Rue Bricabrac

Arlequinade

Rue Bricabrac, bdsm, arlequin
photo Red Charls

PRISE au piège comme un fauve, dans les filets d'un tourmenteur, elle a cessé de se débattre, et laisse la fine cordelette imprimer ses losanges réguliers.

La chair est faible et le cocon a raison de se tendresse.

Pourqu'elle soit pleinement arlequine, multicolore, il ne reste qu'à appeler la cravache à la rescousse, et de sa langue peinturer chaque losange précisément avec une intensité différente. Blanche la peau caressée, rose la peau pincée, rouge la cravachée, violette la mordue.

Ce qui est un voeu pieu puisqu'il suppose une précision d'enlumineur.
Mais ce serait tellement joli.
Ça vaudrait le(s) coup(s) d'essayer.

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Livres en tête

Rue Bricabrac, bdsm, contrainte
photo Frédéric Fontenoy

J'AI failli titrer ce billet Oulipopo. Et puis je me suis ravisée.
Pas tout à fait.
La preuve.

Il y a dans mon masochisme un goût des contraintes, des belles contraintes. N'ayant guère envie de me prendre pour un punching-ball, les coups ont besoin de cette épice.

La plus simple est un rapide bondage qui me présente ouverte, immobile. Le plus facile aussi. Elle ne me demande aucun effort, elle me repose. Donc ce n'est plus une contrainte.

Plus corsée est celle qui demande une attention de tous les instants, qui frôle l'impossible. La contrainte exigeante. Ma perversion est de trop aimer les perverbes, j'ai le goût de l'oblique, je m'accroche aux acronymes (surtout ceux avec des "Y" branchus), j'aime explorer les lipossibles.

J'avais inventé le jeu du chapeau, qui devient trop facile, mon dos s'est élargi, mes chapeaux ont grandi, je sais tanguer des épaules aux lombes pour rattraper le bibi fricoteur.

Mais des livres, mazette ! Pas un, mais plusieurs. Qui obligent à l'apprentissage, un d'abord, plusieurs ensuite, au repos, en marchant, le cou délié, les épaules basses, la colonne droite. Et qui sait si même une danseuse étoile au premier coup de canne, ou au troisième, dans un souffle sentira l'édifice s'égailler. Et choir.

Plus dure seront les chutes.
Mais chuuuut. Interdiction de crier.

[Il n'y a pas une image de Frédéric Fontenoy qui ne m'inspire un désir ou un soupir. Les femmes y sont gainées de bas couture, de corsets, de gants longs, de bondage. Un violon, un miroir, une canne, un plumeau arrangé, une plume de paon tout oeil dehors sont les accessoires. Les références, sans aucune forfanterie, sont aussi bien les frères Klossowski (Pierre et Balthazar dit Baltus), Helmut Newton ou Vincent Van Gogh. Il donne du baroque, du rococo, de la perspective et des lettres au sadomasochisme. Elles sont d'aujourd'hui, elles semblent d'avant-hier. Il fait valser les femmes à la baguette ou les expose sur un lit à barreaux.]



Doctor Danger & Mister Tender

Rue Bricabrac, bdsm, doppelgäger
photo Rodrigosan

TENDER joue avec mes doigts, embrasse leur pulpe, mate dans mon décolleté, plaisante, me fait rire.

Danger fait sonner ses mains sèchement, au rythme de la salsa, à droite, à gauche, mon corps chavire comme l'aiguille du métronome. Clic, clac.

Tender embrasse le creux de mes reins, lèche la plante de mes pieds, joue avec ses doigts.

Danger enlève sa ceinture, la transforme en serpent qui siffle et cingle. Le roulis s'accélère, je ris de bonheur.

Tender me caresse, me fouille avec sa langue, enlace ses doigts aux miens, se perd dans mes seins. J'aime son regard.

Danger pince, tire et tourne. Il mord, il mange, il cannibalise. Il passe sa ceinture autour de ma taille comme un collier tenu serré. Excitant.

