Rue Bricabrac

Miscellanées liées de janvier

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J'AI beaucoup marché hier, mes souliers sont usés, mes jambes fatiguées, entre deux slogans, je rêvais.

Ici, on se joue de tout, les pièges à loup font bracelet, les soutien-gorge boucles d'oreilles, et tout un tas d'autres petits bijoux suggestifs et transgressifs (gentiment). Dont des escarpins intacts et des gambettes alertes.

, des ronces semblent avoir poussé sur les jambes du modèles, ombres chinoises, magie du pinceau, érotisme total. La chair nue s'habille d'encre, Stéphane Blanquet c'est de la haute écriture.

Rien de tout cela dans les services publics zürichois, le dress code a encore frappé.

Je ne rêve plus. Il faudra être plus de deux millions pour rêver ensemble.



Souvent, femme varie

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J'AI encore envie de changer mon annonce, ras le bol des blablas, de toute manière, personne ne la lit.

Evidemment, le baltringue (non point celui qui monte les chapiteaux, tous les autres) est toujours ostracisé.

Finalement, c'est toujours la même recherche.

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M'apaiser

Tu écris sur moi.
Encore.
Plus fort.

Ton stylo est un fouet.
Ton encre est ma douleur.
Tes mots sont mes souhaits.

Tu écris sur moi.
Encore.
C'est fort.

Le cuir pèse comme plomb.
La peau est en fusion.
Les nerfs tels des démons.

Tu écris sur moi.
Encore.
Sonore.

Le son me soulève.
Le coup me plaque.
Mon souffle s'arrête.

Tu écris sur moi.
Le silence est d'or
Dans tes bras, je dors.

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Fouette coaché !

Avant
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photo Tattoodanieldavid

ENTRE Rosine, la coach de Laurence Parisot à 300 000 euros le mi-temps et Julie, qui apprend à Talonnette 1er comment muscler son périnée, on reparle des coachs, cette profession étrange et autoproclamée, où l'on trouve pêle-mêle des profs de gym et des DRH au chômedu et qui sont à ce début de XXIe siècle ce que les sexologues ont été à la fin du XXe, des gogologues de première bourre. (Il y a évidemment des exceptions, généraliser c'est mal, mais dans l'ensemble, il y a beaucoup à dire et la plupart de ceux que j'ai rencontrés étaient de sacrés imposteurs.)

Riche en pygmalions sans crinière et en maîtres de tout poil, le BDSM n'a pas encore ses coachs... Et pourtant, il en faudrait, et en nombre, pour apprendre aux tchatteurs à rédiger une annonce percutante, aux dominateurs à maitriser leurs instruments, aux soumis à ne pas la ramener... et aux masos à être moins chiantes me couine dans le cornet le Jiminy Cricket qui a pris pension sur mon épaule droite.

Un coach qui pourrait éviter les résidus de CV genre "H ayant l'habitude de diriger des équipes et pratiquant le SM depuis 10 ans" ce qui laisse penser que les équipes ne doivent pas être à la fête et que ses partenaires sexuels sont comme des employés (un mot qu'on n'emploie plus, ça fait trop prolo, tandis que collaborateurs, tout de suite, ça fait plus classe... Pétain nous voilà).

Un coach qui apprendrait aux maladroits de la cravache à fouetter une femme à quatre pattes sans lui niaquer le tendon d'Achille ou à faire un bondage sans lui envoyer l'extrémité durcie de la corde dans l'oeil.

Un coach qui saurait enseigner l'art de lécher une chaussure sans vomir, de sucer une queue de TTBM sans mordre, de porter avec chien un tablier de soubrette, de se faire le maillot à la dernière minute sans en porter les stigmates, de faire couler la cire sans en mettre à côté, de savoir aller au coin mains sur la tête sans exploser de rire, de choisir son maquillage pour être sûre qu'il coule quand on pleure, bref, tous ces petits détails qui cassent l'ambiance quand on ne les maîtrise pas.

Un coach pour ces jeunes maîtres débutants qui ne trouvent aucune soumise prête à les éduquer, et qui ainsi feraient leurs premières armes sous contrôle et perdraient leur master virginité sous la houlette du coach, et non pas sur les reins et les seins d'une compagne.

Un coach pour ces photographes amateurs qui ne savent pas cadrer leurs ébats, et laissent dans le champ qui le hochet du bébé, qui la douche de la salle de bain transformée sur le pouce en donjon.

Un coach...

Après
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photo Estelle de Triste
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Atchoum m'a tuer

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Philippe West

DU coton dans la tête, de la fièvre au bout des doigts, des kleenex plein la corbeille, mon masochisme ne va pas jusqu'à me faire aimer la crève.

