Rue Bricabrac

Des anges passent

Androgynie

La photo d'hier, de ce chaperon mâle et danseuse à la fois me renvoie à un vieux vieux vieux fantasme...

Parmi les multiples déclinaisons numérisées de Laetitia Casta par Jean-Paul Goude pour les Galeries "il se passe toujours quelque chose aux" Lafayette, il en est une qui la présente le cheveu un peu plus court qu’un para avec un rien de brosse blonde au dessus de ses lèvres pleines. Bref, la Casta en garçon. L’idée est là. Pas le personnage. Il ne suffit pas de coller une mitre au premier venu pour en faire un pape (quoique). Casta n’a rien, rien de rien, et sans regrets, d’un androgyne. Il ne se dégage aucun trouble de ces images. Au contraire de la dernière héroïne de Floc'h ou des garçons fleurs japonais.

photo Jean-Paul Goude


©Dargaud

Je ne parle pas que d’un physique minimum, seins discrets, hanches étroites, jarret nerveux, mais surtout d’un état d’âme. Il n’y a pas cette belle ambiguïté chez cette plante rustique, au sourire du bonheur et au corps porte-manteaux. Je ne suis pas sûre qu'une Kate Moss au gabarit plus anorexique se prête mieux à l’incarnation d’un, enfin, de mon fantasme androgyne. Il y avait infiniment plus de trouble à voir une Virginie Thévenet, alors cinéaste débutante, poser au milieu de toute la noria d’acteurs/peoples recrutés pour son Jeux d'artifices, en costume de garçon.

Virginie Thévenet a su là me prendre par l’imaginaire, entre ses enfants terribles que je n’ai pas de mal à imaginer incestueux et son incarnation monsieur/dame ! Virginie Thévenet est une longue fille brune qui peut porter veston ou smoking sans faire bailler l’entre-sein comme une porte à double battant qui bée. Victor/Victoria, tout est là. Quand Katharine Hepburn se dessine une ombre de moustache pour devenir Sylvester dans Sylvia Scarlett de George Cukor, quelque chose passe. Et se passe.


Julie Andrews dans Victor/Victoria (MGM)

J’aurais aimé, depuis toujours, me travestir en garçon. Un peu pour savoir quel effet ça fait de vivre la vie en homme, quels regards on reçoit, comment les femmes regardent les hommes, comment les hommes regardent les hommes, comment on voit la vie en homme, même faux. Ni pour le fun, ni pour la socio. Pour draguer les garçons. Les hommes. Ces hommes tape à l'oeil, caricatures de virilité exacerbée, ces concentrés de testostérone qu'étaient ceux qu'on nommait alors les pédés-cuir (le mot gay alors prenait un "i" et s'accordait à Paree). L’aurais-je fait si mon physique l’avait permis ?


Photo Thomas Nutzl pour Time

Je l’ai en tous cas beaucoup imaginé, décliné sous toutes ses formes. Il en est de mes fantasmes comme des doudous des bébés. Je les use jusqu’à en faire de la charpie, jusqu’à ce qu’ils soient si ressassés qu’ils ne me donnent plus de plaisir. Je suis assez insensible à la répétition comme facteur de fatigue. De la même manière qu'un plat, un parfum, une crique bretonne, un homme, mes fantasmes me font de l’usage. Quitte à les rapiécer ici et là, comprendre introduire des variantes, des suites, à l’image des films à la Vendredi 13 ou avec Harry Potter. Il n’y avait guère que le décor qui changeait, pas la trame, tissée d'un lin costaud.


