Rue Bricabrac, bdsm, armure
photo li bra

À force de chercher une clef dans une botte d'annonces, à croiser des dominateurs dans leur tête, des sadiques affligés du syndrome de Peter Pan, des grands autistes, bref, tout ce qui fait le miel de celle qui a peur de s'engager tout en souhaitant trouver un peu de paix affective, j'ai blindé mon corps (et pas seulement mon cul). Comme savent faire les femmes, point besoin de ceinture de chasteté ou de ligature des lèvres. En me rendant ce corps haïssable. En détournant mon regard des miroirs. En traitant de margoulin celui qui peut lui trouver du charme.

Je ne sais ce que sera la semaine prochaine (que les optimistes appellent l'année, comme si du côté de minuit, une coupure épistémologique étroitement liée à une révolution copernicienne par la pensée magique et quelques rimes pauvrettes, teuf, oeuf, boeuf). Je ne pense pas que Manpower m'enverra le roi de la pince coupante (c'est bien connu, les noeuds, surtout les gordiens, ça se tranche dans le vif, quitte à écorcher au passage, pas de pénélopisme qui vaille).

J'ai peine à croire à des lendemains qui chanteront Johnny fais moi mal, et qu'une maso à côté de sa peau pourra satisfaire les désirs de renarcissisme des hommes blessés par la crise.

J'ignore encore si mon prochain (domin)amant sera jeune (c'est à dire la trentaine, pas 45 ans) avec une queue aussi vigoureuse que ses bras, et comme je n'aurais rien à lui dire, je le sucerai souvent. Ou alors, un vieillard en chant du cygne qui quoique présentant un début de Parkison et des taches rousses sur les mains (tout le monde ne peut porter les mitaines et les bagues de Lagerfeld pour masquer ces signes qui ne mentent pas, eux) prétendra avoir 57 ans. Ou le plus doux et sensible des travestis, consolateur et cravacheur, pour une relation d'une ambiguïté au trouble attirant.

Ce que je sais, c'est que s'il ose dire "je t'aime", ma réponse sera "au revoir."
Ce que je crains, c'est que la clef restera bien cachée et moi très aveugle.

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