Rue Bricabrac

Un violon sur le toi (Nam June Paik)

En apprenant la mort de Nam June Paik, l'un des grands artistes à avoir fait de la vidéo un art, je suis allée sur son site comme on part en pèlerinage, non point pour hommager un mort, mais pour aller marcher sur les traces de mes souvenirs. Les images, comme les musiques, sont de formidables machines à remonter le temps. Un extrait d'une émission téléphonique des années soixante entendue hier vers 14 heures, et je revois instantanément la cuisine en biais de l'appartement rue de M., la pâte à tartiner au sésame qu'affectionnait mon père, le formica bleu ciel de la table, et sur le frigo, un transistor. En feuilletant les images de Nam June Paik, c'est à Beaubourg, avec ce jeune homme aux cheveux blancs qui cachait un micro dans sa manche, que je suis transportée.

Rue Bricabrac, Nam June Paik, violon, fantasme

Nam June Paik n'a rien à voir avec le bdsm, à ma connaissance, et je m'en fiche. Je n'ai pas besoin de "role model" pour sentir mieux dans ma peau tannée. De toutes façons, je vois, dans mes bons jours, du bdsm partout, et nulle part dans les mauvais. Aujourd'hui doit être un bon jour, parce que cette image me parle.

De ma conversation silencieuse avec cet homme (Nam June Paik en vérité) de dos, qui tient au bout d'une corde un demi-violon (ou alors je me fais berner par la perspective), affleurent des bribes d'idées fixes, des bulles d'obsessions. Cette disproportion physique entre l'homme et son violon (donc la femme) que je fantasme dans mes relations (d'où mon goût pour un Ranxerox, capable de soulever et fesser une femme sous son bras, ou n'importe quel géant de passage, même si au quotidien, le géant est ingérable). L'instrument comme en laisse lâche, le dos de l'homme, cette nonchalance fausse, la corde fait plusieurs tours dans ses mains tout de même pour être sûr de ne pas la perdre, l'attente dans l'attitude, s'il avance le violon tombe, à moins qu'il ne promène son instrument comme un fou sa brosse à dents. La perspective encore se joue de moi, il est sur des marches, face à cette grande porte à toute petite serrure, quelle en est la clef, le sanglot du violon, les soupirs de la maso ?
C'est cela la vraie question. Non pas tant de savoir ce qui attend derrière la porte, mais où est la clef.

Nam June Paik a aussi fait quelques installations mémorables autour du violoncelle. Et de la violoncelliste.



Un dimanche de chien

Année du chien, Rue Bricabrac, bdsm
photo hwn222

Tandis que certains arrondissements de Paris résonnent d'explosions des pétards et de rugissements de dragons, je tiens tout particulièrement à donner un peu de voix pour souhaiter une bonne année aux chiens.
C'est à dire à tous ceux qui arrivent à faire croire à des femmes qu'elles sont chiennes.

Si jamais leurs compagnes ne se prêtaient pas à cette collaboration ou si la période de disette se prolongeait, bientôt les différents modèles de Nintendogs ne seront plus en rupture de stock. (Ravie d'avoir aidé.)

Rendez-vous le 18 février 2007 pour l'année du Porc.

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Le temps des bulles

Rue Bricabrac, bdsm, hentai

À Angoulême, cette année, des mangaka ont feuille blanche pour performance. Certes, la place n'est pas aux hentai, tels que ceux que j'ai feuilletés, cherchant en vain bonheur au milieu de ces petits personnages certes ligotés et lacérés, mais pas une seconde excitants ou propres à nourrir une boîte à fantasmes prise dans les glaces. Je ne vois que ces yeux trop grands, ces nez absents, qui me parlent de Candy mais pas de pornographie. C'est un peu comme si on me collait en bouche une tétine en forme de bite.

Rue Bricabrac, bdsm, Alex Varenne

Alors je cherche ma tasse de thé chez les auteurs que j'aime, et je tombe sur Varenne dont que j'ai connu avec Ardeur (dans Charlie Mensuel, au siècle dernier, à la fin des années soixante-dix) et que je n'ai jamais oublié. Plus tard, sans son frère, c'est dans Libération qu'il se laissera aller à l'érotisme, celui d'Erma Jaguar. Je ne connais pas La correction, mais rien que le titre, et le trait, à la foix anguleux et souple, me promettent des touffeurs, des rougeurs.

En cadeau, quelques esquisses.

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Dior de Sade

Placé sous le signe du sang (gouttes brodées de fil incarnat ou laque magenta au bas des robes et des chausses) et de la décapitation (voiles vermillons autant que métaphoriques, colliers cinq rangs aux perles pourpres dégoulinantes, 1789 tatoué près de la carotide blafarde de modèles aux coquards d'outre-tombe), le défilé Dior au premier jour de la fashion week était une fois de plus très hot couture. Diablement goth, certes, mais bien plus bdsm puisqu'ouvert par une représentation particulière du marquis de Sade et fermé par John Galliano lui-même, en cuir lacéré et fleuret moucheté zébrant l'air comme un fouet, non point Zorro, mais divin DAF lui aussi.

