Rue Bricabrac

Buisson et citrouille

Buisson et citrouille

Rachel et Claire, sex-activistes, tiennent commerce outre atlantique. On leur doit les sex-shops pour femme, moquette claire et lumière vive. Elles vendent aussi mille merveilles dont le vibro lapin rendu célèbre par Sex and the City.

En ce moment, dans leur échoppe de New York, une hilarante banderole proclame "Trust no Bush but your own". (Que l'on pourrait traduire par "Ne fais confiance qu'à ta touffe"). Et sur leur site web, tout ce qu'il faut pour jouer à l'infirmière inflexible ou au démon fluo de minuit le soir d'alloouine.



Deux en un (font quatre)

Tu m'as appelée il y a deux jours pour me parler d'un nouveau fouet. Un chat à neuf queues, tu as dit. C'est ainsi armé que tu m'as réoffert des services presqu'un an après que je t'aie laissé tes claques et que je sois allée promener mes clics sur les supermarchés du bdsm pour te trouver un remplaçant.

L'idée était plaisante en soi, puisque promettant d'être cuisante et me caressant dans le sens appuyé que j'aime tant ; la proposition possédait la malhonnêteté que l'on est en droit d'espérer quand on aime les choses du sexe et du sm ; et puis inaugurer en pleine poupe un fouet tout neuf a la joyeuseté des crémaillères.

Pourtant, revenir me courber sous ton cuir ne m'attirait pas plus que cela. J'avais arrêté notre relation, lasse de ta parcimonie, de cette façon sèche que tu avais de distiller ton temps comme un homéopathe chiche, désireuse de passer à la vitesse supérieure. Tu parlais au futur mais tu vivais à l'imparfait. En même temps, ton corps comme tes coups me sont familiers, comme le sont pour toi mes courbes et mes craintes.

Alors je t'ai proposé de venir avec mon amant. Depuis le temps que j'avais envie de deux hommes, l'occasion ferait la luronne. Vous n'avez rien, l'un comme l'autre, contre la présence d'un autre, et vous portez le même prénom, c'est pratique. Ca se rapproche de mon idéal de fantasme à quatres mains, elles appartiendraient à des jumeaux... Eponymie à part, je désire depuis si longtemps ce moment où deux hommes s'occuperaient de moi, rien que de moi, c'est un truc de petite fille, une rassurance narcissique, un bonheur régressif, et un je ne sais quoi de boulimie. Et si j'étais une fillette narcissique et boulimique ?

J'ignore si tu as fait contre mauvaise fortune bon coeur, si tu avais faim de ce trio, ou envie de moi, ou envie de cet inconnu, ou besoin de faire claquer ce fouet. Mais tu as accepté le principe du jeu à quatre mains.

Je ne savais même pas si j'allais supporter la situation, le contexte, l'action... comme à chaque fois qu'un de mes fantasmes s'apprête à prendre chair. Mais dans mon cinéma permanent, je rêvais déjà de cette queue dans mon cul qui caresserait à travers la membrane si ténue le sexe fouraillant dans ma chatte. Je m'enivrais à l'idée de vos quatre paumes en toccata sur mon corps qui finirait par avoir et la fièvre et la fugue.

Comme pour m'anesthésier l'émotion, j'avalerai une double vodka avant de partir. C'est donc euphorique et loquace que j'arriverai chez toi, encouragée, effrayée, émoustillée par les regards et les paroles de B. sur le chemin. Au delà de ce qui m'arrivera, j'espérerai que vous vous plairez, qu'il y aura de la vodka Kalachnikov dans la cuisine, que je pourrai m'en siffler de gorgeons goulus pendant que vous ferez connaissance.

Je serai plus groggy de trac que d'alcool.

Et puis je reviendrai me blottir contre B. Je me sentirai lourde. Je serai lente. Je serai (un peu) saoule. J'aurai envie d'être prise en charge, comme jamais. Alors je surjouerai un peu tout cela, façon évaporée, happy hour et cocktail lounge.

