Rue Bricabrac

Une partie de jambes en l'air

JE n'ai pas épluché le kama-sutra depuis bien longtemps, je ne connais pas bien le nom des positions, je confonds toujours avec celles du hatha-yoga de toute manière.
Mais qu'il s'agisse de caresses, de coups, de pénétration, de gamahuchage, d'agaceries diverses et de posture singulière, une chose est sûre, je jouis plus fort les jambes en l'air.

Rue Bricabrac, bdsm, érotisme
photo MHK annai

Agenouillé près de moi, il m'avait relevé les jambes suffisamment haut pour que le cul et les reins se soulèvent aussi, mes chevilles derrière son épaule, un bras autour de mes genoux et l'autre, la main telle un infatigable et implacable battoir, s'abattant avec la rapide régularité d'un automate de chair.
Il était tellement plus fort et ferme que moi, que mes tortillements n'avaient pas plus d'effet que mes couinements. Mes bras ne me servaient qu'à presser un oreiller contre mon visage pour étouffer mes cris. Je me serais défendue qu'il aurait saisi la cravache.
Il l'a saisie tout de même.
Mon sexe s'ouvrait dans la discrétion de mon aine fermée, réclamant, palpitant, une pitance qui ne venait pas.
Il n'a pas changé de bras, continuant son mouvement, monotone s'il n'avait pas été déchirant.
J'adorais vraiment cette position.
Il m'a ordonné d'écarter les cuisses, n'en maintenant plus qu'une serrée contre son corps.
La peur, follement excitante, au ventre, j'ai obéi. Je lui ai toujours obéi. Ses sanctions étaient trop cruelles. Sans appel.
Les secondes ont soudain duré des heures.
Un bambou sifflait dans l'air près de mes oreilles, torturant un oreiller.
La peur, toujours, comme une tenaille.
Sa main s'est posée sur mon sexe.
Son doigt a trouvé son chemin vers mon minuscule bouton qui craignait tant les coups.
Il a fait des 8, il a fait des O., il a fait je ne sais quoi.
Les pieds cambrés, les muscles le plus étiré possible, je tentais d'allonger et de hisser plus haut encore mes jambes, alors que sa bouche avait pris la place de ses doigts qui eux avaient trouvé un fourreau glissant où s'agiter.
Et quand j'ai joui, mes orteils touchaient le plafond, j'en suis sûre.



Clap de faim

Rue Bricabrac, bdsm, fessée
photo Shadowjumper

Voilà longtemps que cela ne m'était pas arrivé. Je ne fantasme que rarement sur les acteurs, je le faisais à 6 ans, à 12, à 18, faute d'un imaginaire encore assez développé ou de manque de support valable dans mon quotidien. J'ai dû le faire à trente. Le fantasme a beau être un magnifique pays de fées où tout est possible, j'ai besoin d'un minimum de réalisme. D'un champ du possible. Je suis terre-à-terre.

Et puis il y a quelques jours...
C'était un film. Un film de pas grand-chose. Un film qui est passé dans tout un tas de festivals mineurs, mais nombreux et qui y a récolté des prix. Un film qui s'il avait américain plutôt que briton et réalisé par un metteur en scène chevronné et pas par un débutant serait passé à la trappe. Un film, quoi, pas méchant, pas déshonorant, pas crapuleux, pas racoleur. Un film de plus. Soudain, au détour d'une scène, un homme plein de cheveux gris, mais plus jeune que sa chevelure, un regard bleu qui traverse la salle, un sourire qui donne envie de pleurer tellement il est franc. Pas même sûr qu'il est acteur, sans doute un voisin, un technicien, quelqu'un de la production, venu dépanner le temps de deux séquences et quatre mots pas plus.

Je suis moite, je m'éveille, je m'évade. Je sens ses mains qui font la connaissance de mes contours, qui dégrafent ici, dézippent là, soulèvent plus bas. Il n'y a plus que lui et moi, un scénario écrit encore plus vite qu'un Bulle Caisson. C'est fou ce qu'on peut faire en peu temps, avec presque rien. Voilà une ceinture qui n'en finit pas de tanner une peau fine qui n'a rien d'un cuir récalcitrant. Et chaque coup de lanière est comme un coup de queue, il atteint le juste centre de mon corps. Comme aucun coup, de main ou de bite, ne le fera jamais.
Ses cuisses m'emprisonnent et évidemment, elles sont un étau parfait, confortable et inéchappable. Ses mains viennent parfaire ce que la ceinture a oublié. Ma tête résonne du plus beau des bruits, et je pars en transe comme dans une cérémonie vaudou. Les ondes me parcourent des orteils qu'elles chatouillent à la pointe des cheveux qu'elles font dresser. Mon corps danse un truc pas répertorié, bien plus remuant que le tecktonik, plante plissée, paume plate, taille anguille, hanches ivres.
Venus de nulle part, de ses yeux peut-être, des cingleries succulentes attaquent mon dos, des doigts par dizaines malaxent mes seins, des tentacules d'incube caressent dehors dedans, je ne sais plus. Je suis juste un corps qui jouit, enfin, qui se la raconte.
Je n'en finis pas de décliner mes dadas, je n'ai pas plus le sens du temps que de la mesure, la raison n'a rien à faire ici, je frotte mes sens (à défaut d'autre chose) comme une lampe d'Aladin, je m'invente des septièmes ciels à répétition, des cordes volantes, des tapis dans quoi on m'enroule, je deviens un tapis, une corde, une liane vivante, une peau vibrante. Nous ne sommes plus que trois, lui, moi et le fantasme qui entretient la flamme.

Fin brutale comme un réveil. La lumière est revenue, je me frotte les yeux, pas la peine de me demander quel était le film. Et la photo de mon partenaire malgré lui n'est même pas sur internet.

Quand j'entends quelques accords de Light my fire, ou la voix de Leonard Cohen, je ressens une mise à feu assez similaire.



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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