Katharine Hepburn sur le plateau de Sylvia Scarlett ©RKO

J’ai peu d’imagination, je compense ainsi. J’aurais tant aimé, à 20 ans, et même avant, me mouler dans un jean, me fabriquer un paquet avantageux à l’aide de chaussettes, attacher mes cheveux en catogan, serrer les dents pour avoir de la mâchoire et la nuit aidant, faire oublier mon mètre cinquante cinq & bonnets D, et draguer, en cuir et à moto, du côté des boîtes gays (on ne disait pas ainsi alors, délicieuse époque répressive et incorrecte, excitante et réellement transgressive, aux antipodes de ce XXIe siècle glacé et dépressif), me lever le premier macho caricatural de service, qui n’aurait pas manqué (l’avantage du fantasme, c’est qu’on peut se permettre d’être un mauvais scénariste), une fois sa queue dans mon cul et l'imposture dévoilée (ô combien facilement, je n'ai pas plus de pénis que de désir d'en avoir), de passer, sa jouissance gâchée et sa mauvaise humeur sur mes fesses qui n’attendaient que cela. Ainsi, la sodomie qui a priori ne devrait me procurer qu’un plaisir par procuration, me fait vibrer quand j’imagine, et mon complice en chœur, que je suis prise comme un garçon. Jusqu'à rendre érotique l'expression mordre l'oreiller, comme je mordrais la poussière.

Si un homme sommeille en moi, d'ailleurs, il se réveille assez souvent, c’est sûrement un pédé. Il y a même de fortes chances pour que ce soit une folle. Je ne dois pas être la seule "pédée". Gainsbourg avait écrit pour Régine, la Régine de Zoa, avant le botox et La Ferme Célébrités (célébrités, tu parles) "les femmes ça fait pédé, c’est très efféminé". Suis-je suffisamment efféminée pour faire un bon garçon ? On y reviendra peut-être. Fatalement.

En tous cas, j’ai la plus grande envie pour ces femmes capables de cette ambiguïté. Je parle bien de double-sens, de masque, pas de crossgender ou de queerisme. Je pense à celles qui peuvent, ou pourraient si elles le voulaient, en un tournemain, pour le jeu, pas pour se faire greffer un coup de poulet. changer de sexe comme un caméléon. Et donner le change. Les garçonnes, pas les drag-kings. Ces femmes comme des anges. Elles ont deux sexes.



NON !

Ecologie

... à l'abattage des loups en France.*

Signé le petit chaperon rouge.

* mais pas seulement à ça.



Blason de l'oreille

Page sans titre
Pavillon de chair ourlée
Colimaçon nacré
Qui vibre à chacun de tes mots
Organe sensuel au lobe gourmand
Aussi secret et sexuel qu'une autre caverne
Il suffit d'un murmure pour en affoler l'étrier
Nietzsche vantait celle si petite d'Ariane
Sade la voulait aussi bandante qu'une pine
Parle-lui, plais-moi, plus près
Musique-la, là, sans tralalas
Ou avec falbalas
C'est par elle que je jouis, je l'avoue


Histoire d'O...mbre (Tout s'éclaire ?)

XXXB5

Lundi, hier donc, un nouvel épisode du feuilleton XXXB. Au risque de se faire éclipser par les aventures désacordées du couple Nicolas/Cécilia*. Mais mon oeil de buse ne s'est pas laissé détourner par ces mouvements de haute politique.

L'affaire devient plus nette. XXXB possède bel et bien un, et même deux, répondeurs. C'est du côté du muet aimé que les choses se corsent. Ce monsieur, si tant est il est homme et non pas femme, non seulement refuse de déposer quelques mots sur les boîtes vocales, et manque cruellement de chance puisqu'il tombe invariablement sur ces machines messagères au nez desquelles il raccroche (biiiiiip biiiiiiip biiiiiip), mais surtout, il n'a pas le téléphone, et doit sans doute aucun se trouver dans des contrées où la denrée téléphonique est rare. La Creuse. L'île de Pâques.

XXXB est donc une Sisyphe au pays de la comm contrariée, amoureuse d'un lointain rustique fâché avec les moyens modernes de télécommunication. Sans cesse, elle laisse des annonces, soldées à chaque fois par des traces sonores mais non verbales de l'être adulé. (Chez moi, répondeur top message ou boîte vocale made in Bouygues, je n'ai pas les sonneries raccrochées. Je ne pourrai jamais être XXXB quand je serai grande.)

* A ce propos, je rappelle que ce soir a lieu au théâtre Déjazet le procès Sarko.



Baby Doll

Akiza Tandis que je passais et repassais entre un chiffon rêche et raide, comme expliqué sur l'excellent Encordées, deux dizaines de mètres de chanvre, je lisais ça et là des blogues, sautant de liane en liane d'un simple clic.