Je serai dans du coton, détachée et flottante, dans l'attente que tout s'emballe. Je sais comment tu peux passer d'une conversation anodine d'après repas à des gestes plus durs et comminatoires. Tu me prendras les poignets dans une main et le menton dans l'autre, fermement, et tu me murmureras à l'oreille les maux qui m'attendent. Ta voix sait se faire douce et onctueuse. Je frissonnerai tandis que B. me nouera sa cravate en bandeau, m'aveuglant pour mon plus grand délice. De toutes les manières, j'aurais fermé les yeux.

Vous aurez les cartes en main, et je ne serai qu'une de ces cartes à jouer.

Vous seriez deux. Deux. D E U X. Ce chiffre si simple, si menu, m'entraînerait déjà dans un vertige, à lui seul suffisant.

Vous me déshabilleriez. J'essaierais de reconnaître les gestes de l'un, les mains de l'autre, tes lèvres, son souffle, son tweed, ta laine. Jusqu'à ce que je n'y arrive plus, poussée par l'un dans les bras de l'autre, rudoyée, tutoyée, triturée, trémoussée, tiraillée, raillée, reliée, liée, en rut. Oui, en rut.

Vous deux aussi. Je vous sentirais bander contre moi, quand je m'échouerais sur vos corps. Tandis que vous m'échaufferiez de pincements et de claques, d'empoignades et de baisers, je me plairais à imaginer votre excitation. J'adorerais l'idée d'être celle par qui ces érections arrivent. Ce serait puéril, mais je serais partie et horny.

Ces préludes innocents pourraient, me concernant, durer toute la nuit, mais l'heure des sévices plus épicés sonnerait.

Des bracelets entraveraient mes chevilles, et tandis que l'un, B., je ne saurais m'y tromper, me maintiendrait, l'autre, toi donc, me fouetterait. Presque délicatement pour commencer, puis de plus en plus frénétiquement, dans un crescendo étudié, à croire que la présence d'un alter ego (ou d'un concurrent ?) te rendrait encore plus minutieux qu'à l'habitude. Mes fesses, mon dos et mes cuisses prendraient feu, aucune fraîcheur réparatrice, langue passée sur les zébrures, pulpe de doigts légers, ne viendrait éteindre cet incendie et je crierais dans la bouche collée à la mienne. Vous échangeriez vos rôles, et avant la seconde danse, des caresses douces et polies sur les coups, appuyées et insinuatrices sur mon sexe, m’auraient transformée en fontaine. Je ne tiendrais debout que grâce à toi, tuteur inflexible, alors que s'abattraient sur moi de nouvelles volées.

Je jouirais une première fois par et dans ta bouche, et tu planterais dans mon con encore palpitant le manche gode du fouet dont vous viendriez de vous servir. L'espace d'un instant, visualisant le grotesque du spectacle que je devrais représenter, j'aurais un mouvement de dégoût, mais un sexe s'enfilant dans mon cul me ramènerait dans la situation. Je ne vous aurais pas encore tous les deux en moi, ce ne sera pas encore cette rude prise en sandwich que j'espère depuis tant d'années, mais entre le sexe de cuir et celui de chair, je me sentirais pleine.

Plus encore que je ne le pensais quand, debout sur une chaise, tu mettrais ton sexe dans ma bouche.

Je serais secouée comme une marionnette, ballottée de la verge de l'un au pénis de l'autre, branlée, sucée, et ces quatre mains déjà enverraient mes pensées vers la surenchère, deux mains de plus, ce serait...

