lieu d'un collier, une immense broche araignée d'argent aux cristaux adamantins qui me mange le cou, prête à faire le show en me tordant sous des fouets inconnus autant que cinglants, on me refoulerait ?
J'exagère un peu le look perroquet, mais chacune de ces parures a une connotation totalement fétichiste. Stiletto effilé comme un rasoir. Voilette comme Madame veuve Robbe. Serre-taille et string comme tout le monde. Bijou d'appartenance. Une connotation. Pas une ostentation. Et c'est là que ça commence à m'intéresser. Et que j'aimerai que cela, le détournement, la litote, touche aussi mon futur partenaire.

(La lingerie est de Carine Gilson et les souliers de Nicholas Kirkwood.)



Cher public

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photo Ebvbaer

EN regardant le top ten, nous avons comparé nos goûts, nos envies. Tu as évoquée la fessée publique. Je t'ai fait part de mes réserves.

Et puis...

J'aurais une tête de chat, ou d'exagérées ailes de papillon autour des yeux, des plumes dans les cheveux et des strass sur les lèvres.
Moulé de rouge, mon corps serait un coquelicot. Ou une amante en vert menthe. Ou bronzée de doré, une statue tout sauf immobile.
En tout cas, personne, sauf un très intime, ne pourrait me reconnaître. Ainsi, j'accepterai cette fausse exhibition.
Au-delà de mon bourreau, tu seras mon gardien, non point geôlier, mais chaperon, veillant à ce qu'aucun centimètre de ma peau ou de mon poil ne soit dévoilé.

Je te donne ma chair comme on donne la main. À toi d'en jouer, de la prêter, de la froisser, de l'énerver, de l'ébahir, de la faire fondre, de la tanner, de l'écarteler. Tu as ma confiance.

Des étrangers me palperaient, me pinceraient, gifleraient mes formes. Je retiendrais mes cris.
Sous le tissu trop fin, ma chair de poule autant que mon plaisir seraient palpables. Je donnerais tout, sauf moi

Plus tard, entre nous seuls, tu éplucheras ma peau de secours, tu me déplumeras comme une alouette, tu arracheras mes ailes en embrassant mes cils et tu dessineras du doigt ou de la langue la géographie colorée que ces étrangers attentionnés auront laissée, en souvenir d'une mascarade. Et ton sexe trouvera un chaud fourreau. Et ce n'est qu'en ces terres intimes que ma jouissance pourra éclater.

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Incertain regard

IL m'arrive encore, quand je m'ennuie sur un tchat, de lire les annonces des autres inscrits, quand elles s'affichent aléatoirement sur la page d'accueil.

Photo assez chaste à l'appui, une jeune femme décrit comment, chaîne à cadenas en guise de ceinture de chasteté light à la taille et au sexe, appareil qu'elle a choisi de porter et d'en confier la clé au d'homme, elle "assume" désormais les regards des nageuses et des docteurs.

En l'espèce, qui regarde qui ?
Est-ce elle qui subit des regards qu'elle invite par son libre choix, en toute conscience, en presque provocation en exhibitionnisme jouissif, ou bien regarde-t-elle les regards de ces gens, curieux ? choqués ? complices ? qui n'ont pas demandé, venus pour l'aquagym ou les bébés nageurs, pour une piqûre de Biotine ou un dites 33, à être informé de sa soumission par des signes extérieurs, au demeurant plutôt gracieux (la chaîne de taille a longtemps été l'accessoire coquet et dénoté de bien des jeunes filles, avant d'être détrônée par le piercing au nombril).

"Assumer".
Hum.
Qu'en est-il vraiment de ces regards... Sont-ils subis, forcés, sollicités, espérés ?

Suivez mon regard.
Philippe Faure, avec sa série des Soubrettes abusives, et la performance autour de sa série de photos, interroge ce regard.

Je préfère personnellement m'attarder sur les photos qui sont visibles ici, pour la beauté du cadrage et de l'ironie, mais c'est la vidéo qui parle le mieux des regards des spectateurs (même si ici, le propos est biaisé puisque les visiteurs sont prévenus de ce qui les attend). Des spectateurs qui en vérité sont plutôt ceux qui sont regardés par les deux créatures qui ne perdent rien de leur perplexité.



Mets la gomme !

LES Brits ont toujours été des cadors du film publicitaire. Et ce n'est pas cette petite merveille (dégottée via fluctuat) de folie, d'humour et de créativité qui va démentir mon affirmation enthousiaste.

