Rue Bricabrac

Elle portait un itsi bitsi maxi burqini...

Rue Bricabrac, bdsm, burqini, latex
D.R.

AMIS fétichistes, ceci est pour vous ! Ce n'est pas parce que je n'ai aucun goût pour le latex (même si dans le doute, toujours présent sauf testage et suspicion de fidélité, je sacrifie au rite de la chemise de Vénus) que je ne me tiens pas au courant des dernières tendances en matière des dérivés de l'hévéa.

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Si le latex liquide donne des magnifiques résultats presque tentants, le prix des vêtements permettant d'être la plus belle à la nuit élastique est proprement prohibitif.

C'est donc dans le cadre du mélange des cultures et de la fashion week aquatique que je vous propose le burqini, qui théoriquement permet aux dames musulmanes de fréquenter les piscines ou de prendre des bains de mer sans offenser les représentants barbus de leur Dieu (qui n'en demandait peut-être pas tant, mais ceci est un autre débat). Réalisé par Aneda Zanetti dans le caoutchouc le plus fin, existant dans une grande variété de tailles (et de couleurs, mais je ne sais pas si le turquoise ou le magenta sont dans le dogme des dress codes), en modèle près du corps ou au contraire masque formes, le burqini a le mérite de 150 €. Au pire, on le recycle en sudisette ou en vêtement amphibie.

Merci qui ?

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Mais les voiles (shopping)

Pour en finir (formule rhétorique s'il en est, je ne suis pas une obsessive d'opérette, je n'en finis pas de remettre mille fois l'ouvrage sur le métier, et les idées fixes sur le papier électronique) avec la série des voiles, un petit shopping parmi les objets du culte.

Rue Bricabrac, voile, bdsm Sois belle et tais-toi, comme au temps du cinéma muet, belles Kismet ou Loulou, nimbées de chiffon, puisque c'est ainsi qu'on dit mousseline à Hollywood, mes amies en noir et blanc, Lily, Louise... Rue Bricabrac, voile, bdsm
Il y en a qui vont à Venise se gondoler le temps d'un voyage de noces, sabler sur la lagune leurs épousailles dans cette ville qui s'enfonce, chronique d'une mort annoncée. Je préfère faire la noce, sous un domino de nonne et un masque de Venise Rue Bricabrac, voile, bdsm
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Rue Bricabrac, voile, bdsm Privation sensorielle totale ou partielle. Plus d'yeux, plus d'oreille, plus de lèvres. A peine si ton odeur peur passer la lugubre cagoule. En version light (et polyamide, horreur), les masques de nuit, complimentary des compagnies aériennes. C'est vrai que ça aide à s'envoler. Rue Bricabrac, voile, bdsm
Rue Bricabrac, voile, bdsm Rue Bricabrac, voile, bdsm Jeux de nuit et de lumière, couverte, certes, mais tellement plus que nue, prise dans les ombres chinoises de voiles un peu chichis (mais tellement chaud et jolis). Le bondage, ce n'est jamais qu'une voilette en plus musclé.
Il fait chaud, le fouet, les bougies, tes mains, l'habituel frusquin, je cuis. Alors, toujours dans la note dentelles et masques, je vole de l'air, je me cache un peu, pour ne pas jouer les filles de l'air, en attendant que d'autres pyrotechnies ne m'étourdissent et m'ensorcellent. Rue Bricabrac, voile, bdsm
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Mais les voiles (Parce que je ne vaux rien)

Rue Bricabrac, voile, photo

photo Kulhanak

Le sujet qui fâche, à propos du voile, le voilà. Impossible de ne pas s'étendre, par analogie au moins, sur ce voile qu'on a voulu appeler foulard comme si le tchador avait quelque rapport - même cousin à la mode de Bretagne - avec le carré Hermès ou les coiffes des martiniquaises. Ce tchador, un peu étoffé, devient burqa. En cuir, ou en latex, c'est une cagoule. Dans les deux cas, j'entends la même chose. Et je n'aime pas du tout ce que ça me raconte.

