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DES menottes de perles vêtues. Un collier de perles au fermoir menottes. Perles et menottes, les unes de synthèse, les autres de culture, un objet coquin, un bijou chérubin.

Depuis plusieurs années, le sm grignote du territoire, se niche dans la mode, se dévoile en littérature, s'expose sur les scènes des théâtres, se vulgarise au cinéma, s'exhibe dans la publicité. Autant de mondes qui appartiennent (pour la plupart) à une minorité décomplexée et bourgeoise, qui se fait un devoir de ne plus s'offusquer des avant-gardes, de peur de rater le train (qu'elle rate de toute manière, mais c'est une autre histoire). sssss

Dans un autre microcosme, celui du bdsm, les tenants du dogme, les réincarnations des grands inquisiteurs, les marquis marron et les mètres étalons sont tout chiffonnés de voir les lignes ainsi bouger. Alors que Galliano ne faisait pas encore la différence entre de la viscose et de l'organza, eux portaient déjà le cuir et le latex. Et collaient des vibros archaïques au clito de leurs soumises ou enculaient vaillamment des soumis avec des plugs de la première génération (en os). Le vulgum piétine leur pré carré, le pecus s'approprie leurs codes.

Ça me rappelle le temps de la suppression de premières classes dans le métro. À la lanterne, les wagons rouges, les heures de pointe pour tout le monde !
Maintenant, ce sont les pinces à seins pour tout le monde, et la tapette dans le tiroir de la table de chevet. Tous sans-culotte (sous les jupes). Les gueux !
Évidemment que je me marre quand je tombe sur un site de sex-toys très Madame Figaro. Il y a de quoi.
Je suis moqueuse, faut dire.

Pourtant, plus le sm deviendra quelque chose non pas de naturel, mais de passé dans les moeurs, de plus ou moins accepté, sans rien perdre de sa différence, et sans doute de sa marginalité, cela évitera, je l'espère, à des ados de se croire anormaux. Et les novices ne craindront pas de rire au nez des dogminateurs fin de race.