Viendrait le moment pour ce tout neuf chat à neuf queues qui prendrait sa première patine contre ma peau déjà rose vif. Comme tu me l'avais laissé entendre, il serait cruel. Attachée en croix sur ton lit, je n'y pourrais rien. Ni me dérober, ni regarder l'instrument du supplice dont je ne saurais que le méchant sifflement et la pesante morsure. Je pourrais au moins crier, tant pis pour les voisins, ce sont les tiens. A force de me débattre je perdrais mon bandeau, mais toute velléité de tourner la tête serait punie par un ou deux ou trois cinglements plus secs, et je n'en aurais pas besoin. Vous vous relaieriez, vous me parleriez, je répondrais à vos injonctions conjuguées, mais je commencerais à naviguer dans cet entre-deux où la douleur rencontre les endorphines et je me ficherais du reste. Je ne serais que la somme des centimètres carrés de ma peau et de mes muscles, endoloris, gourds, épuisés et pourtant, si terriblement existants à cet instant précis. À intervalles réguliers, une main viendrait vérifier et me faire remarquer à quel point je suis trempée, me tripotant le bouton au passage.

Plus tard, B. me demanderait combien de temps je pense que cela a duré. Je dirais deux heures. Tu rectifierais : vingt minutes. Vous me détacheriez. Tu te glisserais sous moi, pour m'envoyer bien au delà d'un 7ème ciel avec ta bouche gourmande tandis que mon amant enfoncerait sa queue dans ma bouche. Ce n'est qu'au moment de ma jouissance que vous me prendriez entre vous deux, sur le bout des orteils, une bouche dans mon cou, une langue dans ma bouche, mes mains ne sachant plus sur quel corps prendre appui, avec l'envie de vous submerger de caresses, d'explorer vos corps, d'en embrasser comme un merci chaque parcelle.

Ma tête tomberait, mes paupières papillonneraient, je serais épuisée. Vous m'allongeriez alors, avec une infinie tendresse. Endormie, je ne verrais pas votre étreinte, je ne saurais jamais s'il y a eu quelque chose entre vous sans moi.



Va te faire maître ! (Deuxième épisode)

Toujours pioché sur Virtualie (en attendant la réouverture), cet Examen laisse entendre qu'il en est de certains maîtres autoproclamés comme de faux maîtres-queux, sans le livre de recettes, ils sont perdus.

       

Ce qui illustre d'une certaine manière mon refus buté et systématique de ne jamais parler à quiconque a collé un maître dans son pseudo.



De l'art et du cochon (suite et fin)

Envie de rien, ou plutôt envie d'envie, en vie bien sûr, mais sans envie, c'est enviable dans un sens, puisque quiet, ça manque d'épices, mais à force de se boulotter des piments à bec que veux-tu, on perd le goût.

Flotter sans eau, sur l'air, non, même pas, flotter quand même, petit bouchon (quand je pense que ça a été un terme affectueux), et à défaut de créer des désirs et des plaisirs, aller encore une fois mater la créativité d'autrui.

La FIAC a fermé ce soir. Voici un dernier souvenir, escarpin cramé écrasé, cheville guillotinée ou arrachée du corps, à faire passer le goût des stilettos, des Manolos, pas rigolo. Fétiche carbonisé.

               


De l'art et du cochon (FIAC 2004)

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"À chaque fois que je pense à toi, tu meurs un petit peu."

Je n'ai pas pu photographier le tableau très long, très tableau noir, qui proclamait cet assez juste aphorisme qui pour des raisons enfouies, me touche.

Mais voici quelques autres images empruntées à la FIAC 2004 qui prouvent, s'il en était besoin, que le monde bdsm est parfois aussi art que cochon.

merci aux artistes :
Laura Kikauka (photographie)
Esther Ferrer (La chute)
Ida Turic et Wilfred Mille (Golden Shower over the Ocean)
Manfred Ergautz (Mannequin)



À poil ! (comprendre : sans poils)

Il y a trente ans, en décrivant le derrière framboise d'une Michèle aimée dans Eloge de la fessée, Jacques Serguine m'avait ravie (comme on dit kidnappée). Non pas seulement parce que son playdoyer pro fesso (la claque comme variante appuyée de la caresse) me rassurait et m'excitait (oui, je me suis branlée sur cet essai, à n'en plus pouvoir, à en connaître des paragraphes par coeur, à n'avoir plus besoin du livre mais cette couverture rose qui portait l'empreinte d'une paume ouverte était devenue un objet du désir et de rite), mais encore parce qu'il maniait, une plume coruscante.