© Firstview pour Vogue.com
Rue Bricabrac, Dior 2006, bdsm, Sade Rue Bricabrac, Dior 2006, bdsm, Sade

L'été dernier, il a visité le château de Lacoste et voilà comment chez ce garçon, qu'il ne faut pas beaucoup pousser pour qu'il se roule dans le fetish, l'inspiration est venue. Une collection d'été torride dans l'évocation et chaude par les matières.

Les deux images ont été empruntées au site Vogue.com qui fait un magnifique travail plusieurs fois par an au moment des présentations couture et prêt-à-porter.

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Mange-moi

Cannibale, animal, on est mal, je t'aime je te mange, je fusionne par chair interposée, je bois dans ton verre, je connais tes pensées, tu grignotes mon épiderme, je deviens tienne.
Cannibale, c'est plus de la balle que vampire, connoté parasite, qui prosélyte, suce toutes canines dehors sa proie (souvent vierge, ce qui relève de nos jours du rêve le plus fou) avant de l'abandonner exsangue à l'errance éternelle. Un cannibale, pas Hannibal, il a de l'amour à revendre, à voler et à donner, à échanger et à boulotter. Peut-être est-ce pour cela qu'il les aime un peu boulottes, girondes pour mieux tourner autour, l'aile ou la fesse, l'échine ou le nichon, la hanche ou le jambon.
Il ficelle des proies comme un rôti, et pour égarer l'ennemi, il nomme cela shibari. Elle rira la dernière, l'amour attaché, c'est celui qu'elle préfère, l'anthropophage ne lui fait pas peur, elle est boulimique de ses coups de dents.
Mes tétons en apéro, qui roulent entre tes dents, ta langue fera office de glaçon. Liqueur blanche de plaisir, consommé velouté, ta bouche, symétrique à la mienne qui te bâfre, hampe de chair happée comme une gelati à deux boules. Nous ne nous ferons pas de sushis, après tout, c'est pour de faux, nous ne sommes pas piranhas, même si parfois, le cramé l'emporte sur le braisé, sous tes mots crus, je cuis, cuisses rôties et côtes meurtries.

Rue Bricabrac, cannibale

Vuk Cosic

Cochon de lait qui s'en dédie, sois mon indien et je te taillerai une plume, squaw appliquée et vorace. Croque-madame moi, monsieur. Sur l'air d'Alouette, becte-moi des lobes aux orteils.
Je mijote, fais-moi revenir et sauter encore, j'aime fricoter avec toi.
J'ai faim.


Selon certaines études, ce lundi serait le jour le plus déprimant de l'année. J'espère avoir contribué à alléger un peu l'ambiance.

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Histoire d'O...phioglosse (le retour)

C'est irrésistible. Ce n'est pas charitable, ce n'est pas honorable, ce n'est pas méchant, même pas critique, c'est juste moqueur. Et totalement ophioglossique, donc drôle.

"Je cherche une chienne soumise.
Qui sait ou est ça place,
et qui est preste à tout pour son Maitre.
"

Rue Bricabrac, ophioglosse, bdsm

Si le ça dans "ça place" laisse penser qu'on est tombé sur un lacanien, ça place pour toi, ça te place dans la position que je veux, le ça et la place, ça (c'est) ta place... Si le "preste à tout" est trop beau pour être vrai, tant il nous dit en ancien françois que la chienne doit être de chasse, une rapide canine sprinteuse, prompte à exécuter les ordres et à prévenir les désirs de celui qui dans sa hâte à oublié un accent sur le ou, le reste de la courte conversation avec l'auteur de ces lignes dément les présomptions d'analyste brillant à la pensée affutée.

Toutefois, comme j'ai envie de jouer les cupidons, je crois que je lui ai trouvé la donzelle qui saura faire fissa. Attention toutefois, et c'est là que la mise en place du ça sera essentielle, à ce que son esprit si véloce ne joue les filles de l'air, entraînant le corps qui enveloppe l'âme au diable vauvert. A lui de trouver qui est celle qui déclare, dans le mouvement (elle se serait relue, ça se serait vu) :

"mon esprit, mon âme se meuvent avec une certaine agilité à Sa demande".

Marions-les, marions-les, je crois qu'ils se ressemblent, comme disait la chanson.

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Garfieldd (Gilles l'a tuer)

Garfieldd

C'est une histoire de blogue, une histoire de délation, une histoire d'homophobie. C'est surtout une histoire dégueulasse.
Garfieldd, c'est son nom de blogueur, est proviseur. Enfin, il ne l'est plus, parce que derrière son nom de matou, il a laissé percer deux indices, sa ville et sa profession. Et dans sa ville, il n'y a que deux proviseurs. Peut-être que l'autre a une femme, ou deux, et une portée d'enfants façon de Villiers ou Gaymard. Alors, la tafiole ne pouvait être que lui. Oui, Garfieldd aime les hommes et ne s'en cache pas.
Révoqué, fini nini, plus jamais le droit de bosser dans l'Education nationale, cloué au pilori de la sexualité qui pisse pas droit.
On l'accuse de pornographie. Il n'y en avait pas. Il a retiré son blogue de sa vitrine, mais on peut toujours le retrouver pour lire sur pièces, Google a de la mémoire. Et des gens plus savants, plus calmes, plus réfléchis que moi expliquent tout cela très bien. Ici particulièrement. aussi. Entre autres.