Grâce à quoi, ce superbe origami fait tapisserie.

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Yes we can

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LE nouveau mâle dominant du monde a prêté serment, et dans ses discours semble s'adresser à l'intelligence de ses auditeurs. Sa femme, un sourire radieux, respirait le bonheur et la fierté.

Pendant ce temps, le nano maîtraillon Talonette 1er s'agite en disant tout et son contraire, sous les yeux d'un mannequin choisi sur catalogue.

Deux visions du pouvoir, deux attitudes qui rappellent celles que choisissent les hommes que je croise sur les tchats. La majorité braille à l'image du nain de jardin de l'Elysée.

En fait, ce billet sans aucun sens pour profiter de l'instant et du symbole, parce qu'après demain, hélas, il y a fort à croire qu'Obama, real politik oblige, fera comme Clinton, de l'eau tiède. Ce qui sera toujours mieux que Dobbelyou Braindead.

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Parfum d'hier

JE lisais hier les propos d'une jeune femme qui a choisi de devenir esclave dans la grande tradition goréenne. Je ne détaille pas, Google fait cela très bien.

(Déclameur : je n'ai pas la moindre envie de polémiquer avec des adeptes de telle ou telle religion/secte/coterie, et une fois de plus, mes lectures quelles qu'elles soient ne servent que de support à mes vagabondages verbaux, je parle de moi ici, pas des autres, même si je m'appuie parfois sur leurs discours.)

Je lisais, jusqu'à ce que je me rende compte que ses mots décrivaient, en parallèle, une réalité tout autre que la sienne. Servir, faire l'amour, absence de moyens matériels, dévotion, soin de soi, que sais-je encore... Cette réalité, c'était celles des femmes du temps de ma mère, qui jusqu'en 1946 (pour les Françaises du moins) n'avaient pas le droit de vote, ne pouvaient ouvrir un compte bancaire sans la bénédiction du mari, se démerdaient avec l'argent des courses pour faire bouillir la marmite, affichaient un visage aimable, maquillé et bien coiffé à l'heure du retour du turbin et en toutes circonstances étaient sous la tutelle du mari. D'ailleurs, Cunégonde Brasero (le nom a été changé) était pour le reste du monde Madame Prince Charmant ou Madame Tyran Domestique (les noms ont là aussi été changés).
Certes, elles n'étaient pas marquées dans leur chair, juste dans leurs cheveux, mises en plis encagées à grands coups de Cadonett.

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Curieusement, de repenser à cette époque m'a mis une sorte de vague à l'âme, qui ne s'est dissipé que sur les merveilles vintage de Melle Fred. Je retrouve avec bonheur cette couleur saumon, triomphante et omniprésente avant l'invention du "chair" (qui était tout sauf chair). Dans le chiffonnier maternel, il y en avait deux tiroirs, dans lesquels je fouillais dès que ma mère avait le dos tourné. Là aussi, mais tellement plus gai, j'ai retrouvé ces années des femmes au foyer inféodées, quand les soutiens-gorges faisaient les seins comme des obus et que les culottes montaient haut avec un petit plastron anti-bidon. D'un modèle à l'autre, je retrouve sous mes doigts la caresse glissante du satin patiné et da touffeur capiteuse de Femme de Rochas.

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Ça, c'est fait

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(Edvige non, facebook oui.)

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Cocotte ou cocodette* ?

Photos Daryl Banks
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À Galliera, on se promène entre des robes d'hier, revenues du passée sans que jamais leur âge ne se lise dans la richesse des tissus et la folie des formes. Sous les projecteurs, les crinolines ondulent du pouf et du panier, transformant les rayures colorées de leurs étoffes en abondance en serpents sensuels. (Contrairement à ce que pourraient penser des âmes pressées, la robe à paniers ne facilite pas du tout la main au cul, loin de là, même portées par des cocottes et autres poules.)

Depuis toujours, étaient-ce des souvenirs d'Ingres au Louvre ou la lecture des Dumas, les films avec Sissi ou les déguisements de marquises, j'ai eu envie d'appartenir à l'époque des crinolines. L'organe créant la fashionista, j'ai les épaules rondes, du monde au balcon, la taille fine et la cuisse charnue. Je suis donc nettement plus faite pour ces appareillages de baleines et de bouillonnés que pour les shorts de tweed et les paletots de laine bouillie. C'est juste notre époque qui n'est plus faite pour, car il en est des traînes des robes comme des laisses des chiennes (clin d'oeil amical à C***, dans quelque galaxie elle se trouve...), elles se coincent dans les portes du métro. Quant à vélo, je ne vous raconte pas.
Enfin si.
L'autre jour, dans les frimas, alors que je cherchais à me garder à ma droite, à ma gauche et à mon catadioptre, une fliquette qui confondait son sifflet avec l'embout d'un test de capacité pulmonaire, me fit des remarques sur ma vêture (pourtant dépourvue, au contraire de ma bicyclette, de tout panier) tout en m'incitant à porter, comme elle, le gilet d'abeille réfléchissant, pour ma sécurité.