                        

Quelques Cruelle Zélande et Les Barbares (pour n'en citer que deux) plus tard, Jacques Serguine passe de pile à face avec De la coupe aux lèvres. Toujours aussi brillant sans faux semblants, érudit sans cuistrerie, il dédie ce livre trop court au sexe de la femme, au sexe nu, au sexe épilé.

                        

Perso, je revendique mon appartenance au MLF (Mouvement de Libération des Founes) et je ne m'épile que le "maillot échancré", comme dit l'esthéticienne (évitant le "ticket de métro" rebaptisé par mes soins "la moustache à Hitler"), mais à lire ces cinquantes pages, j'aurais presque envie, pour un homme, un homme qui me parlerait comme Serguine, avec cette envie succulente et gamine à la fois qu'il sait mettre dans les mots, de "...casser le noyau pour avoir l'amande, l'amande d'un sexe de femme..."

Serguine, contrairement à pas mal d'hommes friands d'épilation intégrale, ne nie pas ce qu'il y a d'enfantin dans un sexe épilé, et de nostalgie des petites fiancées des temps passés, quand on ne savait pas, quand on n'osait pas, ou si peu. On feuillette comme on effeuille De la coupe aux lèvres, (suivies d'Ecrire l'Eros, entretien avec l'auteur), passant d'hommage à bricolage, tour d'horizon des vulves et guide pratique des méthodes épilatoires.

"Enlève ta petite culotte, enlève ta petite fourrure, montre-moi dans ta confiance et dans la leur ton olive, ou ton amande, ton petit escargot rose. Oh, regarde-toi aussi, c'est trop mignon, il bave !"



Roulée sous l'aisselle

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C'était dans les années 70 et dans L'Echo des Savanes. Je découvrais la BD, je fantasmais toujours sur la fessée.

Liberatore livrait ses planches, Ranxerox, au magazine.

Stupéfaction.
Sidération.
Satisfaction.

Je ne sais pas combien de temps je suis restée en arrêt devant cette image qui, après d'autres, synthétisait mes espoirs de corrections et mes fantaisies érotiques (je n'avais alors pas encore reçu la première..., mes fantasmes étaient hélas intacts et je ne me nourissais de photos et de mots, de livres et de revues, allant jusqu'à lire dans le dictionnaire la définition du mot fessée).

Un homme trop grand, trop fort, un colosse qui transforme la femme à la fois en petite fille et en fétu de paille, soulevée du sol, prise dans un étau, les seules fesses exposées à la vindicte inévitable.

Et ces marques, belles et nettes comme des empreintes écarlates, prémices et promesses d'une râclée qui s'annonce prolongée.

J'ai beaucoup rêvé.

Je crois que je rêve encore.



Minou, minou, minou (30 millions d'amis, et moi, et moi, et miaou)

Parfois, les mots manquent...

          

D'ailleurs, le cher ami qui m'a offert cette carte, n'a rien écrit au dos, ne l'a pas postée, me l'a remise en main propre, l'oeil frisé et les lèvres retroussées, conscient du mélange de mauvais goût absolu et de franche hilarité suscités par cette image qui joue du pléonasme.

Après tout, pour une fois qu'on appelle un chat, un chat, on ne va pas barguigner et s'en aller chercher son Nadine de Rotschild pour savoir si telle image est sortable en société.

Dans le fond, entre surréalisme et camp, je l'aime bien, cette minette. Elle est bien honnête.



Une autre paire de manches

Quand on (enfin, on, c'est une figure de style) me demande (autre figure de rhétorique, il faut comprendre que parfois, en ville, la conversation tourne autour de ce genre de sujets) quelle partie (quel morceau dirait le boucher) de l'homme je préfère, je suis bien obligée, malgré un goût prononcé pour des cuisses costaudes, de confesser ma préférence pour l'aile.