Rue Bricabrac, voile, Belphegor

Les voiles, si affriolants, ne sont plus des dentelles, ni des mousselines (mousselines de soie, mes madeleines, déjà enfant, je m'enveloppais dans celles de ma mère, qui en avait de toutes couleurs, si légères, si gigantesques pour moi qui étais si petite, fragancée en Femme de Rochas, capiteuses autant qu'aériennes, matières à tous les costumes du monde, cheik ou Shéhérazade selon l'humeur...).
Ceux dont il est question aujourd'hui sont de lourds suaires, du drap plombé au tombé sans détours. De celui qui faisait une carapace effrayante à Belphégor, momie fantôme du Louvre, néfaste créature remontée des enfers qui aurait troqué ses bandelettes pour cet épouvantable rideau.

Rue Bricabrac, voile, burqa

photo Chrisuk

Je l'ai dit, je me garderai bien de faire rimer dominant avec taliban. Simplement, dans la pratique, dans ce besoin de cacher les yeux ou la tête de la femme, je ne peux lire que la même négation. L. m'a envoyé un jour des photos de sa femme en larmes, en précisant à quel point il la trouvait belle ainsi, en ajoutant des mots très durs pour ceux qui bandaient les yeux de leur soumise pour ne pas avoir à voir ces larmes. À mon avis, il n'y a pas que les larmes qu'ils ne veulent pas regarder. Peut-être n'ont-ils pas envie de savoir leur jouissance. Ou plus sûrement, ils ne veulent pas qu'elles puissent être les témoins de leur jouissance à eux, de leurs peurs et paniques devant cet ouragan de sentiments contrastés que font naître les jeux sm. Dans les temps passés, les bourreaux étaient ceux qui portaient la cagoule. Dans nos jeux, c'est l'inverse. Le bourreau, sado ou dominamant, est connu de sa suppliciée volontaire, il n'a plus à se cacher. En revanche, il peut avoir envie de diminuer celle qui pourrait lire en lui.
Et plus loin, à la nier. Je te cache, je te recouvre, tu n'existes plus... tout à fait. Je te dépossède de ton identité. Je te la vole d'un voile devenu éteignoir. Le bandeau, synecdoque du voile, permet de laisser la bouche libre, puisque la femme n'est plus qu'un trio de trous, une entité toujours féminine mais possiblement interchangeable.
Sous un voile opaque, je suis une, je ne suis plus là. Je ne suis pas non plus tout à fait là.

Rue Bricabrac, voile, tchador

photo Chrisuk

Je pense aussi à celles qui ont un "nom de soumise". Chiennetruc, Biduleslut, ou un joli prénom, Lolalou, ou un surnom chantant, Sinueuse... Il peut servir à bien marquer la frontière entre la vie sociale et la vie sexuelle, nous savons combien il est parfois dangereux d'abolir cette ligne blanche. Je n'arrive pourtant pas à m'ôter de la tête qu'en me renommant, on me gomme. Mon vrai moi, il est pareillement présent quand je suis à tes genoux que quand je suis en réunion de travail. Ma posture, mon état d'esprit... ne sont pas les mêmes. Une identité n'est pas un jeu de Lego, on ne s'amuse pas à taper du pied dedans sous prétexte de mieux la reconstruire, à sa main. Le cas échéant, on se modèle, avec le temps, au contact l'un de l'autre, comme des galets. La femme n'est pas de l'argile dont on croit faire les golems, on ne la crée pas par l'occupation, par l'oppression. Et ce n'est pas en l'étouffant dans un cocon qu'on lui fera croire qu'elle est chrysalide. Assez de mensonges !

Et puis j'ai toujours, si je ne veux pas, plus voir, le loisir de fermer les yeux. Et j'aime quand tu exiges que je les ouvre, que je t'observe te branler et jouir sur moi (s'il y a un jeu qui consiste à caser "éjac faciale" dans un texte, je pense qu'ici, il est bien placé), que je me calcule telle que tes mains m'ont façonnée, bondée, dilatée.

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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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