Tender fait l'amour avec sa queue, ses mains, ses lèvres, ses cuisses, sa peau, ses soupirs, ses sourires.

Danger a de la sévérité dans le geste, de l'infatigabilité dans le bras, de l'entrain dans le mouvement.

Tender et Danger réunis, il me cache sous son corps, devenant mon écorce tandis qu'en son giron, je palpite.



Yoyo

Rue Bricabrac, bdsm, masturbation
photo ṪṦϘ

M*** s'est approché de mon sexe qu'il a dévoré jusqu'à ce que sa soif s'étanche et que j'arrive à l'orée de l'orgasme.
Là, il s'est éloigné, à posé sa joue contre ma cuisse, a proféré des douces menaces tout en m'empêchant de serrer les jambes, ou de glisser une main.

Quand l'idée de l'orgasme s'est retirée suffisamment loin, il a recommencé le même jeu, mon plaisir à venir comme un yoyo.

Fort - Da.

Pour me faire monter plus vite, il torturait mes seins tout en continuant de jouer de sa langue entre mes lèvres.

Fort - Da

Au bout d'un temps, je ne sais le compter, j'étais languide, pantelante, désarmée. Une crêpe... qu'il a retournée vivement, sèchement. Avec les mêmes conscience et constance, il a fouetté mon verso.

Fort - Oui

Les coups de plus en forts m'ont plaquée contre le matelas, et ces frottements pourtant si légers sur mon sexe agacé m'ont procuré au centuple le plaisir qu'il m'avait refusé.

Fort - Oui



Perdre pied

Rue Bricabrac, bdsm, tranquillité
photo Christian Marogg

Que cherchez-vous dans le bdsm ?

JE n'ai pas réfléchi. J'ai répondu, immédiatement, instinctivement.
La tranquillité !
C'est le mot. Au-delà de l'abandon, du lâcher-prise, du subspace (dont il faudra bien un jour se demander si ce n'est pas du bourrage de crâne de soumise ou de la légende urbaine de dominateur), de la jouissance, de la transe. La tranquillité. En toute simplicité.

Quand, et cela est arrivé suffisamment souvent dans ma vie (c'est à dire 5 ou 6 fois) pour que je pense que cela puisse encore arriver une 7e (et dernière ?), je rencontre un d'homme qui colle, aussi singulières soient nos relations (je n'ai jamais croisé deux fois le même type de d'homme, même si dans les grandes lignes, et je n'ai jamais reproduit un scénario type, même si...), je trouvais cette tranquillité. Celle d'un moi qui aurait oublié l'angoisse, le contrôle, l'inquiétude, le spleen. Celle d'un ça repu temporairement. Celle d'un surmoi aux abonnés absents.

Quiétude de me remettre entre ses mains, entre ses liens. La jouissance de mon corps devenait sienne. Mes mots (criés ou pleurés ou murmurés) étaient ceux qu'il avait envie que je dise et qui fusaient, ordonnés par ses impulsions, scandés par ses pulsions. Mes rires, mes soupirs, mes prières également.

Sérénité de voir mes pensées tourbillonner sans aucun sens, m'envoyant des images écarlates comme un soir de fête, déchirant de leur lumière bordélique mes yeux clos, tournoyant tant et plus que j'en perds la tête, tandis que mes sens s'affutent.

Calme sous la douleur qui me remplit, me nourrit, me surprend, m'attise, m'aiguise, qui m'aspire dans sa spirale vicieuse et délicieuse, que j'essaie d'apprivoiser, à la rencontre de quoi je vais, qui est immédiatement suivie d'une bouffée de volupté mouillée.

Lui appartenir ? Je ne sais pas. Je ne crois pas cela possible. Gardons raison. Mais ne plus m'appartenir, ça oui, j'en suis sûre. Redevenir ce que je n'ai jamais été et que je ne peux donc nommer. Ni enfant, ni animale, même si ça peut y ressembler.