L'avant-bras, bien plus qu'un entrejambe pompeusement gonflé - remember nos guitar heroes qui marchaient à la (cannette de) Coke (fourrée dans le moule-bite avant de monter sur scène), bien au delà d'épaules supposées protectrices, voire d'yeux qui respirent le gros QI, attire et aimante mon regard. Raisonnablement poilu, un rien nerveux, l'os du poignet saillant, l'ensemble suffisamment musclé, pas comme Popeye, non, mais solide.

Partant de là, de l'avant-bras, le geste le plus érotique que puisse avoir un homme, à mes yeux, est de retrousser ses manches. Lentement. En me regardant, de préférence.

                

L'avant-bras, je l'ai découvert par ce genre d'effeuillage. Et bien entendu, tout cela, une fois de plus, a tout à voir avec la fessée.

Quand ai-je vu pour la première fois un homme retrousser ses manches ? Au cinéma sûrement. Ou plutôt où ? L'avais-je lu dans quelque bibilothèque rose et déjà cent fois refantasmé avant ? Je ne sais plus. Je me demande, tant l'image est encore nette tant de temps plus loin, si ce n'était pas dans ce film allemand scandé par la Marche de Schubert, Die Schöne Lügnerin, avec Romy Schneider et Jean-Claude Pascal. Etonnant que ce film ne figure pas au panthéon des scènes sm cultes, puisque la demoiselle se retrouvait attachée sur un siège bas et sans dossier, sans doute fait exprès pour y recevoir les verges (si je ne me souviens pas trop de travers, la précision était mentionnée). J'ai du le voir aux alentours de mes dix ans. C'est à n'y pas douter un navet majuscule, mais j'aurais alors donné mon nounours, mes livres et ma nouvelle robe pour être à la place de Fanny (le nom du personnage, bien choisi). Le fouetteur et trousseur était le tsar Alexander 1er... J'ai gardé de ce film, outre un goût appuyé pour les avant-bras, un violent penchant pour les robes lourdes et longues qui vous recouvrent quand on les retrousse.

À parler chiffons et cinéma, j'oublie mes avant-bras. Enfin, pas les miens, les siens. Les leurs.

Hier soir, j'ai dîné avec des amis. A côté de moi, un homme sec et mince, dont l'avant-bras se terminait en poignet potelé et doigts boudinés, comme si on lui avait greffé des membres d'un autre corps.

Cet été, j'ai rencontré un contact de tchatte, et sortant d'une chemise à courtes manches, deux avant-bras d'adolescent, duveteux et suaves.

Je n'ai pas besoin d'aller plus loin, aucun des deux ne m'attire. En tous cas, je leur mettrai pas le cul sous la main, je ne pourrais aimer leur cravache, je n'aurais pas envie que mon sexe copine avec le leur. Ils n'ont aucun sex-appeal à mes yeux.

En vérité, quand je trouve beau un homme, c'est que j'aime ses avant-bras.

C'est du fétichisme, sans aucun doute, ou à tout le moins une fixette.

Un avant-bras, c'est la métaphore du corps, c'est une promesse à cinq doigts, c'est donnez moi le bras... et je prendrai tout le bonhomme, c'est une branche à quoi se cramponner quand on se fait basculer, c'est un pouce à sucer pour se consoler d'être chahutée, c'est une main à embrasser parce qu'elle a bien battu. Ou à mordre comme on en redemanderait.

                

Un avant-bras, c'est un avant-programme, des prémices ; une avant-scène, un proscenium ; une avant-garde, un bras armé ; un avant taire, un baillon.

Avant-bras, et celui qui t'accompagne, j'ai l'honneur de demander les deux mains.