Depuis le blog au nom japonais d'une traductrice un peu gothique, je me suis retrouvée sur une boutique en ligne face à un sweat-shirt de circonstance (il y en a quelques autres tout aussi craquants).

Au dos d'icelui, une jolie poupée fetish et kawaï, Akiza, une fille d'Hello Kitty et de Jean Tinguely, qui selon l'inspiration de son dessinateur (Robinson, du collectif "Tous les anges") et les désirs de ses amis, se retrouve plus ou moins corsetée, emprisonnée, forgée de fer.

Le mieux est d'aller sur son site pour la découvrir.

PS discret et sussurré à l'auteur s'il lit ces lignes... : dis monsieur Robinson, tu veux pas faire un petit boléro "Un corps sain dans un corset" ?



Vat'fer (Pages donjon)

Vat'fer4

Un site de maître ! Deux sites de millimaîtres ! De la denrée rare, au contraire des sites de dominas - vénales ou bénévoles - qui sont légions. C'est une aubaine, battons l'affaire pendant qu'elle est chaude.
Pour des commodités sémantiques, j'appellerai respectivement les coupables Maître Truc et Maître Machin.

Hélas, on n'a pas encore pénétré dans l'antre de la bête (des bêtes, devrait-on dire au vu des surprises orthographiques qui m'ont cueillie) que ça commence mal.
Chez Maître Truc, le parisien, "on" m'avertit que si je veux "bénéficier" (sic, on sent déjà poindre un je ne sais quoi de suffisance chez le gazier) de ce site, je dois impérativement configurer mon écran en 1024x768. Les gros lamers qui en ont une petite, je parle de matrice active évidemment, peuvent passer leur chemin, notre double mètre ne s'offre pas à la piétaille.
Maître Machin, le provincial, est nettement plus urbain puisqu'un bandeau déroulant souhaite une bonne navigation.

en aparté
L'avantage du web, c'est que les étalons peuvent se construire à peu de frais (et dans le cas présent sans aucun soin) un petit Sèvres rien qu'à eux.

Je ne configure évidemment rien pour pénétrer dans la page donjon de Maître Truc, et là, abomination et javascript, la fenêtre se la pète et occupe tout l'écran (et le mien sans avoir la plus grosse, exhibe sans fierté mais en diagonale ses 20" bien plats). La prochaine fois, Maître Truc aurait avantage à trouver une soumise qui cause couramment html et css, et qui danse la java. Et si c'est une soumise qui lui a concocté cette bouse, il s'agit de la fouetter d'importance en l'obligeant à apprendre par coeur ça et ça (par exemple).
Maître Machin lui aussi a cédé aux sirènes de FrontPage (un produit Microsoft™ qui gerbe du code mal branlé et ne respecte pas le quart des standards), mais ce qui lui fait le plus défaut, encore plus qu'à son homologue parigot (qui pourtant met un "s" à mille), c'est un bon correcteur orthographique et grammatical, une soumise institutrice et un Bescherelle. Puisqu'il se vante de posséder un "cheptel", il devrait trouver cela. Surtout, quelques visites chez le psy ne lui ferait pas de mal tant il semble avoir des problèmes avec le féminin : "commence par m'envoyé ton CV avec photos (obligatoire) du soumis que tu penses être." tandis que son donjon est qualifié de "conviviale" et les plaisirs de "subtiles". Allô, oncle Sigmund ?

Dans une écriture gothique sur fond parchemin tamponné d'un blason d'opérette, ton sur ton avec sa cave, située au coeur de la capitale et équipé avec le plus grand soin, Maître Truc nous distribue le programme. Une rubrique sur deux étant encore en chantier, à défaut de savoir qui est le propriétaire et ce qu'il pense (mais pense-t-il ?), on passe rapidement sur une présentation en forme d'auto-tressage de laurier (en gros, le bonhomme est une pointure qui fleure bon des dessous de bras) pour feuilleter des photos maisons, enfin, donjon. C'est à peu près aussi excitant et explicite qu'une brochure Blairtours.
Même profusion d'images chez Maître Machin, dont on ne saura rien de plus non plus, mais dans des tons rouges et noirs, sans doute en référence à sa chanteuse fétiche, Jeanne Mas. Au contraire de Maître Truc, Maître Machin ne s'efface pas derrière ses soumises et sa photo figure en bonne place.

