Rue Bricabrac, bdsm, Mutterseelenallein
© Lila Jang

LES objets détournés m'ont toujours attirée. Ce canapé du plus pur style Louis les pattes en l'air, et qui ferait un pas si mauvais siège de lecture (je ne sais ce qu'il en serait du dos au bout de quelques dizaines de livres), mais ne serait d'aucune utilité dans un contexte sm, me réjouit depuis que je l'ai aperçu, de passage, dans une galerie germanopratine.

Et parfois, il y a des jours où le monde entier semble ainsi distordu. Sans avoir approché de près ou de loin un quelconque dérivé de l'ergot de seigle. Même pas du pain de seigle. C'est dire. Et pourtant, les murs avancent, les fenêtres disparaissent, tout comme les serrures, les meubles deviennent miniatures. La réalité se fait cauchemar, la voix des autres arrive de si loin, au ralenti.

Il y en a qui prétendent que la réalité peut se redresser à coups de fouet. C'est pourtant quand la réalité ressemble à autre chose qu'une nouvelle du docteur Seuss que je peux me départir de la posture droite comme un "i" (exigée par la société, au même titre que la factice joie de vivre) pour me tordre et danser sous un fouet.

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