Hot couture

Page sans titre

Les récents défilés du prêt-à-porter de luxe, été 2005, ont prouvé, s'il en était encore besoin à quel point les créateurs puisaient dans l'imaginaire (pas seulement l'imaginaire, la réalité fétichiste aussi) bdsm. Outre McQueen qui va du d au s, Vivienne Westwood arme ses mannequines, les innénarrables Viktor & Rolf les emballent tandis que la jeune Véronique Branquinho les expose en vestales dorées sur tranches.

Passives, pas en vitrine mais en fauteuil, ces femmes sont exposées, proposées, exhibées, offertes. Connotées Emmanuelle, la robe s'efface devant le corps, le corps devant la posture, en renvoyant à l'érotisme (ô combien bourgeois)
Maîtresses femmes même si froissées ou déchirées, la canne ou le fouet à la main, ça ne rigole pas outre-Manche. L'éducation anglaise envahit les podiums, les hommes seront menés à la baguette.
Gladiatrice high-tech ou pony girl pur crin, chacune à une extrémité de la planète sm, cette femme là switche plus vite que son ombre. A défaut de faire le moine, l'habit fait la domina. Ou la soumina. Dans le fond, c'est la même.
Casquées comme on dirait cagoulées, enrubannées comme on rêverait bondagées, entravées et fières, elles se présentent comme les plus beaux cadeaux qui soient, qui donnent envie de déballer, les retrousser, les chahuter.



Attache-moi ! (Thème récurrent)

Oui, mais pas avec ça !

Même les mains dans le dos et un bandeau sur les yeux, j'en poufferai trop pour être O nette.



Collier (Perles cultivées)

Collier

Voilà une posture paradoxale. Une main énervée, doigts écartelés tentant de s'enfoncer dans un mur qu'on suppose, une main qui dit non, une main qui cherche de la paume une porte pour s'enfuir. C'est la sinistre.
La dextre elle est mutine, ligne de vie et de coeur offerte, présentant un collier de perles plus long qu'une robe à traîne comme si c'était une chaîne, comme s'il était de chanvre. Une main qui dit oui, qui invite, qui se donne.
Et ce cou d'albâtre, long et droit sous un profil impeccable, comme sorti d'années de minerve, qui semble n'attendre qu'un autre collier.

Loulou et Lulu, éternelle Louise Brooks, prêtée malgré elle à cette sauvage interprétation.



Mise en boîte

Boite

La ménagère de moins de cinquante ans est une spécialiste, par la force des choses, de la mise en boîte.

Même si pas née telle, elle est rangeuse. Epices ou lipsticks, dessous chics ou bijoux indiscrets, jeux de cartes ou jeux de vilains, jouets du mouflet ou fouets du jules, chaque chose à sa place relève du pratique basique.

Nous autres, qui zonons depuis plus ou moins de temps dans les contre-allées du bdsm, avons pu remarquer que la cache des instruments délicieux de nos sévices souhaités, surtout quand on vit en appartement (sans cave ni grenier) et que l'on laisse les tâches ménagères à quelque tiers stipendié, est un problème délicat.

Il y en a qui ont investi une malle de marine. D'autres qui casent le tout dans une sacoche façon médecin de campagne (de la transformation du baise-en-ville en fouette-en-ville). Le sac à dos, furieusement tendance, en a dépanné plus d'un. Personnellement, je n'ai encore rien trouvé de mieux qu'un sac FNAC (agitateur de plus de cinquante ans, dorénavant) XXXL bourré jusqu'à la gueule et roulé boulé dans un fond de placard. On pourrait aussi essayer, sur les trace de Poe et de La lettre volée, la mise au grand jour genre composition abstraite ou trophées tribaux.

C'est laid, peu en accord avec la fonction, sans doute compromettant (plus pour l'indiscret qui voudrait y fourrer son nez que pour moi, d'ailleurs), bref pas satisfaisant.