Chez Maître Machin, il y a des petites annonces, ce qui part d'un bon sentiment. Chez Maître Truc, à part un appel au peuple pour que des messieurs lui présentent leur "jolie soumise", il y a une bibliographie. Soupir. Autopromo 1 / Littérature 0. De l'abondante production littéraire sm, que croyez-vous que Maître Truc ait retenu ? Trois minces livres, chacun écrit par une soumise "exceptionnelle" (normal, les bons ouvriers ont de bons outils) qu'il a eue sous la main (ou autour de la main, selon les pratiques).

Trêve de billevesées et d'ophioglossie. C'est facile de se moquer des faibles. C'est mal. Mea culpa, mais c'était trop tentant...

Ce qui est, sinon grave du moins ennuyeux à mes yeux, c'est que les nanomaîtres suscités, dont l'un est une "référence" en la matière (on risque d'en reparler bientôt, la rumeur éditoriale murmure depuis des mois qu'il a des mémoires sous presse), c'est l'idée du sm qu'ils envoient. Un sm de grand-guignol, mécanique, collectionneur, caricatural, grotesque. Un sm de catalogue de pratiques et d'accessoires. Un sm que même une Christine Boutin ou un Philippe de Villiers décriraient avec plus de finesse. Quand je suis tombée (c'est le mot) sur l'un et l'autre site, à quelques jours d'intervalle qui plus est, j'ai cru à une parodie.

Si c'est ça l'image du sm, je suis contente d'être floue et myope.



Punaise !

Frida
Sur la colonne Morris la plus proche de chez moi, cette affiche, qui publicite une pièce de théâtre qu'on joue au théâtre Dejazet* de Paris. Attention peinture fraîche parle de, on l'aura deviné, c'est même écrit dessus, Frida Kahlo. Ci-dessous, en intégralité, La colonne brisée, la toile originale qui s'est prêtée à cette affiche.

La peinture de Frida Khalo me laisse dans une indifférence assumée. La femme, l'amante, la révolutionnaire, m'intéresse beaucoup plus. Un rien de myopie aidant, poussée par des lectures récentes, j'ai vu dans ces seins cloutés une réminiscence du soutien-gorge aux punaises dont j'ai déjà parlé ici.
Voilà que je recommence à faire ma mijaurée, poussant des petits cris d'orfraie à l'évocation de ce soutif martyrisateur alors que je suis la première à prier "Johnny (bon, il ne s'appelle dieu merci pas Johnny, mais on ne va pas chipoter) fais moi mal". Il faut croire qu'il en est du masochisme comme des bibliothèques, amoncellement de rayons et de sous-catégories, de compartiments et de subdivisions, il faudrait un nomenclateur (qu'on nommerait évidemment masographe ou masologue) pour dresser la liste des idiosynchrasies en la matière. On aurait des statistiques très fines sur le côté du marteau préféré pour le plantage des clous, par exemple. Plus tard, dans quelque thèse sexopathique, une ontologie de la soumission serait à prévoir.

Pour finir cette parenthèse qui n'a même pas le bon goût d'user de la signalisation idoine et qui est un vrai hors sujet buissonnier, je me suis aperçue, en réfléchissant à ce que me racontaient ces tableaux, le collier de ronces et la biche en Saint Sébastien, que j'avais mes fétiches et mes bromures. Au rayon éteignoir, les punaises, les agrafeuses, les règles, bref, toute la panoplie du bon élève ou de l'employé de bureau. Au rayon sexy, parce qu'il est évident que le détournement d'objets usuels est jubilatoire (sinon, pourquoi aurions-nous tant d'allégresse à chercher nos jouets chez Leroy-Merlin plutôt que chez Démonia ?), tout ce qui touche à la cuisine : planchettes à découper qui font d'excellents paddles, cuillers en bois, raclettes (paddles à tétons), baguettes japonaises.

Ces distinctions sont peut-être liées au fait que je passe plus de temps devant mon ordi qu'au dessus des fourneaux. Peut-être pour des raisons plus scellées. On s'en fout un peu, là n'est pas le propos.

