Rue Bricabrac

La maladie infantile du bondage métallique

Réveil douillet et dolent, les cloches ont carilloné pendant que je grondais, mais je n'ai pas le bourdon, les parois de mon sexe vibrent encore de tes doigts comme un battant qui de l'intérieur affolait ma chair et mes sens. Les draps sentent nous, overdose de sperme et de sommeil, nos membres, nos lèvres, nos peaux se retrouvent.

Tes yeux s'écarquillent.

Sur mon ventre, des constellations de petits points rouges farandolent de toute part.

Ce n'est pas le fouet, ce ne sont pas les dents, ni les ongles, ni les pinces, ni la bougie. Ni les fraises ou les nems.

Souvenir de mon premier bondage made in chaînes, maillons bosselés à l'empreinte de vaccinelle.



Bouge (pas) de là !

Il m'installe dans un coin stratégique, comme une petite princesse précieuse, avec une vue imprenable sur le thé‰tre des événements. Ca me va bien. Je suis terriblement mateuse. Et ma jouissance commence par anticipation. Je vois qu'il a sorti la cravache, et le menaçant chat ˆ neuf queues. La cravache, c'est ce que je préfère. J'aime quand il m'en badine, m'émiettant, me ventilant façon puzzle, m'envoyant en l'air, m'éparpillant en mille et une particules de plaisir.

J'adore aussi l'étau de sa main, cette manière unique, solide et douce, d'enserrer ma taille, de me manipuler comme si j'étais une plume, de me réchauffer, de m'allumer. S'il me caresse avec tendresse, c'est sans détour qu'il m'impose la pose.

Il approche son briquet, tout feu tout flamme, la chaleur s'approche, je sue un peu. On peut dire que je mouille. Je me réveille de ma torpeur songeuse, toute jouasse, j'en esquisserais presque un pas de polka. Ca va être ma fête, enfin ! J'en avais marre de faire tapisserie, ma mèche commençait même ˆ prendre la poussière.

Sinueuse, sensuelle, parée d'or et d'outremer, je me dresse, serpentine, des promesses de feu dans le coeur, une Salomé débarrassée de ses voiles. Enfin droite et fière, je lui envoie un petit signe de fumée qui dit Vergiss mich nicht.

Sur ce, avec un sens du timing digne de la capsule ˆ Polo, elle arrive, trop altière pour une soumise, triomphante avec sa chute de reins arrogante en signe extérieur de sexualité, fièrement cambrée, le cul fait pour la fessée. Elle le sait qu'elle est diablement irrésistible, qu'aucune main ne peut lui résister, elle en use, en abuse. Elle le tient par ces deux lobes. Son cul lui sert de coeur. Elle n'a même pas besoin d'injonction sévère, ni de claques préliminaires pour se courber et lui proposer sa croupe amorale, bombée, un peu grasse et p‰le. Ce cul proposé crie de toute son ‰me « mets-moi le feu !". Elle est lˆ pour cela. Et pour plus encore. Le plus, c'est lˆ que j'ai ma partie ˆ jouer. Parce que le feu, ce n’est pas pour me vanter, c'est mon rayon.

J'en brûlais d'impatience.

Je me suis léchée les babines, la cire luisante, ˆ la voir rougir progressivement, gémissant de plaisir sous la férule métronomique, il se prenait pour Gene Krupka, d'ailleurs, le CD qui passait était un best of du batteur de légende. Et elle était un tambour aux mille sonorités. À eux deux, ils composaient une symphonie concrète, tap taboum, bang schlak, shiiiz, très "viens-petite-fille-dans-mon-spanking-trip" qui m'émoustillait, la flamme swinguant de tous c™tés, fumante comme une chaudière fourragée.

Comme elle gigotait trop, elle le faisait exprès, elle est coutumière de ce genre de minauderie du train arrière, il l'a sèchement arrimée serrée aux pieds du lit, un coussin sous le ventre pour mettre encore en plus en valeur ce derrière avide de supplice. Et les claques de reprendre leurs percussions rythmiques, tap bang, schlak shiiiz... boum tandis qu'elle y allait en colorature, encore, c'est trop, stooooop, ne t'arrête pas... Elle en avait les fesses ˆ l'envers, la chérie.