Quand on blogue, avec ou sans cul, on se sent visé. Surtout quand on blogue avec cul, parce que ça risque de boguer. Un proviseur pédé, ça fait tache, pensez, de pédé à pédophile, il n'y a que deux syllabes et un pas (de l'oie ?) que franchissent les bonnes gens. Il y a des saletés qui ont la vie dure.
Et s'il avait été sadique, aurait-on pensé qu'il pourrait torturer ses élèves les soirs d'examens pour leur faire cracher le taux d'engrais par hectare des pays en voie de développement ou bien les dates clés du pouvoir de la famille Visconti à Milan. Dans mes connaissances, il y a un maître du fouet et des cordes qui lacère le dos des femmes qu'il aime et qui sauve des vies chaque jour. J'ai très bien connu un homme dont le premier geste était de me mettre un bandeau sur les yeux, et qui chaque matin, aux aurores et bénévolement, entraînait des aveugles à faire du jogging.

La blogobulle s'émeut, et je rajoute ma bafouille à une liste qui s'allonge chaque jour. L'Education Nationale (j'entends les profs, les ATOS...) va-t-elle bouger, histoire de faire rebondir l'affaire du nanocosme au microcosme ? Ce qui se passe en ce moment entre l'Etat et Garfieldd, c'est un signe de trop d'un retour chafouin à l'ordre moral. Car ce n'est pas de pornographie qu'il s'agit, mais d'homophobie, et partant, de d'injonction à sexualiser droit ou en silence.

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Une bonne fessée

Une bonne fessée

Il y a des jours, des soirs, des aprèmes, où il fait bon de revenir aux fondamentaux. Et mon fondamental, bien nommé, trop bien nommé, c'est la fessée (sur quoi toutes mes pratiques, on va dire bdsm par commodité, sont fondées, et qui se passent principalement sur mon fondement). La bonne vieille fessée des familles (quoique la mienne n'a jamais usé de ce châtiment, préférant la parole à la volée, et jamais je n'ai regretté cette option d'éducation ni même fantasmé sur des jeux de rôles père/fille), la fessée classique et indémodable (la petite robe noire du sm en somme), en travers des genoux, à la main, celle qui fait des bruits clairs et des marques sombres, celles qui fait rire autant que crier, celle qui rassure autant qu'elle réchauffe, celle qui agace comme elle excite, celle qui se passe trop près du sexe pour n'en faire point partie.

Rue Bricabrac, fessée, Red Charls

Photo Red Charls

Parce que tout a commencé par l'envie d'une fessée. Et que l'envie n'est jamais partie. Ni après cent, ni après mille, ni après dix mille. Le seul mot me fait encore frémir, mouiller, espérer, échaffauder, réclamer. Quand la nuit, j'en rêve, j'ai un orgasme dans mon sommeil. Je pourrais oublier les chats à douze queues (à vrai dire, je n'en ai pas encore tâté, il est quelque part en chemin vers ma ville) et les bondages, le collier et les échass^Wescarpins, ta queue baillon qui m'oblige à l'ouvrir pour la fermer enfin ou tes doigts curieux fouillant mon sexe baillant dans des clapotis délicieusemnt obscènes, mais la fessée, je ne saurais m'en passer. Basculée la tête au sol et le sang battant dans mes tempes ou plus douilettement étalée sur le lit, ton sexe dur sous mon ventre, tes cuisses maintenant les miennes ou mes jambes affolées comme des pattes folles, mes mains en liberté de taper rageusement du poing ou mes poignets dans ta pogne, ou même sens dessus-dessous, en chandelle, dans un affollement de la géographie et des sens, c'est la fessée que je préfère. Et la ouate dans laquelle elle me plonge.

C'est peau contre peau qu'elle se donne, sans intermédiaire de bois, de latex ou de cuir, avec toutes les sensualités et quelque chose d'artistique. En bas couture ou collant roulotté dans le creux poplité, en déshabillé de soie ou à oualpé, elle est fusionnelle, et comme les cordes d'un instrument de musique, elle permet aux deux corps de vibrer à l'unisson. La main écoute, la fesse parle, le rythme et ses modulations s'imposent d'eux-mêmes, comme une pluie qui passe de crachin à orage, elle se juge à l'œil, forty shades of red, elle se jauge à l'oreille, les supplications de la suppliciée, combien d'octaves pour une plainte ?