Bienvenue dans la famille fetish sado maso où même le nain de jardin porte du latex.

Moi qui suis généralement hermétique à la pub, ça me donnerait presque envie de me fournir chez Rubber 55. Comme je n'aime pas le latex à la folie, je ne m'en sers qu'en prophilaxie, je me retiens.

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Hello Dolly !

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D.R.

LE résultat est d'une laideur rare, mais l'idée est tellement tordue qu'elle pourrait être presque sublime (dans le sens durassien, forcément...).

C'est l'histoire d'un zentaï qui s'appelle Dolly, comme la brebis clonée, mais aussi comme poupée en anglais. Un zentaï qui reprend le dessin d'une poupée gonflable, couleur rose soi-disant chair, yeux écarquillés, bouche grande ouverte dans un étonnement factice.
À l'entrecuisse, une ouverture permet en revanche de retrouver un authentique vagin (ou une tulipe si c'est un monsieur, car cela existe pour hommes).

Je me demande qui utilise des poupées gonflables. Pour ce que j'en connais, c'est à dire pas grand-chose. Je me souviens du dauphin gonflable que j'avais gagné à un concours de plage et qui crissait de tout son plastique. Le contact n'en était pas super agréable, à l'époque, certains matelas pneumatiques de luxe avaient un petit aspect velouté pour éviter ce méchant plastique peu amène. Mais je m'éloigne, quoique, tenir dans ses bras une poupée gonflable, c'est quand même un peu comme tenter de copuler avec un flipper gonflable, les trous en plus.
Je serais un homme, je pense que je préférerais un gant de toilette rempli de spaghettis tièdes plutôt qu'une poupée dans laquelle j'aurais forcément craché mes poumons, ce qui ne doit pas être l'idéal pour se mettre en condition.

Mais je ne suis pas un homme.

Je suis une femme qui aimerait, parfois, être une poupée, qui ferme les yeux quand on la couche, qui ronronne quand on la touche, et qui se laisse faire et défaire, fers aux mains et aux pieds.
J'aime aussi les zentaïs. Quand bien même je n'aurais pas encore le mien, qui me suffit largement, je ne suis pas sûre que j'aurais envie de me glisser dans un tel appareil. Se faire foutre comme un objet, rien d'autre.
Qu'est-ce qui différencie ma pelure de lycra noire, dans quoi je me sens mystérieuse, à la fois exposée et cachée, de l'autre. L'humiliation ? La mocheté ? Le kitsch ? Le ridicule ?

Et si c'était encore le bon Tom Ford qui donnait la bonne réponse ?

Rue Bricabrac, bdsm, parfum, pub, Tom Ford
D.R.

Quelque chose du domaine de la vulgarité...

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Pense (pas du tout) bête

Rue Bricabrac, bdsm, capote, SIDA

Si le 1er décembre, il faut se souvenir de chausser ses bananes d'une coquette cotte de maille, pour les autres jours de l'année, et pour ces drôles de bananes pas vraiment jaunes et qu'on appelle communément bites, mieux vaut s'en tenir au latex. Et bonne nouvelle, on en trouve cinq pour un euro.

Et chez lui, vraiment le roi, les gros mangeurs en auront cent pour moins de quinze euros.

Parce que bdsm ou pas, ça protège pas. Et pour ceux qui ne trouvent pas ça top sexy, on peut essayer de se dire que c'est un mini-zentaï très localisé...

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Masodora (part 2, reality check)

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photo Suya1978

Une fois de plus, c'est une immense joie de voir que le fantasme et le passage à l'acte coïncident.
À peu de choses près.

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photo Suya1978

Pour avoir rapidement glissé les yeux sous un bout de la cagoule du zentaï, sans l'étirer comme l'a fait mon visage, je pensais qu'on n'y voyait goutte. Pas du tout. On y voit comme ces cambrioleurs avec un collant 60 deniers sur le nez. Mais rien n'interdit de fermer les yeux. Et je me suis prise à rêver tout haut, relayée par un P. questionneur, à m'en aller fréquenter des endroits achanlandés et fetish ainsi vêtue, sûre de tout voir sans jamais être reconnue. Le carnaval de Venise sans Venise et sans carnaval, mais avec des verges et des cravaches.
Je n'ai pas de foulard rouge, mais un bandeau de cette couleur ferait une jolie décoration... et je ne serais pas tentée de voir les autres me regarder. Donc je serais invisible.