J'en frétillais de plus en plus de la flamme, répétant mentalement mon entrée comme une diva, special guest star du soir, bonsoir. Mon r™le, je le sais par coeur, serait, quelle ironie, de rendre ces chairs rutilantes ˆ leur alb‰tre d'origine. Car blanche comme une vierge, comme un cygne, comme une vestale, comme une communiante, comme un lys... je suis. Il aime ce genre d'humour. Les flambeaux amarantes, les rats de cave purpurins, les lumignons vermillons, les candelas incarnats, il s'en fiche comme de sa première bandana. Je l'attire par mon c™té cierge et salope ˆ la fois. Bient™t, je serais une gangue nacrée qui tout en incendiant le derche déjˆ bien dérouillé ferait dispara”tre les traces du ch‰timent.

Je pouvais toujours frétiller. Sans un même un regard vers moi, il attrape la cravache d'une main, le chat de l'autre, et comme un sorcier dans quelque rituel dansant lui flanque une tournée qui m'a donné le vertige. Et pourtant, il m'en faut beaucoup. Impuissante, verte de jalousie, condamnée ˆ me faire tartir, je me consume tandis qu'il l'embrase. Bref, je brûle pour des prunes. Je ne peux même pas bailler, sous peine de mourir.

Ajoutant, l'outrage ˆ l'insulte, il lui fait l'amour, devant moi, elle pousse ces petits cris d'effraie qui ponctuent d'habitude mon oeuvre. Et lui, l'ingrat, l'égo•ste, le jouisseur, pas un regard pour moi, pas un clin d'oeil, pas un signe de connivence. Demander ˆ une bougie de tenir la chandelle, si ce n'est pas du sadisme, ça !

Bien plus tard, alors que je n'étais plus que l'ombre de moi-même, aussi fluette et naine qu'une bouginette d'anniversaire, en se tortillant pour remettre son string, sans même me laisser le temps d'un grésillement réprobateur, elle m'a soufflée.



Histoire d'O... ffrande

Offrande

Je ne sais plus si c'est toi, ou des mains étrangères, qui m'ont ainsi attachée. Ce n'est pas une figure habituelle du bondage, je ne suis pas suspendue, je ne suis pas contrainte, je ne suis pas tendue, mon sang coule librement, mes sentiments aussi. Je suis assise, les genoux sur la poitrine, ramassée sur moi-même, naturellement j'ai penché la tête en avant, mes yeux bandés me permettent de rentrer au plus profond de moi-même et de voguer.

Je t'attends. Non pas pour que tu m'agisses et m'agites. Je t'invite. Pour que tu te serves et sèvres. Je suis offerte. Une sorte de cadeau. À la place du bolduc, il y a du chanvre. Une espèce de gâteau. À la place des cerises, il y a ma bouche, mes tétons, mon bouton, mes lobes, mes orteils et leurs ongles framboise.

Je n'ai pas de frissons de crainte. Je n'ai pas de papillons dans le ventre. Je suis calme. J'espère que lorsque tu apparaîtras, j'aurais les frissons et des papillons, les palpitations et les appréhensions, une peau de poule, une chair chargée d'électricité, un sexe trempé par ce qu'il pense plus vite que moi et chaque pore qui crie ton prénom.

Mais sur la vague où je vogue, impossible de faire le vide. Je ne peux oublier mes envies, je ne sais empêcher mille images pas sages de danser une sarabande. Tu me frappes longuement, sans que mes cris ne t'arrêtent, je sens le poids de tes mains, lourdes, lentes. J'appelle tes caresses précises qui me redonnent du souffle et l'envie de la canne.
Il faudra que ça dure des heures, malgré le sommeil, malgré la fatigue, malgré le décalage horaire, malgré la faim. Il faudra que tel le génie de la lampe, tu me transportes sur ce tapis volant en forme d'anneau de Moebius, une face douleur, une face douceur, deux faces qui ne sont qu'une. Tel Janus, tu seras bourreau et bienfaiteur, cruel et carressant. De cet espace temps où je me trouverais, je t'enverrai des ondes qui t'envoluteront à ton tour, et tu rentreras dans ma transe. Des vibrations nous relieront comme des suaves tentacules.

Ai-je dit que j'étais ton cadeau ?
Je mélange tout.
Tu es mon cadeau.



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L'oreille
Juke Boxabrac
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La peau
Présentation

presque moi
aller Si j'expose mon verso, c'est pour le plaisir d'être jouée. Le masochisme est mon moyen de transport amoureux. Même si parfois je pleure... c'est de vie qu'il s'agit. Et quand tu me fais mal, j'ai moins mal.

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