Rue Bricabrac

Lux

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© don2g

Demain, deux parmi les principales religions monothéistes vont allumer des bougies, pour des raisons différentes, la coïncidence n'est que calendaire. Et aux Etats-Unis, sans souci des religions, les afroaméricains célèbrent Kwanzaa, cette fête des fruits dont les lumières ne sont pas absentes non plus.

Ce blog, comme ma vie, étant garanti sans dieu (ni maître), les bougies ne seront pas de la triste cire dont on fait les chandelles ou les votives, mais de celle en confettis qui constelle les corps. J'ai envie, c'est de saison, d'une célébration. Toute païenne. Dyonisaque. Orgiaque.
Les bougies sont prêtes, rouges, violettes, oranges, gai bouquet. Leur contact est mat pour t'être agréable à la paume, leur allure patinée, pour avoir l'air d'être venues d'un temps lointain.

S'il y a, pour moi, une pratique où l'aveuglement est indispensable, c'est la bougie. Quand tu passes devant mon visage pour attiser mes tétons, j'en perçois l'éclat, malgré l'épais bandeau noir. La chaleur m'égare, parfois proche de mes omoplates, mais la brûlure est pour mes reins. La surprise fait partie de la fête.

Mon corps, en général, je le sens de l'intérieur. Articulations, muscles, nerfs, organes. Quand il va bien, je ne le sens pas d'ailleurs. Quand nulle fièvre ne provoque des courbatures, quand aucune affection ne vise la vésicule, quand les mouvements ne braquent pas le dos, on oublie qu'on possède un corps. On ne sait pas forcément qu'un éclat de rire mobilise plus de muscles que le développé couché. Certains font du sport, et prennent ainsi une conscience, souvent trop narcissique, de leur corps. Ils s'y font mal aussi, et aiment cela. Les endorphines sont leurs amies. La douleur fait des danseurs et des acrobates les plus belles anatomies du monde. Il y a des passerelles entre les sportifs et les masochistes. Dans cette conscience aiguë du corps, dans ce façonnage à la dure.

Je te parlais, pour l'avoir lu dans les récits fulgurants d'un certain Sanclar, que les marques laissées par quelque martinet mordant ou chat à une longue queue, était des "traces de vie". Et une bonne fouettée, sans que je sois dans la position idéale pour en lire les empreintes immédiates, me réveille à la vie dans ce qu'elle a de plus coruscant, comme quand on la chevauche tout en haut d'une grande roue ou d'un roller-coster qui ne descendrait jamais. Les jeux avec bougies participent de ce principe. Les détours, les contours, les pleins et les déliés de ma géographie sont mis en exergue par ces gouttelettes ou coulées de cire, le corps prend sa vie propre, parcouru des ondes sensuelles des frémissements de peur puis des mouvements endiablés des réflexes incontrôlables.
Alors je te supplie de m'attacher pour qu'une chandelle dans chaque main, tu l'envolutes contre sa volonté, dessinant ces guirlandes incandescentes qui me rendent serpentine. Enfiévrée et affolée, déconcentrée par l'éparpillement des pointes de feu, j'oublierai tous les autres maux, les cauchemars quotidiens, les angoisses routinières. Mon immanquable inquiétude fondra sous la fusion. Comme elle le fait sous la chaleur de tes fouets.



Le cri

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photo Laurence Demaison

Fais-moi crier, oblige-moi à sortir de ma peau, exige ma douleur. Viens me chercher avec violence, oublie les convenances. Garde la sensualité, ajoute-lui la brutalité. Casse les frontières. Celles que tu n'oses. Celles que je ne sais.
Retrouvons-nous dans un no man's land sauvage où les pulsions sont reines, où nous oublierons nos oripeaux sociaux pour endosser des pelures animales.

Fais-moi crier, oblige-moi à oublier mon nom, exige mes pleurs. Fouette-moi sans complexes, fouille moi de la dextre. Retourne moi comme peau de lapin, écorche-moi jusqu'au magenta. Brise mes défenses, arrache mes piquants, fais couler le coeur tendre du crassula.
Perdons-nous dans ce continent inconvenant qui n'appartient qu'à nous, notre planète aux torrents d'endorphines et aux pics de chairs tuméfiées.

Mène-moi par le bout des tétins, soulève-moi à pleins seins, tatoue tes empreintes digitales sur cette chair si tendre. Enfonce ton poing levé dans mon sexe et pantine-moi depuis cette gaine.
Pont-levis baissé, il n'est plus question de château-fort ou de donjon. Juste d'un corps à corps dont je te veux vainqueur, te sachant gré de ta force et me coulant dans le flou.

Fais-moi crier.
Fais-moi jouir.

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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
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presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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