XXXB nous refait le coup du morse, qui lui avait déjà servi deux ou trois fois. Du coup, son ours devient un morse. Après l'avoir entendu en taaaaa taaaaa taaaa, elle espère le voir sans tics. C'est une poète (qui sait, une cliente de Monsieur Pascal, de chez C&C, dont tous les "clients sont des poètes"). Parfois, quand les gifles arrières en rafales de dominamant claquent avec des bruits clairs d'eau de mer, je le traite d'otarie, et dans ma tête une vieille chanson de Beau Dommage égrène ses notes nostalgiques. Mais je ne suis pas poète, et quand j'entends la tonalité des raccrochés sur mon répondeur (ce que je n'entends plus depuis longtemps, depuis la modernisation de ceux-ci), je m'énerve plus façon acouphène que je n'allégorise sur la signification de ces longs traits aigus.

Rue Bricabrac, bdsm, XXXB

Mais il ressort de ces mots répétés compulsivement qu'elle le voit. Parfois. Et ces annonces, de mois en mois, méticuleuses, datées, tracées, dressent le portrait en creux d'une relation en pointillé. Ce qui pourrait faire l'objet d'un joli récit, ces moments où nous ne sommes pas ensemble, histoire de changer de tous ces romans ne narrant que les moments forts, au lecteur de se faire ainsi une idée de la relation en remplissant les vides à sa guise. Ca peut être très beau, l'écriture en creux. Mais après deux ou trois ans de scrutation maniaque des petites annonces, je n'arrive pas à imaginer une quelconque relation. Ni un geste ou une proposition artistique (exit donc l'hypothèse Sophie Calle, en quête elle aussi, mais d'un commissaire pour son expo à la prochaine biennale de Venise). Même pas du morse, ou quelqu'autre animal. Juste un vide artificiel. L'essence du masochisme peut-être. (On y revient.)

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