En voyant donc cette affiche sur la colonne Morris en haut de la rue, j'ai pensé au frisson qui saisirait immanquablement maso, sado et autres fidèles affidés de la bande à sm. Femme carcanée, femme percée, femme fléchée, femme épinée, Frida Kahlo semble faire diverses propositions de douleurs.

Oui mais non.

Frida, blessée de la plus réelle et symbolique manière à dix-huit ans, empalée par une barre de fer dans un accident de bus, parle de la douleur subie à son corps défendant.

Je fais partie de celles qui la subissent à leur corps consentant. Et réclamant. J'espère être un jour chassée en forêt et offerte aux tourments du vainqueur. J'aime porter un collier plus contraignant qu'une minerve pour te regarder la tête haute. J'attends avec impatience le carcan qui me mettra à ta merci.

Jamais je ne pourrai m'exciter à l'évocation d'une femme fouettée par les talibans, à un remake domestique de Portier de nuit, à l'emprisonnement de mes jambes dans un cercueil de plâtre... Déjà que je suis une fausse soumise, serais-je maso à mi-temps ?

* À noter que c'est dans ce même lieu que le 24 mai se tiendra un réjouissant procès où sera sévèrement fustigé l'une des figures les plus désagréables et menaçantes de notre paysage politique qui soigne sa droite.



Erogs (friponnes nippones)

Erogs

C'est la nouvelle folie japonaise. On les appelle les erogs, contraction on l'aura deviné d'erotic et de blog.

Généralement, on y trouve des portraits aguicheurs de ravissantes jeunes femmes (qui font souvent tout pour avoir l'ai mineures) en écolières ou à oualpé (mais avec les orifices soigneusement floutés souvent, codes locaux obligent), en maillot mouillé ou en dessous dentelles, avec socquettes tire-bouchon ou porte-jaretelles.
Le bdsm, même si minoritaire, n'est pas oublié.

Exhibitionnistes sans fards, ces erogs sont aussi pour ces filles une manière de se lâcher et de proposer à des boyfriends potentiels une autre image que celle polie, lissée et policée que la société japonaise impose. Et le fossé, comme on le voit, entre l'insipide social et la sensualité cyber, est immense.

Ces erogs vont sembler bien innocents à des yeux occidentaux aguerris par des piments plus corsés. Il y a pourtant chez ces innocentes perverses une charge érotique et des promesses échauffantes...

Si le besoin d'une traduction se faisait sentir, les non-japonisants auront évidemment recours au poisson Babel, imparfait mais secourable. Ceux qui préfèrent l'aventure n'ont qu'à cliquer au petit bonheur la chance.
Parlant de clic, il suffit de titiller le mulot sur chaque image pour être transporté illico sur l'erog kivabien.



Ô temps, pour moi.

Le temps

Ce qui est compliqué, avec les jeux sm, c'est qu'il faut du temps.

Ce qu'il y a de bon avec les rigaudons bd, c'est qu'il faut du temps.

Il y a des jours, ou des nuits, où ce temps, on le trouve.

Le temps de choisir méticuleusement les instruments.
Le temps d'attacher soigneusement la victime volontaire.
Le temps de claquer à pleines paumes sonores.
Le temps d'atteindre l'exacte et foncée couleur recherchée.
Le temps de tracer maniaquement des lignes parallèles.
Le temps d'équitablement délivrer deux caresses pour trois coups.
Le temps de faire dangereusement monter la température.
Le temps d'accroître tropicalement l'hygrométrie.
Le temps de laisser douloureusement languir.
Le temps de provoquer cruellement les larmes.
Le temps de retarder indéfiniment la jouissance.
Le temps de sybaritement recommencer.

Nous l'avons eu ce temps.

Négligemment mélangés sur le canapé, tout en parlant de l'air du temps, ta main à trouvé ma barquette, et tes doigts y ont joué, patients et primesautiers. Quand je me suis renversée en arrière, quand mon coup de pied s'est tendu, tu as de cette même main changé de toison, empoignant mes cheveux. Ma tête rejetée, mes lèvres dans des dents, je me suis déshabillée, à tes ordres.
Sans vraiment prendre le temps.

Trop cambrée, trop bombée, je t'ai présenté les plus pâles de mes joues, la tête enfouie dans mes mains, à la bouche un sourire que tu ne voyais pas. Mes gémissements de volupté disparaissaient dans l'écho des premiers coups.
Le temps de fouiller ma chatte.