Malgré notre intimité, je me sentais (autosuggestion ?) différente, plus libre de mes gestes, de mes soupirs. Plus espiègle, plus à fleur de peau. Je m'amusais de ton envie de ma bouche, je te mordillais la langue comme je pouvais. Je me donnais en me refusant, j'étais innocente de ce refus, ce n'était que ma parure.
Tandis que je te sevrais de mes lèvres, je t'overdosais de mes doigts gantés, cherchant la caresse plus profond, remplaçant la proximité de chair par la multiplication du geste.

Comme je l'imaginais, tu as mis plus de vigueur dans tes coups. Ta paume rebondissait avec assiduité. Tu semblais relire ma géographie. J'étais une autre histoire, en tous cas, plus cette femme de peau et de nerfs mais un masque un peu abstrait. La preuve ? Avec un zentaï, l'éjaculation faciale (si les stats montent, on saura pourquoi) n'existe pas.

Hier soir, tu as pointé un trio de bleus parfaitement ronds sur mon sein droit.

C'est le zentaï, ça ?

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Masodora (part 1, minimaliste)

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photo Suya1978

Après, alors que j'avais envie de connaître tes sensations, que j'étais friande de tes émotions, tu m'as dit

C'est comme de chercher quelque chose dans le noir alors que la lumière est allumée.

Il y a de ça. J'aime bien ton image.

Tu m'as soigneusement cherchée, je n'étais pas vraiment cachée, d'ailleurs, je t'ai trouvé.

(À suivre)

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Maso Musidora

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photo Suya1978

Le temps fraîchit et mon zentaï, après des péripéties retardatoires frustrantes, est enfin arrivé. Va-t-il me tenir chaud en attendant que je brûle décidément trop ? Cette mince frontière de tissu va-t-elle faire de moi une autre un peu différente, une Masodora, une ratte d'hôtel prise au rets ? Pourrais-je me laisser mieux aller sous ce masque intégral ?

Je ne verrai rien, sauf la lumière. Je sentirai tout, l'amplification du nylon. Je serai moi, évidemment, plus loin, plus proche. Je serai là et ailleurs, en moi, pour toi.
J'aime cette idée de tour d'ivoire en spandex noir.

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photo Suya1978

Tandis que je parcours de la pulpe des doigts le lycra soyeux et crissant, réfrénant mon impatience, j'attends que tu sois là pour l'inaugurer, pour que ce soit quelque chose à nous, à deux, je me demande comment tu vas appréhender mon corps ainsi moulé, dissimulé autant que provocateur, appelant tes mains, interdisant tes doigts (les onze, oui), acceptant tes dents, refusant ta langue.

Tu ne verras ni mes pupilles ni ma peau. Tu ne sauras quel feu m'étreint, ou quel froid me saisit. Te serais-je alors vaguement étrangère ? Comment et combien seront tes coups quand leurs marques ne seront plus là pour te servir d'indicateurs ? Vas-tu le lâcher, soudain désinhibé par mon allure de jouet lisse ? Auras-tu au contraire des attentions de lady face à de la bone china ?
J'aimerais entendre tes désorientations.

J'ai hâte de cette surprise, quand tu me feras sortir de ma gangue, et que tu savoureras le spectacle abstrait de notre combat à l'aveugle, de ce trouble jeu. Avant d'incliner la psyché pour que j'en profite.

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S ou M ?



Pour la taille, je ne sais pas laquelle choisir, S ou M ?
Rue Bricabrac, bdsm, zentaï Vous avez vu ce que vous venez de dire ?

Le modèle ci-dessus, Gaultier évidemment, n'est hélas pas celui dont je parlais. Mais le mien n'est pas mal non plus... et il est en S.

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Hot Coulture

Hot Coulture

Le boulevard Saint-Germain, à force de chercher à ressembler à l'avenue Montaigne en remplaçant les librairies par des couturiers ou des bijoutiers, est devenu un de ces lieux où l'on croise les élégantes chargées de paquets. Quelques uns des boutiquiers de luxe là établis n'oublient pas les racines culturelles du quartier, et tentent le métissage. Comme notre amie Sonya Rykiel (& fille, Nathalie), qui pour vendre les sextoys, certes dans de ravissants pochons noir et rose strassés, deux fois le prix des mêmes dans un catalogue de VPC ou une boutique roturière on line, n'oublie pas de surfer sur la tendance.