Tranquille.
Enfin apaisée.
Jusqu'à ce que les flammes renaissent et réclament un feu plus infernal pour s'éteindre.

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Hématomes crochus

Rue Bricabrac, bdsm, bleus

IL n'aime pas le bleu, ou le bleu ne l'aime pas, ou les deux. En tube ou en poudre.

De ses dents dans ma chair complaisante et abondante, de ses doigts en crabe sur mes tétons, avec insistance, persévérance, il me fait des noirs.
Qu'on appelle bleus.
Et qui ne sont ni noirs ni bleus.

(J'ai cherché, il n'y a pas de belles photos d'hématomes, pour employer la terminologie dépoétisée de la médecine. Il en a de superbes de femmes fouettées parfois avec une cruauté écarlate, mais pas de bleus. Elles ressemblent toutes à des pièces à conviction sur le bureau d'un commissaire.)

J'ai souvent aimé être (ou imaginer être) une toile sur laquelle on écrirait ou peindrait. C'est P***, le premier du nom (du moins dans ma vie sexuelle) qui m'a appris à aimer les marques tant il les aimait lui-même. Je l'ai rencontré à la sortie d'une relation avec H*** qui m'en laissait tellement qu'elles mettaient une semaine à passer, que j'avais dû acheter un maillot de bain à petites jambettes pour continuer à nager sans jouer les exhibs. Ces marques alors me gênaient, témoins de ma condition, que je n'assumais pas encore totalement, tellement en fracture avec ce que je pensais. P*** avait eu une manière de parler de ces marques, de les caresser, de les aimer, de chercher à en faire de belles que j'acceptais ses coups avec la boucle de la ceinture (de sa main, celles-ci n'étaient pas aussi féroces qu'on aurait pu croire). Il ne trouvait pas la boucle de ceinture sexy, juste les marques qu'elles laissaient. Et je ne me suis jamais sentie maltraitée par ces coups-là.
Il ne s'agissait pas d'un concours d'intensité, mais d'esthétique. Si l'on peut dire.

Il a mordu, aussi fort que possible, aussi longtemps que tenable. Et ailleurs. Encore ailleurs. Sans doute par là-bas aussi.

Je ne me suis pas regardée, je me suis endormie.

Le lendemain, surprise. Mon corps, qui sait si bien somatiser, qui déclenche les maux les plus baroques sans autre forme de procès, m'avait réservé une nouveauté. J'ai dans le haut du bras gauche (et du droit aussi, mais dans une moindre mesure) un "noir" qui m'interdit de dévêtir mes bras. Je ne l'ai pas vu tout de suite, ou plutôt, je ne l'ai pas senti. C'est noir, grand, moche, violent. Mais ça ne fait pas mal. Il faut appuyer très fort pour sentir un rien. Si ça se trouve, c'est l'appui qui fait ce petit mal. J'en ai d'ailleurs deux autres dans le dos, tout aussi insensibles. J'ai eu bêtement mal pendant l'action, désagréablement, mais là, rien. Nib. Macache bono.
Je me souviens que le lendemain, le surlendemain, et encore un ou deux jours par dessus, après certaines nuits de pleine lune et de chaleur rousse, le simple fait de porter un pull ravivait souvenirs et douleurs exquises, et m'asseoir était une douce torture.

J'écoute ce que me raconte mon corps. Et je cherche aussi une paire de manches pour demain soir. Parce que là, ça ne ressemble vraiment pas à la compil Tom of Finland de chez Taschen qui me serait tombée dessus, trop grande qu'elle était pour la Billy de base. Un prothésiste dentaire pourrait même en tirer deux gouttières sans avoir besoin du bonhomme. Juste le bleu. Noir.

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Boîte à musique

Rue Bricabrac, bdsm, fouet
photo D.R.

CE n'est pas une robe abîmée. C'est une robe pour cet été. Elle a été imaginée par le jeune créateur Cengiz Abazoğlu. Elle a une soeur presque jumelle, dans tes tons silver.