Toujours tellement convexe, toujours terriblement concave, pas encore trébuchante, terriblement résonnante, ma carnation ne devait pas atteindre encore le rose layette que tu as joué de la canne. Un festival mené largo.
Le temps de savourer la brûlure.

Et une deuxième salve de six. Of the best, qu'ils disent. Hum. Aïe.
Le temps de passer délicatement ta langue sur chaque boursouflure naissante.

J'en voulais encore. Boulimiquement. En guise de calorifère, le martinet en latex colle la fièvre au plus glacé des corps, même un serpent s'enflammerait et sifflerait le feu. Allongée, intranquille, des chevilles à la nuque, parcimonieusement, sur le cul, tumultueusement, tu m'as arrosée d'une averse cinglante, affolante. Cinglée et folle, couple évident.
Le temps de me pétrir profondément pour exacerber la cuisson.
Profondément, c'est le mot, dedans, oui, avec ce bruit de flaque et de floc.

Changement de main. Pas de traitement. La peste soit des ambidextres. Je roulais sous le fouet. Je tressautais aussi, mon corps m'échappait.
Le temps de dire encore sans même plus savoir ce que cela signifie.
Ah si, chlac.

Comme une crêpe en travers de tes genoux, derniers roulements de tambour. Des gifles sur l'anus avant de m'enfiler, tu as le feu à la queue comme ça, je suis ton cockring bouillant. 55°2 le soir.
Le temps de tes dents sur mes lèvres, pas les mêmes que tout à l'heure.
Le temps de conjuguer les jouissances.
Le temps de se coller, tendresse et fatigue aussi mêlées que sperme et sueur.

Le temps d'offrir la prochaine danse à mes seins.



Histoire d'O...mbre (Ca continue)

XXXB, ca continue

Plus j'essaie d'y voir clair, plus cette affaire me devient opaque.

Cela fait deux ans, ou trois ans, que je survole les annonces d'XXXB dans Libé. Cela fait deux ou trois mois que je les consigne sur mon blog, parce que je n'ai rien vu, pas même les estafilades de cutter dans le dos ou les scories d'une bastonnade avec planche à clous (je ne fais que raconter des images que j'ai aperçues dans des galeries perso), de plus maso que cela.

Avec une régularité de coucou helvète, l'inconnue remet ça depuis quelques jours (chaque annonce passant plusieurs fois)

N'étant pas bonne élève comme Mélie, je n'ai pas encore tenté une incursion numérologique dans les compulsions calendaires de la dame.

Comme d'habitude, elle n'est pas sûre d'avoir reçu des appels, mais elle a bien coché les dates. On apprend que l'invisible élu possède un sourire. Et que pour connaître les RTT de son azimutée amoureuse, il lui suffit de lire le quotidien du matin.

Entre nous, je préfère encore me faire fouetter, y compris quand, comme en ce moment, j'ai les reins aussi raides que le cou d'Eric von Stroheim dans La grande illusion.



Blason de la nuque

Blason nuque
Échine chez les chattes
Cariatide chez les danseuses
Secrète dans la foison des cheveux
Frissonnante quand le fermoir clique
Émue par le moindre souffle
Bouleversée par une caresse
Tendre et pâle sous tes dents
Si belle en chair de poule, tout duvet hérissé
A la taille de ta main qui guide ou force
Émouvante ployée
À mater tendue
Boussole de mes émotions
Première à s'avouer vaincue



Il était une fois l'enfance (régression)

Souvenir d'enfance

Feuilleter, dans le but louable de jet^Wranger, les papiers de famille, c'est fastidieux, poussiéreux, bourdonneux.

Effeuiller, dans l'espoir de remettre la main sur des images hydrophiles, sa mémoire, c'est palpitant, excitant, frustrant.

Parce que forcément, on tombe plus facilement sur un acte notarié jauni sous l'étagère que sur le livret froissé à la même page, témoin des premiers émois qu'on ne savait nommer mais qui n'en existaient pas moins.

Heureusement, il y a l'internet, qui les dimanche au long cours de nettoyage de printemps, ramène dans ses filets les coquines images de son enfance.