Rue Bricabrac, Molinier, Rykiel Homme

Ne doutons pas que venant jeter un coup d'oeil sur sa nouvelle boutique homme, le mâle moyen appréciera cette confession de Pierre Molinier, exposé à deux pas. Déjà que le cher avait eu du mal à se faire à l'idée qu'il était métrosexuel et pouvait, que dis-je, devait abuser de la crème contour des yeux et des gels spécial peaux grasses, voilà que venu acheter un complet trois boutons, il se fait traiter d'homme putain. Hé oui, bonhomme, on (surtout toi) est peu de chose !

Rue Bricabrac, zentaï, Rykiel

En face, chez la femme, ça ne rigole pas. Pas de sac à menottes mais des minaudières clinquantes sur fond de vidéo, ballet et Théâtre de la Ville. Toutes en zentaï, les filles, alors pas de poches, d'où l'intérêt du petit pochon à cabochons au premier plan. Les belles tenues vertes ne sont pas encore disponibles en magasin, avec la griffe et tout le toutim. Mais en bonnes renardes de surface, l'une ou l'autre des hôtesses de la maison ne devrait pas tarder à surfer sur la combinaison intégrale.

Rue Bricabrac, Rykiel sport, punching ball

Pour les dominas malheureuses de n'avoir plus de jouet sur qui taper (comme cela fait longtemps que Molinier est son héros dans la vie réelle, il est parti faire le tapin du côté de l'Orangerie), pas de stress, la famille Rykiel a aussi tout ce qu'il faut, y compris le petit body qui une fois la séance de sport terminée montrera le chemin aux presbytes, myopes et autres mal comprenants de l'anatomie féminine et des préliminaires.

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Manège à trois

Manège à trois

Imbecile 12

L'autre soir, nous avons longuement parlé de libertinage, de Casanova, de Diderot, le dernier numéro de L'imbécile au pied du lit, pas encore même sorti de sa pellicule plastique. Hier soir, on a remis ça, L'imbécile avait été sorti de sa capote, pas encore lu, mais parcouru. (On a chacun le nôtre, d'exemplaire, et en plus, je fais du prosélytisme, c'est après la découverte de Courrier International il y a des années, la revue le plus coup de foudre sur quoi je sois tombée.) "Psychologie du libertin", c'est le thème du numéro 12. On en parle. Comme tu es réfléchi, tu me parles d'idées, et du libertinage au sens dixseptièm/dixhuitiémiste. Celui des Lumières. Comme je suis futile, je parlais de celui d'aujourd'hui, qui n'a gardé de son ancêtre qu'une liberté sexuelle. De toutes façons, le XXIe siècle n'est pas très spirituel.


Tout ça pour dire que je rêverai d'être libertine (pas comme la vilaine fermière, pitié), d'avoir cette faculté de détachement, ou de non attachement, ce goût de la collection et ce désir en mouvement perpétuel. Quand liberté rime avec légèreté. Je me souviens d'un film de Spike Lee, quand il avait du talent. Pas tout à fait une grande finesse, mais de l'allant, du chien. Nola Darling n'en fait qu'à sa tête. Nola avait trois amants. Un petit coursier démerde, drôle, un zigoto bavard et ludion. Un cadre sup sanglé dans un costard bien coupé, avec la thune qui tombe régulièrement, les idées aussi bodygraphes que son complet, rassurant et amidonné. Un beau gosse aux plaquettes de chocolat à la parade, grand baiseur devant l'éternel, le 7ème ciel à chaque coup de rein, je ne me souviens pas de son QI, sans doute n'en avait-il pas. J'ai bien que que le Spike, sur le coup, n'avait pas été très fin. Et Nola, qui rêvait sûrement de Mr Right (aux Etats-Unis, pays qui n'a pas connu la royauté, le prince charmant est de la roture), ne savait pas trop lequel des trois choisir. Le rigolo ? Le macho ? Le boulot ? Tout bien considéré, à eux trois, ils en faisaient un.