Rue Bricabrac, fessée, Red Charls

Photo Red Charls

Sous une fessée, sur ces cm3 dodus et moelleux qu'on appelle valseur, démarre une danse qui se termine à la pointe des cheveux, au bout des doigts. Le centre de gravité devient cercle d'allégresse, le fondement concordat de saveurs tactiles, les globes des mappemondes de sensations contradictoires et radieuses. L'arrière-train mène le bal, le corps se met à son diapason. Elle ne dure jamais assez longtemps, même si je râle et mendie le temps de reprendre mon souffle. Le stop ne veut pas dire arrête, il signifie encore. Une goulée d'air et la batterie peut reprendre. Je veux toujours plus de tes mains, lourdes et lentes comme un cheval au trot qui prendrait mon siège pour un manège viennois. De séant, j'exige d'un mouvement de reins une averse à dix doigts, quitte à me boucher les oreilles pour fuir le tapage de grêle. Je veux de la colère sur mon pétard, un incendie au panier, je veux une lune qui éclaire la nuit de sa lanterne rouge.
Je veux une bonne fessée.

Les images viennent toutes de la galerie La place rouge de Red Charls. Un site ode aux rutilances callipyges. Que je lie de ce pas, parce que ça donne trop envie. Envie de fessée, bien sûr. (Ou envie de fesser, tout dépend de quel côté on se situe.)

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Histoire d'O... bjets (addiction)

Pour certains, les grands frissons pécuniers sont les jeux à gratter, les cases à cocher, les petites boules dans la grosse et la voix de Sophie Favier. Ou les tapis verts avec une seule billes et deux couleurs, impair et passe, l'impasse et part. Ou dans les salles d'à côté, plus populaires et bruyants de roulements et de piécettes, les bandits manchots.
Dans mon cas, c'est le mulot qui clique, la visa qui claque et ça devient une addiction. Ce matin, le PDA a sonné à 9h45, il fallait que j'enchérisse avant 9h52.

J'achète peu sur eBay. J'y suis retournée il y a quelques mois, sur la suggestion d'un camarade de tchatte, pour décrocher une belle rouge. Je n'avais jamais pensé que l'endroit pouvait être une source festive à nouveaux jouets (comme quoi, j'y passe vraiment peu, les boutiques fetish et bdsm y sont légions). Et puis, cadeau de Noël à dominamant oblige, j'ai craqué pour une cravache qui ressemble à un chausse-pieds. La première cravache, à vrai dire, m'était passée sous le nez, pour une poignée de pennies, j'avais été négligente, comptant sur les enchères automatiques pour remporter le pompon. Heureusement, le vendeur, un charmant britton, en avait une autre.

La belle rouge ne pique que par la couleur. De ses cent longues lanières, elle assourdit, assomme, réchauffe, mais ne brûle ni ne blesse. Les coups, si lourds, résonnent dans tous le corps, le parcourent d'ondes régulières, le plongent dans une douce euphorie. La cravache chausse-pieds sonne clair, la boucle de cuir est fine et large, le cul danse, et tout le corps suit dans un merengué un peu vain.

Ce matin, donc, 9h45, pas question de me rendormir (et pourtant...) Heureusement, bonne élève, le portable a veillé au pied du lit, il suffisait de rafraîchir la page laissée bien en évidence sur le navigateur pour voir où en étaient les enchères, qui avaient encore monté pendant la nuit. Puis attendre patiemment 9h50 pour lancer un prix, avec assez de marge pour être tranquille, des fois que la connexion soit lente. Elle ne l'a pas été assez pour qu'un autre, embusqué comme moi, pointant comme moi ses dollars à la dernière heure, ne renchérisse aussi sec. Dents serrées, doigts crispés, dans le même état d'esprit que dans un bassin ou sur une piste, au moment de "manger" l'adversaire, je tape rageusement deux chiffres. Et clic, prends cette mandale dans les gencives.
Un petit coup d'adrénaline, voilà une semaine que je l'ai repéré, ce chat à douze queues, du beau cuir travaillé aux antipodes, dans la vieille Zélande...
Il reste 14 secondes avant la fin de la vente, aurais-je encore le temps de...
C'est fini.
L'objet est à moi.
(Petit trémoussement de hanches victorieux et un rien arrogant, assorti de quelques cris étouffés mais clairement triomphants.)

Rue Bricabrac, chat à 12 queues

Et celui-là, il risque de faire mal quand il sera dans tes mains, toutes les lanières, pour être pareillement tressées, ne sont pas d'identique longueur. C'est un fouet que l'on reçoit debout, attachée au trapèze, un baillon à mordre... J'en rêve déjà.
D'ici là, je vais aller jeter un coup d'oeil sur les objets dont la vente se termine dans les minutes qui viennent, qui sait quelles merveilles s'y cachent...

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Histoire d'O... mbre (un avant-goût du paradis)

Un ange passe... Immanquablement, cette expression me rappelle les mauvais romans de Gérard de Villiers (pléonasme redondant), SAS, où régulièrement, un ange passait, les ailes chargées de menaces ou de missiles, ça dépendait. C'était d'ailleurs la seule chose à sauver de ces pauvres livres, où s'exprimaient sans interdiction aux mineurs les fantasmes basiques d'un macho dominant (du moins dans ses rêves) qui portait très très très très à droite (au point d'avoir peur de sentir mauvais des yeux rien qu'à le lire).
Mais jamais encore je n'avais vu d'ange passer sur un répondeur, même avec la présentation du numéro.