Quand soudain, les granges devenaient objet de désir
Euréka, la fessée serait donc quelque chose de très sexuel
Ne plus jamais regarder un cheval et son cavalier de la même manière
Quand je serai grande, je serai prisonnière

Aucune des photos très explicites, que je ne me prive pas de regarder et qui parfois nous inspirent des jeux, des postures et des idées, n'ont le dixième de l'ombre du quart de la queue de l'évocation de ces coups de crayon de jadis. À cause de jadis ? À cause du crayon ? Pour la naïveté et la fraîcheur ?



In the box 3 (Poupées désarticulées)

In the box 3 (Poupées désarticulées)

On les laisse jouer à la poupée, poupée de cire, poupée de son, poupée de chair, poupée pas de bois. Souvent, ils s'en lassent, elle n'est plus toute neuve, ils ont perdu la moitié de ses vêtements, ses cheveux n'ont pas été coiffés. C'est qu'une poupée, ça demande des soins constants, de l'attention, de la préoccupation.


Photo Annliz

Et patatras, ça se termine en miettes.
On leur prête un doigt, ils jettent la main. On leur tend la croupe, en un rien de temps, ils désarticulent les gambettes.
Tout ça pour finir emboîtée. Non pas l'un dans l'autre, enculée ou enconnée, mais enfournée dans quelque carton ou baisenville, d'où on ressortira dans un jour, dans un an, ou jamais.


Photo Mario A.

Dans les milieux chics qui ont été aux écoles et se la pètent, à l'énoncé des mots poupée et désarticulée, on sort sa carte Bellmer. Cambembert, comme on dit au Trivial Pursuit.

Les femmes de Bellmer m'ont toujours dérangée. Je n'ai pas envie de les voir. Je les connais pourtant, comment y aurais-je échappé ? Je me demande même si entre un coucher de soleil sur quelque plage pacifique, un Che en béret et un Freud à femme, le poster Bellmer n'a pas trôné au top ten des affiches convenues pour chambre de bonne d'étudiant frais émoulu.

Dans les milieux intellos qui ont été aux séminaires et qui l'étalent, à l'énoncé des mots poupée et désarticulée, on brandit son Lacan. Apporte-moi le stade du miroir, que je tâte mon corps morcelé.


Photo Etsuko Miura

Le bondage m'a souvent fait cet effet là. Par les liens coupants, par l'occultation de certaines parties du corps, par le jaillissement provoqué et surnaturel d'autres, par l'annulation du mouvement, par la position forcée, il me morcelle et me désarticule.

Cambrée au delà du raisonnable, écartelée comme si j'allais être rouée, dissociant mes seins ou ma vulve de mon tronc, le bien nommé tant mes membres oubliés, suis-je, un instant seulement, une des ces poupées cassées ? Est-ce à cause de mon plaisir, avant, pensant et après l'instant seulement, qu'elles me mettent si mal à l'aise, et que je ne peux m'empêcher de les regarder ? Et que j'évite de me regarder captive de tes cordes de toutes couleurs.



In the box 2 (Jolies poupées)

In the box (2)

La femme poupée jouet sexuel ne ressemble pas toujours à cette particulièrement hideuse (a)mante (voir In the box, premier du nom). La poupée gonflable a le plus souvent deux jambes, deux bras et une perruque. Elle se contente d'être moche. Qu'elle parle (mais que dit-elle ? Sans doute "encore" ou "oui, je la sens bien ta grosse queue", dans un anglais nasillard et métallique d'automate ou dans la langue suave et robotisée des GPS ?), qu'elle soit blonde à forte poitrine, elle tient invariablement dans une petite boîte.

Les progrès étant de qu'ils sont, elle est passée de gonflée à moulée, en pur silicone, à fabriquer sur mesure avec des détails aussi précis que la profondeur de bonnet et du vagin, la couleur du vernis à ongle et de rouge à lèvres, et la délimitation du bronzage. Elle arrive aussi dans une boîte, grande comme un cercueil. Normal, on peut faire ce qu'on veut, elle ne vivra jamais.