Je me plais à imaginer que cette robe a été un jour intacte. Que je la portais.

Comme une danseuse de boîte à musique, les talons aussi hauts que rivés sur un podium. Au centre d'une piste de cirque. Au son d'un menuet, une petite musique de nuit, du Mozart, du Lully. Déchirant les arpèges sucrés, sur un rythme plus sauvagement jazz, des lanières sifflent en dièse et lacèrent en sol. Ma parure part peu à peu en lambeau. J'ai le loisir d'imaginer que ce serait ma peau.

Mais ce n'est pas.

De moins en moins protégée, toujours poupée pirouettante, je m'envole en transe, comme un derviche, le cuir se rapproche de ma chair de poule, j'en sens le souffle, les tresses m'effleurent, le trac grandit.

Ça tournoie, le socle et moi, je perds la tête.

Ma robe n'est plus que charpie, et ma peau frisson. Je suis prête à tomber dans les bras du premier qui s'approchera.



Pourtant, je n'aime pas les films de Lelouch

Rue Bricabrac, bdsm, retrouvailles
photo principale Eric Freitas

UN bonjour et puis revient. Il y a 28 ans, presque 30, tes pulsions te faisaient peur, ta femme et tes enfants me faisaient mal. Nous avons terminé les années Giscard ensemble, presque exclusivement indoor, à l'horizontale. Tu es resté l'une de mes deux plus grandes histoires.

Un bonjour et puis revient. À ma rencontre. Je te demande "comment vas-tu ?" et tu m'embrasses à pleine bouche, pleine langue, belles dents, mes cheveux dans ta poigne, ma tête renversée, ton autre main dans mes seins, mes pensées chavirées. Par toi, je suis à nouveau cette "belle petite fille dans l'émotion".

Un tour de périph et puis revient. Je me soûle de ton odeur identique, de tes mains plus sûres, tes cheveux caressent mes cuisses, ta langue passe de mon sexe à ma bouche, je lèche tes doigts. Tu te sers de ta ceinture en esthète. Ma peau est ta toile bayadère.

Deux chevauchées et puis revient. Ta main très doucement a giflé ma joue. J'ai saisi ton poignet. "N'aie pas peur". Je n'avais pas peur. Jamais je n'avais laissé personne me gifler. Pourtant, j'avais déjà envie que tu recommences. Ton autre main, dans mon con, le savait.

Un au revoir et puis revient. Dans mes pensées en cavale, dans mon sexe qui palpite, sur ma peau trop pâle. J'ai rattrapé le virus de toi.
Tu m'érotises, tu m'électrises,tu me creuses, tu me combles.

Reviens encore, j'aime tant te regarder jouir.

(Merci à M*** et à M*** pour leur maîtrise... dans le traitement d'image)



Recommencer

Rue Bricabrac, bdsm, envie
photo Thisismyalias

À B*** qui me demandait un fantasme, ou un début de scénario, d'envie.

Voilà.

Il ne manque qu'un bandeau pour les yeux. Et son souffle, ses mains, sa peau.

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Et on rasera tous les barbus

DANS le temps, quand j'avais le coeur mieux accroché, je lisais, évidemment indignée, mais soucieuse de connaître mes ennemis, les rapports d'Amnesty International, dans les années 70, du temps des colonels à lunettes noires, grecs ou chiliens, quand le roi du garrot, Franco, n'était pas encore mort.