Rue Bricabrac, XXXB

L'amoureux (reprenons la nuance de Molière, mais en la retournant, l'amoureux sera celui qui est aimé sans aimer en retour tandis que l'amant, lui, bénéficie de l'amour à double sens) de XXXB serait une figure céleste, un être immatériel.
On le voyait assez bien ainsi, en anorexique des sentiments, en chiche de lui-même. De là à le traiter d'ange, tout de même.

Bon, l'injonction que je vais faire à XXXB est valable pour moi, il serait temps de tourner la page. Et si en 2006, on apprenait à jongler ? (Surtout si on a les boules.)

Rue Bricabrac, balles
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Télécommande (la zappette ouverte)

Dans un film médiocre, Et l'homme créa la femme, qui passe en ce moment sur Canal+ et dont on peut parfaitement se dispenser, les habitants d'une banlieue riante (façon Ricorée haut de gamme) ont robotifié leurs épouses qui dorénavant sont blondes, mamellues, ménagères, cuisinières, orgasmiquement sonores et surtout répondent à la télécommande on/off. La soumission ordinaire, celles des "soccer moms", des "Desperate Housewives", des "Kinder, Kirsche, Küche", des femmes au foyer lessivées.

Rue Bricabrac, bdsm, robot, soumission

La soumission extraordinaire, au sens premier du terme, a elle aussi sa télécommande. Non point petit objet high-tech et infra-rouge mais injonction à distance d'un maître'haillon au pouvoir du porte-voix. La distance, c'est souvent ce qui sépare les couples bdsm. La relation, très souvent, naît non point d'un commerce de proximité (de la cantine au Macumba) mais d'une VPC spécialisée (petites annonces*, sites dédiés, forums, tchattes, minitel, réseau). On a beau chercher en bas de chez soi, on trouve parfois le plus si affinité outre-Manche, outre-mer ou aux antipodes, voire en province. On peut aussi croiser la route d'un partenaire potentiel marié à une vanille, l'être soi-même, autant d'obstacles à une relation aussi charnelle et proxime qu'on l'aimerait, et source de frustrations et de virtualité exacerbées.
Pendant un an, c'est séduisant. On se sent des ailes, on décroisserait la lune, on exagère le sentiment amoureux, semant des graines de jetaimeuh à tout va, on cultive avec force engrais son jardin secret. Il faut bien combler ce manque du corps. Bien sûr, il y a l'amour par téléphone, mais nous sommes dans la bdsm bulle. Avoir sa soumise au bout du fil n'a rien à voir avec la tenir en laisse. Il faut de l'emprise. Merveille de la technique et des arts ménagers, les courriers électroniques pleuvent : "À quatre heures, tu iras aux toilettes et tu poseras deux pinces à linges sur tes tétons. Tu les garderas 15 mn et ensuite, tu m'enverras un courriel de deux pages minimum sur tes impressions et ton ressenti." On reconnaît la soumise débutante à ce qu'elle n'a pas encore l'arsenal complet avec diverses pinces made in boutique de référence ou soldes de chez Casto, mais les candides pinces de bois. Si jamais elle faillit à sa mission, que les 50 lignes ne sont pas au rendez-vous, une punition sera fixée à plus tard.
Ou procuration sera donnée à un amimètre, qui en temps et heure bien réglés, à la seconde près, se chargera de fouetter la maladroite qui halètera ou hurlera ses émotions en direct live grâce au forfait illimité de l'un des opérateurs sur le marché. "Je vous vénère, mon Maître" sussurrera la pénitente avant que les batteries ne crèvent. (Existe également en version webcam.)

Je le voyais deux à trois fois par semaine, mais Maître Stéphane qui s'appelait Franck devait penser que mon éducation ne saurait se suffire de ces séances, et prolongeait la prise en main par des coups de fil m'enjoignant abruptement d'enlever ma culotte sur le champ dans un coin discret (les wawas donc) puis de le rappeler. Ne voyant déjà pas le plaisir que je pourrais y prendre, tout en comprenant le sien, je le rappelais 5 mn après, prétendant mielleusement m'être exécyuée. Autant j'étais prête, en sa présence si précieuse, à mille concessions pour ne pas le perdre (alors que je ne l'avais jamais gagné, mais ceci est une autre histoire), autant dès qu'il avait les talons tournés, en l'absence de relation sincère et réelle, le lien n'existait pas. C'était de la théorie vide de sens et de sensations. Et ma culotte restait à sa place (sans doute que si j'eusse pu en tirer quelque plaisir, je l'aurais ôtée, voire même laissée dans son tiroir).

Rue Bricabrac, bdsm, robot, soumission

La télécommande à distance, éloignement affectif ou kilométrique, n'a qu'un temps. Comme toutes les télécommandes, il vient un moment où ça ne fonctionne plus. C'est fragile, une télécommande. Les sms enjoignant de dormir sur des bogues de châtaignes ou de se pincer les fesses jusqu'au bleu (photo demandée dès le lendemain) n'ont plus le moindre charme excitant. Soit l'un des deux, ou les deux, referme cette parenthèse, en s'étant, à peu de frais (fors le forfait susmentionné), offert des frissons borderline. Soit l'homme avoue (façon de parler, il abandonne, sous quelque prétexte véniel et mensonger, par KO technique) son impuissance à tenir les rênes non point d'une femelle mais d'une relation (ce qui est en soi et en effet une autre paire de manche, rendue encore plus coton par la spécificité bdsm de la liaison, tout le monde n'a pas l'imaginaire, les épaules...). Soit la femme, déniaisée (enfin !) trouve une chaussure d'un meilleur cuir pour se reposer à ses semelles. Soit l'un des deux se libère d'un joug, d'un lieu et s'en va rejoindre l'autre (j'ai connu deux étatsuniennes de la côte Ouest partie à l'Est du Canada se marier et faire beaucoup de sm parties) et une autre histoire commence. Sans télécommande.