Remonter le temps, s'étouffer les côtes, marcher suivie par le crissement de la soie, tournoyer jusqu'à tomber comme une fleur qui s'ouvre, être relevée par une main large tandis que l'autre chercher la tirette de ma polonaise.

En cherchant une robe pour illustrer ce texticule, je tombe sur les photos de Daryl Banks, femmes fleurs sexy aux jambes pistils, et j'oublie ciel gris et page blanche pour ces soleils multicolores.

* femme à l’élégance provocante qui cherche l’aventure dans les lieux publics, elle monte sur des vélocipèdes et porte volontiers des robes courtes et des bottines à talons

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Publicité mensongère

Shocking Britney Bondage video

Ça traîne dans ma boîte à spam. J'ai toujours trouvé Britney (Spears) très choquante, sans qu'elle ait besoin d'être saucissonnée, ce qu'elle est d'ailleurs dans ses robes et sa vulgarité.

Evidemment, point de Britney mais des liens vers des sites douteux situés en Chine qui dans le meilleur des cas, vendent des pilules bleues de contrebande destinées à enlarger des péniches.

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Photo Terry Richardson

Alors, je me suis rabbatue sur le calendrier Vogue 2009 qui donne à donf' dans le porno chic (pas si chic que cela, assez trivial en vérité, c'est du Terry Richardson tout craché), mais sans honorer les promesses de sa couverture). Il y a bien Miss Octobre, Lakshmi en bunny, qui se rape le biscuit sur une carotte géante, mais pas de quoi fouetter un chaton (celui immaculé qui nous dissimule la blondeur supposée mais pas certaine d'Erin, Miss Juin).



La police a du caractère

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Dessin de Zummi

VOILÀ qui ferait de belles lettrines, mais dommage, cette police de caractères n'existe qu'à l'état de dessin, stilettos pour le show, talons hauts et chauds en guise de travaux d'école.

Alors, juste pour le plaisir des regarder sans pouvoir toucher, la cambrure exagérée d'une sandale pour J très sexy, la bride au vent pour un T droit comme un "i", une talon plus court pour un S mutin.

Enjoy !

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Limites, le retour de la revanche (et ce n'est pas fini)

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Soumise repoussant les limites

Dans les arts comme dans la cuisine, on procède à des mélanges, des inventions comme on n’en avait jamais fait, on rajoute des épices, dans tous les sens du terme, pour éveiller l’intérêt. Plongés dans la brutalité, nous ne voyons plus. L’affadissement du goût et le besoin concomitant de repousser sans cesse les limites sont autant de signes de basse époque : il ne suffit pas de courses de chars, il faut faire dévorer les chrétiens par les lions.

Petit extrait d'une interview de Michel David-Weill, banquier, collectionneur et administrateur de musée, recueillie par Vincent Noce dans Libération du 6 janvier dernier.

À la comparaison de l'art et de la cuisine, je pourrais, voudrais, rajouter le bdsm. Ces limites dont certains veulent connaître le méridien et le tropique d'emblée pour ensuite s'atteler à les repousser (peut-être pensent-ils que c'est cela la transgression) chaque jour un peu plus... Plus, comme Monsieur Plus de je sais plus quelle pub. Tu as voulu avoir le fouet, tu as eu les anneaux. Maintenant que tu fais sonner tous les portiques, depuis celui du Tribunal du Commerce à celui du terminal international de Newark, il est temps de te marquer. Demain, quand tu m'auras présenté ta soeur, tu pourras retourner chez ta mère, à Vesoul.

J'ai repensé, en répondant aux commentaires où en dialoguant avec des esprits fins (plus que le mien), à cette volonté bornée de (re)pousser les limites coûte que coûte, arcbouté et buté, à grands coups de pompes, de manche de pioche... Alors que dans une relation harmonieuse, une de celle où l'on n'a même pas besoin de se poser la question des limites, le terrain de jeu s'agrandit peu à peu, par la complicité, par l'assouplissement, par l'apprivoisement de l'un à l'autre, par l'envie conjuguée d'explorer de nouveaux territoires à la faveur de leur éclairage nouveau par quatre pupilles au lieu de deux.
Et non pas comme des alpinistes ou des apnéistes qui pour le record, pour la postérité, veulent aller sans cesse plus haut, plus bas.