Je me faisais déjà fouetter avec délices, mais n'était pas capable d'employer alors le mot torture parce qu'une fois par an, j'avais sous les yeux le détail de ce que des bourreaux sadiques (au sens le plus propre, c'est à dire le plus sale, salaud et criminel, et pas du tout sexuel quoique rien ne disait de ce qui se passait dans le pantalon de ces professionnels). Aujourd'hui que je ne les lis plus, sans pour autant cesser de cotiser pas plus que de me tenir au courant des infamies de mes contemporains, j'arrive à donner au mot torture des connotations aimantes. Quand c'est lui, le bourreau, et que je l'ai supplié de me mettre à mal. Mais j'arrive à dénoter un peu, à recevoir des coups de canne et de fouet en oubliant l'orient lointain, parce que de celui-ci, je n'ai que le tapis volant qui m'emporte vers mes paradis piquants, loin de ce réel qui m'englue.

Rue Bricabrac, bdsm, torture

Et puis, paf, une BD, la récupération, je craque (pour ceux qui douteraient du sens de ce craquage, c'est du côté de la nausée qu'il faut chercher, et des yeux sales). (Ç'aurait pu être pire, la couv', z'auraient pu se branler en la lapidant, une sorte de nouvelle marquisade, roc'n'bukkake.)



Jet de mots

Rue Bricabrac, bdsm, mots

POUR s'amuser, en regardant la ville blanche, quelques couleurs sur fond noir (merci wordle). Les mots d'un autre, jetés en vrac depuis un cornet à dés, un texte pas tout à fait révélé, un auteur à deviner, à découvrir.

J'ai butiné des extraits de textes numérisés au hasard de Google. Mon coeur, c'est à dire mon con, puisque le plus central giron, a fondu un peu, comme le blanc dehors qui pourtant fouette le visage. Une fois de plus, le pouvoir des mots me réveille.

Alors, des Sadie Blackeyes sont quelque part entre la FNAC et moi.

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M'apaiser

Tu écris sur moi.
Encore.
Plus fort.

Ton stylo est un fouet.
Ton encre est ma douleur.
Tes mots sont mes souhaits.

Tu écris sur moi.
Encore.
C'est fort.

Le cuir pèse comme plomb.
La peau est en fusion.
Les nerfs tels des démons.

Tu écris sur moi.
Encore.
Sonore.

Le son me soulève.
Le coup me plaque.
Mon souffle s'arrête.

Tu écris sur moi.
Le silence est d'or
Dans tes bras, je dors.

Rue Bricabrac, bdsm, écrire
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Poupée passive et passionnée

Rue Bricabrac, bdsm, poupée
photo Roys

MA connivence. Tu as besoin que je te l'exprime, affirme, surligne, assure... Tu attends mon approbation de tes pulsions. Tu souhaites mon aval sur ton emprise. Tu veux la certitude de ma reddition sans condition. Pour que tu puisses me lier, je dois briser tes chaînes.

Alors, je te dis combien j'ai envie d'être ton jouet, ta poupée, languide comme un rêve de nécrophile, jouissant intérieurement de cette passivité comme tu ne peux même pas l'imaginer, comme quand on fait l'école buissonnière et qu'on a la double joie de la liberté tout court et de la liberté volée. Je me délecte de ton ravissement évident tout autant que de cacher le mien, jusqu'à ce que, torturée par tes aiguillons caressants ou cinglants, dolente de trop de plaisir, heureuse de tant de douleur, je commence à réagir, à bondir, à fuir malgré moi. Comme si des ressorts invisibles et des moteurs cachés se déclenchaient sous tes assauts.
Je ne suis pas ta victime, je suis ta complice.
Je ne me décrète pas marionnette pour te plaire, j'en rêvais bien avant de te connaître.

Alors, rasséréné, tu m'appelles Poupée, et tu acceptes enfin ce que tu appelles ton scandale et mon obscénité. Tu es un peu tragique, je suis très joyeuse. J'ai envie de t'inciter à aborder à mon corps offert (et non pas défendant) les rives heureuses d'un SM vivant et exultant, avec de vrais cris, de vraies marques, de vraies suppliques. Et les rires de bonheur de notre complétude.

Alors enfin, tu peux me dire, dans un sourire doux

Ma soeur chérie je veux t'utiliser pour mon bon plaisir jusqu'à l'exploitation et ensuite venir observer, attentif et étonné, le résultat dans tes yeux, dans tes cuisses et sur tout ton corps de cette singulière mise en relation.