* à ce propos, XXXB en a encore pondue une ce jour, dans Libé, comme d'hab. Un scan suivra ces jours prochains.

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Je t'aime, oie non plus

Le temps des agapes est presque passé, heureusement, il reste l'Aïd, puis le nouvel an russe, et chinois, puis les économies réalisées grâce aux dépenses occasionnées par les soldes, sans même parler de tous les Capricornes dont l'anniversaire se profile, donc si l'on veut festoyer, on peut. Et dans nos contrées, fête rime avec boustifaille (oui, assiette aurait-été une rime plus orthodoxe). Plus c'est gras, plus c'est gouleyant, d'où le succès croissant du foie gras.

Mais une résistance se profile. Les américains le boycottent (apparemment, bombarder l'Irak, enfermer à Guantanamo et délocaliser les camps de torture leur pose moins de problèmes que de gaver un canard ou une oie qui ne cache en son giron que des armes de libations festives), vouant aux gémonies ces barbares de frenchies. GAIA, le joli nom (acronyme de Groupe d'Action dans l'Intérêt des Animaux) a lancé depuis la Belgique une vigoureuse campagne contre les indignes supplices infligés à ces animaux sympathiques quoiqu'un peu limités au niveau du cerveau (c'est d'ailleurs pour cela que leur cervelle ne fait point la joie des traiteurs).

Pour nous faire compatir et sangloter à l'angoisse du palmipède cyrrhosé de force à la bouillie de maïs, sans même un petit armagnac ou une prune de derrière les fagots pour faire trou normand, se brisant les ailes contre les barreaux de sa cage, GAIA a imaginé une campagne très choc. Limite porno chic. Totalement crue (alors que la chose se consomme idéalement mi-cuite). (En espérant que le modèle était empaillé, parce qu'on a beau être oie blanche, on n'en est pas O blanche pour autant.)

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Je n'avais jamais envisagé le foie gras sous cet angle (sont-ce deux nouvelles soumises bien roulées de Maître Pastriste connu sur certains tchattes sous le pseudonyme de Lacave ?), mais je dois confesser que oui, en effet, les GAIA ont raison. Dominamant, bien qu'orthorexique, est très friand de ce mets, en terrine, en escalope poelée, avec des asperges ou des figues, en toutes saisons et pas loin d'une fois par semaine. D'ailleurs, il est aussi très gourmand de moi, et m'accomode aussi de harnaisn baillon-boule, chaînes et autres cuirs. Dois-je en conclure qu'il me prend pour une...
Oh !

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L'année Mozart

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Pour célébrer cette année Mozart (qui aurait eu 250 ans s'il avait été immortel, ce qu'il est d'une certaine manière, entre Don Giovanni et les concerti), je vais être diététiquement incorrecte et me gaver (cosi fan tutte !) de ces friandises autrichiennes trop mal connues en France, les Mozartkugeln, les boules de Mozart ainsi nommées pour leur forme parfaitement ronde, et qu'on pourrait traduire dans une langue comme dans l'autre par les couilles de Mozart.

Des couilles de Mozart qui, en l'occurrence, sont composées d'un coeur de massepain entouré de deux couches (claire et sombre) du plus gras des pralinés, le tout recouvert d'un chocolat de qualité très moyenne (cela valant pour les vraies Mozartkugeln, fabriquées en Autriche ; les made in Germany, des viles copies, sont plus rustiques, le - un seul - praliné au centre, la pâte d'amande autour, mais cacher, ce qui réjouira la population juive qui vit toujours en terre tudesque malgré la grande opération de découragement menée avec allégresse par le IIIe Reich, mais je m'éloigne de mes chocolats). De mordre allègrement dans ces confiseries triglycériantes entraîne inévitablement à penser à des situations où d'autres boules, non mozartiennes, mais masculines, sont bien en bouche.

En anglais, on appelle cela un teabag, un sachet de thé, sucer les couilles de son partenaire comme on ferait une infusion (oui, Dame, vous avez raison de suivre la vox populi et coluchienne, dans la vie, il n'y a pas que la bite, il y a aussi les couilles...). Les hommes, dressés dans leur domination, aiment enfoncer leur queue dans la bouche et la gorge de leur partenaire, jusqu'à la luette, jusqu'aux hauts le coeur. "Pompez, pompez..." disaient-ils, déménageurs ou énarques, le vocabulaire traversait les couches sociales. Ils ont, et l'adorent ainsi, la femme à leurs pieds, à genoux, la bouche pleine.