3mains

Trois hommes, c'est peut-être ça la solution à la quête de complétude. L'homme idéal en pièces (sur pieds, les pièces) détachées. Pas les trois ensemble, mais avec un peu d'organisation, à Monsieur A les lundi et jeudi, Monsieur B les mardi et vendredi, Monsieur C les mercredi et samedi (si Monsieur C est marié, on le met au courant des deux autres, et on lui affecte le seul mercredi, enfin, chacun se débrouille avec son planning, hein...), et le dimanche, on a piscine, copines. Dans un monde idéal, ça éviterait chagrins d'amour (si l'un des trois tire sa révérence, reste les deux autres pour se consoler en attendant de réembaucher), surtout, ça permettrait peut-être (je nage en pleine théorie, comme le prouvent mes exemples pathétiques) de diluer le don, l'investissement affectif. Parce que si c'est pour multiplier les souffrances, les blessures d'égo par trois, ce n'est même pas la peine. Ce qui est une manière d'envisager les relations humaines comme les investissement boursiers, ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Un truc de boutiquière, d'apothicaire. Beurque, non ? Sade était un grand comptable. Don Juju aussi.


Ma in Ispagna son già mille e tre!
Mille e tre !

C'est compliqué. Même juste tre. Surtout quand on est masochiste. Il y a les marques. Les marques, c'est le contraire du masque. Le libertin aime les masques. Il en a besoin. La masochiste aime les marques (sauf quand il y a séance d'acupuncture et de shiatsu chaque semaine). Elles sont ses décorations.

Je crains de n'être pas libertine, ça me déchire. Si je l'étais, je crois que j'ai trouvé mon masque. Ce serait un zentaï, plusieurs zentaïs, pourquoi pas novantuna ? Ou alors, mais c'est moins hype, troquer EDF pour la bougie (c'est politique) et ne choisir que des amants hypermétropes, si on les aime jeunots, ou presbytes, fatal chez les quadras (c'est optique).

 



Sortez couverts (Zentaï)

Zentai

Encore des images qui ravivent des fantasmes oubliés.

N'étant ni exhibitionniste, ni mélangiste, peu voyeuse, pas du tout gangbangueuse, mais flirtant avec toutes ces idées, je m'étais alors imaginée livrée à différents bourreaux qui ne pourraient pas plus me voir que moi les regarder, puisque j'aurais été vêtue d'un académique (justaucorps à manches et jambes longues) comme on en trouve chez Repetto ou Stanlowa...

... mais un tout petit plus intégral, puisque emballant aussi pieds, mains et tête. Et le plus fin possible, pour que les sensations restent intactes (parlant de sensation, avez-vous remarqué, les filles, à quel point un collant ou un bas d'un nylon de peu de deniers accentue les vagues d'une caresse ?).

Ainsi caparaçonnée et offerte, fermée mais vulnérable, je pouvais me retrouver dans quelque Luna Park de dominateurs pour toutes sortes de jeux en aveugle. Impudique et ma pudeur intacte, je ne perdrais pas une miette de la force dun coup, la torsion d'un pincement, l'étau d'une morsure, la précision d'un doigt sur mon starter... (La question de la frustration des hommes ne se posait pas, c'est mon fantasme, et j'en fais ce que je veux, c'est là la supériorité du fantasme sur la vie.)

Pour finir ce fantasme en beauté, mon amant dominateur à moi, une fois terminée la séance collective, pouvait parfaitement déchirer la combinaison aux seins, aux fesses, yeux et bouche, au sexe, ou pas, ou me laisser ignorer aussi longtemps que possible que c'était lui (me punissant si je ne reconnaissais pas ses mains assez vite) et que nous étions seuls.

Et voilà qu'avant-hier, tombant sur les ciseaux d'un coiffeur et un numéro de FHM, j'apprends l'existence du zentaï (je ne suis pas une lettrée du bdsm et des fétiches associés, juste une pratiquante, pas une croyante, ce qui me tient éloignée des chapelles... mais pas du plaisir).

Je ne peux tout d'un coup me défaire, malgré l'exhumation du fantasme qui soudain le réactive, beau et brillant comme un sou neuf, de l'idée que le zentaï, c'est la capote poussée à l'extrême, le safe sex jusqu'au moindre germe qui pourrait traîner au bout d'un doigt, une invention de Howard Hughes le paranoïaque visionnaire, une manière, sous prétexte d'exalter les sens, de se prêter sans se donner.

Pourtant, pour retarder le contact, pour sentir le froid d'un ciseau contre son menton ou sa cuisse, pour être sortie de son cocon parcelle de peau après centimètres carrés de chair, ça donne terriblement envie.

N'est-il pas furieusement Missoni, ce petit modèle à rayures ?



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
Flash-back
À lire
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L'oeil
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