Si dans une relation, je devais avoir envie que Monsieur Plus donne des coups de coude, ce serait vers le plus profond (je ne parle pas des marques), le plus tendre, le plus léger.



Brève de tchat'

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j'ai un peu de materiel et je compte m'equiper dès que ma soumise sera validée

BON.
Je ne suis pas sûre de comprendre. Je sais qu'il existe en entreprise un truc (on me dit dans l'oreillette qu'il s'agit du VAE) qu'on appelle "validation des acquis".
Et le sens de la phrase laisse en effet penser que la soumise est une acquisition, et une fois celle-ci réalisée, il sera temps d'investir dans de l'équipement. Le faire avant d'avoir collé l'oiselle dans sa cage serait investir à perte, car si soumise pas validée, ou si soumise invalide, fouet sans objet.
Et un équipement sans le cul kivabien (ci-dessus, spéciale dédicace à celui dont j'ai oublié le pseudo, une soumise en attente de validation, et ce depuis les années folles), c'est comme un maître sans marteau.
Ou quelque chose de ce genre.



Da Dressi Code

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D.R.

JE comprends bien le fétichisme, beaucoup moins le conformisme. En feuilletant presque conjointement le catalogue des chères tentations d'une boutique chic et les galeries et/ou annonces de mes congénères, je suis surprise par l'uniformité de ce petit monde, dont certains pourtant fraîchement émoulus de la pulsion.
Des femmes, d'une géographie plus ou moins semblable à la mienne, se coupent le mollet avec une moche bottine récupérée soit dans un magasin d'après-skis antédiluviens, soit dans une boutique fetish en plein déstockage, juste pour satisfaire au dress-code (ou aux injonctions du mémètre "mets des bottes, soumise, m'en fous que ce soient des Aigle ou qu'elles aient appartenu à ta tante podagre"). D'autres à qui les cuissardes vont aussi bien qu'une ceinture de bananes à un carlin, lâchent en vagues successives de peau d'orange des bourrelets conséquents. Quant au corset de vinyle, sans doute aussi confortable qu'une sudisette trop serrée, no comment.

Je ne vise pas les amoureux du latex, les adorateurs du cuir. Mais ce fichu code édicté on ne sait même pas par qui et qui, comme tous les ouvrages religieux, privilégie le laid dans la norme et le dogme au beau qui marche hors des clous.

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Et juste au moment où j'écris ces lignes, je tombe sur un magnifique récit qui commence par cette phrase :

La première fois que Julia me reçut chez elle, elle portait, comme nous en avions convenu, un kimono d'intérieur bordeaux, très simple, qui se mariait parfaitement avec son teint pâle et ses cheveux très noirs

(Pour éviter de nouveaux ennuis avec d'autres réincarnations de René Char, je précise que l'auteur de ces lignes et de beaucoup d'autres, puisque son texte en trois parties est une véritable nouvelle, se pseudonymise Kazuo, et qu'il est hautement recommandable, textuellement parlant, pour le reste, je n'en sais rien, et d'ailleurs, il pourrait être mon fils, donc je n'ai aucune vue sur autre chose que ses mots. Fin du déclameur voulu par notre société qui marche sur des oeufs, en plus de courir sur la tête.)

Disposant moi-même de plusieurs kimonos, en ayant toujours aimé la fluidité élégante et la traîne qui oblige à une démarche prudente, je me souviens du plaisir que prenait H*** lorsque je le recevais ainsi, avant de m'agenouiller sur les cordes qu'il n'aurait plus à lier, à proximité d'un plateau de laque sur quoi étaient posés les instruments qu'il avait réclamés, ou qu'il m'avait ordonné de choisir, ou dont je lui faisais la surprise. Il lui suffisait d'un doigt pour me dénuder. Et de deux bras pour me rhabiller à ses couleurs.

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Les couleurs. Précisément. De plus en plus, j'ai envie de sortir du rouge et noir (sauf pour une paire de Louboutin bien sûr), de vomir ces obligatoires en forme de chanson de Jeanne Mas, de préférer un serre-taille chatoyant de couleurs insolites comme le plumage d'un oiseau des îles, d'oser le talon turquoise d'une chaussure parfaite et imaginative, de jouer plus subtilement avec le code subliminal qu'avec les signes ostentatoires d'un passage sonnant et trébuchant dans la boutique de référence. J'ai souvent fait part ici de mon goût du violet, des mousselines, de la toile denim, des jupes à froufrou et des bas courts. Je trouve qu'une peau pivoine ressort tellement belle entre deux jarretelles immaculées, que le sous-texte "innocence" de la couleur blanche s'entrechoque heureusement avec l'insolence affichée des marques de coups assumés. Qu'un académique de danseuse est un premier pas vers le zentaï et permet d'offrir son corps sans donner l'essentiel, de se sceller du plus fin des tissus, de le voir se mouiller de plus en plus large des taches du plaisir. Le corail donne envie de rivaliser avec ses nuances, il faut oser le mordoré, ne pas hésiter à s'envelopper d'un souffle de soie, porter des dessous comme s'ils étaient des tatouages.

