Rue Bricabrac

Les petits brins

Rue Bricabrac, bdsm, bondage
photo Mick Luvbight

Il n'aime pas faire rouler les dés, le hasard l'indispose, il dit. Alors, je fais semblant de le croire. Pourtant, c'est drôle, les dés, ça s'additionne, se multiplie, se juxtapose, ça désigne un instrument, ça définit le nombre des coups, ça peut même indiquer leur force, comme le vent, comme les tremblements de terre. On peut tricher aux dés, les coups trichés sont les meilleurs, ils comptent double. Il existe toute sorte de dés plus extravagants les uns que les autres, avec très peu de faces ou au contraire une vingtaine, dans les magasins de jeux de rôles. Ils ont des ravissantes couleurs ambrées, veinées, nacrées. Les vendeurs me regardent d'un air amusé piocher çà et là pour les assortir.
Mais bon, exit les dés, à moins de s'en servir pour apprendre à jongler. Jongleur de dés à l'heure du thé chez Alice, une idée, comme ça.

Alors, j'ai cherché dans un improbable grenier de grand-mère, une boîte à couture, un panier à tricot. J'ai prélevé tous les brins de laine que j'ai pu trouver. Comme pour les dés, j'ai joué des couleurs et des nuances et des matières. Je les ai chacun coupés un deux morceaux inégaux. Le plus petit pour entourer, faveur à saveur de cadeau, qui la cravache, qui le paddle, qui le martinet. Le plus long pour cercler une fesse, enserrer un sein, marquer le haut du dos, trancher une cuisse, signaler un pubis. Mon corps comme une zone militarisée, des collines à prendre, des terres à marquer au fanion de l'envahisseur, un pied à prendre. Il ne lui restait plus, loin de tout hasard (cette part m'appartenant, puisque je prenais les brins au petit bonheur la chance), à refaire les paires, cravacher un sein, fouetter un dos, se jouer d'un sexe avec une tawse.

Dans mes cris, mes larmes, mes supplications, il n'y avait en effet pas de hasard.

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La ligne claire

Rue Bricabrac, bdsm, douleur

Dans la bande-annonce d'un film de Raphael Sibilla, No Body is Perfect, un documentaire sur les fantasmes hélas visible seulement en Suisse, semble-t-il, un primitif moderne tient ces propos :

Il n'y a pas de souvenir de la douleur

Juste avant lui, un autre adepte des mêmes pratiques (suspension par la chair même) dit que la douleur lui apporte les mêmes sensations que le sexe.

J'écoutais cela en repensant à des commentaires récents, tout en m'interrogeant sur cet oubli de la douleur.

Voulait-il dire qu'elle se confond tellement avec plaisir que ce n'est que ce dernier dont on se souvient ? Dans le masochisme tel que je le vis (ou essaie en tout cas), j'ai un total souvenir de la douleur, et de sa fusion, quand ce miracle se produit. Oui, je trouve que cela tient d'une chimie fragile et en aucun cas du stoïcisme ou de la résistance, chimie étant bien le mot puisque le mélange existe quand les endorphines sont de la partie, endorphines plus difficiles à faire surgir du corps qu'un lapin d'un chapeau.

Je me souviens très exactement de toutes les fois où j'ai basculé dans un ailleurs où j'étais consciente qu'il y aurait dû avoir douleur alors que je ne ressentais qu'éblouissement euphorique.

Mais je ne suis pas un primitif moderne...

Dans le film, enfin, sa bande-annonce toujours, il y a des belles promesses de bougies sur poitrine offerte et un trop rapide aperçu d'une flagellation d'une femme suspendue. Que ce doit être bon d'être ainsi écartelée en araignée, entre sol et plafond, fesses et fente à hauteur des yeux de l'autre, et cinglée/balancée tout à la fois, sans poids ni foi.

Presque à la fin de la bande-annonce, cette citation de Tahar Ben Jelloun

On est tous à la recherche d'une frontière, une ligne claire entre le rêve et la réalité

Ma ligne claire, je l'espère, ressemble à la marque d'une cravache.

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Quelqu'un pour me fouetter ?

Rue Bricabrac, bdsm, fouet, rouge
Photo Spankemeeehard

Comme une envie d'être attachée
avec méticulosité
Menée par le bout des nénés
et de tout autre bouton
Saucissonnée et découpée
Malmenée tranche par tranche
Redessinée à la bougie
aux ongles ou au chat
jusqu'à perdre ma peau
Muer en Arlequine
des triangles qui racontent
chacun une histoire différente
sur une autre musique
Cri de surprise glacée
Gémissement pour baiser salé
Souffle coupé haleté

Pour enfin, enroulée sur mon incendie, collée par la sueur et les pleurs, je trouve le souffle pourpre du sommeil lourd.

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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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