Une jeune créatrice nommée 100drine, pleine de malice, a réactivé depuis quelques années la boîte à petits beurres de nos grands mères et la décline avec un humour roboratif. Parmi les boîtes à couture, à lettre, à âneries, à chocolats, on trouve cette petite (ah oui, ça c'est le problème, on est dans le 23 x 21,5 x 12, à peine de quoi glisser des pinces, un bout de chaîne, des bracelets, un bandeau, un martinet modeste...) boîte à cochonneries.

Les cravaches continueront de se nicher entre les pulls dans le tiroir de la grande armoire, le fouet s'enroulera dans un carton à chapeau et les paddles feront les innocents entre les planches à découper, dans le meuble de cuisine.



Mal (Maime pas)

Mal

Avant-hier, tu m'as fait mal. Du mal qui ne faisait pas toujours du bien, juste du mal.

Je ne sais pas si tu l'as fait exprès, je ne sais pas si j'avais envie de ce type douleur. Peut-être avions besoin de cela tout les deux. Peut-être ai-je fantasmé.

En tous cas, hier matin, je me suis réveillée avec des marques impressionnantes. J'ai essayé de les aimer. Je les ai prises, donc je me suis prise, en photo, et je t'ai envoyé le cliché. Comme un appel au secours, comme un bonjour, comme un au revoir, comme un point, virgule ou final, comme un soupir, comme un silence, comme un non-dit, comme un trop plein. Tu n'as pas répondu. Je ne sais pas si tu as aimé, détesté, gardé, regardé, jeté. J'ai longtemps hésité avant de te l'envoyer, après tout, tu n'as rien demandé cette fois-ci. A vos marques, pas prêt, partons.

J'ai eu très mal mais je ne t'ai pas demandé d'arrêter, j'ai enduré la douleur, j'avais envie d'une punition, j'ai peut-être même inventé une partie de cette douleur, tellement j'avais envie d'expier. Je me disais que tu te vengeais des mots durs que j'avais eu, de la manière dont je t'avais lacéré avec les mots, le seul fouet que je sache manier. J'aurais souhaité que tu ponctues les coups d'un discours sévère, de reproches, parce que j'aurais pu le prendre comme un pardon. Mais tu n'as pas parlé. Tu ne parles pas. Tu pars juste.

Je n'ai pas eu l'audace de te demander ce que tu avais ressenti, si j'étais seule dans ma spirale de culpabilité, ou si nous mimions l'un et l'autre les gestes qui furent les nôtres. Le seul fait que je le pense était déjà une amorce de réponse.

J'ai eu mal comme on a mal quand on se casse. Ce qui me faisait mal, c'était l'amour (ou quelque chose de moins définitif mais un peu pathologique et que pour les commodités du discours, on appellera ainsi) envolé, les sentiments taiseux et la mécanique mimodramatique d'une union qui ne pouvait plus exister.

Et pourtant, je n'ai qu'une envie, c'est d'avoir encore mal par toi, pour toi, tout en sachant que l'autre douleur, celle qui m'habite quand tu n'es pas là, quand je crois que tu m'oublies, quand je perds pied et que je n'ai pas tes bras comme barque, quand mon corps ne peut pas s'arrimer au tien comme une ancre - c'est lourd une ancre, c'est noir aussi -est elle insupportable, crucifiante, sans contrepartie heureuse, sans volupté. Maso oui, martyre non.

Fais-moi mal, s'il te plaît.



L'homme chienne

Lu ce jour dans la chronique Nuits blanches d'Eric Dahan, Libération.

C'est un certain Marc, amateur de culs de footballeurs, pour remettre la phrase dans son contexte, qui parle.

"Il s'est empalé comme une chienne avant de se renverser les quatre fers en l'air. On dit que l'homme s'abaisse parfois au niveau de l'animal, mais c'est faux. Les animaux ont bien moins d'imagination. Une chienne ne hurle jamais "bourre-moi la chatte", en prenant des poses. Alors que l'homme, oui."

Spéciale dédicace ˆ Bitch, dont j'ai appris qu'avec lui, les godes ceintures ne faisaient pas long feu.



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
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L'oeil
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