Je suis étonnée qu'il n'y ait pas plus d'accidents de teabag ou de pompino. S'il existe un mythe du vagin denté, la bouche pleine de dents est, elle, une réalité. C'en est alors presque émouvant de voir ces hommes, debouts, écrasant la soumise de toute leur stature, alors qu'elle les tiens par les couilles, et par la queue. Je serais homme, je serais mal.

Un chocolat, mon chéri ?



Clichés avec un B comme Boutoir

Rue Bricabrac, bdsm, boutoir, clich´s

Nous avons vu précédemment que les chattes de soumises étaient toujours dégoulinantes.
Saïda s'interrogeait sur ce mystère.
Pas seulement elle.
Un début de réponse ici peut-être :

"je jouis fortement entre ses coups de butoir entre mes reins"

Le lecteur aura rectifié de lui-même, c'est de boutoir qu'il s'agit, le butoir (quoique chez les corroyeurs, les deux sont synonymes, avec même une possibilité en buttoir) étant en l'occurrence le col de l'utérus. On passera aussi rapidement sur l'entre et l'entre de peur de rester coincé entre le rein et le butoir, ce qui nuirait à la dégoulinance et plus si entente. L'essentiel étant de saisir que Mister Mètre la met bien profond, qu'il soit TBM ou ordinaire, avec une rigidité bien élevée, un entrain fougueux et par derrière (De quelle porte s'agit-il ? Le mot butoir m'a fait, à tort, penser au con, le cul fait tout autant l'affaire, et à terme, entre pubis et fesses, le boutoir bute... ).

Donc le coup (de rein, entre ses reins, je vais et je viens, entrez ou sortez mais arrêtez ce va et vient ridicule...) ne peut-être que de boutoir. Saluons au passage celui qui sur son blog a osé le délicat oxymore "sous mon tendre boutoir". Un boutoir, donc, comme dans "Boutons les Anglois hors de France".

Un peu de lexicologie :

BOUTOIR, subst. masc.
A. VÉN. Extrémité de la tête du sanglier (groin et canines) et par extension du cochon, de la taupe, etc. servant, selon l'animal, à fouiller le sol, à attaquer ou à se défendre (cf. PESQUIDOUX, Chez nous, 1923, p. 1). Le boutoir du cochon (CUVIER, Leçons d'anat. comp., t. 2, 1805, p. 661). Os du boutoir. Petit os qui donne de la fermeté au groin (cf. CUVIER, Leçons d'anat. comp., t. 2, 1805, p. 80).
Coup de boutoir
1. Fig. Coup violent, attaques brusques et répétées, qui ébranlent l'ennemi. Les pertes et le trouble causés à la VIIIe armée par les coups de boutoir de l'ennemi (DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1954, p. 256).
2. Fig. et fam. Trait d'humeur, paroles rudes et blessantes. Les coups de boutoir de Flaubert (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1872, p. 881) :

... Magloire sentait l'amertume de son compagnon et il ne trouvait pas les mots nécessaires. Cependant comme ils approchaient de l'étable, il insinua : On a causé de vous, Monsieur le Supérieur, dans toute la Lorraine. L'autre répondit d'un coup de boutoir : Dans toute la Lorraine! Que dites-vous? dans toute la France! ...
BARRÈS, La Colline inspirée, 1913, p. 117.
3. P. métaph. [En parlant du cœur] Synon. de battement. Les coups de boutoir de mon cœur (F. SAGAN, Bonjour tristesse, 1954, p. 25).
B. TECHNOL. Outil utilisé par divers artisans (qui le poussent de la main) : par le maréchal ferrant pour parer la corne, par le corroyeur pour bouter* les cuirs, ou par le sabotier pour creuser les sabots. Synon. boute-hache (cf. boute, rem.).
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe siècle.
PRONONC. ET ORTH. : []. Synon. but(t)oir écrit avec 1 ou 2 t dans les dict. généraux.
ÉTYMOL. ET HIST. 1. 1361 « instrument de maréchal-ferrant » (Inv. de Hues de Caumont, A. Pas-de-Calais, A, 513 dans GDF. Compl.); 2. 1611 boutouer « extrémité du groin du porc, du sanglier » (COTGR.); 1680 boutoi (RICH.); 1690 boutoir (FUR.).
Dér. de bouter* étymol. 1; suff. -oir*.

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Le TLFI ignore donc le sens figuré et sexuel du coup de boutoir (pourtant employé au XXIe siècle par Christine Deviers Joncourt, jeune talent des scènes littéraire et musicale françaises, dans une allusion à un certain Roland D., qui l'a définitivement faite basculer dans son lit en lui tordant le téton, c'est dire si elle s'y connaît en matière de b...) Le fait que ce même dictionnaire fasse allusion, collusion plutôt, entre boutoir et ennemi, me ravit, moi qui essaie depuis des lustres de mettre au point la théorie de l'ennemi sexuel. Il nous apprend que le boutoir n'est pas un bélier mais un groin (de sanglier, qui comme chacun sait est un gros cochon...sauvage) et que bouter signifier pousser, retour au corroyeur cité plus haut, au maréchal-ferrant, à l'épinglier, et même aux botanistes.