Le dress-code est une manière de céder à la mode (fashion soumise), de se rassurer aussi (toi et moi et le ghetto). Dans les clubs (que je ne fréquente pas), le minimum requis est une tenue noire. Donc si je venais avec les dessous ci-dessus, les chaussures itou, une voilette violette, et au lieu d'un collier, une immense broche araignée d'argent aux cristaux adamantins qui me mange le cou, prête à faire le show en me tordant sous des fouets inconnus autant que cinglants, on me refoulerait ?
J'exagère un peu le look perroquet, mais chacune de ces parures a une connotation totalement fétichiste. Stiletto effilé comme un rasoir. Voilette comme Madame veuve Robbe. Serre-taille et string comme tout le monde. Bijou d'appartenance. Une connotation. Pas une ostentation. Et c'est là que ça commence à m'intéresser. Et que j'aimerai que cela, le détournement, la litote, touche aussi mon futur partenaire.

(La lingerie est de Carine Gilson et les souliers de Nicholas Kirkwood.)



Rhétorique érotique

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photo Silvergrey

ILS demandent tous, ou presque, et d'entrée de jeu

Quelles sont vos limites ?

Et bien que péremptoire, mais sans certitudes aucunes, je ne sais que répondre. J'ai bien bricolé une phrase toute faite, "rien qui ne perce ou coupe", "rien qui n'attaque mon intégrité morale et physique" (donc pas de pervers narcissiques ou de pierceurs), mais comme toutes les phrases toutes faites, ça ne veut rien dire. Pas plus que "quelles sont vos limites".

Parler en introït de limites, c'est comme commencer à lire un roman par la fin (je ne parle pas d'un journal, je lis toujours mes journaux en commençant par la fin). Avant d'en arriver aux limites, que ce soit dans le dialogue ou dans les actes, il y a un sacré long chemin à faire.

Celui de l'envie, celui du désir, celui de la quête de la jouissance. Et ce chemin, il se fait à deux, jamais il ne ressemble pas au précédent. La route du sexe, quelle que soit la forme qu'elle emprunte, ce n'est pas le GR 20. Elle se dessine par l'envie de l'autre, le déclic sur un mot, un geste, un regard. Rien de rationnel. Ni de chimique, on ne cherche pas (dans le cas de ces "tchats" destinés à satisfaire une ou plusieurs paraphilies) le meilleur procréateur possible. C'est physique (non, pas au sens bradpittien du terme, quoique...).
Alors, le désir entre dans la danse, et fait basculer par delà le bien et mal, dans cette parenthèse érotique où tout est permis, pour peu qu'il y ait, a minima, du sentiment. Les lignes bougent, comme dirait l'autre. Ce qui était inconcevable devient excitant. Même après 35 ans de sévices dans le (dés)ordre du bdsm (ou quelle que soit la manière dont il convient d'appeler cette envie de souffrir, de s'abandonner, de se prêter à la cruauté de l'autre), j'ignore encore quelles sont mes limites. Je ne sais pas ce que veut dire, dans un contexte érotique, ce mot de limite. En fait, je n'ai pas envie de le savoir. Je trouve cela tarte. Ça oblige à retomber dans une vision sportive de la sexualité. Je ne suis pas la Laure Manaudou du sm et je ne cherche pas un Philippe Lucas. Je suis dans la pulsion, l'intuition, pas l'impulsion. L'impulsivité parfois.

Allez, après les phrases toutes faites, un truisme, c'est la fête : mes limites, je les connaîtrais quand je les aurais atteintes. Mais comme je prends les choses à l'endroit, je ne commence pas par elles. Je commence, à tâtons, du bout des doigts et des tétons à apprendre le corps de l'autre et lui faire habiter le mien. De là, de ces hésitations entre chair et cuir, lèvres et liens, les limites, elles sont comme la ligne d'horizon.

Je suis aussi incapable de dire quelles sont mes limites que de toucher l'horizon, même les jours d'arc-en-ciel.

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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
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presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
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