C'est peut-être aussi cela qu'on lui demande. Sois belle (voire sois Bellucci, ou son sosie) et morte. Ou le moins vivante possible. Gisante pas rigide. Ta marge de vie peut s'épanouir dans les limites de mon plaisir, sexuel, contemplatif. Je jouis dans toi. Pas forcément de toi. Je jouis avec toi mais sans toi. Le mannequin de vitrine comme compagne d'égoïste. De réaliste. De subreptice. Remember Charles Bukowski, Copulating Mermaid of Venice et ce qu'en fit Patrick Bouchitey, avec Lune froide. Elle était si belle, si élastique, si sirène sortie de l'onde avec des rondeurs partout, qu'on comprenait qu'il y avait de quoi devenir nécrophile.

Est-ce que, quand je désire que mon homme m'objective, me traite en marionnette, de sa main dans ma gaine m'écarte et m'agite, et encore me pose dans les sens dessous dessus qui lui conviennent, suis-je cette fille de mort ? J'espère que non, mais rien n'est moins sûr. Les masos, j'en suis certaine sans pouvoir le prouver, entretiennent un commerce souterrain et discret (pas toujours) avec Thanatos. Est-ce que la poupée, femme objet qui a réussi, serait l'aboutissement de la vraie soumise (j'en suis, ouf, une fausse), baisable et customisable à souhait ? Moi aussi, pourtant, je ferme les yeux quand on me couche.

Ce qui ne fait pas de moi un mannequin en vitrine...


Installation de l'exposition tokyoïte "Dolls of Innocence"

... ou une icône sage comme une image.


Photo Mario A.

(À suivre)



In the box

In the box

L'Orient est rouge. Rouge gore. Demain, sous le titre 3 extrêmes, sortent trois moyens métrages, respectivement chinois, japonais et coréen, réunis en un programme qui promet la peur. En vérité, il s'agit bien plus de films qui outre leurs racines orientales et une indéniable cruauté, jouent franchement plus en perversion majeure et frayeur mineure qu'en grosse peur qui tâche.

Chaque film vaut largement le détour. Pour le plaisir, un instantané de Coupez de Fruit Chan, qui met l'eau à la bouche.


Photo B.O.M.

Celui qui pourtant m'arrête ici s'appelle La boîte, du japonais Takashi Miike. Peu importe, enfin, non mais oui, le sujet réel du film. Là encore, c'est une image qui met en route une intense activité synaptique.


Photo Kadokawa Pictures

Cette petite danseuse qui va entrer dans une boîte, acrobate souple et contorsionniste, assez minuscule et gracile pour se ranger ainsi et permettre à son maître, homme de l'ombre, de refermer le couvercle. Elle se plie à ses désirs.

Rêve de maso, la boîte pour femme ? On la sort de son papier de soie, de son quant à soi, elle s'ouvre comme une fleur, se déploie, étire chaque centimètre de chair. Elle ne sort pas comme un polo à ressort, ni comme une bimbo d'un gâteau. Elle reprend vie délicatement. Elle dort dans la couche de l'homme, et l'aube venue, s'enroule dans la nuit de son écrin. Femme cadeau, femme objet. L'emboîtée n'est pas une encagée.

Mettre les femmes en boîte, littéralement, ça me raconte des histoires. Pas exactement celle que Jennifer Chambers Lynch, moins douée que son père David, a imaginé avec Boxing Helena. Helena qui se retrouvait femme tronc pour un homme qui lui sciait les ailes et l'asservissait radicalement.

Poupées baisables, incapables de s'enfuir, ne prenant que le minimum de place, encore vivantes quand même, faut que ça bouge un peu, beaucoup, passionnément... Femmes réduites au minimum fuckable, à ces poupées gonflables dites de voyage qu'on trouve dans les bons sex-shop, trois trous, deux seins, un cul, dans un espace minimal, une petite boîte.

La femme en boîte, avec ou sans membres, serait donc un idéal de macho sado, toujours dispo, sans mal de tête menstruel, maniable à loisir. Suffisamment précieuse pour la cacher au coffre. Trop secrète pour l'exhiber. (Il y a des collectionneurs onanistes qui conservent leurs oeuvres d'art dans des bunkers.) Il suffirait de lui sectionner les cordes vocales pour en faire une jolie poupée muette.

La pépée en panière, c'est une proposition de poupée.

(À suivre... et en attendant, tous à 3 extrêmes)



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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