Bien sûr, je pourrais chuter là en rappelant que peu importe le boutoir, pourvu qu'on ait l'orgasme. Mais non. Je poursuis ma croisade visant à bouter le boutoir hors des écrits érotiques (ou supposés tels). Car, comme disait l'autre nez, on pourrait dire bien des choses encore. Se souvenir du pal, ce supplice dont il est convenu de dire qu'il commence bien et finit mal ; en appeler aux animaux avec ou sans cornes ; pourquoi pas, parler de corne, quelle abondance... ; la chevalerie recèle un vocabulaire varié et flatteur pour l'homme, épée, lance... ; plus rustique, le gourdin peut faire la blague ; les poètes d'antan aimaient le vit, vite, vite, ton vit que je vive ! ; comme la petite robe noire, la queue est indémodable, un classique qui a sa place partout. Et pour finir, osons (en renouant avec les fontaines déjà évoquées) un "viens tsunamiser ta jetée dans mon estuaire". L'imagination au pouvoir, et au feu les coups de boutoir !

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Quel cirque !

J'ai mis très longtemps avant d'aimer le cirque. Tant que c'était du Pinder ou du Gruss, des Augustes humiliés, des paillettes ternies par la sueur, des éléphants qui jouaient de la trompe, des roulements de tambour comme avant une exécution capitale et des tigres pelés terrorisés par un hercule (pourtant, le fouet...), je trouvais ce spectacle d'une tristesse infinie. A peine si les cavaliers et les acrobates appuyaient sur une petite sonnette enfouie profond sous mes cheveux. Et la femme canon m'inspirait quelques variations très personnelles, tout comme l'arène et sa sciure. Mais les spectacles proposés alors tenaient plus de la purge que du remontoir à boîte à fantasmes.

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Et puis il y a eu les nouveaux cirques, sans animaux souvent, sans personne qui risquait sa vie entre deux trapèzes ou près d'un balancier, avec de la musique rock, des artistes qui tenaient aussi bien de la scène heavy metal que de la danse la plus classique (mais avec des "numéros" d'une sensualité qui laissait les cygnes, Galatée, Giselle et les autres mille lieues et autant d'années lumières loin derrière, trop académiques avec leurs petits pas codifiés par Marius) et des numéros d'une poésie et d'une sexualité mêlées. Le cirque, ce cirque-là, n'avait pas besoin de bestiaux pour cacher l'animalité des corps, il ouvrait la porte aux centaures, aux minotaures, aux femmes lianes. il y avait des seins et des torses poils. D'ailleurs, chez Bartabas ou Ivan, les frères ennemis du cirque Aligre, les chevaux et les oiseaux sont encore là, et pourtant les spectacles ne se voilent pas la face (ou alors je suis totalement obsédée, ou les deux). Archaos, Baroque, Soleil, Plume, Zingaro, Dromesko, par vous, pour vous, je suis retournée au cirque.

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Sans rentrer trop dans la technique et l'esthétique, je reste délibérement au plus près de la peau et du muscle, parce que c'est là que ça se passe tout de même, j'étais abasourdie par ces corps si parfaits, qu'aucun(e) culturiste n'égalera jamais, rompus à tant d'efforts qu'ils semble rire au nez du danger et défier l'impossible. Des corps denses et éoliens à la fois, des corps qu'on a envie d'étreindre, des corps par qui ont a envie d'être ceinte. Des corps de force pure, des corps de souplesse absolue. Des corps qui parlent si bien.
Les trapézistes me fascinaient, lâcher prise, le vide, se rattraper, ou l'être, la confiance en l'autre, se frôler avant de s'empoigner, flirter avec la mort et la beauté, ça ne vous rappelle rien ? Moi si.
Il y a aussi tout ces jeux avec du feu, des cordes... Des pirouettes improbables parties de la racine des cheveux, des chutes sans fin mais sans blessures.

À chaque spectacle, encore en regardant les artistes du Cirque du Soleil l'autre jour, je surtitre ce que vois de connotations bdsm. Cet homme, cette femme, il est le dominant, elle est la soumise, il la contraint, la contorsionne, l'épouse, la mate. Elle s'appuie, le défie, lui confie sa vie. Leurs gestes sont ceux de l'amour sauvage qui me tient tant à coeur. Les flammes qui flirtent dans les yeux des autres spectateurs sont celles, terrifiées et avides, des tiens ou des miens quand nous allons trop loin (trop loin selon les normes vanilles, sûrement pas assez si l'on en croit la bible du D/s et les lois du SM). Je réécris la mise en scène, j'invente des chorégraphies féroces, fières et farouches, je ressors les fouets des cages vides des animaux, les femmes sont des panthères ailées, les hommes des lions dompteurs. La mèche ne claque plus en l'air, mais sur la peau, plus besoin de cymbales, le lycra se déchire et tout finit dans un rut rauque. Le bdsm ferait un beau spectacle de cirque, il s'opératise si facilement.

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J'aime follement le cirque, j'ai envie de courir sans fin, au bout d'une longe, jusqu'à me rendre d'épuisement.

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aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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