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La gifle

Rue Bricabrac, bdsm, gifle
photo From the ghetto of Libertyville

LA dernière fois que j'ai reçu une gifle, c'était une giflette à peine effleurée, mais le geste était là. Elle venait d'un dominateur qui tentait un peu tout, un homme que j'avais rencontré trop vite, trop tôt, après une rupture douloureuse, que je soignais par une boulimie bdsm. Immédiatement je l'ai repoussé, j'ai renfilé mon pull (un de ces immenses pulls surdimensionnés qu'il fait bon porter en hiver) et je l'ai chassé. Il s'est jeté à mes genoux, me suppliant de le pardonner, susurrant des mots qu'on adresse aux bébés.

La première fois que j'ai reçu une gifle, c'était sur un sentier de montagne, en retrouvant ma mère qui me croyait perdue, alors que j'étais juste partie quelques minutes aux myrtilles, dans les fourrés. Le soir, elle s'est mangé un sermon sévère de mon père qui ne croyait pas aux châtiments corporels, mais au dialogue.

Il n'y a pas eu d'autres fois.

La dimension humiliante de la gifle, plus que la douleur et la sensation que tout part en morceaux dans sa tête, me dérange. Comme tout ce qui touche à l'humiliation.
Pourtant, elle va et vient dans mes fantasmes. (Va plus que vient, en vérité.)

La première, c'est moi qui la donne. En sachant qu'elle me coûtera cher. Je le gifle donc. De rage. D'ire. D'hystérie. Je ne pense pas lui faire mal, je n'en ai d'ailleurs pas envie. Je lance de ma main éventail le début des hostilités. Je signe par ce soufflet la fin (temporaire) de la sensualité. Je me souviens du gant que les futurs duellistes se jetaient au visage. Le symbole est là.

Libéré de ses dernières retenues, il peut alors m'envoyer un de ces aller et retour qui sonnent en frôlant le KO et font la tête bourdon, et une fois la tête perdue parler à mon cul à canne rabattue.

Ou alors, mieux encore, avec une distance froide qui me glace et m'angoisse, il m'attache à une chaise (tout le monde n’a pas un pilori à ldemeure). Il m'annonce qu'il va me gifler. Deux fois. (Je sens les glaçons entre ses mots.) Ou quatre. On verra bien. Il m'ordonne de ne jamais fermer les yeux, même quand sa main s'approchera, même quand elle m'étourdira. Que ma punition sera celle-ci, et que chaque cillement ou tentative de baisser la tête, annulera non pas la gifle, mais le compte.

Et là, je ne peux aller plus loin. Je ne sais pas si j'ai vraiment envie de cela. Je crois que ce qui me plaît, c'est de garder la gifle comme une épée de Damoclès, une véritable punition, quelque chose qui ne me ferait pas mouiller, que je pourrais enfin appréhender (et en écrivant ce mot, je réalise sa polysémie, qui reflète bien ma joue entre deux mains).

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Sabbat, ça bat

Rue Bricabrac, bdsm, mot à maux
Edgar Degas

NOS festins sont mes fesses teintes.
Tu me bats amour, mon dos lacéré adosse ta conviction.
Je pleure pour étancher ta soif.

Ma peau brûle de ton feu intérieur.
Mes rougeurs t'éclairent et t'allument.
Mes cris et mes suppliques te nourrissent.

Nos sabbats sont des balthazars.
Mes marques sont celles de ton affection.
Tes mots sont mes onguents réparateurs.

Tu n'as pas peur des mots, je n'ai pas peur des maux, rimons ensemble, sans oublier d'en rire, comme des enfants pas sages, des ados sauvages. Dans notre outre-monde, univers d'outrance, nous sommes les animaux rois d'une jungle où je t'autorise à jongler avec mon corps.



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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Les mots
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